Dans le relevé, l'Ombrax n°100 est daté du 10 mai 1974 et porte le titre d'histoire « Le Chevalier d'Harmental ». Rien dans les données ne le désigne comme un numéro spécial : c'est le centième d'une série de 242 numéros datés au mois, sans mention d'anniversaire. Il se distingue seulement par une jointure de crédits (Devi arrive, D'Amy part au numéro suivant). Ce qu'il contient reste à lire sur l'exemplaire.
Un numéro rond fait lever le sourcil d'un collectionneur : on se demande s'il faut le payer plus cher, le chercher en priorité, le ranger à part. Pour l'Ombrax n°100, la question mérite d'être posée avec des mesures plutôt qu'avec une intuition, parce que le relevé répond, et que sa réponse est plus nuancée que « rien à signaler ».
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le relevé affirme du numéro 100
La fiche du n°100 tient en quelques champs. Date de couverture : 10 mai 1974. Titre d'histoire retenu : « Le Chevalier d'Harmental ». Scénario crédité à Maurizio Torelli, Roy D'Amy et Devi ; dessin crédité à Jean Frisano, Giancarlo Agnello et Roy D'Amy. Éditeur de la série dans le relevé : les Éditions Lug.
Ces crédits sont donnés au niveau du fascicule, pas de l'épisode. Trois noms au scénario et trois au dessin ne veulent donc pas dire que trois personnes ont signé une même histoire : le relevé ne dit pas qui a fait quoi. Le titre unique est lui aussi un échantillon : le relevé ne retient qu'un seul nom par fascicule.
Le centième numéro à sa place dans le calendrier
Le centième numéro tombe à la place exacte que l'arithmétique lui assigne. Le n°1 est daté du 10 février 1966, le n°100 du 10 mai 1974 : 99 mois séparent les deux dates, pour 99 intervalles entre 100 numéros. Du n°1 au n°112, chaque fascicule du relevé porte le mois qui suit celui du précédent, sans trou ni doublon. Le n°100 n'a pas été avancé, retardé ou doublé : il arrive à son tour, comme le 99 et le 101.
Cette régularité a une conséquence pratique. Pour cette plage, la date de couverture est un moyen fiable de contrôler une position dans la série : un 10 mai 1974 ne peut être que le centième. Le relevé donne un jour (le 10) à 198 fiches sur 242 ; les 44 autres ne portent que le mois, toutes entre les numéros 193 et 236. Le n°100 est donc dans la partie la mieux datée de la série, et la date se lit en entier sur la fiche.
Cent numéros sur 242, soit un peu plus de quatre dixièmes de la série : le cap est franchi avant le milieu de la collection, qui va jusqu'au n°242 daté du 10 mars 1986. Ce n'est ni une fin ni un milieu.
Aucun champ ne signale un événement éditorial au n°100 : pas de mention de numéro anniversaire, pas de pagination différente, pas de supplément. Le relevé n'a de toute façon pas de champ pour cela : son silence ne prouve pas l'absence, il interdit seulement d'affirmer le contraire.
Ce que le relevé prouve, en revanche, c'est que le numéro suit ses voisins sur les points mesurables : même cadence, même jour du mois, et au dessin un trio (Frisano, Agnello, D'Amy) identique à celui du n°99.
La jointure de crédits qui entoure le 100
Si le n°100 n'a rien d'un événement, il se trouve sur une petite couture dans la liste des crédits, et c'est la seule chose singulière que la donnée établisse. Trois mouvements se succèdent en deux numéros.
D'abord, Devi apparaît au scénario au n°100 : c'est la première fiche du relevé où ce nom figure, et il reste crédité au scénario du n°100 au n°110, soit 11 numéros consécutifs.
Au dessin, il n'est crédité qu'à partir du n°101. Ensuite, le n°100 est le dernier du relevé où la signature D'Amy (écrite D'Amy ou D'Ami, avec le prénom Roy ou Rinaldo selon les fiches) est présente : elle court du n°85 au n°100 et ne revient plus. Enfin, Franco Frescura entre au scénario au n°101.
Il y reste crédité sur 67 numéros entre le 101 et le 242, avec de longues absences.
La prudence s'impose sur les personnes : les trois graphies D'Amy, D'Ami et Rinaldo D'Ami peuvent désigner la même signature ou plusieurs, et le relevé ne tranche pas. Compter « un créateur » sur une chaîne de caractères, c'est exactement le piège qu'une fiche de numéro doit éviter.
Faut-il y voir un tournant de rédaction lié au centième ? La mesure invite à la modération. Sur les 241 passages d'un numéro au suivant, les crédits de scénario sont strictement identiques à ceux du numéro précédent dans 155 cas ; ils diffèrent dans 86. Un changement d'un nom (99 vers 100) ou de deux (100 vers 101) est donc un événement ordinaire de cette série, qui se produit environ une fois sur trois. Que le seuil du 100 coïncide avec l'un d'eux est constaté ; qu'il en soit la cause n'est pas démontré.
Le titre : un récit sans numéro de partie au milieu des feuilletons
L'autre singularité du n°100 se lit dans son titre. Les quinze fascicules qui le précèdent, du n°85 au n°99, portent tous une mention « [partie N] » dans le titre retenu : ce sont des fragments de récits continués. Le n°100 n'en porte pas, ni le n°101 ; les n°102 à 105 la reprennent, le n°106 la perd.
Sur les 242 titres du relevé, 49 seulement portent cette mention. Un titre sans partie n'a donc rien d'exceptionnel en soi ; ce qui compte ici est le contraste avec le bloc qui le précède : les numéros 85 à 99 se lisent comme une chaîne de récits qui se prolongent, alors que le 100 ouvre sur un titre qui se suffit.
