Titans (Lug, 1976) : le guide de collection de ses 119 numéros, illustration article

Titans paraît chez Lug du 10 mars 1976 au 10 décembre 1988, soit 119 numéros. La revue est bimestrielle jusqu'au n°36 de janvier 1982, puis mensuelle du n°37 jusqu'à la fin, sans un seul trou de calendrier. Jean Frisano est crédité au dessin sur 77 numéros, Jean-Yves Mitton sur 52, et Chris Claremont au scénario sur 51. Les intitulés catalogués mêlent épisodes de série, pages documentaires et jeux.

Quand vous ouvrez un carton de Titans acheté en vide-grenier, vous ne tenez pas une série américaine traduite numéro par numéro. Vous tenez un magazine français de treize années, qui a changé de rythme une fois et accueilli des pages que n'importe quel index américain ignore. Savoir lire cette structure change tout : ce qui ressemble à un doublon y est souvent la suite d'un récit.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Titans : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que publiait Titans, et ce que les intitulés révèlent

Le catalogue conserve un intitulé par numéro, et la seule lecture de cette colonne dessine déjà une ligne éditoriale. Le n°1 du 10 mars 1976 s'ouvre sur « Le long chemin du retour », signé au scénario par Larry Hama, Jeff Rovin et Archie Goodwin. Le n°119 du 10 décembre 1988 se referme sur « Une taupe chez les Vengeurs ! », attribué à Jean-Yves Mitton, Chris Claremont et Steve Englehart. Entre ces deux bornes, la revue a hébergé de la science-fiction, du super-héros d'équipe, du fantastique et des créations françaises.

Plusieurs intitulés des premières années ne sont pas des titres d'épisode mais des renvois vers d'autres publications de la maison : « Kabur n° 5 » au n°5, « Spécial Strange n°8 » au n°8, « Planète des Singes n°6 » au n°9, « Album Conan n°4 : Conan le conquérant » au n°10, « Strange n°95 » au n°11. L'interprétation la plus plausible est que ces pages de réclame ont été indexées comme un contenu à part entière ; les sources divergent sur le statut exact de ces encarts, et seul l'exemplaire en main permet de trancher. Pour vous, la conséquence est pratique : ne cherchez pas un épisode derrière ces intitulés, cherchez une page d'annonce.

Un rythme sans accroc : bimestriel jusqu'au n°36, mensuel ensuite

Les dates de couverture racontent une histoire d'une régularité rare. Du n°1 de mars 1976 au n°36 de janvier 1982, chaque numéro paraît deux mois après le précédent, sans exception. Puis le n°37 arrive en février 1982, un mois seulement après le n°36 : la revue est passée au mensuel, et elle le restera jusqu'au n°119 de décembre 1988.

Ce basculement est le fait éditorial le plus utile à connaître quand vous reconstituez une collection. Les 36 premiers numéros couvrent presque six ans, les 83 suivants moins de sept : la première moitié de la série a eu le temps de se disperser, la seconde est restée beaucoup plus abondante en circulation. C'est la première explication d'une difficulté très inégale à compléter selon la tranche visée.

Deux dates qui ne se comportent pas comme les autres

Deux enregistrements sortent du moule, et ils méritent chacun un réflexe différent. Le n°7 porte la date du 5 mars 1977 alors que tous ses voisins sont datés du 10 du mois. Le n°86 est daté de mars 1986 sans mention de jour, quand le n°85 affiche le 10 février 1986 et le n°87 le 10 avril 1986.

Ces deux cas ne disent pas la même chose. Une date avancée de cinq jours sur un seul numéro ressemble à une particularité de mise en vente ou de relevé, et vous pouvez la confirmer sur l'ourlet de couverture de votre exemplaire. Un jour manquant, lui, est plus probablement une lacune du relevé que l'indice d'une parution différente, puisque la place du numéro dans la suite mensuelle reste intacte. Dans les deux cas, notez ce que porte réellement votre exemplaire : c'est cette mention imprimée qui fait foi dans une annonce, pas la date reconstituée.

Les créateurs qui tiennent la série

Un nom domine la colonne du dessin : Jean Frisano, crédité sur 77 des 119 numéros, du n°1 jusqu'au n°107 de décembre 1987. Cette présence sur presque douze ans explique l'homogénéité visuelle d'une pile de Titans : vous reconnaissez la série au premier coup d'œil avant même de lire le logo. Son fils Thomas Frisano apparaît ponctuellement, notamment aux n°40, n°43 et n°53, ce qui situe assez précisément la période où la relève s'installe.

L'autre pilier est Jean-Yves Mitton, crédité au dessin dès le n°26 de mai 1980 et jusqu'au dernier numéro, et au scénario à partir du n°41 de juin 1982. Avec 65 crédits de scénario et 52 de dessin, il totalise plus de crédits que n'importe quel autre nom de la série, et il est le seul à y figurer dans les deux rôles sur une telle durée. Deux intitulés le confirment comme auteur maison : « Les colles de Mikros... » au n°38 et « Mikros en France ! » au n°54. Ciro Tota apparaît également au n°100 avec « Au commencement était le chat », puis aux n°111 et n°118.

