Batman #404 porte la date de couverture de février 1987 et ouvre le récit « Year One », écrit par Frank Miller, dessiné par David Mazzucchelli, mis en couleurs par Richmond Lewis et lettré par Todd Klein. Le numéro suit en parallèle le retour de Bruce Wayne à Gotham après des années d'absence et l'arrivée du lieutenant James Gordon dans une police qu'il découvre corrompue. On le cherche parce qu'il reprend l'origine du personnage à zéro, et parce que ce premier chapitre a lancé la version qui sert encore de référence.
C'est l'un des cas les plus instructifs du marché : un numéro que presque tous les vendeurs ont en stock, dont le prix varie malgré tout dans un rapport de un à plusieurs dizaines selon l'exemplaire. Rien à voir avec une question de rareté. Les tirages de 1987 étaient confortables, la conservation l'était beaucoup moins, et c'est de là que vient tout l'écart. Acheter Batman #404 sans savoir ce que l'on regarde, c'est payer le titre du récit plutôt que l'objet.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : février 1987, Miller et Mazzucchelli
Batman #404 est le premier des quatre chapitres de « Year One ». Frank Miller en signe le scénario, David Mazzucchelli le dessin et l'encrage, Richmond Lewis la mise en couleurs, Todd Klein le lettrage. La couverture est de Mazzucchelli. Denny O'Neil supervisait alors le titre. Cette répartition compte pour un acheteur : la valeur du numéro ne s'explique pas par la seule présence de Miller, dont le nom circule davantage, mais par un travail graphique qui a durablement fixé l'allure de Gotham.
Le chapitre fonctionne sur deux fils qui n'en sont pas encore un. D'un côté Bruce Wayne, revenu dans la ville de son enfance et encore sans méthode, qui tente une première sortie nocturne et la rate. De l'autre James Gordon, qui débarque de l'extérieur et prend la mesure d'un commissariat où les arrangements sont la règle. Les deux hommes ne se croisent pas vraiment dans ce numéro, et c'est justement ce dispositif qui a été imité pendant trente ans.
Pour un collectionneur, la bonne façon de décrire le numéro est donc : premier chapitre d'un récit complet, pas première apparition. Aucun personnage majeur ne commence son existence ici. Ce qui commence, c'est une version, et ce déplacement explique pourquoi la cote s'est construite lentement plutôt que par un pic brutal.
Un récit en quatre numéros, publié dans la série en cours
C'est le point qui surprend le plus souvent, et la source principale des erreurs d'achat. « Year One » n'a jamais été une mini-série. Le récit occupe quatre numéros consécutifs de la série régulière, de #404 à #407, sans numérotation propre, sans logo distinct, sans boîte de série limitée en couverture. Un acheteur habitué au recueil cherche un objet nommé « Year One » et ne le trouve pas en kiosque d'occasion, parce que cet objet n'existe pas en tirage d'époque.
La conséquence pratique est double. D'abord, il faut réunir quatre numéros distincts pour posséder le récit en version d'origine, et leur état se dégrade rarement de façon homogène dans un lot. Ensuite, le classement en magasin et dans les bacs suit la série, pas le récit : vous chercherez un numéro 404, parmi des centaines de numéros de la même série, et non un titre repérable au premier coup d'œil.
Cette insertion dans le flux courant pèse aussi sur les volumes : le numéro a été imprimé pour un lectorat d'abonnés et de kiosques, sans la spéculation qui entourait certaines nouveautés. Beaucoup d'exemplaires ont survécu, peu ont survécu intacts.
Ce que le titre publiait avant, et ce que 1987 déplace
Les numéros qui précèdent immédiatement le 404 relèvent d'une autre tonalité, celle d'une série au long cours dont les arcs se succèdent sans rupture éditoriale. Le passage à « Year One » intervient après la grande remise à plat de la continuité engagée chez l'éditeur au milieu des années 1980, qui a autorisé la réécriture des origines des personnages principaux.
Le choix fait ici diffère de celui retenu pour les deux autres grandes figures de la maison. L'origine de Superman a été rebâtie dans une série limitée signée John Byrne en 1986, et Wonder Woman est repartie d'un nouveau numéro 1 au début de 1987 sous la direction de George Pérez. Pour Batman, la série historique a simplement continué sa numérotation et accueilli le récit d'origine en son sein. Trois stratégies, trois conséquences très différentes sur le marché de collection quarante ans plus tard, puisque les deux premières ont produit des « numéro 1 » immédiatement identifiables et la troisième non.
Le hub consacré à la série Batman permet de situer le 404 dans cette numérotation longue, où les ruptures de ton ne coïncident presque jamais avec une rupture de numéro.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé
Trois raisons se cumulent, de poids inégal selon les marchés.
