Le meilleur run consacré à Red Hood est Under the Hood, de Judd Winick et Doug Mahnke, publié dans Batman en 2005-2006. Il est suivi d'Un deuil dans la famille (Batman #426-429, Jim Starlin et Jim Aparo, 1988), de la mini-série Lost Days (2010) et du lancement de Red Hood and the Outlaws par Scott Lobdell en 2011. Ce classement retient six récits, avec pour chacun le format à lire et la manière de le collectionner.
Jason Todd n'a pas eu la carrière d'un héros ordinaire : deuxième Robin, victime d'un vote de lecteurs, absent pendant seize ans, puis justicier armé sous un masque rouge. Cette trajectoire en dents de scie a un effet pratique sur la lecture. Il n'existe pas de grande série continue à suivre numéro après numéro ; il existe des blocs de récits, dispersés entre la série Batman, quelques mini-séries et trois lancements successifs sous le titre Red Hood and the Outlaws. Voici ceux qui méritent d'être lus, dans l'ordre où nous les classons.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Comment nous avons classé ces runs
Trois questions ont fixé l'ordre de ce classement, à commencer par la place réelle de Jason Todd dans le récit : un arc où il n'est qu'un souvenir ou un caméo passe après une série qui le porte. Le deuxième est la lisibilité sans préparation : un lecteur qui ouvre le recueil doit comprendre pourquoi ce justicier au casque rouge en veut à Batman, sans avoir parcouru trente ans de continuité. Le troisième est l'écho laissé chez les scénaristes suivants, que l'on mesure aux reprises, aux citations et aux adaptations.
Le classement ne mesure pas la valeur marchande. Le numéro le plus cher d'une étagère Jason Todd n'est pas celui du meilleur récit : la première apparition de 1983 se vend sur d'autres ressorts, que notre article sur Batman #357 détaille. Nous traitons la collection à la fin, une fois la lecture tranchée.
Top 1 : Judd Winick et Doug Mahnke, Under the Hood (2005-2006)
Dans la série Batman, un justicier encagoulé de rouge s'installe à Gotham et ne cherche pas à arrêter le crime organisé : il veut le diriger, en imposant ses règles à la pègre. Judd Winick écrit l'arc en tenant le lecteur dans la position de Batman, qui flaire une présence familière sans pouvoir la nommer. Le récit court sur les numéros 635 à 650 de la série, avec des interruptions pour d'autres histoires et un numéro annuel qui lui est rattaché ; les sources divergent sur la liste exacte des numéros intermédiaires, et nous préférons ne pas figer davantage. Doug Mahnke assure l'essentiel du dessin, avec un trait épais et anguleux qui convient à un Gotham de ruelles et d'entrepôts.
Il compte pour le personnage parce que tout Red Hood en découle : la méthode, le reproche fait à Batman, la silhouette au casque rouge. Le retour s'appuie sur des événements cosmiques de l'époque ; nous n'en dévoilons pas le mécanisme, car l'intérêt du premier passage tient à la découverte de l'identité. Il s'adresse à tous les lecteurs de Batman, y compris ceux qui n'ont jamais ouvert un numéro de 1988, même si connaître le drame passé augmente l'effet. C'est aussi la source du film d'animation de 2010, comparé aux pages dans notre article sur Under the Red Hood.
Pour le collectionner, les fascicules de la série Batman de 2005 sont courants et se trouvent à l'unité : on peut les réunir sans passer par les enchères. Les recueils existent en deux volumes distincts et regroupent la matière sans les numéros étrangers à l'arc. Si vous comptez compléter des fascicules, travaillez avec la liste des numéros du catalogue plutôt qu'avec la quatrième de couverture d'un recueil.
Top 2 : Jim Starlin et Jim Aparo, Un deuil dans la famille (1988)
Batman #426 à #429 racontent le dernier voyage de Jason Todd. Il part sur les traces de sa mère biologique, et le Joker, déjà dans la trame, transforme la quête en piège. Jim Starlin, scénariste connu pour ses sagas cosmiques, installe un ton brutal que la série mensuelle n'avait guère admis jusque-là. Jim Aparo dessine dans un style classique, lisible, presque rassurant, ce qui rend l'écart avec le sujet plus frappant encore. Le hub Jim Aparo regroupe nos articles sur le dessinateur.
L'arc se classe deuxième parce qu'il est la cause : sans lui, pas de Red Hood. Le dispositif de vote téléphonique qui l'accompagne a fait entrer cette histoire dans la mémoire éditoriale, mais nous l'avons peu pesé dans le rang : un classement de lecture juge le récit, pas l'événement. Il s'adresse au lecteur qui a lu Under the Hood et veut comprendre ce que Jason reproche vraiment à Batman. On peut l'ouvrir sans connaître la suite, car il est autonome et se lit en quatre numéros.