Côté américain, trois noms structurent trois époques. Archie Goodwin est crédité sur 32 numéros, du n°1 au n°85, avec une densité maximale au tournant des années 1980 ; Carmine Infantino l'accompagne au dessin du n°19 au n°55. Chris Claremont apparaît dès le n°7 de mars 1977 et reste crédité jusqu'au n°119 : avec 51 crédits, c'est le scénariste américain le plus présent de la revue. Steve Englehart détient l'amplitude la plus large, en deux blocs séparés par un long silence : quelques numéros au tout début, puis la dernière période à partir du n°86, dont quatre fascicules lui échappent.

Les rubriques documentaires et les jeux, moitié oubliée de la revue

Voici la singularité que les index américains ne peuvent pas restituer. Entre le n°17 de novembre 1978 et le n°69 d'octobre 1984, l'intitulé catalogué est très souvent une page documentaire ou un jeu, pas un épisode : « A quoi servaient les pyramides d'Egypte ? », « Comment fonctionne le réfrigérateur ? », « Prévoir les tremblements de Terre », « Au Japon : l'art de la calligraphie », « Le transport des icebergs », « Les fourmis sauveront les forêts », « Qui a inventé le train ? ».

Treize intitulés de la série se présentent sous forme de question, et huit relèvent explicitement du jeu : des mots croisés aux n°24, n°47, n°55 et n°63, des mots cachés au n°68, un casse-tête au n°85, et « Le labyrinthe de la Guerre des Etoiles » aux n°53 et n°69. Deux conséquences très concrètes en découlent pour vous. D'abord, ces pages de jeux ont souvent été remplies au crayon par leur premier lecteur, ce qui crée un défaut d'état propre à Titans et absent d'une revue sans rubrique ludique. Ensuite, un acheteur averti les vérifie avant de conclure, exactement comme il vérifierait une page de courrier des lecteurs arrachée.

Les numéros qui comptent pour un collectionneur

Le n°1 du 10 mars 1976 reste la pièce de tête, pour la raison habituelle d'un lancement kiosque : un tirage initial prudent, une diffusion sans retour des invendus et aucun lecteur conscient, à l'époque, de tenir un premier numéro. Le n°100 de mai 1987, avec « Au commencement était le chat » crédité à Ciro Tota, est le second repère naturel, parce que les numéros ronds étaient achetés en double par les lecteurs fidèles et se trouvent donc souvent en bel état.

Le n°37 de février 1982 mérite une place à part dans votre liste de recherche, et pour un motif que seul le calendrier révèle : c'est le premier numéro mensuel, donc la charnière de la revue. Les collectionneurs qui raisonnent par tranches s'arrêtent souvent au n°36 ou démarrent au n°37, ce qui rend ce numéro précis plus demandé qu'il n'y paraît. Le n°119 de décembre 1988 clôt la série, et un dernier numéro est toujours plus rare qu'un numéro de milieu de course, parce que la diffusion se contracte avant un arrêt.

Enfin, les numéros où apparaissent les créations françaises intéressent un public distinct : le n°38 de mars 1982 et le n°54 de juillet 1983 pour Mikros, le n°100 pour Ciro Tota. Ce marché ne recoupe pas celui des amateurs de super-héros américains, et il explique qu'un numéro de milieu de collection puisse se négocier au-dessus de ses voisins immédiats.

Frise de parution de Titans : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Reconnaître une édition et lire ce qu'elle annonce

Prenez l'habitude de confronter trois éléments sur l'exemplaire : le numéro imprimé, la date de couverture et l'intitulé mis en avant. Sur Titans, le troisième est le moins fiable des trois, parce que la couverture valorise l'épisode jugé le plus vendeur, pas nécessairement celui qui ouvre le sommaire. Un numéro dont le catalogue retient une page documentaire peut parfaitement afficher un super-héros en couverture.

Méfiez-vous aussi des recueils reliés. Lug regroupait plusieurs numéros sous une couverture cartonnée maison, et un vendeur peut présenter un recueil comme « lot de trois numéros ». Les numéros sont bien là, mais leurs couvertures d'origine ont disparu dans l'opération, ce qui n'a rien à voir avec trois exemplaires kiosque complets. Demandez une photo du dos avant de vous engager.

L'état d'un exemplaire, et les défauts propres à cette revue

Les critères généraux s'appliquent : fraîcheur des couleurs, tenue de la pliure centrale, agrafes non rouillées, dos non cassé, pages non jaunies au-delà de l'âge du papier. Mais Titans ajoute deux points de contrôle que vous ne trouverez pas sur une revue purement narrative.

