Chris Claremont par où commencer : le parcours de lecture en 6 étapes, illustration article

Pour lire Chris Claremont, commencez par la Dark Phoenix Saga (Uncanny X-Men #129 à 138), enchaînez avec Days of Future Past aux numéros 141 et 142, lisez ses récits indépendants de 1982, remontez aux débuts du run avec Dave Cockrum, goûtez aux séries dérivées New Mutants et Excalibur, puis terminez par la fin du run et le X-Men #1 de 1991. Six étapes, du plus accessible au plus exigeant.

Seize ans d'Uncanny X-Men, deux cents numéros, des intrigues secondaires qui se déroulent sur des années : le run de Chris Claremont impressionne autant qu'il intimide. Beaucoup de lecteurs prennent le train en marche et s'y perdent. Or ce corpus se lit très bien par épisodes, à condition de choisir les bons points d'entrée et d'accepter de ne pas tout comprendre dès la première page.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le présent guide ne retrace pas la carrière : l'article histoire de Chris Claremont le fait déjà, de Londres à l'anniversaire de Captain Britain. Nous posons ici une autre question : par où entrer, dans quel ordre avancer, et sous quelle forme acheter. Le parcours est pensé pour un lecteur qui connaît les X-Men par les films ou les séries animées et veut passer au papier sans lire deux cents numéros d'affilée. Il suit une gradation : d'abord les arcs fermés, que l'on comprend sans connaître l'équipe, puis les épisodes qui demandent du contexte, enfin les années de fin de run, où la mémoire de la série devient indispensable.

Étape 1 : la Dark Phoenix Saga, Uncanny X-Men #129 à 138

C'est l'entrée la plus naturelle, parce qu'il s'agit d'un récit à début et à fin, dessiné par John Byrne. L'arc couvre les numéros 129 à 138, publiés en 1980. Jean Grey, habitée par une puissance cosmique, devient une menace pour ceux qui l'aiment ; l'épisode 137, d'une longueur double, en forme le sommet. Le numéro 129 introduit aussi Kitty Pryde et Emma Frost, ce qui en fait l'un des fascicules les plus recherchés de la période.

Ce qui rend cet arc idéal pour un premier contact, c'est que Claremont y résume ses forces sans en cacher les défauts : des personnages secondaires qui existent vraiment, un rythme feuilletonnant, mais aussi des pages très écrites, avec beaucoup de texte pour les standards actuels. Si cette prose vous accroche, le reste du corpus vous sera accessible. Si elle vous lasse, mieux vaut le savoir tout de suite.

Pour le détail des numéros qui comptent dans cet arc, nous renvoyons à l'article sur les numéros clés de la Dark Phoenix Saga, qui replace chaque fascicule dans son contexte de collection. Niveau d'effort : faible à moyen. Dix numéros se lisent en une ou deux soirées.

Étape 2 : Days of Future Past, numéros 141 et 142

Deux numéros seulement, datés de janvier et février 1981, toujours avec Byrne. Le récit envoie une héroïne dans le passé pour empêcher un futur où les mutants sont chassés. Il se lit presque comme une nouvelle : une situation, un enjeu, une résolution, avec un minimum de connaissance préalable. C'est pourquoi il fonctionne si bien en lecture isolée, et pourquoi il a pu inspirer des adaptations à l'écran, sous des formes très différentes de l'original.

Ce qui le distingue de la saga précédente : la tonalité. Claremont y écrit sans emphase sentimentale, avec des scènes d'action menées par des personnages qui n'ont presque rien à perdre. Le dessin de Byrne, plus sec que dans l'arc de Phoenix, donne au futur sa dureté. Si vous voulez comprendre ce que l'auteur sait faire en peu de pages, c'est l'exemple à choisir.

Niveau d'effort : faible. L'étape tient en une demi-heure. Elle fonctionne comme une récompense après la première, et donne envie d'avancer vers la suivante. Pour repérer les autres fascicules importants de la série avant d'acheter, consultez la page des numéros clés des X-Men.

Étape 3 : les récits indépendants de 1982, Wolverine et God Loves, Man Kills

En 1982, Claremont écrit deux projets qui se lisent sans connaître la série mère. Le premier est la mini-série Wolverine, en quatre numéros, dessinée par Frank Miller : une aventure au Japon qui installe le personnage hors du groupe et le montre en homme tiraillé entre devoir et sauvagerie. Le second est God Loves, Man Kills, roman graphique dessiné par Brent Anderson, qui traite de l'intolérance religieuse envers les mutants.