La première est la postérité du récit. « Year One » a été réimprimé en recueil presque sans interruption depuis la fin des années 1980, ce qui en fait l'un des rares textes du personnage qu'un lecteur arrivé récemment a presque certainement lu. Cette notoriété continue alimente une demande qui ne dépend plus des cycles de nostalgie.
La deuxième est l'attrait pour le premier chapitre en particulier. Sur un récit en quatre parties, la demande se concentre toujours sur l'épisode d'ouverture : c'est celui qu'achète le collectionneur qui ne veut qu'un numéro représentatif. Les trois suivants se négocient plus bas, ce qui crée un écart de prix à l'intérieur d'un même arc pourtant imprimé à des volumes comparables.
La troisième est la place prise par ce numéro dans les parcours de Miller et de Mazzucchelli : il entre de ce fait dans des collections organisées par auteur, ce qui élargit le vivier d'acheteurs.
Un numéro moderne : l'état gouverne la cote, pas la rareté
Il faut poser la mécanique clairement, parce qu'elle vaut pour tous les numéros d'après 1980 mais rarement de façon aussi nette. Trouver un Batman #404 ne demande aucun effort. Trouver un Batman #404 dont les angles sont vifs, le dos sans blanchiment et la couverture sans ondulation demande de la patience. La cote n'est donc pas la mesure d'une difficulté d'approvisionnement, c'est la mesure d'une difficulté de conservation.
Pratiquement, cela signifie que l'écart entre deux crans de grade élevés pèse davantage que sur un numéro ancien. Sur un titre des années 1960, un exemplaire moyen garde une valeur significative parce qu'il n'y en a pas tant. Ici, un exemplaire moyen vaut peu : l'offre en état correct est abondante, et seuls les hauts grades créent de la rareté relative. Un même numéro peut ainsi se négocier dans un rapport de plusieurs dizaines entre un exemplaire lu et un exemplaire quasi parfait, alors que le papier est le même et le tirage identique.
Le défaut qui coûte le plus cher sur ce numéro précis est l'usure du dos et des arêtes, parce que la couverture joue sur de grands aplats sombres où la moindre amorce de pliure apparaît en clair. Un exemplaire au dos marqué se voit immédiatement, y compris sur une photo d'annonce médiocre.
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Commencer mon essai →Reconnaître le tirage d'origine d'une réimpression
Plusieurs objets différents circulent sous le même récit, et la confusion est entretenue par les annonces qui écrivent « Year One » sans préciser le support.
Le premier tirage de 1987 se présente comme un numéro de série courant, avec la date de couverture et la numérotation 404 de la série. Les exemplaires destinés au circuit des libraires spécialisés et ceux destinés aux kiosques se distinguent par le traitement de la zone du code-barres : sur une partie des exemplaires, cet emplacement reçoit un visuel ou une mention à la place du code. Cette différence est à vérifier sur l'exemplaire, les pratiques de l'éditeur ayant varié d'un mois à l'autre, mais elle est devenue un critère de sélection pour les acheteurs attentifs.
Viennent ensuite les recueils, cartonnés puis brochés, réédités en de nombreuses versions depuis la fin des années 1980, dans des formats et avec des appareils critiques variables. Ils contiennent le récit complet et n'ont aucune valeur de collection comparable à celle des quatre numéros d'époque, sauf pour les premières éditions reliées en bon état, qui ont leur propre petit marché. Il existe également des réimpressions du numéro lui-même : vérifiez systématiquement la présence d'une mention de réimpression dans les crédits intérieurs, qui est le seul indice fiable quand la couverture est identique.
Les pièges à l'achat
Le piège le plus courant consiste à acheter le 404 seul en croyant acheter le récit. Vous obtenez un quart d'une histoire qui se tient d'un bloc, et il vous faudra ensuite chasser trois numéros dont l'état devra s'accorder au premier si vous visez un ensemble cohérent. Décidez avant d'acheter si vous voulez le numéro ou l'arc complet.
Le deuxième piège est la description vague. « Year One #1 » est une formulation fausse mais répandue : il n'existe pas de numéro 1 de « Year One » en tirage d'époque. Une annonce qui utilise cette formule décrit soit le 404, soit un recueil, soit une réimpression, et il faut faire préciser.
Le troisième piège tient aux photos. Sur une couverture à dominante sombre, un éclairage frontal écrase les défauts de surface et masque les plis légers. Demandez une photo du dos à la lumière rasante et une photo de l'angle inférieur droit, qui est le premier à souffrir dans une pile. Pour un numéro aussi disponible, refuser un exemplaire mal documenté ne coûte rien : un autre passera.
Reste le cas des lots : une suite 404 à 407 vendue d'un bloc cache presque toujours un exemplaire nettement plus faible, alors que le prix se cale sur l'impression générale. Évaluez chaque numéro séparément.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Les trois chapitres suivants, 405, 406 et 407, portent le reste du récit et se complètent naturellement. Leur prix individuel est plus bas, mais leur disponibilité en haut grade n'est pas meilleure, et il n'est pas rare qu'un collectionneur bloque des mois sur l'un des trois après avoir trouvé le premier sans effort.