Les cinq numéros 95 à 99 affichent chacun un « [partie 1] » avec un titre différent, et aucune « partie 2 » correspondante n'est retenue ailleurs dans le relevé : le relevé ne retient pas la suite éventuelle de ces récits. Le titre est une étiquette, pas un sommaire.
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Commencer mon essai →Les numéros voisins, du 94 au 106
Treize fascicules d'affilée, du n°94 (10 novembre 1973) au n°106 (10 novembre 1974), tombent chacun le 10 du mois suivant le précédent. Le n°94 porte « Les cavaliers du démon » en partie 3, et son dessin est crédité à Roy D'Amy et EsseGesse seulement, sans Frisano ni Agnello. Les numéros 95 à 99 forment le bloc des « partie 1 » évoqué plus haut.
Après le 100, le n°101 présente un titre dont la fiche garde un guillemet mal fermé (« Le grand "V' ») : preuve que le relevé est une transcription, avec ses accidents, et qu'il faut vérifier le libellé exact sur la couverture ou le sommaire. Le n°106 est le second numéro de la plage 94 à 106 où Torelli n'est pas crédité au scénario (le premier est le n°94) : on y trouve Nicola Del Principe, Bonvi et Devi, et c'est la première apparition de Bonvi dans le relevé, au scénario comme au dessin.
Le 100 est entouré de numéros qui lui ressemblent, et ce n'est pas lui qui marque la plus grande rupture de la plage : par ses crédits, le 106 est plus différent.
Reconnaître l'exemplaire et éviter les pièges
Un numéro rond n'a pas, dans ce relevé, de caractéristique matérielle propre ; on le reconnaît donc comme les autres. Trois contrôles suffisent : le numéro imprimé (100), la date de couverture (10 mai 1974) et, quand la couverture ou le sommaire le permet, le titre d'histoire. Si les trois concordent avec la fiche, vous tenez le bon objet.
Le premier piège est de croire que la rondeur du chiffre apporte quelque chose : l'acheter plus cher parce qu'il s'appelle « cent » revient à payer un chiffre, pas un contenu. Le second est de lui supposer un statut éditorial (anniversaire, numéro double, supplément) que la donnée ne porte pas : un encart ou un édito, s'il est là, se constate sur l'exemplaire et se décrit dans l'annonce, il ne se présume pas. Le troisième est l'homonymie des rangs : d'autres séries ont leur propre centième, et un « n°100 » sans nom de série ni date ne désigne rien. La date de couverture lève le doute.
Ce qui fait varier la valeur d'un numéro rond
La valeur d'un fascicule dépend notamment de : l'état du papier et du brochage, la complétude (couverture, pages intérieures, éventuels encarts) et la facilité à trouver l'exemplaire en vente. Le chiffre rond n'ajoute rien de démontré. Le relevé ne dit rien d'un éventuel effet de marché attaché au chiffre rond : s'il existe, il se mesure sur des ventes, pas sur la fiche.
La bonne méthode d'estimation reste donc comparative : rapprocher votre exemplaire de ventes d'exemplaires dans le même état, pour des numéros proches (95 à 105 par exemple), et mesurer l'écart éventuel que le « 100 » apporte, plutôt que de le supposer.
L'état et le suivi dans une liste de manques
Dans une collection d'Ombrax en cours de complétion, le n°100 se note comme n'importe quel numéro : numéro, date, état constaté (couverture, dos, pages, jaunissement), et une ligne « particularité » où vous consignez ce que vous avez vu en le lisant (titre d'histoire, présence d'un encart, éventuelle mention anniversaire). Cette ligne manque à ce relevé : elle rend votre liste plus riche que lui.
Dans une liste de manques, deux lignes à ne pas confondre : le n°100 (10 mai 1974) et le n°101 (10 juin 1974), dont le titre est mal transcrit dans le relevé. Notez les deux avec leur date : la date empêche l'erreur de rang. Avant de racheter un doublon, vérifiez que votre exemplaire porte bien le titre attendu. Le suivi dans l'application vous évite de racheter deux fois le même fascicule et garde la trace de ce que vous avez réellement constaté.
En somme, le n°100 d'Ombrax est banal par ce que le relevé en dit, et c'est ce qui le rend instructif : un centième sans signal éditorial documenté, daté du 10 mai 1974, à la jonction de deux jeux de crédits. Sa valeur dépend de son état et de ce que son sommaire contient, pas de son numéro.
Questions fréquentes
Le relevé ne le signale pas : ni mention d'anniversaire, ni supplément, ni changement de pagination n'y figurent. Cela ne prouve pas l'absence d'un encart ou d'un édito, que seul l'exemplaire permet de constater. Tant que vous ne l'avez pas vu, ne le présentez pas comme spécial dans une annonce.
Du 10 mai 1974 selon le relevé, jour compris. Le n°99 est daté du 10 avril et le n°101 du 10 juin de la même année : la série est mensuelle sans interruption du n°1 au n°112. La date de couverture sert donc à confirmer le rang d'un exemplaire.
Le relevé ne donne que le titre, pas le récit ni la place de l'histoire dans le fascicule. Pour le contenu, il faut ouvrir l'exemplaire : ce relevé ne le décrit pas.
Le fascicule est crédité à Torelli, D'Amy et Devi au scénario, et à Frisano, Agnello et D'Amy au dessin. Ces crédits valent pour l'ensemble du numéro, pas pour une histoire précise : on ne peut pas dire qui a signé le récit du titre. L'attribution fine demande de lire les signatures.
Aucune donnée ne le justifie : la valeur suit l'état et la facilité de trouver l'exemplaire. Le relevé ne dit rien d'un effet de marché ; il se mesurerait en comparant des ventes de numéros proches dans le même état, non en supposant une prime. Comparez avant de payer.