The Incredible Hulk #340, daté de 1988, oppose le Hulk gris à Wolverine sous une couverture de Todd McFarlane, à l'époque où Peter David écrit la série. Ce n'est ni une première apparition ni un premier numéro : on le cherche pour l'image, pour le face-à-face et pour le moment où McFarlane, avant Spider-Man, dessine déjà un des affrontements les plus reproduits du catalogue Hulk.
Un numéro clé sans naissance de personnage à son sommaire demande un autre raisonnement d'achat. Ici, personne n'apparaît pour la première fois : c'est la rencontre de deux figures établies, rendue par un dessinateur dont la notoriété va exploser quelques mois plus tard, qui fait la demande. Ce guide explique ce qu'on achète exactement quand on achète le #340.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : date, auteurs, ce qu'il montre
The Incredible Hulk #340 est daté de 1988. Peter David est le scénariste de la série à cette période : il en tient les rênes depuis la fin de 1987 et en fera un des runs les plus suivis du personnage. La couverture est de Todd McFarlane, et l'image repose sur un seul enjeu : le Hulk gris, massif, face à Wolverine, griffes dehors, dans une composition resserrée.
Le fascicule réunit deux personnages que le lecteur de 1988 associe déjà depuis des années. Wolverine est né dans les pages du Hulk quatorze ans plus tôt, et le revoir face à son ancien adversaire fait écho à ce passé. Nous ne détaillons pas le déroulé : l'intérêt pour un collectionneur tient à ce que le numéro promet sur sa couverture et à ce qu'il tient entre ses agrafes.
Le dessin intérieur est lui aussi de Todd McFarlane, qui tient le crayon de la série du numéro 330 au numéro 346, avant de partir sur Amazing Spider-Man. Pour une fiche d'inventaire, l'encrage se vérifie sur la page des crédits de l'exemplaire.
Le contexte éditorial : le Hulk gris de Peter David
À la fin des années 1980, le Hulk n'est plus le géant vert hébété de l'âge d'argent. La série, sous la plume de Peter David, travaille une version grise du personnage, plus cynique, plus rusée, qui change le ton du mensuel. Ce choix éditorial, qui sera étendu et résolu au fil des numéros suivants, donne à la série une identité qu'elle n'avait pas.
C'est cette version que McFarlane dessine pour la couverture du #340. Le contraste entre le Hulk gris et la silhouette plus petite mais agressive de Wolverine, dessinée avec la nervosité qui deviendra sa marque, en fait un exercice de style autant qu'une annonce de bagarre. Peu après, la même année, McFarlane arrive sur Amazing Spider-Man, dont il dessine le #298.
Notez que le Hulk vert « sauvage » de l'âge d'argent et le Hulk gris de ce numéro ne se valent pas sur le marché. Le gris est un chapitre précis du personnage, et c'est ce chapitre que la couverture met en avant.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé
La clé du #340 est une clé d'image. Trois ingrédients la composent : un duel entre deux têtes d'affiche de Marvel, un dessinateur qui s'apprête à devenir un des plus demandés du marché, et une série alors portée par un scénariste très suivi. Aucun de ces éléments, pris seul, ferait un numéro clé ; réunis, ils expliquent qu'il figure dans les listes des meilleures couvertures de la période.
Le rôle de McFarlane pèse lourd. Quelques mois plus tard, il reprend Amazing Spider-Man, contribue à la naissance de Venom autour du #300, puis lance en 1990 la série Spider-Man et, en 1992, fonde Image avec d'autres dessinateurs. Rétrospectivement, ses travaux antérieurs à Spider-Man prennent une valeur de jalon. Pour mesurer à quel point cette réputation tire la demande, comparez avec notre fiche sur les numéros clés de McFarlane chez Spider-Man.
Enfin, le duel Hulk contre Wolverine est un motif récurrent. Il renvoie directement à la naissance de Wolverine dans les numéros 180 et 181 de la série, et ce miroir donne à la couverture une résonance supplémentaire pour qui connaît l'histoire.
