Pour débuter avec le Joker, trois albums suffisent à couvrir soixante-dix ans de mythologie : Batman : The Killing Joke (Alan Moore & Brian Bolland, 1988) pour l'origin story la plus célèbre, A Death in the Family (Jim Starlin & Jim Aparo, Batman #426–429, 1988) pour la mort de Jason Todd, et Batman : Death of the Family (Scott Snyder & Greg Capullo, Batman vol.2 #13–17, 2012–2013) pour la version New 52 qui a relancé le personnage dans l'ère moderne.

Le Joker est apparu pour la première fois dans Batman #1 (printemps 1940), imaginé par Bill Finger, Bob Kane et Jerry Robinson — un numéro qui introduit également Catwoman. Son origin story officielle, la plus connue, est publiée dès 1951 dans Detective Comics #168, où il est révélé comme l'Homme au Chapeau Rouge, un criminel tombé dans une cuve de produits chimiques. Mais c'est à l'Âge de bronze que le personnage retrouve sa noirceur : Batman #251 (1973, Denny O'Neil & Neal Adams) le réinstalle comme tueur implacable après une période éditoriale plus légère. Depuis lors, il est devenu l'un des antagonistes les plus documentés de la fiction populaire.

Ce guide recense les arcs essentiels pour entrer dans l'univers du Joker, de la plus grande accessibilité à la lecture la plus exigeante. Les données de cote proviennent exclusivement de notre estimateur eBay (eBay.fr + eBay.com, juin 2026) ou de records d'enchères documentés. Pour Batman #1 (1940), les 100 annonces actives dans notre outil sont dominées par des réimpressions et des fac-similés — la cote de l'original ne peut pas en être déduite : le record documenté pour l'original est de 2 220 000 $ (CGC 9,4, Heritage Auctions, 2021).

Les arcs essentiels du Joker

Le tableau ci-dessous liste les comics incontournables par ordre chronologique de publication. Les médianes eBay reflètent toutes notes et toutes impressions confondues — les exemplaires CGC haute note ou première impression se négocient sensiblement au-dessus.

Titre / NumérosAuteursIntérêtDisponibilité (eBay)
Batman #251 (sept. 1973)Denny O'Neil (scén.), Neal Adams (dess.)Retour du Joker comme tueur ; couverture Neal Adams iconique ; clé Bronze AgeMédiane 9 € · 65 annonces — record CGC 9,8 : 38 000 $ (ComicLink, juin 2024)
Batman : The Killing Joke (1988)Alan Moore (scén.), Brian Bolland (dess.)Origin story définitive ; mutilation de Barbara Gordon ; one-shot fondateur1re impression : 50–60 € brut NM ; CGC 9,8 : 150–250 $ (marché actuel)
Batman #426–429 (1988–1989)Jim Starlin (scén.), Jim Aparo (dess.)Mort de Jason Todd (2e Robin) — les lecteurs ont voté par téléphone#429 : médiane 28 € · 32 annonces ; autres numéros : volume insuffisant (< 15 annonces)
Batman vol.2 #13–17 (2012–2013)Scott Snyder (scén.), Greg Capullo (dess.)« Death of the Family » New 52 : le Joker sans visage contre la Bat-FamilyNuméros modernes — accessibles en recueil TPB

Sources : estimateur eBay mycomicscollection.com (juin 2026) ; ComicLink juin 2024 (record Batman #251 CGC 9,8) ; Heritage Auctions 2021 (Batman #1) ; QualityComix / GoCollect 2022 (Detective Comics #168).

Batman #251 (1973) : la renaissance du Joker à l'Âge de bronze

Paru en septembre 1973, Batman #251 est le point de bascule éditorial le plus important de l'histoire du personnage. Denny O'Neil réinstalle le Joker comme un meurtrier sans remords, effaçant l'image comique héritée de la série télévisée des années 1960. La couverture de Neal Adams — le Joker hilare tenant un poisson — est aujourd'hui l'une des plus reproduites de l'Âge de bronze et figure dans l'Overstreet Top 25 des comics Bronze Age. Notre estimateur eBay retourne une médiane de 9 € sur 65 annonces : le numéro reste accessible en bas grade. En haute note gradée, un exemplaire CGC 9,8 a établi un nouveau record pour l'issue à 38 000 $ lors de la vente ComicLink de juin 2024. Ce numéro est le premier à lire si vous voulez comprendre pourquoi le Joker fascine autant les scénaristes qui lui ont succédé.

