Retrouver un récit Marvel VO dans les revues Strange, Titans, Spidey, illustration article

Pour retrouver dans quelle revue française un récit Marvel VO a paru, cherchez d'abord la série américaine, jamais le héros. Chaque revue Lug, puis Semic, avait ses séries attitrées, publiées sur des plages de numéros précises : Strange pour Daredevil et Iron Man, Spidey pour Secret Wars et X-Factor, Titans pour les Nouveaux Mutants, Nova pour She-Hulk. Repérez la série et son numéro VO, puis la plage de la revue qui la porte, et seulement alors ouvrez le sommaire.

Un même héros peut apparaître dans quatre revues différentes à la même époque, et un même numéro de revue peut contenir quatre séries américaines sans rapport. C'est ce qui rend la question si piégeuse : « où est paru ce récit ? » n'a pas de réponse tant qu'on ne sait pas de quelle série américaine il vient. Ce guide pose la méthode, revue par revue, puis la teste sur six cas précis.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le principe : une revue, plusieurs séries VO

Les revues de kiosque de Lug n'étaient pas des traductions de comics. C'étaient des anthologies : l'éditeur lyonnais prenait un épisode de chacune de trois ou quatre séries américaines, les remontait dans un fascicule de petit format et leur donnait un numéro français. La série américaine gardait son propre compteur, la revue française le sien, et les deux ne se recoupaient presque jamais. Un lecteur qui cherche « le numéro où paraît tel épisode » doit donc franchir deux étapes : trouver la série américaine d'origine et son numéro, puis trouver la revue qui la publiait et la plage où elle apparaissait.

Une seconde règle simplifie beaucoup le travail : une série américaine était confiée à une revue pour une période donnée, et elle y restait en général de numéro en numéro. Les bases bibliographiques le montrent bien : Daredevil occupe Strange du numéro 2 au numéro 211, les Vengeurs de Strange 212 à 324, Star Wars occupe Titans de 18 à 95, les Quatre Fantastiques tiennent Nova du numéro 26 au numéro 227. Retenir ces plages revient à disposer d'un annuaire : il suffit d'y chercher la série. Seule précaution, une série pouvait changer de revue d'une époque à l'autre : Iron Man déserte Strange entre les numéros 186 et 215 et se retrouve dans Nova, aux numéros 89 à 118.

Troisième règle, celle qui évite les erreurs de date : la revue publie avec un retard, de plusieurs années pour les séries anciennes, de neuf à seize mois pour les lancements récents de nos exemples. Secret Wars paraît aux États-Unis à partir de mai 1984 et le premier épisode français est daté de juillet 1985. Ne déduisez donc jamais un numéro français de la date américaine, sans quoi la recherche part dans la mauvaise tranche.

Enfin, le catalogue ne retient qu'une ligne par numéro. Strange 104, daté du 5 août 1978, y apparaît sous le titre « Navires spatiaux », alors que le même numéro contient aussi deux épisodes célèbres d'Amazing Spider-Man. Chercher un titre d'histoire dans le catalogue ne suffit donc pas : il faut raisonner par série et par plage. Notre guide sur la remontée d'un numéro de Strange vers son édition américaine traite le sens inverse, du fascicule vers l'original.

Les revues françaises, une par une

Strange : la revue-mère, de janvier 1970 à mars 1998

Strange est la plus ancienne et la plus longue. Éditions Lug la lance en janvier 1970 et la mène jusqu'au numéro 228, daté de décembre 1988. Semic prend le relais au numéro 229, en janvier 1989, sans remettre le compteur à zéro, et la revue s'arrête au numéro 335, en mars 1998. La numérotation est continue sur toute la parution, ce que détaille notre article sur les collisions de numéros entre Lug et Semic.

Le premier numéro contient le premier épisode d'Uncanny X-Men, daté de septembre 1963 dans sa version américaine. Les premiers fascicules associent les X-Men, Iron Man, Daredevil et le Surfer d'Argent. Spider-Man arrive au numéro 18, daté de juin 1971, avec Amazing Spider-Man #19, puis ne quitte plus la revue jusqu'au numéro 324. Les séries se renouvellent ensuite : Rom, la Division Alpha, Namor, les Défenseurs, Deadpool. La revue a donc eu plusieurs visages, et le même mot « Strange » ne désigne pas le même contenu en 1970 et en 1990.

Il faut aussi connaître la fin de la plage Marvel. Strange 324 est daté de décembre 1996, Semic perdant alors les droits des séries Marvel. Le numéro 325, daté de mai 1997, publie des séries DC : Batman, JLA, Wonder Woman, Flash. Un acheteur qui cherche un Strange de cette fin de parution ne trouvera donc plus de Marvel du tout.

