Les meilleurs runs d'Excalibur : le classement de 6 périodes à lire, illustration article

Pour lire Excalibur, commencez par le spécial Excalibur: The Sword Is Drawn (décembre 1987) et les premiers numéros de la série de 1988, où Chris Claremont et Alan Davis réunissent Captain Britain, Nightcrawler et Shadowcat. Viennent ensuite le retour de Davis comme auteur complet, le Captain Britain d'Alan Moore et Davis, New Excalibur (2005-2007), la série de Tini Howard et Marcus To (2019) et le passage de Warren Ellis. Six runs, classés par intérêt de lecture.

Excalibur n'est pas un personnage mais une équipe, et c'est ce qui complique le classement : on ne suit pas un héros de page en page, on suit une formule, celle d'anciens X-Men installés en Grande-Bretagne, mêlés à la tradition fantaisiste de Captain Britain. Cette formule a été reprise à plusieurs reprises depuis 1988, avec des auteurs et des humeurs très différents. Nous avons donc comparé des périodes de scénaristes plutôt que des collections complètes.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs d'Excalibur présentés dans cet article, du premier au dernier

Comment nous avons classé les runs d'Excalibur

Excalibur a connu des dizaines d'auteurs, mais peu de périodes se lisent d'une traite sans connaître le reste. Nous avons retenu les périodes qui se défendent seules, puis posé trois questions à chacune : l'équipe a-t-elle une voix reconnaissable, le récit se comprend-il sans les X-Men à portée de main, et l'objet est-il simple à rassembler ? La dernière question pèse moins que les deux premières, car le rang indiqué ici juge la lecture avant la collection.

Un point de vocabulaire utile pour la suite : la série lancée en 1988 est le premier volume, la relance de 2019 est le quatrième. Les numérotations se recouvrent, donc nous citons toujours l'année en même temps que le numéro.

Top 1 : Chris Claremont et Alan Davis, Excalibur: The Sword Is Drawn (1987) et la série de 1988

Tout part d'un spécial daté de décembre 1987. Claremont, qui avait créé Captain Britain onze ans plus tôt dans un hebdomadaire de Marvel UK, et Davis, qui avait redessiné le héros dans les années 1980, y associent Brian Braddock, sa compagne Meggan et d'anciens X-Men. Nightcrawler et Shadowcat forment le noyau américain de l'équipe ; Rachel Summers, sous le nom de Phoenix, rejoint le groupe dans la série mensuelle qui démarre en 1988, et le dragon miniature Lockheed suit Kitty Pryde partout.

Ce run compte pour une raison simple : il prouve qu'une série mutante peut tourner le dos au drame permanent. Là où les X-Men de la même époque s'enfoncent dans les massacres et les deuils, Excalibur choisit l'aventure légère, l'Autre Monde, les réalités parallèles, un humour qui doit beaucoup au contexte britannique. Davis dessine avec une clarté de ligne que peu de ses contemporains égalent, et chaque planche paraît pensée pour la lecture rapide. Le lecteur y gagne une équipe attachante, dont les personnages se parlent comme des amis plutôt que comme des soldats.

À qui s'adresse-t-il ? À celui qui veut une porte d'entrée dans l'univers mutant sans traverser vingt ans de continuité, et à celui qui trouve le X-Men classique trop sombre. Pour les numéros de début et de fin, retenez le spécial de 1987 comme ouverture et les douze à quinze premiers numéros de la série comme cœur de la période ; les sources divergent sur le moment exact où Davis quitte la série pour la première fois, et nous ne figeons donc pas de dernier numéro.

Pour le collectionner, le spécial et les premiers fascicules ont été imprimés pour le marché américain : ils se trouvent facilement, en bon état, sans avoir à traquer une édition britannique. Les recueils existent pour qui préfère lire sans manipuler le papier de 1988. Notre parcours de lecture de Claremont replace ce run parmi les autres séries de l'auteur.

Top 2 : Alan Davis, auteur complet d'Excalibur (début des années 1990)

Après le départ de Claremont, Davis revient sur la série comme scénariste et dessinateur à la fois. Le ton se resserre : moins de clins d'œil, plus de logique interne, des intrigues qui se construisent sur plusieurs numéros autour de Captain Britain, de Meggan et de Rachel Summers. L'univers britannique de Davis, nourri de ses années à Marvel UK, devient ici la matière principale du récit, et non plus un décor.

Il compte parce qu'il montre ce que donne Excalibur quand un seul créateur tient le crayon et la plume. L'humour s'efface un peu devant la cohérence du monde, et la série gagne en lisibilité pour qui n'a jamais ouvert un X-Men. Le défaut est la dépendance à la période précédente : certains arcs reprennent des fils posés par Claremont, et un lecteur qui n'a pas vu les débuts perd quelques références. Ce run s'adresse donc à celui qui a aimé le Top 1 et veut davantage de la même veine.