Batman : The Killing Joke (1988) : l'origin story d'Alan Moore

Publiée en 1988, The Killing Joke est le one-shot d'Alan Moore dessiné par Brian Bolland qui a défini le Joker pour une génération entière. L'histoire propose une origine : un comique raté, devenu le Chapeau Rouge lors d'un braquage qui tourne mal, tombe dans une cuve de produits chimiques et en ressort défiguré. En parallèle, dans le présent, il tire sur Barbara Gordon (Batgirl) et la paralyse, puis kidnappe le commissaire Gordon pour prouver que « n'importe qui peut craquer en une mauvaise journée ». L'album a connu de nombreuses réimpressions — la première impression se reconnaît à son titre en vert citron gaufré en couverture, prix de vente 3,50 $. En première impression brut état NM, le marché tourne autour de 50 à 60 € ; un CGC 9,8 se négocie entre 150 et 250 $ selon les données actuelles. Ce n'est pas une rarete spéculative — son tirage initial était élevé — mais c'est un incontournable éditorial que tout lecteur Joker doit avoir lu.

A Death in the Family (Batman #426–429, 1988) : les lecteurs décident

Publiée entre août et novembre 1988, « A Death in the Family » est l'arc qui a rendu le Joker réellement dangereux dans la continuité DC. Jim Starlin (scénario) et Jim Aparo (dessin) mettent en scène la traque du Joker par Jason Todd (le second Robin) au Liban et en Éthiopie, jusqu'à un dénouement où le clown bat Jason à mort à coups de barre à mine, avant de faire exploser l'entrepôt. L'originalité éditoriale : DC a laissé les lecteurs voter par téléphone pour décider si Jason survivrait. La mort l'a emporté. Batman #428 — le numéro de la mort — est le plus demandé de l'arc. Notre estimateur retourne des volumes insuffisants (moins de 15 annonces) pour les numéros #426, #427 et #428, ce qui interdit toute médiane fiable ; seul #429 (fin d'arc, 32 annonces, médiane 28 €) produit un signal utilisable. L'arc est disponible en intégralité en recueil TPB, ce qui en fait la lecture la plus pratique.

Death of the Family (Batman vol.2 #13–17, 2012–2013) : Snyder réinvente le clown

Le run de Scott Snyder et Greg Capullo sur Batman (New 52, 2011–2016) est considéré comme la meilleure relance du personnage depuis l'Âge de bronze. L'arc « Death of the Family » (Batman vol.2 #13–17, octobre 2012 – février 2013) voit le Joker revenir sans visage — le Faiseur de Poupées le lui avait sectionné — avec l'intention de détruire chaque membre de la Bat-Family pour « libérer » Batman de leurs liens. Snyder joue sur l'horreur corporelle et la manipulation psychologique ; Capullo offre des planches visuellement saisissantes. L'arc complet s'étend sur 23 numéros en cross-over (Batgirl, Nightwing, Robin, etc.), mais les cinq numéros du titre principal suffisent pour suivre l'intrigue centrale. Ces numéros modernes sont disponibles à des prix modiques sur eBay ou directement en TPB.

Pour aller plus loin : les clés historiques

Detective Comics #168 (février 1951) est l'origin story originale du Joker sous sa forme Chapeau Rouge — publiée 37 ans avant The Killing Joke, elle pose les mêmes bases. Notre estimateur ne retourne que 4 annonces actives : volume insuffisant pour une médiane fiable. Les records documentés sont éloquents : un CGC 9,4 a atteint 324 000 $ en novembre 2022 ; un CGC 6,0 s'était vendu 23 345 $ en mars 2022 (données QualityComix/GoCollect). Ce numéro est un grail de l'Âge d'or réservé aux collectionneurs expérimentés. Pour les lecteurs désireux de compléter leur bibliothèque Joker moderne, Three Jokers (2020, Geoff Johns & Jason Fabok) et The Joker vol.1 (2021, James Tynion IV) offrent deux perspectives récentes de qualité. À l'écran, le film Joker (2019, Todd Phillips, Joaquin Phoenix) a dépassé 1 milliard de dollars au box-office mondial — premier film classé R de l'histoire à franchir ce cap. Son sequel, Joker : Folie à Deux (2024), n'a réuni que 207 millions de dollars et n'a pas relancé l'appétit spéculatif pour les numéros clés.

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