Le premier est la page de jeu. Sur les huit numéros où le catalogue retient explicitement une grille, un labyrinthe ou un casse-tête, vérifiez qu'elle est vierge. Une grille remplie ne disqualifie pas l'exemplaire, mais elle doit figurer dans la description, et elle pèse d'autant plus que vous visez un état élevé. Le second est le cahier central : sur un mensuel agrafé de cette période, c'est l'endroit où le papier lâche en premier quand la revue a été lue et relue.

Les pièges à l'achat, et pourquoi le sommaire reste à vérifier

Le piège principal tient à une limite de la donnée disponible, et il faut l'énoncer franchement. Le catalogue ne conserve qu'un intitulé par numéro, alors qu'un numéro de Titans contenait plusieurs épisodes plus des rubriques. Vous ne pouvez donc jamais déduire de cette colonne qu'un numéro contient la première parution française d'un personnage, ni qu'il correspond à tel numéro américain.

La série fournit elle-même la preuve de cette limite. Le n°116 de septembre 1988 est catalogué « Noces mortelles 2ème partie », mais aucun numéro antérieur ne porte la première partie : elle était donc dans un sommaire que le relevé ne détaille pas. De même, « La proie du Vautour » apparaît aux n°92 et n°93, « Nemrod » aux n°110 et n°111, « Hulk et la Chose » aux n°113 et n°114 : ce ne sont pas des doublons de catalogue, ce sont des récits à suivre dont chaque partie a été indexée sous le même intitulé.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter les 119 numéros, et suivre l'avancement

Abordez la série par tranches plutôt que dans l'ordre : la difficulté n'est pas répartie uniformément. La tranche bimestrielle, jusqu'au n°36, est la plus coûteuse en temps de recherche : six années de parution, des tirages de début de vie et des exemplaires qui ont traversé cinquante ans. La tranche mensuelle, du n°37 au n°119, se remplit beaucoup plus vite, et c'est par elle que la plupart des collections prennent forme.

C'est le travail d'un gestionnaire de collection : vous enregistrez vos 119 cases, vous voyez ce qui manque et dans quel état, et vous arrêtez d'acheter deux fois le même numéro. Vous pouvez aussi croiser votre pile avec les hubs de personnages si vous suivez une série américaine en parallèle, ou avec les guides consacrés aux Fantastiques pour les épisodes signalés par les intitulés de la fin de parution.

La cote aujourd'hui, et ce qui la fait bouger

Aucune cote fixe n'a de sens sur une revue de kiosque française : la fourchette entre un exemplaire lu et manipulé et un exemplaire proche du neuf se compte en multiples, pas en pourcentages. Raisonnez donc en rapports. Sur Titans, les trois variables qui déplacent le plus le curseur sont, dans cet ordre, l'état de la couverture, la position du numéro dans la série, et la présence ou non de la création française qui intéresse un acheteur particulier.

Pour fixer un prix, comparez toujours des ventes conclues, pas des annonces en cours, et vérifiez que l'état décrit est comparable au vôtre. Un numéro des années 1976 à 1979 et un numéro des années 1985 à 1988 ne se comparent pas davantage entre eux que deux séries différentes. Vous trouverez des repères de méthode dans notre comparaison entre marché VO et marché VF et dans le guide d'achat de comics en France.

Questions fréquentes

La série compte 119 numéros, du n°1 daté du 10 mars 1976 au n°119 daté du 10 décembre 1988, chez Lug. Elle couvre donc près de treize années de parution continue. Aucun intervalle supérieur à deux mois n'apparaît entre deux numéros consécutifs, ce qui signifie qu'un manque dans votre pile correspond toujours à un numéro réellement paru.

Au n°37, daté du 10 février 1982. Le n°36 était daté du 10 janvier 1982, soit un mois plus tôt seulement, alors que tous les intervalles précédents valaient deux mois. Les 36 premiers numéros couvrent ainsi presque six ans, et les 83 suivants moins de sept ans, ce qui explique une rareté très inégale selon la tranche.

Au dessin, Jean Frisano est crédité sur 77 numéros, du n°1 au n°107, et Jean-Yves Mitton sur 52, du n°26 au n°119. Au scénario, Mitton totalise le plus grand nombre de crédits, devant Chris Claremont, présent du n°7 au n°119, et Steve Englehart, crédité au tout début de la revue puis sur l'essentiel de la dernière période, à partir du n°86.

Parce que Titans publiait des pages documentaires et des jeux en plus des épisodes, et que le relevé n'a retenu qu'un intitulé par numéro. D'où des entrées comme « Comment fonctionne le réfrigérateur ? » au n°18 ou des mots croisés au n°47. Le sommaire complet n'est pas dans la donnée : il se vérifie sur l'exemplaire, page de sommaire en main.

Non. « Nemrod » figure aux n°110 et n°111, « Hulk et la Chose » aux n°113 et n°114, « La proie du Vautour » aux n°92 et n°93. Ce sont des récits à suivre dont chaque partie a été indexée sous le même intitulé. Le n°116, catalogué « Noces mortelles 2ème partie », le confirme : sa première partie se trouvait dans un sommaire non détaillé.