Nous ne donnons pas ici de numéros de début et de fin précis : les sources que nous avons recoupées ne s'accordent pas, et la bonne attitude, pour un collectionneur, est de vérifier les crédits dans le catalogue avant d'acheter une suite de fascicules. Côté format, le recueil évite ce piège, puisqu'il regroupe les épisodes par auteur plutôt que par numéro.

Top 3 : Alan Moore et Alan Davis, Captain Britain (1982-1984), la préhistoire de l'équipe

Ce n'est pas du Excalibur au sens strict, mais impossible de comprendre l'équipe sans lui. Alan Moore reprend Captain Britain dans Marvel Superheroes #387, daté de juillet 1982, et bâtit un long récit où un savant dément déforme la réalité. Le Captain Britain Corps, ligue de variantes venues de mondes parallèles, apparaît dans The Daredevils #6 (juin 1983), avec Davis au dessin. Ces idées nourriront ensuite toute la mythologie d'Excalibur, de l'Autre Monde à la multiplicité des Braddock.

Le run compte pour sa densité : chaque épisode tient en peu de pages, et Moore y expérimente des procédés qu'il reprendra dans d'autres œuvres. Il s'adresse au lecteur déjà curieux, prêt à suivre un feuilleton éclaté entre des supports aux titres changeants. C'est le moins immédiat des six, mais l'un des plus riches.

Pour le collectionner, ces épisodes sont dispersés dans plusieurs publications de Marvel UK, ce qui complique tout. La voie sensée est le recueil pour la lecture, et les fascicules britanniques seulement pour l'amateur de pièces d'époque ; notre article sur les comics de Marvel UK et leurs premières apparitions explique comment distinguer ces éditions des comics américains vendus outre-Manche.

Top 4 : Chris Claremont, New Excalibur (2005-2007)

Après un grand événement qui a bouleversé la communauté mutante, Marvel relance l'équipe sous le titre New Excalibur. Claremont revient à l'écriture et dirige une formation inattendue autour de Captain Britain, où le Juggernaut tente de trouver une place et où Dazzler a sa place. La série compte vingt-quatre numéros et se lit comme un feuilleton de rédemption plus que comme une comédie.

Elle compte parce qu'elle montre Claremont revisitant son propre territoire avec vingt ans de recul, et que son goût des personnages en marge y trouve de nouveaux terrains. Elle convient à qui a déjà goûté à l'équipe de 1988 et veut savoir ce que Claremont en tire vingt ans plus tard, dans un paysage mutant transformé. Les sources divergent sur les dates de couverture exactes, d'où la mention « 2005-2007 » plutôt qu'un jour précis.

La série est courte, donc simple à rassembler complète ; les vingt-quatre fascicules forment un objectif réaliste, et les recueils couvrent la même matière. Comme l'événement qui lui sert de point de départ est lui-même un repère de collection, relisez-le avant de choisir si vous voulez seulement la série ou tout le contexte.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs d'Excalibur, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Tini Howard et Marcus To, Excalibur (2019)

La relance de 2019 s'inscrit dans la refonte des X-Men et rebat les cartes : Betsy Braddock devient Captain Britain à partir du premier numéro, son frère Brian prenant le nom de Captain Avalon. L'équipe, où l'on retrouve entre autres Rogue, Gambit et Apocalypse, explore l'Autremonde et ses règles magiques. Howard cherche à prolonger l'esprit de l'Excalibur d'origine tout en lui donnant un univers plus codifié, et Marcus To dessine les premiers arcs.

La série compte pour deux raisons : elle renouvelle le titre de Captain Britain, un changement majeur dans la mythologie du personnage, et elle accompagne le crossover X of Swords (2020), cosigné par Tini Howard avec Jonathan Hickman. Elle s'adresse au lecteur d'aujourd'hui, qui connaît les X-Men de l'ère Hickman et veut comprendre d'où viennent Avalon et Otherworld. Les passages les plus denses demandent d'avoir lu les séries parallèles de la même période.

Pour le collectionneur, cette série est trop récente : aucune cote ne s'est encore stabilisée, et trois facteurs la feront évoluer, à savoir la longévité de la série, d'éventuels retirages et la présence de couvertures alternatives. Nous n'affirmons aucun tirage ni aucun ratio. Si vous achetez le premier numéro, notez la lettre de couverture pour distinguer la version courante des autres. Le recueil convient parfaitement à la lecture.

