Le meilleur run de Bullseye est celui de Frank Miller et Klaus Janson dans Daredevil (1981-1983), qui contient la mort d'Elektra au numéro 181. Viennent ensuite Guardian Devil, signé Smith et Quesada, puis Dark Avengers, les Thunderbolts d'Ellis, Shadowland et, en dernier, les premiers numéros de Wolfman. Six ensembles, avec le format à viser.
Bullseye n'a jamais porté une série longue : tueur à gages sans pouvoirs, il vit dans les pages des autres. Un classement de runs consacrés à lui revient donc à chercher les périodes où le personnage prend le contrôle d'un récit, que ce soit contre Matt Murdock, sous un costume emprunté ou au milieu d'une équipe de criminels. Les six ensembles ci-dessous sont tous des lectures complètes.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Comment nous avons classé ces runs
Pour un antagoniste comme Bullseye, le critère décisif est la place du vilain dans le récit : dirige-t-il l'histoire, la subit-il, ou n'est-il qu'une menace de passage ? Nous avons retenu les ensembles où il occupe le centre, puis nous les avons départagés selon l'autonomie de lecture et la facilité à les réunir. Une saga brillante où il n'apparaît qu'une fois est exclue.
Le rang juge la qualité de lecture, pas le prix des fascicules : le numéro le plus recherché, Daredevil #131 de mars 1976, ne se classe qu'en dernier, parce qu'une première apparition n'est pas le meilleur récit d'un personnage.
Top 1 : Frank Miller et Klaus Janson, Daredevil (1981-1983)
Frank Miller écrit Daredevil à partir du numéro 168, daté de janvier 1981, avec Klaus Janson à l'encrage. Le triangle Matt Murdock, Elektra et Bullseye y prend sa forme définitive. Le tueur à gages cesse d'être un adversaire de mauvaise humeur pour devenir un danger absolu, et l'ensemble culmine au numéro 181 d'avril 1982, où Elektra meurt. Nous ne dévoilons pas davantage.
Ce run compte parce qu'il fixe pour quarante ans la perception de Bullseye : un homme dont la précision est l'unique talent et la cruauté, l'unique conviction. Aucune lecture préalable n'est requise : le triangle se comprend en cours de route, et c'est la meilleure porte d'entrée vers Hell's Kitchen. Notre page consacrée à Frank Miller replace ce travail dans l'ensemble de sa carrière.
Pour la collection, les numéros 168 et 181 sont deux repères distincts : le premier pour la première apparition d'Elektra, le second pour sa mort. Nous leur consacrons deux articles, sur le numéro 168 et sur le numéro 181. Pour lire, un recueil du run Miller suffit largement.
Un point de repère pour la collection : le run Miller se découpe en trois blocs de lecture, avant la mort d'Elektra, le numéro 181 lui-même et ses suites immédiates jusqu'au numéro 191, où Frank Miller quitte la série pour un temps. Lire dans cet ordre évite de commencer par le sommet sans en comprendre le prix.
Top 2 : Kevin Smith et Joe Quesada, Guardian Devil (1998-1999)
En 1998, Marvel relance Daredevil avec Kevin Smith au scénario et Joe Quesada aux dessins, sur les huit premiers numéros de la nouvelle série. Matt Murdock traverse une crise qui touche sa foi comme sa vie privée, et Bullseye intervient avec une brutalité qui frappe l'entourage du héros. Le numéro 5 de ce volume 2 voit mourir Karen Page de la main du tueur, un épisode qui reste l'un des plus commentés de l'ère moderne du titre.
Cet arc compte parce qu'il remet Bullseye au centre du jeu avec un propos dramatique, plutôt qu'une simple démonstration de force. Il s'adresse au lecteur qui connaît Daredevil par ses adaptations et veut un récit court, de la même veine que Miller.
Pour la collection, les huit fascicules se trouvent sans difficulté particulière et un recueil unique rassemble l'arc. Ce sont des tirages modernes dont la cote n'est pas installée ; le premier numéro de la série est le repère naturel.
