Chris Claremont : l'histoire du scénariste qui a fait les X-Men, illustration article
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Chris Claremont, né à Londres le 25 novembre 1950, est le scénariste qui a transformé les X-Men en franchise majeure. Il entre chez Marvel en 1969 comme assistant, signe son premier script dans Daredevil #102 (1973), puis reprend Uncanny X-Men au numéro 94, en 1975, et le garde seize ans, jusqu'en 1991, un record. On lui doit « The Dark Phoenix Saga » et « Days of Future Past » avec John Byrne, et la cocréation de dizaines de personnages, dont Kitty Pryde, Rogue, Mystique, Emma Frost, Sabretooth, Gambit et Captain Britain. Son X-Men #1 de 1991, avec Jim Lee, reste homologué comme le comic le plus vendu de tous les temps. En 2026, il revient deux fois : une histoire inédite dans Alien vs. X-Men #1 en septembre, et une participation au Captain Britain 50th Anniversary Special #1 du 14 octobre 2026, pour les cinquante ans d'un héros qu'il a cocréé.

Il y a des auteurs qui écrivent une bonne série, et des auteurs qui en changent la nature. Chris Claremont appartient à la seconde catégorie. Quand il reprend les X-Men au milieu des années 1970, le titre vient d'être relancé après des années de rééditions, avec une équipe internationale toute neuve. Quand il le quitte en 1991, c'est le comic le plus vendu au monde, la matrice d'une demi-douzaine de séries dérivées, et le modèle du feuilleton super-héroïque à personnages multiples.

Cet article retrace l'ensemble de sa carrière, avant, pendant et après les X-Men, sans reprendre en détail les arcs majeurs, que notre classement des runs de la franchise analyse déjà. L'objectif est de comprendre le parcours d'un auteur, et de savoir quels numéros lire pour en saisir chaque étape.

Un Anglais élevé aux comics britanniques

Christopher Simon Claremont naît à Londres. Sa famille s'installe aux États-Unis quand il a trois ans, et il grandit à Long Island. Enfant, il lit moins les comics de super-héros américains que l'hebdomadaire britannique Eagle, auquel sa grand-mère l'abonne, et les aventures de Dan Dare. Il dévore aussi la science-fiction de Robert Heinlein et les romans d'aventures de Kipling ou de C.S. Forester.

Ces lectures comptent. Elles expliquent son goût pour les récits feuilletonnants, pour les personnages féminins d'action, et pour une certaine idée de l'aventure collective. Elles expliquent aussi qu'il ait été, plus tard, l'auteur naturel d'un héros britannique. Claremont a lui-même relié son attachement aux personnages marginaux à son statut d'immigré, malmené à son arrivée parce qu'il avait l'air différent.

À l'université, il étudie la théorie politique et le théâtre, et rêve de devenir metteur en scène. Il entre pourtant chez Marvel dès 1969, encore étudiant, comme assistant éditorial. Il est diplômé en 1972.

Numéros cités : Chris Claremont

Les débuts : Daredevil, Iron Fist, Madrox

Son premier script professionnel est celui de Daredevil #102, daté d'août 1973. On lui confie ensuite la série Iron Fist dans Marvel Premiere, à partir du numéro 23 en 1975, où il est rejoint deux numéros plus tard par le dessinateur John Byrne. Le duo poursuit dans la série propre d'Iron Fist, quinze numéros, où naît notamment Sabretooth. Dans le même temps, Claremont crée Madrox, l'homme multiple, dans Giant-Size Fantastic Four #4.

C'est le rédacteur en chef de l'époque, Len Wein, qui lui confie les X-Men. Wein et Dave Cockrum venaient de lancer une nouvelle équipe. La série était alors en si mauvaise posture que confier le titre à un jeune auteur ne froissait personne. Claremont l'aborde comme un acteur de la méthode : il construit chaque personnage par ses motivations et ses désirs.

1975-1991 : les seize ans d'Uncanny X-Men

94

Uncanny X-Men #94

1975 · Chris Claremont et Dave Cockrum
Le début du run

Le premier numéro de Claremont sur la série. Dans les numéros suivants, il introduit Moira MacTaggert au 96 et Lilandra au 97, puis transforme Jean Grey en Phénix au numéro 101. Byrne arrive au dessin au numéro 108, en 1977.

Pour aller plus loin : la fiche de l'Uncanny X-Men #94.

Avec Byrne, Claremont signe les deux récits qui définissent la franchise. « The Dark Phoenix Saga », qui culmine au numéro 137, raconte la chute de Jean Grey ; les historiens la comparent à ce que la trilogie de Galactus fut pour Lee et Kirby. « Days of Future Past », aux numéros 141 et 142 en 1981, imagine un futur où les mutants sont chassés. Le numéro 129, en 1980, présente à la fois Kitty Pryde et Emma Frost avec le Club des Damnés. Pour un détail des numéros de cet arc, notre article sur les numéros clés de la Dark Phoenix Saga est la bonne étape.