Ce qui fait varier la cote : état, édition, tirage
Comme pour tous les fascicules de cette période, l'état fait l'essentiel de la différence. La couverture du #340 est très travaillée, avec des aplats sombres et des couleurs saturées qui révèlent le moindre défaut : un pli blanc sur fond sombre se voit immédiatement, et une trace d'usure sur un coin devient évidente.
Le tirage de 1988 est large. Le numéro n'est pas rare, et c'est son état qui le distingue. Comme pour d'autres fascicules de la décennie, la population gradée se concentre dans les notes moyennes, tandis que les notes les plus élevées sont nettement moins nombreuses. Le rapport de cote entre un exemplaire propre mais lu et un exemplaire quasi neuf peut être de plusieurs fois, sans qu'aucune règle fixe ne s'applique ; regardez plusieurs ventes récentes du même grade avant de vous décider.
L'influence cinématographique existe, mais elle est indirecte : la présence de Wolverine et de Hulk à l'écran soutient l'intérêt général pour leurs affrontements dessinés, sans qu'aucun film n'adapte ce numéro précis. Cette demande de fond est cyclique, et elle ne remplace pas la lecture de l'état de l'exemplaire.
Reconnaître une édition d'une autre
En 1988, Marvel distribue ses mensuels en deux versions : l'édition directe, destinée aux boutiques spécialisées, et l'édition de kiosque. La seconde porte un code-barres à l'endroit où la première affiche un cadre illustré. Les deux existent pour le #340, et il faut les distinguer dans l'inventaire.
Plusieurs récits de la série ont été repris en recueil, ce qui permet de lire le contenu sans acheter l'original. Ces recueils n'ont pas valeur de numéro clé, et leur couverture est souvent différente. Si un vendeur vous propose « Hulk contre Wolverine » avec une couverture qui n'est pas celle du fascicule de 1988, vous êtes devant un recueil ou une autre parution.
Méfiez-vous aussi des reproductions de la couverture vendues comme affiches ou tirages : elles se confondent facilement sur une miniature d'annonce. Cherchez les mentions d'éditeur, le numéro, la date et les agrafes. Un fascicule sans agrafes visibles n'est pas un fascicule.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le premier piège est de payer une « première apparition » qui n'en est pas une. Aucune annonce sérieuse ne doit présenter le #340 comme tel ; si elle le fait, passez votre chemin ou vérifiez tout le reste de l'offre.
Le deuxième piège est la confusion entre le #340 et le #181. Le #181 est la première apparition complète de Wolverine, avec une cote d'une autre échelle ; le #340 est un numéro d'image. Les deux se trouvent parfois dans la même rubrique d'une boutique en ligne. Confirmez le numéro, la série et l'année avant de payer.
Le troisième piège est le défaut caché sur les fonds sombres : les couvertures aux aplats noirs ou bleus montrent mal les plis en photo à plat. Demandez une vue en lumière rasante, et regardez la tranche et le dos, où les marques d'agrafe et les plis de dos se lisent mieux.
Enfin, attention aux lots « Hulk de la fin des années 1980 » : ils mélangent des numéros très courants et un ou deux numéros recherchés. Isolez ce que vous achetez réellement et rapportez-le à l'état de chaque fascicule.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Autour du #340, le run de Peter David avec McFarlane compte d'autres couvertures et d'autres épisodes recherchés. Le #377 de la série, avec le Hulk fusionné, relève d'un autre registre : c'est un numéro de tournant narratif. Les débuts de Peter David sur la série sont aussi suivis, car ils posent le ton du Hulk gris.
Du côté de Wolverine, le #181 reste la référence, et le #180 sa vignette d'annonce. Notre fiche sur la valeur de Hulk #181 détaille la logique propre à cette première apparition. La fiche sur le #180 explique pourquoi la définition de « première apparition » change l'achat. Pour la généalogie du duel, ces deux lectures sont complémentaires du #340.
Pour le dessinateur, les numéros de McFarlane sur Spider-Man, en particulier autour du #300 d'Amazing Spider-Man, constituent l'autre pôle d'un dossier McFarlane. Leur demande, leur logique de cote et leur tirage diffèrent complètement de ceux d'un Hulk de 1988.