Top 3 : Brian Michael Bendis et Mike Deodato, Dark Avengers (2009)
Dark Avengers #1, daté de 2009, installe une équipe où chaque membre porte le costume d'un autre. Norman Osborn dirige l'équipe, et Bullseye y reçoit l'identité de Hawkeye, avec le costume qui va avec. Brian Michael Bendis écrit, Mike Deodato dessine. Le ressort est cruel et simple : un tueur sans scrupule se retrouve dans la peau d'un héros adulé du public.
Ce run compte parce qu'il retire Bullseye de son décor, le Daredevil de Hell's Kitchen, pour le jeter dans un récit d'équipe à l'échelle de tout Marvel. Il s'adresse au lecteur de la ligne « Dark Reign », qui apprécie l'ironie des identités volées, et moins au pur lecteur de Daredevil. Notre page sur Brian Michael Bendis situe cette période dans son travail.
Côté étagère, Dark Avengers existe en fascicules récents comme en recueils par volumes ; le numéro 1 sert de repère, et l'image du tueur sous le masque de Hawkeye plaît surtout aux amateurs de couvertures marquantes.
Un détail utile pour le lecteur : Dark Avengers prolonge un événement plus large, Dark Reign, mais ses premiers numéros se lisent sans l'avoir suivi. Si vous voulez le contexte, c'est le recueil de l'événement qui le fournit, pas les fascicules.
Top 4 : Warren Ellis et Mike Deodato, Thunderbolts (vers 2007)
Dans Thunderbolts, équipe de criminels envoyés en mission pour le compte du gouvernement, Warren Ellis écrit et Mike Deodato dessine à partir du numéro 110. Bullseye fait partie du groupe, aux côtés d'autres figures sinistres, et son rôle de tireur d'élite sans conscience cadre avec la logique de l'équipe : on l'a recruté pour tuer, pas pour être aimé.
Ce passage s'adresse au lecteur qui préfère l'ensemble au solo. Bullseye n'y est pas le centre, mais il en est l'un des moteurs, et le contraste avec son rôle de Daredevil donne une lecture complémentaire. Il est moins recommandable comme premier contact avec le personnage, parce qu'il suppose d'accepter l'ensemble des personnages de l'équipe.
Pour la collection, ce sont des fascicules de la fin des années 2000, faciles à compléter. Les recueils par arcs permettent de lire sans devoir chasser chaque numéro, et c'est le choix le plus raisonnable.
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Top 5 : Andy Diggle, Shadowland (2010)
Shadowland est l'événement de 2010 où Matt Murdock, devenu chef du Hand, transforme Hell's Kitchen en forteresse. Andy Diggle en écrit la colonne vertébrale, et Bullseye se retrouve sur la route d'un héros qui bascule. Le récit sert de conclusion au travail de Marvel sur Daredevil à cette période, et il rejoue l'opposition ancienne du tueur et de l'avocat dans un registre plus sombre.
L'événement compte pour Bullseye parce qu'il met sa relation avec Matt Murdock à l'épreuve d'un contexte inédit. Il s'adresse au lecteur qui connaît déjà Miller et Bendis et veut voir ce que l'éditeur a fait des conséquences.
Pour la collection, mieux vaut un recueil de l'événement complet qu'une chasse au fascicule isolé : les chapitres sont répartis sur plusieurs titres, et les sommaires des différentes éditions ne se recoupent pas toujours.
Un conseil de méthode : puisque Shadowland éclate sur plusieurs titres, dressez la liste des numéros avant d'acheter et cochez chaque chapitre au fur et à mesure. Vous éviterez les doublons de couvertures proches et les trous que l'on découvre trop tard.
Top 6 : Marv Wolfman et John Romita Sr., les numéros fondateurs (1976)
Bullseye naît dans Daredevil #131, daté de mars 1976, par Marv Wolfman, Bob Brown et John Romita Sr. Le numéro pose le personnage : un tueur à gages au costume bicolore, à la cible sur le front, capable de faire d'un objet banal une arme. Le récit ne vaut pas les sommets de Miller, mais il porte tout ce que les auteurs suivants ont développé.
