Le meilleur run de X-Force est Uncanny X-Force (2010-2012), écrit par Rick Remender et lancé avec Jerome Opeña : des mutants qui assassinent avant la catastrophe et en paient le coût moral. Suivent X-Force et X-Statix de Peter Milligan et Mike Allred, les débuts de Fabian Nicieza et Rob Liefeld en 1991, puis les séries de Craig Kyle et Christopher Yost, de Dennis Hopeless et de Benjamin Percy.
X-Force est un nom qui recouvre au moins quatre équipes, quatre ambitions et un seul principe : des mutants qui agissent là où les X-Men ne veulent pas aller. Un lecteur qui ouvre un numéro au hasard peut donc tomber sur un western futuriste, une satire de célébrités ou un thriller d'espionnage. Ce classement trie ces séries du point de vue de la lecture, pas de la nostalgie.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Quatre équipes sous le même nom
La série naît en 1991 avec Cable, ancien soldat du futur, à la tête de jeunes mutants issus de New Mutants. Dix ans plus tard, un changement d'équipe créative la fait bifurquer vers une satire de la célébrité, rebaptisée X-Statix. En 2008, elle revient à sa définition d'origine, l'escouade secrète, puis Rick Remender en livre en 2010 la version la plus aboutie. Avec autant d'identités successives, aucun numéro ne sert de porte d'entrée universelle.
Pour départager, nous avons posé une question simple à chaque période : est-elle encore lisible sans avoir parcouru les cinq autres ? Avantage aux ensembles clos, signés d'une équipe créative nette, et réunis en volumes que l'on déniche sans peine. Nous mentionnons aussi, pour chacun, le format de collection le plus adapté, sans jamais donner de montant.
Top 1 : Rick Remender et Jerome Opeña, Uncanny X-Force (2010-2012)
Wolverine, Archangel, Psylocke, Fantomex et Deadpool forment une cellule dont l'existence est niée. Leur mission : éliminer les menaces avant qu'elles n'agissent, y compris quand cela implique d'abattre un ennemi qui n'a encore rien fait. Rick Remender écrit les trente-cinq numéros de la série, qui se déploie en grandes sagas aux titres clairs : la Dark Angel Saga, The Apocalypse Solution, Deathlok Nation, puis Final Execution.
L'intérêt de ce passage est de prendre la prémisse au sérieux, sans jamais l'alléger. Chaque mission laisse des séquelles, chaque camarade s'use, et la saga qui fait revenir un ancien ennemi sous une forme enfantine pose la question que toute équipe de ce genre finit par rencontrer. Jerome Opeña inaugure la série avec une densité de détails rare pour un mensuel, avant que plusieurs dessinateurs, dont Esad Ribić, ne poursuivent. Le contraste d'écritures donne même une unité inattendue.
Il s'adresse à qui aime les récits moraux, les dilemmes d'équipe et les fins qui coûtent. Il convient moins à ceux qui cherchent un divertissement léger, car le ton reste sombre de bout en bout. Comptez sur nos fiches pour la suite : le dossier Rick Remender chez Marvel replace la série dans sa carrière.
Pour la collection, la série complète tient en quelques gros recueils reliés ou en une pile de fascicules récents, assez courante sur le marché. Le recueil est le format le plus raisonnable pour la lecture ; le fascicule se justifie surtout pour le numéro un et les couvertures alternatives, que nous citons seulement quand leur existence est certaine.
Top 2 : Peter Milligan et Mike Allred, X-Force puis X-Statix (2001-2004)
En 2001, Peter Milligan et Mike Allred reprennent X-Force à partir du numéro 116 et en changent la nature. Les membres deviennent des célébrités sponsorisées, filmées en direct, vouées à mourir pour l'audience. La série prend ensuite le titre X-Statix et se poursuit jusqu'à vingt-six numéros, avec une ironie que les numéros précédents ne laissaient pas deviner.
Ce run compte parce qu'il utilise les codes du super-héros contre eux-mêmes. La mort des personnages y est un spectacle, le deuil un objet de marketing, et la dérision s'appuie sur la pop des années 2000. Le trait clair et coloré de Mike Allred accentue l'effet de dissonance : ce qui ressemble à une publicité devient un grand récit sur la notoriété.
Il s'adresse à qui apprécie la satire, les décalages et la bande dessinée d'auteur. Il déroute les amateurs d'action pure. Nous le plaçons deuxième parce qu'il se lit seul, sans connaître la version de 1991, et qu'il est l'une des rares séries de super-héros dont la forme est inséparable du propos.