Dans l'environnement immédiat de la série, les numéros qui précèdent le 404 intéressent surtout ceux qui veulent documenter la transition éditoriale, et se trouvent pour des sommes modestes. Les quelques numéros qui suivent le 407 reprennent le cours normal du titre et ne bénéficient d'aucune prime particulière, ce qui en fait de bons candidats pour compléter une tranche de numérotation à faible coût.
Enfin, ce récit est aussi le point de départ de la version moderne de Selina Kyle, ce qui oriente certains acheteurs vers les numéros qui l'ont ensuite installée dans son propre titre, à la fin de la décennie suivante.
Ce que la notation change sur un numéro abondant
Faire noter un Batman #404 n'a de sens que dans deux situations. Si l'exemplaire est manifestement très au-dessus de la moyenne, la notation transforme une impression en donnée opposable et débloque l'accès aux acheteurs de haut grade, qui n'achètent pas autrement. Si l'exemplaire est moyen, le coût de la prestation dépasse souvent le gain, car le marché de l'exemplaire lu se fait de gré à gré, sur photo, sans certificat.
Il existe un cas intermédiaire qui mérite réflexion : l'exemplaire qui semble excellent mais porte un défaut de fabrication, mauvais centrage, coupe désaxée, encrage faible sur un aplat. Ces défauts plafonnent le grade plus bas que ne le suggère l'état apparent, et beaucoup de déceptions de notation sur les numéros de cette période viennent de là plutôt que de l'usure.
En cas d'hésitation, comparez l'écart de prix entre les deux crans de grade en jeu dans votre pays au coût complet de l'opération. Sur un numéro de 1987, l'arithmétique tranche vite.
Comment le suivre dans une collection
Un numéro aussi réimprimé demande une fiche précise, sinon vous finirez par ne plus savoir si vous possédez le 404 d'époque, un recueil, ou les deux. Notez la série et le numéro, la date de couverture, le traitement de la zone du code-barres, et la mention de réimpression si elle existe. Ajoutez une ligne pour l'arc complet, afin de voir d'un coup d'œil lesquels des quatre chapitres manquent.
Dans une collection suivie, l'intérêt est surtout de pouvoir arbitrer. Quand vous verrez passer un 406 en bel état, vous saurez immédiatement si votre 405 est au-dessus ou en dessous, et donc s'il faut acheter pour compléter ou pour remplacer. C'est exactement ce que fait un inventaire tenu à jour : il transforme une occasion en décision. Vous pouvez consulter nos autres guides de numéros clés pour appliquer la même méthode à des arcs comparables.
En résumé, Batman #404 est un numéro facile à trouver et difficile à bien acheter. Son prix ne récompense pas la chasse, il récompense l'œil et la discipline : savoir qu'il s'agit du premier de quatre chapitres d'une série régulière, refuser les annonces imprécises, et ne payer le haut de la fourchette que pour un exemplaire dont le dos et les arêtes tiennent l'examen.
Vous possédez un Batman #404 ou les quatre chapitres de 1987 et vous voulez savoir ce que leur état vaut aujourd'hui ?
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Non. Le récit a paru dans la série Batman en cours, aux numéros 404 à 407, datés de 1987. Il n'a ni numérotation propre ni logo de série limitée en couverture. Les mentions de « Year One #1 » que l'on voit dans les annonces désignent en réalité le 404, un recueil ou une réimpression, jamais un tirage d'époque portant ce titre.
Aucun personnage majeur ne débute son existence éditoriale ici. Le numéro réécrit une origine déjà connue et installe de nouvelles versions de figures existantes, ce qui est différent. Sa valeur vient du statut du récit et de la rareté des exemplaires en haut grade, pas d'une apparition inédite à faire figurer sur une fiche.
Cela dépend de votre objectif. Un seul numéro représentatif de la collection : le 404 suffit, c'est lui qui concentre la demande. Le récit en version d'origine : il faut les quatre, et mieux vaut les acheter séparément en contrôlant chaque état, car les lots complets cachent presque toujours un exemplaire plus faible que les autres.
Parce que sur un numéro de 1987 la rareté ne joue presque pas : les tirages étaient larges et beaucoup d'exemplaires subsistent. Seule la conservation crée de la rareté relative. L'écart se concentre donc sur les crans de grade supérieurs, où un dos intact et des angles vifs changent complètement la catégorie d'acheteurs visée.
Ouvrez-le. La page de crédits intérieure porte une mention de réimpression en cas de retirage, alors que la couverture reste identique. Contrôlez aussi la date de couverture. Pour les recueils, le format et la reliure suffisent à trancher, puisque le récit y est présenté d'un seul bloc.