Ces deux livres ont une valeur particulière de lecture. Ils prouvent que l'auteur sait écrire hors du feuilleton, avec une structure fermée, et c'est une bonne façon d'apprécier ses thèmes sans s'engager dans une série entière. Wolverine y gagne sa dimension de personnage principal, ce qui explique en partie la place qu'il occupera ensuite dans la franchise.

Niveau d'effort : faible. Ce sont des objets courts, souvent réédités ensemble, et leur lecture ne suppose aucune préparation. Cette étape est donc plus accessible que la quatrième, bien qu'elle vienne plus tard dans la chronologie. Nous l'avons placée ici pour que le lecteur ait goûté à plusieurs registres avant de revenir en arrière vers les débuts.

Étape 4 : les débuts du run, Uncanny X-Men #94 à 107 avec Dave Cockrum

Le moment de remonter aux origines du run. Claremont prend la série au numéro 94, en 1975, après la nouvelle équipe lancée dans Giant-Size X-Men #1. Dave Cockrum dessine, et la période prépare tout ce qui viendra : Moira MacTaggert apparaît au numéro 96, Lilandra au 97, puis Jean Grey se transforme en Phénix au numéro 101. Byrne arrive à partir du numéro 108.

Cette tranche est moins spectaculaire que les précédentes, mais elle explique les relations entre personnages. Vous y voyez Claremont construire l'équipe en travaillant les disputes, les amitiés, les rancunes. Pour comprendre pourquoi la Dark Phoenix Saga touche autant, il faut avoir lu ce qui précède. Giant-Size X-Men #1, qui lance cette équipe, n'est pas un numéro de Claremont : il ne faut pas le confondre avec le début de son run.

Avant même les X-Men, Claremont avait écrit Iron Fist dans Marvel Premiere avec Byrne, puis dans la série propre du personnage, où apparaît Sabretooth. Si la curiosité vous prend, cette étape est le bon moment pour y jeter un œil : on y voit le duo se former.

Niveau d'effort : moyen. Une quinzaine de numéros, avec des intrigues qui se prolongent de l'un à l'autre. Lisez-les dans l'ordre, car les sous-intrigues commencent ici.

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Étape 5 : les séries dérivées, New Mutants et Excalibur

Claremont ne s'est pas limité à Uncanny X-Men. Fin 1982, le roman graphique New Mutants présente une équipe d'adolescents, et la série régulière démarre en mars 1983. Elle connaît un virage fort à partir du numéro 18, quand Bill Sienkiewicz reprend le dessin pour la saga de l'Ours-démon, qui occupe les numéros 18 à 21. Les pages deviennent plus expérimentales, et la série prend une couleur gothique que les X-Men n'avaient pas.

Excalibur, lancé en 1988 avec Alan Davis, prend la direction inverse : une équipe britannique, de l'humour, des voyages dimensionnels. La série porte la marque de l'enfance de l'auteur à Londres, et c'est la plus légère de ses grandes créations. Pour qui préfère l'aventure à la tragédie, c'est peut-être la meilleure porte d'entrée dans toute son œuvre.

Ces séries se lisent séparément, mais elles croisent régulièrement le titre principal. Si vous choisissez de les suivre, tenez une liste des numéros qui se répondent, sinon vous perdrez le fil. Niveau d'effort : moyen à élevé, car il faut tenir plusieurs séries en parallèle.

Ces titres permettent aussi de voir ce que Claremont fait hors de la série phare. C'est le meilleur moyen de comprendre comment il fabrique ses personnages de second plan, qui deviennent ensuite des figures de la franchise.

Étape 6 : la fin du run, du numéro 200 au X-Men #1 de 1991

La dernière étape demande d'avoir intégré beaucoup de choses. Le numéro 200 d'Uncanny X-Men, en 1986, met en scène le procès de Magneto ; il suppose de connaître ce personnage et ses relations avec l'équipe. Gambit apparaît au numéro 266, en 1990. Le run se termine au numéro 279, en 1991, après seize ans. Entre-temps, la série a changé de dessinateurs, de tonalité et de rythme.