Côté collection, c'est un bloc de quatre fascicules de 1988, à acheter dans leur ordre. Il faut distinguer les exemplaires d'origine des rééditions : l'arc a été reproposé plusieurs fois, sous couverture illustrée ou en recueil, et un vendeur peu rigoureux peut mêler ces objets. Notre fiche sur la valeur de Batman Death in the Family explique ce qui fait varier le prix d'un bloc complet, en rapports et non en montants.
Top 3 : Judd Winick, Red Hood: The Lost Days (2010)
Mini-série en six numéros, publiée en 2010, qui comble le trou entre la mort de Jason et son retour à Gotham. Winick y revient sur son propre personnage pour montrer ce que fait un garçon ramené à la vie, sans mentor et sans plan : errances, rencontres, apprentissage d'un métier qui n'est pas celui de Robin. Le dessin, sec et peu décoré, évite l'esbroufe et laisse l'intrigue porter l'ensemble.
La mini-série compte parce qu'elle donne au personnage une trajectoire intérieure, là où Under the Hood le montrait de l'extérieur, à travers les yeux de Batman. Elle s'adresse au lecteur qui a aimé le premier arc et veut savoir ce qui précède : il vaut mieux la lire après, car elle perd une part de son effet si l'on ignore pourquoi ce justicier est revenu.
Pour la collection, six fascicules suffisent, faciles à retrouver, sans variante majeure à traquer. Le recueil, lui, est une lecture plus pratique : les six chapitres tiennent en un volume mince.
Top 4 : Scott Lobdell et Kenneth Rocafort, Red Hood and the Outlaws (2011)
En 2011, au moment du grand redémarrage de l'univers DC, Jason Todd reçoit pour la première fois une série à lui, qui porte le titre de l'équipe qu'il forme avec Starfire et Arsenal. Scott Lobdell écrit les débuts, Kenneth Rocafort dessine les premiers numéros d'un trait nerveux et très stylisé. La parution court sur quarante numéros environ, plus un numéro zéro et des annuels ; les sources divergent sur le total exact selon que l'on compte ou non les hors-séries, et nous évitons de le figer.
Elle compte parce qu'elle installe Jason comme chef de troupe et non plus comme figure de passage, avec une identité de groupe, des alliés et une série mensuelle sur laquelle les lecteurs peuvent compter. Elle divise toutefois : certains critiques lui reprochent un traitement inégal de ses personnages. Elle s'adresse au lecteur qui veut le Jason de la nouvelle continuité et ne craint pas un ton plus pop que celui de Winick. Les premiers numéros sont les plus recherchés, parce qu'ils sont les plus représentatifs de la proposition de départ.
Pour la collection, le numéro 1 de 2011 est le repère évident, entouré de numéros d'une série de grande diffusion faciles à compléter. Le recueil du premier tome convient à qui veut juger sur pièces avant d'engager un suivi de fascicules.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Top 5 : Geoff Johns et Jason Fabok, Batman: Three Jokers (2020)
Mini-série en trois numéros dans laquelle Batman, Batgirl et Red Hood enquêtent sur la possibilité que plusieurs Jokers aient agi à Gotham. Geoff Johns lie cette énigme à la mort de Jason en 1988 et en fait l'un des moteurs émotionnels du récit, Jason Fabok donnant à Gotham un rendu photographique très fouillé. Le thème est le deuil qui ne se referme pas, prolongement direct du drame de 1988. Le hub Geoff Johns rassemble les articles consacrés au scénariste.
Elle compte parce que, pour la première fois depuis des années, une histoire événementielle place Jason au premier plan d'un récit de Joker, pas au second. Elle s'adresse au collectionneur qui connaît déjà le dossier et veut voir comment un scénariste de la période récente le reprend. Un lecteur qui ouvre ce récit sans les deux premiers de notre liste perdra une partie des enjeux ; c'est pourquoi nous la plaçons plus bas.
Côté collection, la série comporte de nombreuses couvertures alternatives : à l'achat, notez la mention exacte du fascicule, afin que votre inventaire distingue la couverture courante des autres. Le recueil est la voie la plus économe en place. Nos lecteurs trouveront un cadre plus large dans le guide de lecture du Joker.
Top 6 : Scott Lobdell, Red Hood and the Outlaws Rebirth (2016-2018)
Le relancement de 2016, sous l'étiquette Rebirth, reprend Jason avec une équipe resserrée autour de Artemis et de Bizarro, et remplace le ton pop du premier lancement par une dimension plus personnelle. Scott Lobdell reste au scénario, avec plusieurs dessinateurs au fil des numéros. La série s'étend sur environ deux ans de parution ; nous ne donnons pas de numéro de fin, faute de certitude sur le décompte de certains hors-séries.
