La mort d'Elektra est publiée dans Daredevil #181, daté d'octobre 1982, écrit et dessiné par Frank Miller, encré par Klaus Janson. Bullseye y tue Elektra avec l'une de ses propres armes, au terme d'un affrontement que le récit annonçait depuis plusieurs numéros. Le fascicule paraît en format double, plus épais qu'un numéro mensuel ordinaire. Les collectionneurs le cherchent pour cette scène, pour la signature graphique de Miller et pour sa pagination inhabituelle.
Daredevil #181 appartient à cette petite catégorie de numéros qui se vendent mal en lot et très bien à l'unité. Vous le croiserez souvent au fond d'une boîte de dollar bin, parce que son tirage de 1982 n'avait rien de confidentiel, et vous le reverrez quelques semaines plus tard dans une vitrine, en boîtier scellé, à un multiple que le même exemplaire non noté n'atteindra jamais. L'écart tient à deux choses très concrètes que cet article détaille : la pagination double, qui complique la conservation du dos, et le fait que la mort racontée ici n'a jamais été annulée commercialement, même après le retour du personnage.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : date, auteurs, ce qui s'y passe
Daredevil #181 porte la date d'octobre 1982. Frank Miller en signe le scénario et les crayonnés, Klaus Janson l'encrage. Le duo travaillait alors ensemble depuis plusieurs dizaines de numéros, et la mise en page de ce fascicule exploite à fond la place supplémentaire offerte par le format double : des séquences muettes étendues, un découpage qui laisse respirer l'affrontement final au lieu de le comprimer en deux planches.
L'action tient en une ligne : Bullseye, libéré et décidé à reprendre sa place auprès de son employeur, croise la route d'Elektra et la tue avec une de ses armes. Le reste du numéro organise les conséquences, à commencer par la manière dont le personnage mourant parvient malgré tout jusqu'à Matt Murdock. C'est cette articulation, et non la seule violence de la scène, qui fait la réputation du fascicule.
Pour la fiche de catalogue, deux informations sont à relever au moment de l'achat : la pagination, supérieure à celle des numéros encadrants, et la mention de format portée sur la couverture par l'éditeur. Elles distinguent immédiatement un exemplaire d'origine d'une réimpression ultérieure au format standard.
Le contexte éditorial : un format double au milieu d'un mensuel
En 1982, un titre mensuel de cette gamme sortait sur un nombre de pages fixe, avec une publicité calibrée et un prix de couverture aligné sur le reste du catalogue. Publier un numéro double en cours d'arc n'était pas un geste anodin : cela imposait un prix de couverture différent, une place différente en linéaire, et parfois un décalage de calendrier chez les distributeurs.
Ce choix a une conséquence directe que peu d'acheteurs anticipent. Un fascicule de 1982 au papier journal, agrafé, encaisse mal l'épaisseur supplémentaire. Le cahier intérieur est plus lourd, les deux agrafes travaillent davantage, et le pli du dos subit une contrainte permanente dès que l'exemplaire est posé à plat ou feuilleté. Les défauts que vous verrez le plus souvent sur Daredevil #181 ne sont donc pas des accidents de lecture, mais la fatigue mécanique d'un objet trop épais pour sa reliure.
Le numéro arrive aussi à un moment où la série enchaînait les rendez-vous : deux numéros plus loin s'ouvre la rencontre avec Punisher, et le retour d'Elektra sera publié dans Daredevil #190. Un acheteur qui ne vise que #181 passe à côté d'une cohérence de lot qui, revendue ensemble, se négocie mieux.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé, et pourquoi la résurrection n'y a rien changé
Beaucoup de morts publiées en 1982 ont été oubliées. Celle d'Elektra a tenu pour une raison qui n'est pas narrative mais contractuelle : son auteur a obtenu que le personnage ne soit pas réemployé librement par d'autres équipes créatives après ce numéro. Autrement dit, la disparition a été accompagnée d'une protection éditoriale. Pendant des années, Elektra n'a donc pas été diluée dans une dizaine de titres parallèles, et Daredevil #181 est resté le seul endroit où l'événement se lit à sa source.
Cette rareté d'usage a fabriqué de la rareté de référence. Quand un personnage meurt et reparaît trois mois plus tard chez trois éditeurs internes différents, le numéro de sa mort perd sa fonction : il devient une étape parmi d'autres. Ici, l'absence prolongée a au contraire chargé le fascicule.
S'ajoute un facteur de reconnaissance visuelle. La couverture est identifiable au premier coup d'œil dans une boîte, ce qui compte énormément en brocante et en convention : un numéro clé que l'on repère sans lire le dos circule plus vite et se vend plus cher que son équivalent anonyme. Le hub Elektra recense les autres parutions qui comptent pour ce personnage.
