Todd McFarlane par où commencer : le parcours de lecture en 6 étapes, illustration article

Entrez chez McFarlane par le Hulk gris d'Incredible Hulk (numéros 330 à 346 environ, scénarisés par Peter David) et par le récit Year Two de Detective Comics (575 à 578, en 1987). Passez à Amazing Spider-Man 298 à 328 (1988 à 1990), à la série Spider-Man de 1990, puis à Spawn dès 1992. Gardez pour la fin la longue série Spawn et Haunt (2009).

Todd McFarlane est un cas à part dans la lecture de comics : un dessinateur dont la manière de tracer a pesé plus lourd que les histoires qu'on lui confiait, puis un auteur complet, maître de son propre scénario. Lire McFarlane, c'est donc suivre deux courbes à la fois, celle d'un style qui se radicalise entre 1985 et 1992, et celle d'un scénariste qui apprend son métier en public. Ici, pas de chronologie de carrière, mais un ordre d'entrée dans douze années de pages.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le parcours de lecture conseillé pour Todd McFarlane par où commencer, étape par étape

Ce que l'on cherche chez McFarlane, et comment le reconnaître

Trois traits reviennent d'un titre à l'autre et servent de fil conducteur au parcours. Le premier est la cape, la toile ou la chaîne : McFarlane dessine volontiers des éléments souples qui occupent la moitié de la case, s'enroulent autour du corps et prolongent le mouvement bien au-delà de la silhouette. Le deuxième est l'encrage chargé, avec des masses de noir qui avalent le décor. Le troisième est le gros plan sur un visage déformé ou un masque aux yeux démesurés, qui donne à Spider-Man comme à Spawn une présence très physique.

Ces traits ne se valent pas partout. Sur le Hulk ou sur Batman, McFarlane dessine un personnage qui existe déjà et en propose une lecture graphique. Sur Spider-Man, l'interprétation devient une référence. Sur Spawn, personnage de McFarlane, tout converge : scénario, dessin, couverture, direction éditoriale. Le parcours suit cette montée en autonomie, et c'est ce qui le rend lisible pour un collectionneur qui hésite entre acheter des fascicules d'époque, des recueils ou une sélection de couvertures.

Aucun article biographique n'est consacré à McFarlane sur ce site : la fiche sur ses numéros clés chez Spider-Man situe le dessinateur dans le temps, côté collection. Le présent guide pose une autre question : par quoi commencer pour comprendre ce que ces livres apportent, sans s'engager dans quarante numéros d'un coup.

Étape 1 : Incredible Hulk, le Hulk gris de Peter David (vers 1987 et 1988)

La porte d'entrée la plus douce est aussi la plus courte. McFarlane dessine The Incredible Hulk sur les numéros 330 à 346, avec Peter David au scénario. Le héros est le Hulk gris, plus rusé et plus cynique que le géant vert des débuts, et McFarlane lui donne une masse et une expression que le titre n'avait pas connues. On lit ces numéros pour voir un dessinateur qui n'est pas encore une vedette installer sa manière sur un matériau solide, porté par un scénariste qui tient la série dans la durée.

Le numéro 340 est le plus célèbre de la séquence, grâce à son face-à-face entre le Hulk et Wolverine, et nous lui consacrons une fiche à part : Incredible Hulk #340. Pour un lecteur, le conseil est de ne pas s'arrêter à ce seul fascicule. La valeur de lecture se trouve dans la continuité de la période, où le dessin de McFarlane accompagne un récit encore tourné vers l'humour noir et les rebondissements, et non vers la posture.

Cette étape s'adresse au lecteur curieux de voir le trait avant les grandes séries, et au collectionneur qui suit Peter David (voir notre parcours de lecture Peter David). Ce n'est pas une étape de passage obligé : si le Hulk gris vous laisse froid, passez directement à la suivante.

Étape 2 : Batman, le récit « Year Two » (1987)

En 1987, McFarlane dessine « Batman: Year Two » dans Detective Comics, sur les numéros 575 à 578, avec Mike W. Barr au scénario. C'est un récit en quatre parties, donc facile à situer et à acheter, qui fait suite chronologiquement au Year One de Frank Miller (voir Batman #404) sans en reprendre la tonalité. Barr écrit un récit d'aventure et de vengeance ; McFarlane y dessine une cape immense, des plis agités, une ville traversée de contre-jours.

Cette étape a un intérêt précis pour la lecture : elle montre McFarlane face au personnage de DC le plus publié, quelques mois avant qu'il ne devienne la figure de proue de Spider-Man. La couverture de Batman #423, datée de 1988, prolonge ce dialogue en un seul visuel, mais elle ne fait pas partie de la lecture : c'est un objet de collection de couverture, pas un chapitre d'histoire.