Ce début se classe sixième parce qu'il est fondateur et non le plus abouti. Il s'adresse au complétiste et au lecteur qui veut comprendre la matière brute avant Frank Miller. Notre article sur la première apparition détaille le numéro et ses variantes.
Pour la collection, c'est le fascicule d'origine qui compte : l'état fait l'essentiel de la cote, et le numéro 131 est le plus convoité de tout le dossier. Pour lire seulement, un recueil de la période Wolfman est largement suffisant.
Le classement n'est pas un arbre de décision : un lecteur qui aime l'ambiance de Miller peut très bien enchaîner avec Shadowland pour mesurer ce que quarante ans de continuité ont fait du tueur. L'ordre d'achat, lui, suit rarement l'ordre de lecture, et c'est normal.
Un repère aide à situer les épisodes les uns par rapport aux autres. Après sa chute dans Daredevil #181, le tueur sort de l'hôpital avec un squelette renforcé d'adamantium, opération attribuée à Lord Dark Wind et racontée autour du numéro 197, en 1983 : les récits où il encaisse des chocs sans se briser se placent donc après cette étape, ce qui permet de ranger un fascicule isolé dans la chronologie sans en connaître l'intrigue.
Par lequel commencer selon votre profil
Si Bullseye est un nom pour vous, partez de Frank Miller et Klaus Janson : le numéro 168 sert d'entrée, le 181 de point d'orgue. Pour un récit bref et plus récent, Guardian Devil, huit numéros signés Kevin Smith et Joe Quesada, se lit en une soirée. Si vous aimez les équipes et l'humour noir, passez directement à Dark Avengers.
Pour un lecteur déjà passé par Daredevil, Shadowland et les Thunderbolts d'Ellis complètent le portrait. Notre guide de lecture Bullseye en propose l'ordre chronologique, et l'histoire du personnage en donne la trame biographique.
Ce que valent ces runs en collection
Trois niveaux se dégagent. Les fascicules de 1976 et du début des années 1980 portent la cote, avec un écart marqué entre un exemplaire de lecture et un exemplaire bien noté ; le numéro 181 de Daredevil et le numéro 131 sont les deux repères que le marché ajuste le plus vite. Le numéro 168, première apparition d'Elektra, joue sur la même corde.
Les fascicules de 1998 à 2010 sont des tirages modernes, plus abondants, dont la cote n'est pas installée. Ce qui la fera bouger, c'est la reprise éventuelle du personnage dans une adaptation, la durée d'un éventuel retour en série et la disponibilité des premiers numéros en bon état.
Un Daredevil #181 ne se jauge pas comme un Dark Avengers #1 : pour le premier, croisez le grade et les ventes conclues ; pour le second, regardez surtout les lots. Chaque cas est repris dans l'article valeur des comics de Bullseye.
Questions fréquentes
Le run de Frank Miller et Klaus Janson dans Daredevil, entre 1981 et 1983, reste la référence. Le numéro 181 d'avril 1982 en est le point culminant, et l'ensemble installe le tueur comme némésis de Matt Murdock.
Il a eu des mini-séries, mais aucune série régulière de longue durée. C'est pourquoi les meilleurs récits à son sujet se trouvent dans Daredevil, dans Dark Avengers ou dans les Thunderbolts plutôt que dans un titre portant son nom.
Dans Daredevil #131, daté de mars 1976. Le personnage est créé par Marv Wolfman, Bob Brown et John Romita Sr. ; la couverture est de Gil Kane. C'est le numéro fondateur de toute collection consacrée au tueur.
Pas obligatoirement. Dark Avengers, publié en 2009, se lit pour son concept d'équipe aux identités volées. Connaître Bullseye par Miller donne un sens plus fort à son passage sous le costume de Hawkeye, mais le récit tient seul.
Les fascicules d'origine pour 1976 et les années Miller, si votre budget le permet, car ils portent la cote. Pour Guardian Devil, Dark Avengers, les Thunderbolts et Shadowland, un recueil suffit et évite de chasser des numéros dispersés.
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