Titans : des séries d'abord à part, puis les mutants

Titans paraît de mars 1976 à mai 1998, 119 numéros chez Lug puis la suite chez Semic à partir du numéro 120. La revue est bimestrielle jusqu'au numéro 35 et devient mensuelle au numéro 36, en janvier 1982. Elle démarre avec du matériel d'un éditeur américain concurrent, et les premières séries Marvel n'arrivent qu'au numéro 4.

Ses grandes séries sont bien délimitées : Star Wars de Marvel du numéro 18 au numéro 95, les Nouveaux Mutants du numéro 59 au numéro 160 avec quelques interruptions, West Coast Avengers de 86 à 193 environ, Excalibur à partir du numéro 130. Titans est donc la revue à ouvrir pour l'univers mutant des années quatre-vingt, hors X-Men eux-mêmes. Sa fin est aussi nette que celle de Strange : le numéro 215, de décembre 1996, interrompt la parution, qui reprend un an plus tard avec une autre ligne éditoriale, jusqu'au numéro 221.

Spidey : la revue de l'Araignée, puis des mutants et des Guerres secrètes

Spidey démarre en avril 1979 et compte 114 numéros, les 107 premiers sous Lug, jusqu'en décembre 1988, les 7 derniers sous Semic jusqu'en juillet 1989. Elle commence comme revue pour jeunes lecteurs, avec les aventures de Spidey Super Stories, puis s'ouvre à un lectorat plus âgé.

C'est la revue à retenir pour deux raisons précises. D'abord, elle republie les premiers X-Men : Uncanny X-Men #1 à 59, puis 64 à 66, dans les numéros 17 à 79. Ensuite, elle porte les deux maxi-séries des Guerres secrètes, dans les numéros 66 à 87, avant la série X-Factor dans les numéros 88 à 114. Pour qui collectionne un événement Marvel des années quatre-vingt, c'est donc ici qu'il faut chercher, et non dans Strange.

Nova, Spécial Strange et les autres

Nova, lancée en février 1978, a une structure différente : trois séries au départ, dont Nova lui-même jusqu'au numéro 26, puis les Quatre Fantastiques jusqu'au numéro 227. Autour d'eux tournent le Surfer d'Argent, Spider-Woman, Iron Man de 89 à 118, et She-Hulk de 152 à 192. La revue s'étend jusqu'en 1996 pour son contenu Marvel, et les derniers fascicules se tournent vers une autre maison d'édition américaine.

Spécial Strange, lancé en juillet 1975, est un trimestriel devenu bimestriel puis mensuel. Il réunit une série principale et deux ou trois secondaires, avec les X-Men comme fil rouge jusqu'au dernier numéro de décembre 1996, et change de maquette en janvier 1989 (numéro 60), comme les autres titres de l'éditeur. Notre guide de Spécial Strange détaille cette série. Les autres revues du fonds, comme Strange Spécial Origines ou Un Récit Complet Marvel, ont leurs propres règles et leurs propres guides.

Correspondance VO / VF : six cas vérifiés

Voici six récits célèbres, avec la revue qui les a portés et la date de couverture du fascicule. Le tableau ne donne que ce qui est recoupé entre plusieurs bases : le numéro d'origine américain, le numéro de revue et le mois.

Récit VORevue VFNuméro et date
Amazing Spider-Man #121 et #122 (la mort de Gwen Stacy, 1973)Strange (Lug)n°104, 5 août 1978
Daredevil #227 (début de « Born Again », 1986)Strange (Lug)n°208, 5 avril 1987
Secret Wars #1 (1984)Spidey (Lug)n°66, 10 juillet 1985
Uncanny X-Men #1 (1963)Spidey (Lug)n°17, 10 juin 1981
New Mutants #1 (1983)Titans (Lug)n°59, 10 décembre 1983
Sensational She-Hulk #1 (1989, John Byrne)Nova (Semic)n°152, septembre 1990

Plusieurs enseignements se lisent dans ces six lignes. Le premier tient aux écarts : la mort de Gwen Stacy est parue cinq ans plus tard en France, New Mutants #1 à neuf mois d'écart seulement, Secret Wars à quatorze mois. L'âge du matériau décide de tout. Le deuxième tient à la répartition : sur six récits, trois revues différentes sont nécessaires, alors que les personnages en jeu pourraient tous tenir dans « Marvel ». Le troisième est qu'un récit en plusieurs parties s'étale sur plusieurs numéros français. « Born Again » commence dans Strange 208 et se poursuit dans les numéros 209, 210 et 211, de mai à juillet 1987, au rythme d'un épisode américain par fascicule.

Un septième cas confirme l'intérêt de raisonner par plage : X-Factor #1, de février 1986, ouvre la plage de la série dans Spidey, au numéro 88, en mai 1987.

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Quelle revue chercher selon votre profil

Vous cherchez un récit précis pour le lire. Partez de la série américaine, trouvez la plage de la revue qui la portait, puis cherchez le premier épisode de votre récit dans cette plage. Le travail est rapide pour un événement ou une saga, lent pour un épisode isolé d'une longue série.