Si vous découvrez le personnage, lisez d'abord le Year One de Miller, puis revenez à Barr et McFarlane pour comparer deux manières de dessiner la même ville. Notre guide de lecture Batman situe ces numéros dans l'ensemble.

Étape 3 : Amazing Spider-Man 298 à 328 (1988 à 1990)

C'est le coeur du parcours. McFarlane arrive sur Amazing Spider-Man au numéro 298, daté de 1988, et reste jusqu'au 328, en 1990. C'est la période où l'image de Spider-Man se transforme : les toiles deviennent un entrelacs, les poses défient l'anatomie, le masque grossit. Les scénarios sont alors confiés à David Michelinie, qui écrit le titre à cette époque, et le tandem fait entrer dans la série un personnage appelé à devenir célèbre dans la décennie suivante, dont la première apparition complète se situe dans le numéro 300.

Pour lire cette séquence sans être submergé, procédez par blocs : de 298 à 300 pour la mise en place du nouvel adversaire, de 301 à 315 pour une période plus hétérogène, de 316 à 328 pour la conclusion du passage de McFarlane. Tous les numéros ne sont pas de même niveau : le dessin porte l'ensemble, le scénario est plus inégal.

Le travail éditorial compte pour un collectionneur : ces fascicules sont suivis à la fois par les amateurs de Spider-Man, qui veulent la séquence complète, et par ceux de McFarlane, qui cherchent le dessinateur. Le détail de ce qui se recherche, numéro par numéro, est dans notre fiche dédiée. Pour une lecture simple, un recueil suffit, et notre classement des meilleurs runs de Spider-Man situe ce passage parmi les autres.

Étape 4 : Spider-Man (1990), de l'auteur complet à la série solo

Une fois Amazing Spider-Man derrière lui, McFarlane lance un mensuel baptisé Spider-Man tout court, dont le numéro inaugural date de 1990. Pour la première fois chez Marvel, McFarlane écrit et dessine le même titre. Le premier arc, « Torment », court sur les numéros 1 à 5 et met en scène un adversaire reptilien dans une atmosphère plus sombre que d'ordinaire, avec peu de dialogue et beaucoup de pleines pages. La série compte seize numéros sous la plume et le crayon de McFarlane avant son départ.

C'est la meilleure étape pour jauger l'écriture de McFarlane. Les lecteurs se partagent : certains y voient une démonstration graphique, d'autres regrettent un scénario mince. Les deux jugements sont recevables, et c'est justement la raison de lire ces numéros après les précédents plutôt qu'avant. Vous saurez ce que le dessinateur apportait quand un autre scénariste tenait la plume, donc ce que l'auteur complet gagne ou perd en la reprenant.

Un conseil concret pour les amateurs de fascicules : la série de 1990 a été vendue en plusieurs éditions du numéro 1, ce qui complique l'achat. Pour la lecture, choisissez le plus simple à trouver ; pour la collection, notre fiche sur les numéros clés détaille ces variantes.

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Les sections de l'article sur Todd McFarlane par où commencer, dans l'ordre de lecture

Étape 5 : Spawn, des numéros 1 à 11 (1992 et 1993)

En 1992, McFarlane fait partie des dessinateurs qui fondent Image Comics pour conserver les droits de leurs créations. Le premier Spawn est daté de mai 1992 : McFarlane en signe tout, y compris la couverture, et met en scène Al Simmons, un mort qui revient sans comprendre ce qu'il est devenu. Le numéro fondateur est étudié dans Spawn #1 ; ici, retenez simplement qu'il faut lire les premiers numéros d'affilée pour sentir la mise en place.

Le premier ensemble utile s'arrête au numéro 11. Après sept numéros tenus seul par McFarlane, la série invite des scénaristes connus : Alan Moore au numéro 8, Neil Gaiman au 9, Dave Sim au 10, Frank Miller au 11. Cette séquence d'invités est une particularité de Spawn : elle donne à la série un statut de vitrine, et elle permet de lire côte à côte des plumes que l'on suit par ailleurs. Le numéro 9 introduit Angela, Medieval Spawn et Cogliostro, détaillés dans notre fiche sur Spawn #9.

Si vous découvrez le personnage, ces onze numéros sont une entrée complète en eux-mêmes. Vous pouvez vous y arrêter, ou poursuivre avec le guide de lecture Spawn, qui trie les arcs suivants. Pour retrouver Moore, Gaiman ou Miller par ailleurs, nos parcours consacrés à Alan Moore, Neil Gaiman et Frank Miller donnent la suite logique.

Étape 6 : la longue série Spawn et Haunt (2009)

La dernière étape est la plus exigeante, parce qu'elle change de nature. Spawn est une série au long cours, publiée sans interruption depuis 1992 : la lire en entier est un chantier de plusieurs centaines de numéros, avec des changements de dessinateurs, de scénaristes et de ton. Dans les années 1990, Greg Capullo dessine le titre, et Capullo se retrouvera plus tard sur Haunt. La série a aussi donné naissance à plusieurs dérivés, dont Hellspawn, écrit par Brian Michael Bendis, et à des séries plus récentes qui élargissent l'univers.