Comment le collectionner ? Les recueils reprennent la série en volumes distincts, X-Force puis X-Statix, et se lisent dans l'ordre sans effort. Les fascicules sont peu coûteux et courants.
Top 3 : Fabian Nicieza et Rob Liefeld, X-Force (1991)
Le premier numéro, daté d'août 1991, a été vendu sous film plastique avec l'une des cartes à collectionner prévues ; nous lui avons consacré une fiche détaillée sur le sachet et les cinq cartes. Rob Liefeld signe l'intrigue et le dessin, Fabian Nicieza les dialogues. L'équipe est celle de Cable : Boom-Boom, Domino, Shatterstar et leurs compagnons passent de la salle de classe à la guerre.
Ce run compte parce qu'il fixe l'image de la décennie : silhouettes hypertrophiées, armes de science-fiction, personnages au passé nébuleux. On peut y voir l'excès, on peut y reconnaître l'énergie d'une époque, mais on ne peut pas le contourner si l'on veut comprendre comment une série de mutants est devenue un produit de masse. L'écriture de Nicieza, plus attentive aux liens entre personnages que le dessin ne le laisse supposer, mérite d'être relue.
Il s'adresse à qui collectionne par les débuts et les premières apparitions, ou à qui veut mesurer ce que cette période a changé. Il est moins adapté à un lecteur qui souhaite un récit abouti : la série cherche encore sa forme. Pour le contexte autour du personnage de Tabitha, le dossier sur Boom-Boom et ses numéros clés complète utilement.
Pour le collectionner, le fascicule d'origine est tentant mais très tiré, si bien que la rareté vient de l'état et de la question du sachet fermé ou ouvert. Un recueil moderne couvre le début de la série et suffit à lire. Gardez en tête que les premiers numéros, tirés à des quantités immenses, ne sont jamais difficiles à trouver : c'est un exemplaire sans défaut qui l'est.
Top 4 : Craig Kyle, Christopher Yost et Clayton Crain, X-Force (2008-2010)
Relancée en février 2008, la série confie à Craig Kyle et Christopher Yost une escouade qui rassemble Wolverine, Warpath, Domino, X-23 et, plus tard, Cable. Clayton Crain en dessine les débuts dans un style peint, dense, plus proche du jeu vidéo que de la planche traditionnelle. Le titre s'insère dans les grands croisements de l'époque, dont Messiah War, qui le relie à la série Cable.
Ce run compte parce qu'il rétablit l'idée d'une équipe qui agit en secret, après des années d'absence, et prépare le terrain de ce que Remender poussera plus loin. Il offre un rythme de poursuite et de combat, des personnages secondaires bien employés et un usage efficace de la continuité récente. Sa faiblesse tient à une dépendance aux événements voisins.
Il s'adresse à qui apprécie l'action soutenue et veut suivre le prolongement de Messiah Complex. Les lecteurs en quête d'un récit totalement autonome le trouveront incomplet. Pour comprendre ses liens avec le personnage central, notre classement des runs de Cable aide à repérer les passages communs.
En collection, la série compte une trentaine de numéros d'une régularité confortable, et ses recueils sont courants. Le fascicule convient à qui tient aux couvertures peintes ; autrement, les volumes reliés évitent d'acheter les crossovers un par un.
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Top 5 : Benjamin Percy et Joshua Cassara, X-Force (2019)
Lancée dans le sillage de la relance des X-Men par Jonathan Hickman, cette série s'attache à une équipe d'espionnage attachée à Krakoa. Benjamin Percy en pose les règles : on y récolte du renseignement, on y déjoue des menaces extérieures, on y fait des choix que l'État mutant préfère ne pas voir. Joshua Cassara apporte un trait net, adapté aux scènes d'infiltration et d'action.
Ce run compte parce qu'il reprend la logique d'une équipe clandestine dans un contexte politique neuf, où les mutants disposent d'une nation. Il y a de bonnes idées, comme l'usage d'un cadre où la mort et la résurrection changent la nature des enjeux. Il demande en revanche d'avoir lu au moins l'essentiel de la relance qui l'entoure.
Il s'adresse au lecteur qui a suivi ou veut suivre la période de Hickman et se demande où elle a conduit les personnages. Il n'est pas conçu comme un point d'entrée. Pour ces fascicules de Percy, la cote reste à construire : durée de la série, retirages et adaptation éventuelle, si elle se confirme un jour, feront la différence.
Côté collection, ces fascicules sont faciles à compléter. Les recueils ont suivi à un rythme régulier et couvrent la série dans l'ordre. Si vous aimez l'objet, vérifiez bien les couvertures alternatives avant de les rechercher, car la liste complète demande une vérification numéro par numéro.
