Dans le relevé, le n°200 d'Ombrax est daté de « septembre 1982 », sans jour, comme les 44 fiches comprises entre le n°193 et le n°236 ; les 198 autres portent un « 10 » en tête. Son histoire s'intitule « Les statues de cire », scénario crédité à Maurizio Torelli et Pier Carpi. Le relevé ne dit pas ce que l'exemplaire imprime : cette page sépare ce qu'il atteste de ce qui reste à lire sur la couverture.
Un numéro rond attire l'œil, et celui-ci tombe dans une zone où la date perd son jour. Pour qui classe une pile de revues par ordre de parution, le 200 est donc d'abord une question de méthode : quelle date écrire, et avec quelle certitude.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro 200 tel que le relevé le décrit
La fiche du n°200 tient en quatre éléments : une date, « septembre 1982 » ; un titre d'histoire, « Les statues de cire » ; deux scénaristes, Maurizio Torelli et Pier Carpi ; trois dessinateurs, Jean Frisano, Giancarlo Agnello et Luciano Bernasconi. C'est tout, et il faut le lire comme tel.
Le titre est unique dans le relevé : sur 242 fiches, aucune autre ne le porte. C'est un point utile pour un collectionneur, parce que certains titres s'étalent sur plusieurs numéros (« Le Dernier Ricanement » occupe les n°214 à 216). Ici, aucun voisin ne partage le titre : le n°199 s'intitule « L'insigne des Thugs » et le n°201 « La secte de l'araignée ». Reste que le relevé ne donne qu'un titre par fascicule : il ne dit pas si « Les statues de cire » est la seule histoire du numéro, ni si elle en occupe la totalité.
Les crédits sont eux aussi ceux du fascicule, pas d'un épisode. Rien n'autorise à attribuer tel scénariste ou tel dessinateur à tel passage du fascicule.
Où le jour disparaît, et où il revient
Le n°192 est daté « 10 janvier 1982 ». Le n°193, « février 1982 », n'a plus de jour. L'absence se prolonge jusqu'au n°236, « septembre 1985 ».
Le n°237 redonne « 10 octobre 1985 », et la forme avec le jour se poursuit jusqu'au dernier numéro du relevé, le 242, daté de mars 1986. La tranche va donc bien du 193 au 236 : 44 fiches, soit 18 % des 242 du relevé.
Cette tranche couvre exactement 44 mois consécutifs, de février 1982 à septembre 1985, un numéro par mois. Le n°200 en est le huitième : sept fiches sans jour le précèdent dans la tranche, 36 la suivent. Il n'est ni à l'entrée ni à la sortie, ce qui le rend représentatif de la tranche et sans particularité propre sur ce point.
Un détail compte pour la méthode : les deux bords de la tranche ne coïncident avec aucun changement de crédits. Le n°193 est crédité comme le 192, et le 237 comme le 236 (mêmes scénaristes, mêmes dessinateurs). Rien dans l'équipe ne fournit donc d'explication à l'apparition ni à la disparition du jour dans le relevé.
Fait du relevé ou fait de l'objet ?
Il faut séparer deux affirmations. Première affirmation, vérifiée : dans le relevé, 44 fiches consécutives n'ont pas de jour. Seconde affirmation, non vérifiée : les fascicules correspondants n'en imprimeraient pas. La première décrit un catalogue ; la seconde décrirait un objet, et le relevé ne permet pas de passer de l'une à l'autre.
Au moins trois situations restent compatibles avec les données. Les numéros de la tranche peuvent réellement porter une date réduite au mois et à l'année. Ils peuvent aussi porter un jour que le relevé n'a pas recueilli pour cette période. Enfin, le « 10 » des 198 autres fiches peut relever d'une convention d'enregistrement plutôt que d'une lecture faite sur chaque exemplaire : une valeur identique sur 198 fiches appelle la prudence, sans qu'on puisse trancher.
La conséquence pratique est simple. Ne recopiez pas dans votre liste un « 10 septembre 1982 » que personne n'a établi pour le n°200, et ne déduisez pas non plus de l'absence de jour une propriété de votre exemplaire. Regardez la couverture et notez ce qui y figure, en distinguant ce que vous lisez de ce que vous déduisez.
Autour du n°200 : un scénariste qui part, une équipe qui change onze numéros plus loin
Le 200 clôt une suite : Pier Carpi figure à la fiche de chacun des numéros 176 à 200, vingt-cinq d'affilée. Après lui, le relevé ne le reporte qu'une fois, au n°208.
Sur les fiches voisines, les n°201 à 203 sont crédités à Maurizio Torelli seul, le n°204 aussi ; le n°206 y ajoute Nino Laccisaglia et le n°210 Gallieno Ferri. Pour un collectionneur qui range par équipe créative, le 200 est donc une borne naturelle : c'est le dernier numéro de la suite où Pier Carpi s'ajoute à Torelli au scénario.
Côté dessin, le n°200 se situe dans la suite de Luciano Bernasconi, présent à chaque fiche du 178 au 203, vingt-six d'affilée. Le n°204 le remplace par Ivo Pavone dans la troisième position, avant son retour au n°205. Jean Frisano et Giancarlo Agnello, eux, sont en première et deuxième positions sans discontinuité du n°149 au n°210.