Haunt, lancé en 2009 chez Image, associe Robert Kirkman et Todd McFarlane à l'histoire ; Ryan Ottley y dessine sur des mises en page de Greg Capullo, avant un changement d'équipe en cours de route. C'est l'occasion de lire McFarlane comme concepteur d'un récit dont le dessin est confié à d'autres, ce qui met en évidence ce qui, dans Spawn, relève du trait et ce qui relève de la construction. Notre parcours consacré à Robert Kirkman donne le contexte de cette collaboration.

Cette étape s'adresse au lecteur qui a aimé les précédentes et veut aller au bout : choisissez un arc, lisez-le, jugez. Le classement des meilleurs runs de Spawn aide à choisir par où entrer dans cette masse de numéros.

Comment lire : fascicules ou recueils

Le choix dépend de ce que vous recherchez chez McFarlane. Pour le dessin, le fascicule d'origine a un avantage : le papier et la reproduction de l'époque rendent bien les noirs profonds, et c'est le format dans lequel les grandes couvertures de 1988 à 1992 ont été pensées. Pour la lecture suivie, le recueil est plus simple : il rassemble les numéros dans l'ordre, évite de courir après un numéro manquant et supporte mieux le transport.

Voici un partage raisonnable. Prenez des recueils pour les étapes 1, 2 et 3, qui sont des séquences de plusieurs numéros sans enjeu de rareté. Prenez des fascicules pour l'étape 5 si vous collectionnez Spawn : le numéro 1, daté de mai 1992, a été tiré en quantités considérables, donc l'état de l'exemplaire pèse plus que la rareté. Pour l'étape 6, privilégiez les recueils ou les intégrales, qui évitent d'éparpiller votre budget sur des centaines de fascicules.

Côté éditions françaises, un volume Spawn ou Spider-Man doit être confronté au catalogue : la couverture ne dit pas quels numéros américains il reprend.

Récapitulatif : l'ordre conseillé

  1. Incredible Hulk, vers 330 à 346 (Peter David, 1987 et 1988) : le trait de McFarlane sur un personnage établi.
  2. Detective Comics 575 à 578 (« Batman: Year Two », Mike W. Barr, 1987) : quatre numéros, une cape devenue légende.
  3. Amazing Spider-Man 298 à 328 (1988 à 1990) : la période qui fixe l'image du héros.
  4. Spider-Man, numéros 1 à 16 (1990 et 1991) : McFarlane scénarise et dessine.
  5. Spawn, numéros 1 à 11 (1992 et 1993) : l'auteur complet, puis les scénaristes invités.
  6. Spawn au long cours et Haunt (de 1992 à aujourd'hui, puis 2009) : le chantier le plus vaste.

Si vous n'avez qu'un seul soir à y consacrer, lisez le numéro 300 d'Amazing Spider-Man et ses voisins immédiats, puis le numéro 1 de Spawn. Vous aurez vu les deux versions de McFarlane qui comptent le plus : le dessinateur de Marvel et le créateur propriétaire d'Image.

Les questions fréquentes sur Todd McFarlane par où commencer auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Par les numéros du Hulk gris dessinés vers 1987 et 1988, ou directement par Amazing Spider-Man à partir du numéro 298. Aucune préparation requise : ces numéros montrent le trait de McFarlane à l'époque où d'autres plumes écrivent les histoires, et ils tiennent en quelques fascicules.

Non. Les numéros 298 à 328 d'Amazing Spider-Man se comprennent en connaissant simplement le héros et son entourage de journaliste et de ville. Un lecteur qui veut la vue d'ensemble peut parcourir d'abord notre guide de lecture Spider-Man, mais ce n'est pas indispensable pour apprécier le dessin.

Au début, oui : McFarlane écrit et dessine les sept premiers numéros de 1992 et 1993. Viennent ensuite Alan Moore, Neil Gaiman, Dave Sim et Frank Miller pour les numéros 8 à 11. Sur la suite de la série, les crédits changent au fil des années ; vérifiez-les numéro par numéro dans le catalogue.

Non, l'inverse est plus logique. Year One de Frank Miller, dans Batman 404 à 407, pose le début du personnage ; Year Two, dans Detective Comics 575 à 578, dessiné par McFarlane sur un scénario de Mike W. Barr, vient ensuite. Les deux se lisent séparément, mais l'ordre chronologique facilite la comparaison.

Oui, en grande partie. Les titres Marvel ont d'abord paru en revues, puis ont été repris en volumes ; Spawn a connu plusieurs éditions françaises, dans des formats et des découpages différents. Avant d'acheter un volume, vérifiez dans le catalogue quels numéros américains il contient, car le contenu varie d'une édition à l'autre.

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