Ombrax (Lug, 1966) : le guide de collection des 242 fascicules, illustration article

Ombrax compte 242 fascicules parus chez Lug, de février 1966 à mars 1986. La numérotation ne saute aucun rang, mais vingt ans de parution mensuelle changent la méthode : on ne traite pas une liste de manques de cette taille d'un seul bloc. Ce guide explique comment découper la série en segments, où elle devient difficile, et ce que les dates et les crédits permettent de vérifier sur un exemplaire.

Vous ouvrez un carton acheté en vide-grenier, vous comptez une quarantaine de fascicules d'Ombrax, et vous découvrez que la série en compte plus de deux cents. C'est le moment où beaucoup renoncent, ou pire, achètent au hasard pendant des mois avant de comprendre qu'ils possèdent trois fois le même numéro. Une série aussi longue se collectionne autrement : segment par segment, avec une liste de manques tenue à jour et un ordre de priorité décidé à l'avance.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Ombrax : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que signifient réellement 242 numéros

Le catalogue recense 242 fascicules, numérotés sans interruption. C'est la série française la plus longue de notre relevé, et cette longueur est la première donnée pratique du sujet : à raison d'une acquisition par semaine, un collectionneur parti de rien met près de cinq ans à boucler la suite, et encore faudrait-il qu'elle se présente dans cet ordre, ce qui n'arrive jamais.

L'absence de trou dans la numérotation est une bonne nouvelle et un piège. Bonne nouvelle, parce que chaque rang entre les deux bornes correspond à un fascicule réel : un vendeur qui vous dit qu'un numéro « n'est jamais sorti » se trompe. Piège, parce que rien ne vient alléger la liste, ni hors-série à écarter, ni reprise de compteur qui vous autoriserait à traiter la série en deux collections distinctes.

La conséquence est méthodologique. Une liste de cette taille doit être consultable debout, dans une brocante, et triée autrement que par numéro croissant. Le tri utile est par segment de parution, parce que c'est ainsi que les lots se présentent : les vendeurs héritent de piles cohérentes, rarement d'un échantillon réparti sur toute la série.

Découper vingt ans en segments qui tiennent

Le premier fascicule est daté du 10 février 1966, le dernier du 10 mars 1986. Personne ne garde en tête un intervalle aussi large, mais tout le monde sait dire si une pile vient plutôt des débuts, du milieu ou de la fin. Votre liste doit parler ce langage.

Quatre coupures ressortent des données. La première se place très tôt : Lucien Carton ne figure au scénario que sur les huit premiers numéros, et Floriano Bozzi au dessin jusqu'au vingt-septième. Les tout premiers fascicules forment donc un bloc à part, celui de la mise en route.

Les deux autres coupures, détaillées plus bas, tiennent au changement d'équipe et aux titres qui reviennent. Travaillez segment par segment et ne passez au suivant qu'une fois le précédent presque complet : c'est le seul moyen d'éviter la collection en gruyère, aux manques dispersés sur toute l'étendue de la série.

Une parution mensuelle, et ce qu'on peut en déduire

Le relevé des dates de couverture est remarquablement régulier : chaque fascicule est daté du dixième jour d'un mois, sauf de 193 à 236, et les mois se suivent sans interruption du début à la fin. Sur vingt ans, la série tient donc douze livraisons par an, à l'exception de l'année d'ouverture, incomplète parce qu'elle commence en février, et de l'année de clôture, arrêtée au printemps.

Cette régularité est un outil de vérification immédiat : si vous connaissez le rang, vous connaissez le mois, et réciproquement. Un fascicule dont la date ne tombe pas sur le mois attendu doit vous alerter. Autre usage : une parution mensuelle ininterrompue signifie des tirages réguliers, donc la rareté d'un numéro ordinaire ne vient pas de sa fabrication mais de ce qu'il a survécu ou non.

L'anomalie de date, et pourquoi elle compte

Une irrégularité mérite d'être signalée, parce qu'elle piège les recherches automatiques. Le numéro 113 est daté du 10 juin 1973 alors qu'il est encadré par un numéro de mai 1975 et un numéro de juillet 1975. Lecture la plus simple : une erreur de millésime, le jour et le mois collant à la place du fascicule.

Le résultat est visible dès qu'on compte les numéros par année : une année du début des années soixante-dix paraît en compter treize et une autre onze, alors que le rythme réel ne bouge pas. Si vous construisez votre liste à partir d'un tri par date, ce fascicule se retrouvera des dizaines de rangs trop tôt et vous le chercherez dans le mauvais segment.

Une autre irrégularité touche la précision des dates elles-mêmes. Jusqu'au numéro 192, le catalogue donne un jour, un mois et une année ; à partir du suivant, et pendant plusieurs dizaines de fascicules, il ne donne plus que le mois et l'année, avant que le jour ne réapparaisse dans les derniers numéros. Ce n'est pas une information sur la revue mais sur la source : ne concluez pas d'une date sans jour que la périodicité avait changé.