Top 6 : Warren Ellis, la parenthèse des années 1990

Au milieu des années 1990, Warren Ellis prend la série en main pour une période courte, avec Carlos Pacheco au dessin sur une partie de son passage. L'humour de Claremont et Davis cède la place à un ton plus cynique, plus rapide, plus proche de la science-fiction. C'est le moins représentatif de l'esprit d'Excalibur, d'où sa place en fin de liste, mais aussi le plus surprenant pour qui croit connaître la série.

Il compte parce qu'il témoigne de la capacité du titre à absorber une voix très différente de la sienne, et parce qu'il montre Ellis avant ses grandes séries personnelles. Il s'adresse au lecteur qui aime les ruptures de ton. Les sources divergent sur les numéros exacts de son passage, et nous préférons ne pas les citer : vérifiez les crédits dans le catalogue avant d'acheter, et privilégiez, là encore, le recueil de la période pour la lecture.

Par lequel commencer selon votre profil

Le lecteur qui découvre les mutants et veut s'amuser doit ouvrir le Top 1, le spécial de 1987 puis les premiers numéros de 1988. Celui qui aime les récits à un seul esprit créatif ira vers le Top 2, où Davis tient seul la plume et le crayon. L'amateur d'histoire de la bande dessinée britannique lira le Top 3 en recueil, puis reviendra vers Excalibur avec un regard plus averti.

Qui suit les X-Men actuels peut viser d'emblée le Top 5, la série de 2019, après un détour par House of X, dont notre article sur les clés de ces deux séries donne le repérage. Quant à celui qui a déjà lu Claremont sur Uncanny X-Men, il appréciera New Excalibur pour la comparaison. Enfin, Ellis est un détour pour lecteur curieux, pas une porte d'entrée.

Ce que valent ces runs en collection

Un classement de lecture ne dit pas où se trouve le rapport entre prix et effort. Ici, les trois premiers runs reposent sur des fascicules imprimés en grand nombre pour le marché américain, sauf pour les épisodes britanniques de Moore et Davis, dispersés et fragiles. Avant d'acheter le spécial de 1987 ou un fascicule de 1988, rapprochez plusieurs transactions achevées pour ce titre précis et ce niveau d'état, en laissant de côté les valeurs aberrantes . Mettre un fascicule noté et un fascicule brut dans le même lot de comparaison fausserait le résultat.

La règle est la même pour tous : l'état fait le rapport, pas le titre. Une série à fort tirage comme celle de 1988 punit l'acheteur qui paie un exemplaire moyen au prix d'un bel état. À l'inverse, les hebdomadaires de Marvel UK, au papier fragile, justifient de payer davantage pour un exemplaire complet. Pour les relances récentes, la patience vaut mieux : tant que la série n'a pas terminé sa course, la cote reste mouvante.

Pour les premiers numéros les plus demandés, l'estimation gratuite part de l'état réel de votre exemplaire. Les amateurs de l'équipe peuvent aussi consulter nos classements consacrés à Gambit et à Rogue, deux membres de la formation de 2019.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs d'Excalibur auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Par le spécial Excalibur: The Sword Is Drawn, daté de décembre 1987, puis par les premiers numéros de la série de 1988. Claremont et Davis y présentent l'équipe sans exiger de connaître les X-Men, et le ton léger permet de juger rapidement si la formule vous plaît.

Non, le spécial de 1987 se suffit. Une connaissance de Nightcrawler et de Shadowcat aide à saisir leur rôle, mais le récit les présente. En revanche, la série de 2019 suppose d'avoir suivi la relance des X-Men, notamment House of X, pour comprendre Avalon et l'Autremonde.

Dans les séries de 1988, c'est Brian Braddock, apparu en 1976 dans un hebdomadaire britannique. Dans la série de 2019, sa sœur Betsy Braddock, connue sous le nom de Psylocke, reprend le titre, tandis que Brian prend celui de Captain Avalon.

C'est une suite réussie si vous acceptez un changement de registre. Claremont y écrit vingt-quatre numéros, de 2005 à 2007, autour d'une équipe de rédemption où figurent le Juggernaut et Dazzler. Elle est moins légère que la série d'origine, mais bien plus facile à compléter.

Le recueil convient à la lecture, surtout pour les épisodes britanniques de Moore et Davis dispersés entre plusieurs titres. Les fascicules américains de 1987 et 1988 sont faciles à trouver et valent la peine pour qui aime l'objet. Vérifiez toujours les crédits d'une période avant d'acheter une suite.

Un spécial Excalibur de 1987 ou un premier numéro de 1988 dort dans vos boîtes ? Estimez-le avant de décider de le garder ou de le vendre.

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