Elektra revient dans Daredevil #190, publié l'année suivante, et la logique voudrait qu'un retour aussi rapide dévalue le numéro de la mort. Ce n'est pas ce qui s'est produit, et les raisons se tiennent.
D'abord, le retour est écrit par la même équipe que la mort. Il ne corrige pas #181, il le prolonge : le lecteur qui veut comprendre #190 doit posséder #181. Un retour signé par une autre équipe, des années plus tard, aurait au contraire donné l'impression de contredire le numéro d'origine, et c'est ce type de contradiction qui casse une cote.
Ensuite, ce que le marché achète dans #181 n'est pas la permanence de la mort, c'est la scène. Le collectionneur paie une planche d'anthologie et un moment de série, pas un état civil. Une fois qu'un numéro est devenu une image de référence, le sort ultérieur du personnage ne reprend pas ce statut.
Enfin, la demande sur ce fascicule a été entretenue par la carrière solo d'Elektra et par ses adaptations, qui ramènent périodiquement des acheteurs vers le numéro d'origine. Un retour en librairie ne retire rien à la pièce : il lui envoie de nouveaux candidats.
Ce qui fait varier la cote : état, format, impression
Sur Daredevil #181, la hiérarchie des facteurs est particulière. L'état du dos passe avant la blancheur des pages, ce qui n'est pas le cas sur tous les numéros de la même année. L'épaisseur du cahier fait que les plis de dos, les cassures de couleur le long de l'agrafage et le léger gondolage du pli sont presque systématiques ; un exemplaire dont le dos est net se distingue immédiatement et se paie en conséquence.
Le deuxième facteur est le centrage de la couverture. Sur un fascicule épais, un décentrage d'origine est amplifié par la pression du cahier et devient visible à l'œil nu. Le troisième est l'état des coins supérieurs, premiers à s'écraser quand l'exemplaire a été rangé serré entre deux numéros plus fins.
En termes de rapports, retenez ceci : entre un exemplaire lu correctement et un exemplaire quasi neuf, l'écart se compte en multiples, pas en pourcentages, et le palier le plus brutal se situe juste au-dessus du seuil où le dos est jugé sans défaut. Pour le reste, une estimation sérieuse passe par un examen de l'exemplaire, pas par une moyenne de catalogue. Vous pouvez partir de notre estimation gratuite pour cadrer la fourchette avant d'acheter.
Reconnaître une édition d'une autre
Le fascicule d'octobre 1982 est le seul à porter le format double d'origine. Tout le reste, et il y en a beaucoup, se repère sans difficulté si vous savez quoi regarder.
Les recueils reliés qui rassemblent l'arc sont imprimés sur un papier plus blanc et plus lisse, avec un dos collé : ils n'ont ni agrafe ni la teinte ivoire du papier journal de 1982. Les rééditions commémoratives au format fascicule portent en général une mention de réimpression dans la page d'indicia, et leur couverture est imprimée sur un carton plus épais, souvent avec un vernis que l'édition d'origine n'a pas.
Quant aux facsimilés, leur raison d'être est de reproduire fidèlement la couverture : le seul endroit où ils se trahissent est l'indicia, la qualité du papier intérieur et, le plus souvent, l'absence du code de distribution d'époque. Comparez toujours l'intérieur, jamais la couverture seule. Les éditions françaises de l'époque, publiées dans des recueils périodiques, ne sont pas des équivalents du numéro américain et ne se cotent pas de la même manière.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le piège principal sur ce numéro est l'annonce en ligne qui montre la couverture de face, bien à plat, sans jamais photographier le dos. Sur un fascicule double, c'est précisément l'information manquante qui détermine le prix. Exigez une photo du dos sous un angle rasant, lumière latérale, et une photo de la tranche supérieure.
Le deuxième piège est la restauration discrète. Un pli de dos peut être atténué par pressage, et un exemplaire pressé non déclaré se négocie au prix d'un exemplaire sain. Cherchez l'uniformité suspecte : un dos parfaitement plat sur un numéro épais de 1982, avec des coins par ailleurs fatigués, mérite une question écrite au vendeur.
Le troisième est la confusion de numérotation. Plusieurs numéros de cette période sont vendus comme contenant la mort d'Elektra alors qu'ils en portent seulement les conséquences. Vérifiez le numéro imprimé en couverture, pas le descriptif de l'annonce, et méfiez-vous des lots intitulés « arc complet » dont le #181 est justement absent.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Trois repères encadrent utilement cet achat. Daredevil #168, de janvier 1981, contient la première apparition d'Elektra, également signée Frank Miller ; c'est la pièce la plus demandée du personnage et elle se cote au-dessus de #181. Daredevil #190 publie son retour, par la même équipe, et complète logiquement la paire. Enfin, Daredevil #183 et #184 ouvrent la séquence avec Punisher, souvent achetée dans le même mouvement.