La liste de ses cocréations est vertigineuse : Rogue, présentée en 1981 dans un annual des Avengers ; Mystique, apparue en 1978 dans Ms. Marvel ; Destiny, Selene, Rachel Summers, Madelyne Pryor, Mister Sinister, Forge, Jubilee, et Gambit au numéro 266 en 1990. Il crée aussi le Fléau, ces extraterrestres apparus au numéro 155 en 1982, que l'on retrouve en 2026.

Pendant ces années, il multiplie les projets parallèles : la mini-série Wolverine avec Frank Miller en 1982, le roman graphique God Loves, Man Kills la même année, qui inspirera le deuxième film des X-Men, le lancement des New Mutants à la fin de 1982, un croisement entre X-Men et Teen Titans avec Walt Simonson, puis Excalibur avec Alan Davis et la série Wolverine en 1987 et 1988. Il écrit aussi Ms. Marvel, Spider-Woman et Marvel Team-Up.

Son style devient une signature : des bulles de pensée abondantes, des intrigues secondaires qui courent sur des années, des personnages qui pleurent de rage en fin de page. Une ancienne éditrice de la série racontait que, en panne d'idées, il lui suffisait de reprendre les fils laissés en suspens par Claremont depuis un an ou deux. Pour un panorama de sa place parmi les grands auteurs de la franchise, consultez notre classement des meilleurs runs des X-Men.

1991 : le numéro le plus vendu de l'histoire, puis le départ

1

X-Men #1

1991 · Chris Claremont et Jim Lee
Record mondial

En 1991, l'éditeur lance une deuxième série mutante, coécrite par Claremont et le dessinateur Jim Lee. Le premier numéro, décliné en plusieurs couvertures puis en une couverture dépliante qui les réunissait, dépasse 8,1 millions d'exemplaires vendus, chiffre homologué par le livre des records.

À savoir : ce volume colossal s'explique largement par les achats multiples de revendeurs et de spéculateurs. C'est précisément pourquoi ce numéro reste aujourd'hui très courant. Voir la fiche de X-Men #1 (1991).

Le triomphe est aussi une fin. Claremont quitte la franchise après le premier arc de trois numéros, à la suite de désaccords avec l'éditeur de la série. Il a écrit seize ans les X-Men ; il part au sommet commercial, dans un climat où les dessinateurs vedettes ont pris le pouvoir.

Les années 1990 : ailleurs

La décennie suivante l'éloigne de Marvel. Il manque de peu de faire partie des fondateurs d'Image, avec un projet personnel qui ne trouvera pas de dessinateur à temps. Il écrit un roman graphique Star Trek, une mini-série Aliens et Predator, quelques numéros de WildC.A.T.s, puis lance chez DC sa série Sovereign Seven, qui tient trente-six numéros. Il se consacre aussi aux romans : une trilogie de science-fiction, et une trilogie coécrite avec George Lucas qui prolonge le film Willow.

En 1998, il revient chez Marvel comme directeur éditorial et scénariste de Fantastic Four, où il crée Valeria Richards. Il reste vingt-neuf numéros sur le titre, son plus long passage hors des X-Men.

Les retours aux X-Men

Les années 2000 et 2010 sont celles des retours. Il réécrit Uncanny X-Men et X-Men en 2000, puis lance X-Treme X-Men. Il revient sur Uncanny en 2004, avec Alan Davis, son complice d'Excalibur. Il coécrit chez DC un arc de JLA avec John Byrne, qu'il retrouve vingt-cinq ans après leurs X-Men. En 2009, X-Men Forever lui permet de reprendre le fil là où il l'avait laissé en 1991, dans une continuité parallèle. En 2014, il écrit une série Nightcrawler, jusqu'en mars 2015, puis retrouve Bill Sienkiewicz en 2019 pour un numéro unique des New Mutants.

Aucun de ces retours n'a eu l'impact de sa période fondatrice, et c'est logique : on ne refonde pas deux fois la même franchise. Mais ils ont gardé vivante sa voix, et montré qu'il restait le gardien le plus attentif de ses personnages.

Captain Britain : le héros des cinquante ans

C'est un aspect moins connu de sa carrière, et celui que l'actualité de 2026 met en avant. En 1976, l'éditeur lance au Royaume-Uni un hebdomadaire consacré à un héros britannique, Captain Britain, et Claremont, Anglais de naissance, en est le cocréateur. La sœur jumelle du héros, Betsy Braddock, y apparaît la même année ; elle deviendra Psylocke chez les X-Men. Claremont reprendra ensuite le personnage dans Excalibur, avec Alan Davis.