Top 6 : Dennis Hopeless et Salvador Larroca, la série Cable and X-Force (2012-2014)
La série débute en 2012 avec Dennis Hopeless au scénario et Salvador Larroca au dessin. Cable y forme une équipe improvisée qui comprend des personnages aussi différents que Forge, Domino ou Colossus selon les arcs. Le ton est plus tendu et plus personnel que celui des séries d'équipe habituelles.
Ce run compte pour son usage du personnage de Cable : un père adoptif en fuite, qui doit réparer ce qu'il a lui-même provoqué. Il fait le lien entre l'équipe secrète des années précédentes et la période suivante, mais il se lit moins facilement sans connaître la série Cable de 2008. C'est la raison pour laquelle nous l'avons rangé en dernière position.
Il s'adresse à qui a aimé le Cable de la série de Duane Swierczynski et veut prolonger l'histoire. Nous ne le recommandons pas en premier achat. Pour la collection, la série est brève et ses recueils sont abordables ; le fascicule, lui, ne se justifie que si vous lisez déjà les crossovers en parallèle.
Par lequel commencer selon votre profil
Si vous cherchez le sommet, ouvrez Uncanny X-Force de Rick Remender : ses sagas sont courtes, ses personnages bien dessinés et la lecture se suffit à elle-même. Pour une lecture singulière, plus drôle et plus cruelle, prenez les numéros de Peter Milligan et Mike Allred.
Si vous collectionnez les débuts d'une série, le numéro un de 1991 est le choix évident, avec la précaution d'observer l'état du sachet. Si vous aimez les années 2000, l'équipe de Kyle et Yost vous raccordera aux grands croisements de l'époque. Enfin, si vous voulez de la continuité contemporaine, le X-Force de Percy, ou le Cable and X-Force de Hopeless, ne s'aborde qu'après les lectures précédentes.
Une règle pratique : lisez la série par équipe créative plutôt que par numéro d'ordre, car la numérotation d'un titre qui a changé de nom, de forme et de sens n'aide pas.
Ce que valent ces runs en collection
La valeur de ces séries ne se lit pas partout de la même façon. Les numéros de 1991 sont massivement tirés : le rapport entre un exemplaire courant et un exemplaire sans défaut y est le seul levier. Les séries des années 2000 et 2010 s'achètent à un prix proche de leur coût d'édition, ce qui rend la collection complète peu risquée. Les séries les plus récentes n'ont pas de cote installée.
La méthode raisonnable consiste à décider de l'objectif avant d'acheter : lire, compléter ou conserver. Pour lire, privilégiez les recueils, souvent moins chers qu'une pile de fascicules équivalente. Pour conserver, ciblez quelques numéros charnières en bel état et recoupez des ventes closes au même état, plutôt que de croire une seule annonce.
Un dernier conseil pratique : classez vos X-Force par équipe créative dans votre inventaire, avec le nom de la série et l'année de début. Vous éviterez de confondre les cinq séries qui ont porté ce titre.
Questions fréquentes
Uncanny X-Force de Rick Remender, parue de 2010 à 2012. Elle comprend trente-cinq numéros qui se lisent sans connaître les périodes antérieures, avec Wolverine, Archangel, Psylocke, Fantomex et Deadpool. Ses sagas (Dark Angel, Deathlok Nation, Final Execution) sont courtes et bien séparées.
Oui, par la filiation éditoriale. Peter Milligan et Mike Allred reprennent X-Force à partir du numéro 116, en 2001, puis le titre est rebaptisé X-Statix et compte vingt-six numéros. Le ton satirique est très éloigné de la version de 1991, mais la série se lit seule.
Parce qu'il a été vendu sous film plastique avec l'une des cinq cartes à collectionner, ce qui crée trois états distincts : scellé, ouvert avec carte, ou numéro seul. Il a toutefois été tiré à des quantités immenses, si bien que la rareté tient à l'état, pas à la quantité.
Non : la série de Kyle et Yost se lit dès son premier numéro, sans prérequis. En revanche, Messiah War la croise avec la série Cable et gagne à être lu en entier ensuite, via le recueil consacré à cet événement.
Du côté des séries parues entre 2008 et 2019, le volume relié l'emporte : il range déjà chaque croisement à sa place et revient moins cher. Pour les numéros de 1991, le fascicule d'origine reste le seul format de collection, avec la question de l'état et du sachet à examiner.
Vous avez un X-Force #1 de 1991, scellé ou ouvert, ou une pile de la série de Remender ? Estimez-les en comparant des ventes terminées au même état.
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