Côté antagonistes, les amateurs de Bullseye remontent presque toujours de #181 vers sa première apparition, et ceux de Kingpin arrivent par les numéros où son organisation réapparaît dans la série. Constituer ce petit ensemble cohérent coûte souvent moins cher que de payer un cran de grade supplémentaire sur le seul #181, et il se revend mieux.
Ce que la notation change
La notation professionnelle a un effet amplifié sur ce numéro, et c'est une conséquence directe du format. Le pli de dos d'un fascicule double est difficile à juger sur photo, même pour un acheteur expérimenté : l'épaisseur crée une ombre qui masque les cassures de couleur. Le boîtier scellé supprime cette incertitude, et c'est elle qui coûtait le plus cher dans la transaction.
Deux conséquences pratiques. D'une part, l'écart de prix entre un exemplaire noté et un exemplaire brut est, sur #181, plus large que sur un numéro fin de la même année : vous payez la levée du doute. D'autre part, faire noter un exemplaire que vous jugez excellent est un pari plus risqué ici qu'ailleurs, parce que le défaut qui fera tomber la note est souvent celui que vous ne voyez pas sans démonter la lumière.
La règle de décision est simple : si votre exemplaire présente le moindre pli de dos visible en lumière rasante, la notation coûtera plus qu'elle ne rapportera. Si le dos est net et le centrage correct, elle se justifie. Entre les deux, demandez un avis sur l'exemplaire avant d'engager les frais.
Comment le suivre dans une collection
Dans votre inventaire, Daredevil #181 gagne à être saisi avec trois champs spécifiques que les numéros ordinaires n'exigent pas : la mention du format double, l'état du dos noté séparément de l'état général, et le lien explicite vers #168 et #190 si vous les possédez. Ces trois informations sont celles qu'un acheteur vous demandera, et celles que vous aurez oubliées dans deux ans.
Côté rangement, l'épaisseur impose une contrainte physique : un fascicule double serré entre des numéros standards finit par se déformer. Prévoyez une pochette au bon calibre, un carton de soutien rigide, et évitez de l'empiler horizontalement sous une pile. Si vous suivez vos acquisitions dans My Comics Collection, renseignez la variante de format dès la saisie : c'est elle qui vous évitera de comparer votre exemplaire à des ventes de réimpressions.
Enfin, surveillez le calendrier des adaptations. Sur ce numéro précis, chaque retour d'Elektra à l'écran réveille la demande pendant quelques mois, et les meilleurs achats se font dans les creux entre deux annonces, pas pendant les pics.
Conclusion : un achat qui se joue sur le dos
Daredevil #181 est un numéro clé dont la difficulté n'est pas la rareté mais la conservation. Le tirage de 1982 est abondant, les exemplaires au dos sain le sont beaucoup moins, et le format double explique à lui seul cette dissymétrie. Achetez-le en regardant l'agrafage avant la couverture, documentez le format dans votre inventaire, et complétez-le par #168 et #190 plutôt que par un cran de grade payé trop cher.
La mort racontée ici n'a pas été effacée par le retour du personnage : elle a été prolongée par la même équipe, ce qui est exactement la raison pour laquelle la cote a tenu. C'est une configuration rare, et elle mérite d'être connue avant de négocier.
Un exemplaire de Daredevil #181 ne se chiffre pas sans un examen du dos et du centrage : envoyez-nous vos photos et nous situerons votre exemplaire dans la fourchette réelle du marché.
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Dans Daredevil #181, daté d'octobre 1982, écrit et dessiné par Frank Miller et encré par Klaus Janson. Les numéros voisins en portent les conséquences mais ne contiennent pas la scène. Vérifiez toujours le numéro imprimé en couverture : plusieurs annonces vendent les numéros encadrants sous cette description.
Oui, et c'est le point le plus sous-estimé de ce numéro. L'épaisseur du cahier fait travailler l'agrafage et le pli du dos en permanence, si bien que les plis de dos et les cassures de couleur y sont presque systématiques. Un exemplaire au dos net se détache donc plus nettement que sur un fascicule fin de 1982.
Non. Le retour est publié dans Daredevil #190 par la même équipe créative, il prolonge le numéro d'origine au lieu de le contredire, et il oblige même à posséder #181 pour être compris. Le marché achète ici une scène de référence, pas la permanence de la disparition du personnage.
L'ensemble se revend mieux. Daredevil #168 contient la première apparition d'Elektra et se cote au-dessus, #190 publie son retour. Réunir les trois coûte souvent moins qu'un cran de grade supplémentaire sur le seul #181, et l'ensemble trouve preneur plus vite auprès d'un acheteur qui vise le personnage.
Pas par la couverture, qui est reproduite fidèlement. Regardez l'indicia, qui porte en général une mention de réimpression, le papier intérieur, plus blanc et plus lisse que le papier journal ivoire d'origine, et l'absence du code de distribution d'époque. Les recueils reliés, eux, ont un dos collé sans agrafe.