Les créateurs comme bornes de collection

Sur une série de cette longueur, les noms de créateurs sont plus utiles que les dates pour situer un fascicule qu'on tient en main. Deux noms dominent : Maurizio Torelli, crédité au scénario sur 176 numéros, et Giancarlo Agnello, crédité au dessin sur un nombre voisin. Tous deux apparaissent à partir du numéro 9, et tous deux disparaissent après le numéro 210.

Cette coïncidence est la bascule la plus nette de la série. Au numéro 211, Alfredo Castelli prend le scénario jusqu'au dernier fascicule, avec Giancarlo Alessandrini au dessin sur treize fascicules de cette tranche. Un exemplaire sans couverture lisible se situe donc presque sans erreur d'un côté ou de l'autre de ce rang, sur le seul examen des crédits intérieurs.

D'autres noms servent de bornes intermédiaires. Jean Frisano apparaît aux crédits graphiques du numéro 32 au numéro 228, la plus longue présence après celle d'Agnello, avec une particularité : il est absent de presque toute la dernière tranche, où il ne réapparaît qu'une fois. Luciano Bernasconi, entré au début des années soixante-dix, figure encore au dernier numéro : c'est le plus mauvais repère de datation et le meilleur témoin de la continuité éditoriale. Retenez trois noms de bornes, pas trente, et vous saurez dans quel tiers de votre liste chercher.

Les titres qui reviennent, et pourquoi un titre n'identifie rien

Voici le piège le plus coûteux du sujet, et il n'existe que parce que la série est longue. Une trentaine de titres d'histoires figurent à plus d'un endroit du relevé, ce qui concerne au total plus de soixante fascicules. Et ces répétitions ne sont pas dispersées au hasard : un bloc de titres qui se suivent dans les numéros 60 à 84 se retrouve, presque dans le même ordre, dans les numéros 178 à 203.

Le décalage entre les deux occurrences approche cent vingt rangs, soit à peu près dix ans de parution, et l'ordre n'est pas strictement conservé : quelques titres de la fin du premier bloc ressortent déplacés dans le second. La lecture la plus probable est une reprise de matériel déjà paru, mais notre source ne donne qu'un titre par fascicule et ne permet pas d'affirmer que les sommaires sont identiques ; seule la comparaison de deux exemplaires en main tranche. Notons au passage que trois fascicules du relevé n'ont aucun titre enregistré, dont le premier de la série : une recherche par titre ne les fera jamais remonter.

La conséquence pratique ne souffre aucune ambiguïté : n'achetez jamais un Ombrax sur la foi du titre annoncé par le vendeur. Une annonce qui mentionne « Le Golem » ou « La recherche du Graal » sans donner le rang peut désigner deux fascicules séparés par une décennie. Demandez le numéro, systématiquement, et à défaut une photo de la couverture entière plutôt que du seul logo.

Frise de parution de Ombrax : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Les suites en plusieurs parties, et le lot qui ne sert à rien

Près de cinquante fascicules portent une mention de partie numérotée, et la plus longue séquence ininterrompue court sur dix-sept numéros d'affilée, à la fin des années soixante. Dans la dernière tranche, le procédé change de forme : plusieurs titres sont simplement répétés sur deux ou trois numéros, sans mention de partie, ce qui revient au même pour le lecteur et complique encore l'identification.

Pour un acheteur, cela redéfinit ce qu'est un bon lot. Un paquet de fascicules dispersés apporte des lignes cochées mais aucune histoire complète ; un paquet pris d'un seul tenant dans une séquence à suites vaut souvent davantage, et les trous au milieu d'une suite sont les plus pénibles à retrouver. À condition comparable, préférez le lot continu.

L'état d'un exemplaire, sur une série qui s'étale sur deux décennies

Vingt ans d'écart entre le premier et le dernier fascicule, cela veut dire des papiers qui ne sont pas les mêmes d'un bout à l'autre de votre collection. Un exemplaire du milieu des années soixante et un exemplaire du milieu des années quatre-vingt n'ont ni le même jaunissement ni la même tenue de dos : les comparer sur une grille unique conduit à surévaluer les récents et à condamner les anciens.

La règle que nous appliquons : jugez un fascicule par rapport aux exemplaires du même segment, pas à l'ensemble de la série. Des coins émoussés et une tranche brunie sont honorables sur un numéro des débuts, alors que le même aspect sur un numéro de la fin signale un exemplaire maltraité. Les points à regarder ne changent pas : agrafes, pli central, bord de couverture sans manque, et présence de toutes les pages, publicités et courrier des lecteurs compris. Les beaux exemplaires étant plus rares dans le premier tiers, c'est là que la patience rapporte le plus.