Vous collectionnez un héros. Ne vous limitez pas à une revue. Spider-Man est présent dans Strange, Spidey, Nova et dans des revues de crossover. Notre guide pour démarrer une collection VF aide à trancher entre collectionner un titre et un personnage.

Vous collectionnez une revue. C'est la voie la plus simple. Choisissez une revue, fixez sa plage et avancez numéro par numéro. Pour Strange, la méthode de comblement des trous est détaillée dans notre article sur comment compléter une collection de Strange.

Pièges et points de vigilance

La coïncidence des premiers numéros. Dans Strange, entre les numéros 10 et 23, les épisodes d'Uncanny X-Men, d'Iron Man et de Daredevil portent le même numéro que le fascicule : Strange 12 contient les numéros 12 américains des trois séries, Strange 13 les numéros 13. L'alignement se défait dès le numéro 24, où Daredevil et Iron Man passent au numéro 25. Appliquer la règle « numéro VF égale numéro VO » au-delà de cette période produit des erreurs systématiques.

Les épisodes tronqués. Plusieurs bases signalent des fascicules où l'épisode américain est publié en partie : 19 pages sur 20 pour les épisodes de la mort de Gwen Stacy, ou seulement 5 pages sur 22 pour un numéro de Daredevil de 1982. Un récit « paru dans Strange » n'est donc pas forcément paru en entier. Lisez la mention de pagination quand elle existe.

Les récits scindés en deux numéros. Un épisode de Daredevil de 1982 (le numéro 181 de la série) est coupé en deux et réparti sur Strange 179 et 180. Un lecteur qui n'achète que le premier fascicule manque la moitié de l'histoire.

Le passage de Lug à Semic. Il ne change pas la numérotation, mais il change la maquette et le logo des revues, de Strange à Titans et de Nova à Spécial Strange. Notre article sur la reprise de Lug par Semic détaille ce que cela implique pour dater un exemplaire.

Les fins de revue. Les dernières livraisons ne contiennent plus la même chose que les premières. Strange passe aux séries DC au numéro 325, Titans suspend sa parution en décembre 1996. Un numéro tardif ne dit rien des séries qui l'ont fait connaître.

Ce que valent ces revues en collection

Une revue d'anthologie ne vaut pas par son sommaire isolé, mais par la combinaison de trois facteurs : la place du numéro dans la série, l'importance du premier récit qu'il contient et l'état de l'exemplaire. Un numéro qui renferme le premier épisode d'une série dans la revue, ou un événement attendu, est recherché pour cette raison, pas pour son rang dans la numérotation.

La méthode qui fonctionne est comparative. Relevez les ventes terminées d'un même numéro dans plusieurs états, puis rapprochez-les des numéros voisins de la même plage : l'écart entre un numéro porteur d'un récit célèbre et ses voisins donne la prime liée au contenu, par différence avec le simple effet d'ancienneté. Ne comparez jamais deux revues entre elles sur la seule foi de leur numérotation, puisque Strange 208 et Titans 59 n'ont rien en commun hors leur lieu d'édition.

Questions fréquentes

Identifiez d'abord la série américaine et son numéro. Cherchez ensuite la revue française qui portait cette série et la plage de numéros où elle apparaît : Daredevil dans Strange, Secret Wars dans Spidey, les Nouveaux Mutants dans Titans. Ouvrez enfin le sommaire du fascicule pour confirmer. Chercher par héros seul ne donne rien de fiable.

Non. Un fascicule assemble généralement trois ou quatre épisodes issus de séries américaines distinctes. Les premiers numéros mêlent par exemple X-Men, Iron Man, Daredevil et le Surfer d'Argent. Un numéro de revue ne correspond donc jamais à un numéro américain unique, et le catalogue n'en retient qu'une ligne.

Non, sauf coïncidence. Dans Strange, les numéros 10 à 23 reprennent les numéros américains correspondants des X-Men, d'Iron Man et de Daredevil, mais cet alignement est fortuit et disparaît ensuite. Pour les autres séries, la revue et la série américaine ont chacune leur compteur et leur calendrier.

Oui, très souvent. « Born Again », par exemple, s'étend sur Strange 208 à 211, au rythme d'un épisode par fascicule, et un épisode de Daredevil de 1982 est scindé entre Strange 179 et 180. Pour un récit en plusieurs parties, relevez la plage entière avant d'acheter, sans quoi la lecture reste incomplète.

Vérifiez d'abord qu'il a bien été traduit, car certaines séries n'ont jamais paru en revue. Contrôlez ensuite la plage de la série dans chaque revue, puis le sommaire imprimé en page deux ou trois d'un fascicule. Si le doute demeure, écrivez « non vérifié » dans votre inventaire plutôt qu'un numéro approximatif.

Vous avez retrouvé le fascicule qui contient votre récit : faites estimer son état et sa valeur de collection.

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