Le Captain Britain 50th Anniversary Special #1, programmé le 14 octobre 2026, réunit Alan Davis, Chris Claremont, Dan Abnett, Paul Davidson et Kelsey Ramsay. Il célèbre un demi-siècle du personnage. Pour comprendre pourquoi les premières apparitions publiées au Royaume-Uni forment un marché à part, lisez notre article sur les comics britanniques de Marvel et leurs premières apparitions.

2026 : Alien vs. X-Men

L'autre retour de l'année est plus inattendu. La mini-série Alien vs. X-Men, lancée en septembre 2026 par Kieron Gillen et Borges, contient dans son premier numéro une histoire inédite de Claremont, consacrée à Kitty Pryde et au Fléau. L'auteur y retrouve ses propres créatures, nées en 1982 dans un contexte où l'horreur spatiale du cinéma s'installait dans la culture populaire. Notre article sur Alien vs. X-Men et Claremont détaille ce que vaut, pour un collectionneur, une telle participation.

Par où commencer

1

La période Byrne

Du numéro 108 au numéro 143 : le Phénix, sa chute, puis Days of Future Past. C'est la lecture indispensable.

2

Les années 1980

God Loves, Man Kills, la mini-série Wolverine, puis la suite d'Uncanny jusqu'à la fin des années 1980. Notre liste des numéros clés des X-Men aide à choisir.

3

Captain Britain et Excalibur

Pour le versant britannique, en prévision du numéro anniversaire d'octobre 2026.

4

Les retours

X-Men Forever pour qui veut savoir ce qu'il avait prévu après 1991, puis les deux participations de 2026.

Côté reconnaissance, Claremont a été intronisé au temple de la renommée des prix Eisner en 2015, en même temps que John Byrne. Il a fait don de ses archives d'écriture à la bibliothèque de livres rares d'une grande université new-yorkaise en 2011.

Questions fréquentes

Seize ans sans interruption, de 1975 à 1991, sur Uncanny X-Men, du numéro 94 jusqu'au début des années 1990. C'est la plus longue période d'un scénariste sur ce titre. Il a en parallèle lancé et écrit plusieurs séries dérivées, dont New Mutants, Excalibur et Wolverine. Il est ensuite revenu à plusieurs reprises sur la franchise, en 2000, en 2004 avec Alan Davis, en 2009 avec X-Men Forever, et ponctuellement en 2026.
Il a cocréé un très grand nombre de personnages, parmi lesquels Kitty Pryde, Rogue, Mystique, Emma Frost, Destiny, Selene, Rachel Summers, Madelyne Pryor, Jubilee, Mister Sinister, Forge, Gambit, Sabretooth, Madrox, les extraterrestres du Fléau, Captain Britain et Betsy Braddock. Il a aussi transformé Jean Grey en Phénix et fait de Wolverine un personnage majeur, avec sa célèbre réplique sur le fait d'être le meilleur dans ce qu'il fait.
Non, c'est même l'inverse. X-Men #1, coécrit par Chris Claremont et Jim Lee en 1991, est homologué comme le comic le plus vendu de tous les temps, avec plus de 8,1 millions d'exemplaires. Ce volume s'explique par ses multiples couvertures et par les achats en nombre de revendeurs et de spéculateurs. C'est un numéro historique, mais très courant, que l'on trouve facilement en bon état.
Il a quitté la franchise après le premier arc de trois numéros de la nouvelle série X-Men, lancée en 1991, à la suite de désaccords avec l'éditeur responsable des titres mutants. À cette époque, les dessinateurs vedettes avaient pris une place considérable dans les décisions créatives. Claremont s'est ensuite consacré à d'autres éditeurs, à ses propres projets et à des romans, avant de revenir chez Marvel en 1998.
C'est un numéro spécial programmé le 14 octobre 2026 pour les cinquante ans de Captain Britain, héros créé en 1976 pour un hebdomadaire britannique de l'éditeur. Il réunit Alan Davis, Chris Claremont, Dan Abnett, Paul Davidson et Kelsey Ramsay. Claremont est cocréateur du personnage et l'a repris plus tard dans Excalibur avec Alan Davis, ce qui fait de sa participation un retour aux sources.
Commencez par sa période avec John Byrne sur Uncanny X-Men, de la fin des années 1970 à 1981 : elle contient la Dark Phoenix Saga et Days of Future Past, ses deux récits les plus célèbres. Si vous préférez un récit complet en un volume, le roman graphique God Loves, Man Kills, publié en 1982, est une excellente porte d'entrée, et il a inspiré le deuxième film des X-Men.
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