Ce que la notation change
La notation sécurise l'état et fige l'exemplaire dans un boîtier. Pour un numéro de couverture comme le #340, elle a un intérêt particulier : elle certifie qu'aucune restauration ne masque un défaut sur les aplats sombres. Un fascicule dont la couleur a été retouchée se repère mal sans expertise, et la fiche d'une société de notation sérieuse le signale.
La décision de gradation dépend de l'état de départ. Si votre exemplaire est propre, aux angles nets et sans pli blanc visible, il peut mériter la soumission. S'il présente un défaut apparent, la note ne l'effacera pas. Dans les deux cas, lisez la fiche de défauts et pas seulement la note : deux exemplaires de même grade peuvent se distinguer par la nature de leurs imperfections.
Un exemplaire non gradé, en revanche, garde tout son intérêt de lecture et d'exposition, et s'adresse bien à celui qui collectionne l'image plus que l'investissement. Votre projet détermine votre choix.
Comment le suivre dans une collection
Pour un collectionneur de Hulk, le #340 appartient à un ensemble : le run de Peter David et les numéros de McFarlane. Tenez une ligne pour le fascicule, avec l'édition (directe ou kiosque), l'état et la date d'achat, et une colonne pour les crédits intérieurs que vous avez vérifiés.
Pour un collectionneur de Wolverine, le #340 s'inscrit dans une liste de rencontres : le #180, le #181, puis ce face-à-face de 1988. Cette lecture chronologique donne à la collection un fil narratif que ne donne pas la seule cote.
Pour un collectionneur de McFarlane, le #340 est une pièce de jeunesse. Rangez-le avant ses Spider-Man, pour garder la trace de l'évolution du trait. Quel que soit votre angle, notez pourquoi vous l'avez acheté : un numéro sans raison de collection se revend mal et se range mal.
Conclusion
Hulk #340 est un numéro d'image : un Hulk gris face à Wolverine, une couverture de Todd McFarlane et le run de Peter David en toile de fond. Il ne naît d'aucune première apparition et ne demande pas qu'on lui en invente une. Achetez-le pour ce qu'il est, vérifiez l'édition et l'état, et placez-le dans la bonne lignée : celle de Hulk, de Wolverine ou de McFarlane, selon ce que vous voulez construire.
Questions fréquentes
Non. Hulk et Wolverine sont deux personnages établis en 1988 : la première apparition de Wolverine se trouve dans les numéros 180 et 181 de la série. Le #340 est recherché pour sa couverture de Todd McFarlane et pour le duel qu'elle montre, pas pour une naissance de personnage.
Todd McFarlane signe la couverture. Peter David est le scénariste de la série à cette période. Les crédits intérieurs de ce numéro précis sont à vérifier sur l'exemplaire ou dans le catalogue, car les listes les recopient parfois de façon approximative d'un numéro voisin à l'autre.
Le #181 (1974) est la première apparition complète de Wolverine, une clé de l'âge de bronze dont la cote suit une autre échelle. Le #340 (1988) est un numéro d'image, qui doit son intérêt à McFarlane et au duel. Ce sont deux achats différents, qu'une même boutique peut ranger côte à côte.
Le tirage de 1988 est large, donc le numéro est courant en grades moyens. Les notes les plus élevées sont moins nombreuses, car les aplats sombres de la couverture révèlent le moindre pli ou la moindre usure. C'est l'état, plus que la rareté du tirage, qui fait la différence de cote.
Cela dépend de son état. Si les angles sont nets, le dos sans pli et la couverture sans marque blanche, la soumission peut se justifier. Si un défaut est visible à l'œil nu, la note le documentera sans l'effacer. Comparez l'écart de cote attendu avec le coût de la démarche avant de décider.
Vous possédez un Hulk #340 de 1988 avec la couverture de McFarlane ? Faites estimer son état et sa cote avant de le céder ou de le faire noter.
Estimer mon comic