Les pièges à l'achat propres à une série longue

Le premier piège est le lot géant vendu en bloc. Une annonce qui promet « plus de cent Ombrax » sans liste est une loterie : elle contient presque toujours des doublons et rien ne dit qu'elle recouvre le segment qui vous manque. Demandez les rangs, ou à défaut des photos où les numéros sont lisibles sur la tranche.

Le deuxième piège est l'exemplaire recomposé : sur une revue agrafée et manipulée pendant des décennies, il arrive qu'une couverture soit remise sur un autre bloc intérieur. Le test ne coûte rien, vérifiez que la date correspond au mois attendu pour ce rang, puis que les crédits intérieurs collent au segment. Un bloc crédité à Castelli sous une couverture des années soixante-dix se repère en quelques secondes.

Le troisième piège est le doublon invisible. Avec plus de deux cents rangs, personne ne retient sa liste de mémoire, et c'est ainsi qu'on rachète le même fascicule.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter la série, et savoir où elle devient difficile

Trois zones se détachent par difficulté. La plus dure est le premier segment : les fascicules les plus anciens, les moins conservés, et ceux qui circulent le moins en lots. C'est là qu'un exemplaire correct justifie d'attendre plutôt que de prendre ce qui passe.

Vient ensuite la toute fin, après la bascule de scénariste : les derniers fascicules d'une revue qui s'arrête sont moins diffusés que ceux de son apogée et finissent au fond des bacs. Avantage, ils se repèrent instantanément aux crédits.

Le long milieu, enfin, est la partie facile : les lots y sont nombreux et il faut acheter groupé plutôt qu'à l'unité. L'ordre de marche est donc contre-intuitif : constituez d'abord le milieu par lots, puis attaquez les deux extrémités à l'unité et sans précipitation. D'autres méthodes de suivi dans nos guides consacrés aux revues françaises.

La cote aujourd'hui, et ce qui la fait bouger

Sur une série aussi longue, la valeur ne suit pas le rang. Trois facteurs pèsent plus que tout : l'état relatif au segment, la continuité du lot, et l'identification sans ambiguïté du numéro. Un fascicule ancien en bel état dépasse largement un numéro de milieu de série fatigué, et un ensemble continu se négocie mieux que le même nombre de numéros épars.

Le quatrième facteur est la complétude : une suite entière de 242 fascicules est un objet rare en soi, et sa valeur n'est pas la somme de ses parties. À l'inverse, une collection presque complète ne vaut guère plus qu'une collection partielle tant que les manques ne sont pas identifiés, puisque l'acheteur doit refaire votre inventaire. D'où le conseil final : sur une série de cette taille, la liste tenue fait partie de la valeur. Documentez chaque rang, chaque état, chaque manque, et vous transformez un stock en collection. Pour un point de comparaison sur les revues de super-héros publiées en France à la même époque, nos fiches de personnage comme celle de Thor ouvrent un autre angle.

Questions fréquentes

Le catalogue recense 242 fascicules, numérotés en continu sans aucun rang absent. Tout numéro compris entre les deux bornes a donc bien existé. Cette continuité est une facilité pour vérifier une liste, mais elle signifie aussi qu'aucun raccourci n'allège la collection : il n'y a ni numérotation parallèle ni remise à zéro du compteur à exploiter.

Le premier fascicule porte une date de couverture de février 1966 et le dernier de mars 1986, soit vingt ans et un mois. Le rythme relevé est mensuel du début à la fin, la plupart des numéros étant datés du dixième jour du mois. Seules l'année d'ouverture, commencée en février, et l'année de clôture, arrêtée au printemps, comptent moins de douze livraisons.

Parce qu'un bloc de titres paru dans les numéros 60 à 84 réapparaît, presque dans le même ordre, une dizaine d'années plus tard. La lecture la plus probable est une reprise de matériel, mais nos données ne donnent qu'un titre par fascicule et ne prouvent pas que les sommaires sont identiques. Pratiquement : exigez toujours le numéro, jamais le seul titre.

Par les crédits intérieurs. Maurizio Torelli au scénario et Giancarlo Agnello au dessin couvrent la quasi-totalité de la série jusqu'au numéro 210 ; Alfredo Castelli prend la suite ensuite et accompagne la revue jusqu'à la fin. Deux noms suffisent donc à placer un exemplaire d'un côté ou de l'autre de cette bascule, avant même de chercher la date.

Commencez par le long milieu de la série, en lots continus : c'est la partie la plus offerte et la moins chère à compléter. Attaquez ensuite les premiers numéros, les plus rares en bel état, puis la dernière tranche, moins diffusée et souvent reléguée au fond des bacs. Acheter au hasard sur toute l'étendue de la série est la pire stratégie.