Le point d'arrivée est X-Men #1, publié en 1991 avec Jim Lee. Claremont y écrit, et le numéro, décliné en plusieurs couvertures, reste homologué comme le comic le plus vendu de l'histoire. Il quitte la série peu de temps après, ce qui donne à cette étape un goût de fin de cycle. Lire cet épisode après tout le reste permet de mesurer le chemin parcouru, de l'équipe internationale de 1975 à la machine éditoriale de 1991. Pour un panorama de la franchise, le classement des meilleurs runs des X-Men situe Claremont parmi ses successeurs.

Niveau d'effort : élevé. Cette tranche réclame de la patience, et nous la conseillons seulement après avoir lu les cinq étapes précédentes. Les lecteurs qui la prennent en premier jugent souvent mal l'auteur, parce qu'ils arrivent au milieu de sous-intrigues dont ils ignorent l'origine.

Comment lire : fascicules ou recueils

Pour un run de cette longueur, le recueil s'impose presque toujours. Les fascicules d'Uncanny X-Men sont nombreux et leurs prix varient fortement d'un numéro à l'autre : quelques-uns, comme les numéros qui présentent des personnages, sont très recherchés, tandis que la plupart restent abordables. Acheter les deux cents numéros en original est une entreprise de plusieurs années, qui ne se justifie que si l'on collectionne l'objet.

Les recueils de grande taille, reprenant plusieurs dizaines de numéros dans l'ordre, offrent la meilleure expérience de lecture. L'article sur les omnibus face aux fascicules originaux compare ces options. Les éditions plus petites, en tomes réguliers, conviennent à un parcours par étapes comme celui-ci : un tome pour la Dark Phoenix Saga, un autre pour les débuts avec Cockrum.

Notre stratégie conseillée : lire en recueil l'ensemble du parcours, puis acheter en fascicule d'origine uniquement les numéros qui vous ont marqué. Cette façon de faire sépare le plaisir de lecture du plaisir de possession, et limite les dépenses inutiles. Si vous hésitez sur l'état d'un exemplaire, regardez de près le dos, les coins et les agrafes, qui trahissent un fascicule beaucoup mieux que la couverture.

Récapitulatif : l'ordre conseillé

  1. Dark Phoenix Saga : Uncanny X-Men #129 à 138, avec Byrne. Effort faible à moyen.
  2. Days of Future Past : #141 et 142. Effort faible.
  3. Récits de 1982 : la mini-série Wolverine avec Miller et God Loves, Man Kills. Effort faible.
  4. Les débuts : #94 à 107 avec Cockrum, et en option les Iron Fist avec Byrne. Effort moyen.
  5. Les dérivées : New Mutants (dont la saga de l'Ours-démon) et Excalibur. Effort moyen à élevé.
  6. La fin du run : le numéro 200, Gambit au 266, X-Men #1 de 1991. Effort élevé.

Si vous devez vous limiter à deux lectures, prenez les étapes 1 et 2 : elles donnent la mesure de l'auteur en une douzaine de numéros. Si vous aimez, continuez dans l'ordre ; sinon, essayez Excalibur, qui montre un Claremont plus léger.

Questions fréquentes

Commencez par la Dark Phoenix Saga, dans Uncanny X-Men #129 à 138, dessinée par John Byrne. C'est un arc fermé, qui se comprend sans connaissance préalable et qui montre l'essentiel de son style. Poursuivez avec Days of Future Past, aux numéros 141 et 142.

Non. Le run s'étend du numéro 94 au 279, soit seize ans, et personne n'a besoin de tout lire pour l'apprécier. Les arcs principaux se lisent seuls, et un parcours en six étapes comme celui de ce guide donne une vue d'ensemble sans épuiser le lecteur.

Ils sont plus écrits que la moyenne actuelle, avec des bulles de pensée et des commentaires du narrateur. Certains lecteurs y voient une richesse, d'autres une lourdeur. Pour juger, lisez Days of Future Past : deux numéros suffisent pour savoir si ce style vous convient.

Oui, à condition de choisir des récits fermés. God Loves, Man Kills et la mini-série Wolverine de 1982 sont conçus pour être compris isolément, tout comme Days of Future Past. Les numéros de la fin du run, en revanche, supposent de connaître des années de sous-intrigues.

Pour lire, les recueils : un run de deux cents numéros en fascicules coûte du temps et de l'espace. Pour posséder l'objet, certains fascicules d'origine, surtout ceux qui présentent un personnage, gardent un intérêt. Le meilleur partage consiste à lire en recueil et à n'acheter en original que quelques numéros choisis.

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