Le vrai changement de registre arrive plus loin. Au n°211, « Wampus [partie 1] », les crédits basculent : Alfredo Castelli et Franco Frescura remplacent Torelli et Carpi, Giancarlo Alessandrini rejoint le dessin, et Agnello comme Torelli ne figurent plus après le n°210.
La nouvelle équipe s'installe : Castelli est porté aux fiches 211 à 242, dernier numéro du relevé. Frisano, lui, quitte les crédits le temps d'un long intermède et revient au n°228.
Attention à ne pas fusionner ces deux repères. Le 200 n'est pas la frontière entre deux équipes, et le 211 n'est pas la frontière des dates : le jour manque déjà depuis dix-huit numéros quand l'équipe change. Une liste qui rangerait « sans jour » et « époque Castelli » dans la même colonne confondrait deux phénomènes indépendants.
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Commencer mon essai →Dater un exemplaire quand le jour manque
Dans la tranche, le couple mois et année suffit à ordonner les numéros : 44 fiches, 44 mois distincts, aucun mois partagé entre deux numéros. Le jour ne départagerait donc personne, et son absence ne rend aucun classement ambigu. C'est un point rassurant : la précision qui manque n'est pas celle dont un tri chronologique a besoin.
Un recoupement par le rang le confirme. Le n°1 est daté de février 1966, et un numéro par mois mène le rang 200 à septembre 1982, ce que le relevé indique. Sur les 242 fiches, une seule contredit cette arithmétique, le n°113. Le rang et le mois s'accordent donc pour le n°200. Mais ce recoupement valide la cohérence du relevé, pas le contenu de votre exemplaire : il ne remplace pas la lecture de la couverture.
Pour la méthode générale, voyez le guide sur la datation des Lug sans date de couverture et l'article sur prix de couverture et datation. La règle utile ici tient en une ligne : écrivez « septembre 1982 », sans jour.
Les voisins immédiats et les erreurs de liste
Dans une liste de manques, le n°200 se confond facilement avec ses voisins parce que leurs dates ont la même forme : « août 1982 » pour le 199, « octobre 1982 » pour le 201. Le tri se fait sur le numéro, imprimé en grand, et le titre d'histoire sert de contrôle : « L'insigne des Thugs », « Les statues de cire », « La secte de l'araignée ».
Deux pièges. Le premier : noter le 200 comme « date inconnue » au motif que le jour manque, alors que mois et année sont lus. Le second : recopier le n°200 dans une colonne « tranche sans jour » pour en déduire que le jour a existé puis disparu de l'objet. Le relevé décrit des fiches, pas des fascicules, et il vaut mieux deux colonnes distinctes : « date du relevé » et « jour imprimé sur mon exemplaire ».
Pour situer le 200 dans la revue entière, la fiche de série donne le cadre, et le guide de périodicité explique pourquoi un rythme mensuel permet cette arithmétique.
L'état et le suivi de la collection
Un numéro de 1982 se juge sur l'objet : couverture, dos, intérieur, odeur éventuelle d'humidité, et rien de tout cela ne se lit dans un relevé. Notez l'état à part de la date, et ne mélangez pas les deux colonnes : un bel exemplaire ne rend pas sa date plus certaine, et une date incomplète ne le déprécie pas par elle-même.
Pour suivre un ensemble d'Ombrax, une clé simple fonctionne : numéro, mois, année, titre d'histoire, état, et une case « jour lu sur l'exemplaire ». Remplie sur les 44 numéros de la tranche, cette case vous donnera, exemplaire par exemplaire, ce que le relevé ne peut pas vous donner. Pour compléter une suite longue, la méthode décrite pour compléter une collection Strange s'applique telle quelle à une autre revue de la même maison.
Questions fréquentes
Écrivez « septembre 1982 », sans jour. C'est la forme du relevé, et le n°200 y est classé entre « août 1982 » (n°199) et « octobre 1982 » (n°201). N'ajoutez un jour que si vous le lisez sur votre exemplaire.
Le relevé ne le dit pas. L'absence peut venir des fascicules ou de la façon dont ces fiches ont été saisies. Les crédits ne changent pas à l'entrée de la tranche, donc ils n'expliquent rien. Seul l'exemplaire en main tranche.
Pas tout à fait. Pier Carpi y clôt une suite ininterrompue, du 176 au 200, mais Maurizio Torelli et les dessinateurs restent en place. L'équipe change vraiment au n°211, avec Alfredo Castelli et Franco Frescura.
Par le numéro de couverture d'abord, puis par le titre d'histoire que donne le relevé : « Les statues de cire », contre « L'insigne des Thugs » au 199 et « La secte de l'araignée » au 201. Le titre est un contrôle, pas un sommaire.
Non. Dans la tranche, chaque numéro correspond à un mois distinct, donc mois, année et numéro suffisent à l'identifier. Le jour apporterait une précision, pas une identification, et il ne change rien à l'ordre des fascicules.