Elle compte parce qu'elle fait de Jason un protagoniste qui assume son passé, au lieu de le commenter. Elle s'adresse aux lecteurs qui ont déjà lu le lancement de 2011 et souhaitent savoir comment le personnage évolue, ou à ceux qui préfèrent une approche plus resserrée.
Pour la collection, des fascicules récents, sans difficulté d'approvisionnement. Un recueil existe pour chaque bloc d'épisodes, ce qui permet de suivre la série sans accumuler les fascicules.
Par lequel commencer selon votre profil
Votre point de départ dépend de ce que vous cherchez à retirer de la lecture.
- Vous venez du film d'animation de 2010 : ouvrez Under the Hood, puis Un deuil dans la famille, dans cet ordre. Vous reconnaîtrez la structure, et vous découvrirez ce que le film a condensé.
- Vous lisez Batman depuis longtemps : commencez par Un deuil dans la famille (Batman #426-429), puis enchaînez sur Under the Hood. Le choc du retour porte alors à plein.
- Vous voulez le Jason le plus récent : visez Three Jokers après les deux récits fondateurs, puis le lancement de 2016.
- Vous préférez les équipes et le ton plus léger : Red Hood and the Outlaws de 2011 est votre porte d'entrée, mais lisez au moins l'arc de Winick avant.
- Vous collectionnez la lignée des Robin : le guide de lecture de Robin replace Jason entre Dick Grayson et ses successeurs.
Si vous ne deviez retenir que deux récits, ce serait les deux premiers du classement : ils forment à eux seuls une histoire complète, de la perte à la réapparition. Notre classement général des meilleurs runs de Batman donne le contexte de la série dans laquelle ces arcs se déroulent.
Ce que valent ces runs en collection
La valeur d'un run se juge en rapports, pas en montants, et les six récits de ce classement ne se comportent pas de la même façon. Un deuil dans la famille est un bloc de quatre fascicules de 1988 dont le prix suit surtout l'état de chaque exemplaire et la présence du numéro 427, celui du vote, souvent le plus demandé du lot. Under the Hood, publié vingt ans plus tard, repose sur des tirages plus importants : la rareté y est faible, et la demande réagit surtout aux annonces d'adaptation.
Le premier lancement de Red Hood and the Outlaws est un cas à part. Son numéro 1 est suivi, mais sa série a été tirée à grande échelle ; la comparaison utile se fait entre l'exemplaire courant et les couvertures alternatives, qui s'écartent du prix de base dans un rapport que l'on constate en consultant plusieurs ventes terminées. Pour Three Jokers, les nombreuses variantes imposent de noter précisément la couverture.
Trois méthodes aident à décider. Comparez d'abord le prix d'un bloc complet au total des numéros à l'unité : sur un arc court, l'écart peut aller dans les deux sens. Vérifiez ensuite la version : fascicule d'origine, réimpression ou recueil sont trois objets différents, avec trois logiques de prix. Estimez enfin avant d'acheter, avec des ventes réellement conclues et non des annonces ouvertes. Pour le contexte du marché de la lignée, voyez notre guide des numéros clés de Robin.
Questions fréquentes
L'arc Under the Hood de Judd Winick, publié dans la série Batman en 2005 et 2006, est la porte d'entrée la plus claire. Il présente le justicier au casque rouge, sa méthode et son lien avec Batman, sans exiger une longue préparation. Un recueil en deux volumes le regroupe, ce qui évite de chercher les fascicules.
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé si vous voulez saisir le poids du retour. Batman #426-429 raconte la mort de Jason Todd en 1988, et l'arc de 2005 en reprend l'enjeu. Les deux récits sont autonomes, ce qui permet de les lire dans l'ordre éditorial ou l'ordre chronologique.
Le lancement de 2011, signé Scott Lobdell, divise : il a fait de Jason un chef d'équipe avec une série mensuelle, mais son ton pop et son traitement de certains personnages ont été discutés. Il convient aux lecteurs qui ont déjà lu l'arc de Winick et veulent suivre la nouvelle continuité.
Les articles consacrés à Jason Todd sont rattachés à la lignée des Robin et à l'univers Batman, que rassemblent les pages Robin et Batman. L'article d'histoire du personnage et la fiche de Batman #357 complètent ce classement.
Pour la lecture, les recueils suffisent et occupent moins de place. Pour la collection, les fascicules de 1988 (Batman #426-429) sont les plus suivis, ceux de 2005 les plus faciles à réunir. Dans les deux cas, vérifiez dans le catalogue que le numéro correspond bien à l'arc visé avant d'acheter.
Vous possédez un numéro de la saga de Jason Todd, de Batman #357 à Under the Hood ? Faites-en estimer la cote avant de le vendre ou de l'assurer.
Estimer mon comic