Batman: The Dark Knight Returns #1 paraît chez DC Comics en 1986, écrit et dessiné par Frank Miller, encré par Klaus Janson et mis en couleurs par Lynn Varley. Ce premier des quatre fascicules montre le retour d'un Bruce Wayne vieilli après des années de retraite, et introduit Carrie Kelley. On le recherche pour son statut de premier tirage d'une série fondatrice, et parce que son format prestige le rend difficile à trouver en haut grade.
Ce numéro pose un problème que peu d'autres clés des années 1980 posent avec autant d'insistance : deux exemplaires peuvent se ressembler trait pour trait, porter la même couverture, la même pagination, la même mention d'année, et ne pas appartenir au même tirage. La série a été réimprimée vite et plusieurs fois dès sa première année, parce qu'elle s'est vendue au-delà de ce que DC avait prévu. Résultat : le marché de l'occasion est saturé d'annonces qui présentent de bonne foi un deuxième ou un troisième tirage comme l'édition originale. Pour un acheteur qui vise le premier tirage, la question n'est donc pas de savoir si le numéro est intéressant, mais de savoir lire un fascicule.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le fascicule de 1986 : ce qu'il contient
Batman: The Dark Knight Returns #1 constitue le premier des quatre volets d'une série limitée publiée par DC Comics au cours de l'année 1986. Frank Miller en signe le scénario et les crayonnés, Klaus Janson l'encrage, Lynn Varley les couleurs. Le fascicule est nettement plus épais qu'un comic mensuel de la même période : il se présente en format prestige, autour de quarante-huit pages, avec un dos carré collé et une couverture en carte souple.
Le récit ouvre sur un Bruce Wayne qui a renoncé au costume depuis des années et sur une Gotham qui s'est arrangée de son absence. Ce premier volet installe le cadre, ramène son protagoniste à l'action et présente Carrie Kelley, dont la première apparition est rattachée à cette série. Il met également en place le fil narratif consacré à Harvey Dent, qui structure une bonne part de ce volet avant que les volets suivants ne déplacent l'attention vers d'autres antagonistes.
Ce point mérite d'être retenu pour une raison pratique : les quatre volets ne portent pas la même demande. Le premier concentre l'essentiel de l'attention parce qu'il ouvre la série et parce qu'il contient l'apparition recherchée. Les trois autres se négocient dans une proportion sensiblement plus basse, à grade équivalent, ce qui pousse certains vendeurs à proposer les quatre en lot plutôt qu'à l'unité.
Un format neuf pour DC en 1986
Le format prestige est le vrai sujet technique de ce numéro. En 1986, DC l'emploie encore rarement : papier plus épais et plus blanc que le papier de presse habituel, absence quasi totale d'encarts publicitaires, couverture cartonnée sans agrafe, reliure collée. L'objet est pensé pour durer, et vendu à un prix supérieur à celui d'un mensuel. Cette série fait partie des titres qui ont installé ce format comme un standard pour les projets que l'éditeur voulait distinguer de sa production courante.
Cette fabrication change la nature des défauts. Un comic agrafé classique prend des plis de dos parce que le cahier pivote autour de ses agrafes ; le papier de presse jaunit vite et se casse au toucher. Un fascicule prestige ne connaît ni l'agrafe ni le jaunissement rapide, mais il accumule d'autres faiblesses : la carte de couverture blanchit au moindre écrasement d'angle, le dos carré enregistre chaque ouverture sous forme de lignes claires verticales, et la colle de reliure durcit avec le temps jusqu'à faire craquer le dos quand on force la double page.
Autrement dit, le même soin de conservation ne produit pas le même résultat. Un collectionneur habitué aux agrafés des années 1960 qui range ce numéro à plat, en pile, sous le poids d'autres fascicules, obtiendra un dos enfoncé et des angles mats là où il attendait une protection.
Pourquoi ce premier numéro concentre la demande
Trois mécanismes se superposent. Le premier est éditorial : la série a été réimprimée et recueillie en volume de façon continue depuis 1986, ce qui a entretenu sa notoriété auprès de lecteurs qui n'ont jamais eu les fascicules entre les mains. Une œuvre largement lue en recueil crée une demande différée pour le support d'origine, longtemps après sa parution.
Le deuxième est l'apparition de Carrie Kelley, qui donne au numéro un argument de collection indépendant de sa valeur littéraire. Les premières apparitions se cherchent, se cataloguent et se notent ; une ouverture de série se contente d'être une ouverture de série.
Le troisième est la rareté relative en haut grade, et c'est le plus mal compris. Le tirage initial n'a rien de confidentiel pour un comic de 1986, et le papier résiste bien. Mais ces fascicules ont été lus, prêtés, rangés debout contre d'autres livres, puis déplacés d'un appartement à l'autre pendant quarante ans. Le format qui protège le papier expose la couverture et le dos. Les exemplaires qui atteignent les grades les plus hauts sont donc nettement moins nombreux que le tirage ne le laisse supposer, ce qui crée un écart important entre les grades moyens et les grades supérieurs.
Les tirages de 1986, et pourquoi les annonces les confondent
Le numéro a connu plusieurs tirages successifs, dont une partie au cours de l'année de parution elle-même. C'est la source de confusion principale : contrairement à une réimpression tardive, visiblement datée d'une décennie plus loin, un tirage de 1986 porte la même mention d'année que l'original. Un vendeur qui regarde la couverture, puis la date du copyright, conclut légitimement qu'il tient une édition de 1986, ce qui est vrai, et en déduit qu'il tient un premier tirage, ce qui ne l'est pas forcément.
À cela s'ajoute la ressemblance des couvertures. Les réimpressions de ce titre n'ont pas cherché à se distinguer visuellement : l'illustration reste la même, la maquette reste la même, et aucune bande ou pastille ne vient signaler le tirage sur le devant. Sur une photo d'annonce prise de face, à distance, un cinquième tirage et un premier tirage sont indiscernables.
Le nombre exact de tirages réalisés en 1986 et leurs caractéristiques respectives font l'objet de relevés qui ne concordent pas toujours d'une source à l'autre. Plutôt que de retenir un chiffre, il est plus sûr de retenir une règle : sur ce numéro, aucun exemplaire ne se vend comme premier tirage sans vérification de l'intérieur.
La méthode pour distinguer un tirage d'un autre
La vérification se fait dans l'ours éditorial, c'est-à-dire le bloc de mentions légales qui accompagne le copyright, généralement imprimé sur une des toutes premières pages ou en seconde de couverture. L'usage éditorial veut qu'un tirage postérieur au premier y soit signalé par une mention explicite de rang de tirage. Un exemplaire qui porte une telle mention n'est pas un premier tirage, quelle que soit l'année affichée à côté. Un exemplaire qui n'en porte aucune est compatible avec un premier tirage, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'une certitude.
Trois contrôles complémentaires valent la peine, à condition de les traiter comme des indices et non comme des preuves. La quatrième de couverture d'abord : la présence, l'emplacement et le contenu du bloc code-barres ou de la zone de prix ont évolué d'un tirage à l'autre sur plusieurs titres prestige de cette période. La teinte du papier intérieur ensuite : les papiers de réimpression diffèrent parfois du papier d'origine, et une comparaison côte à côte est plus parlante qu'une description. Le rendu des couleurs enfin, qui peut varier d'un passage machine à l'autre, en particulier sur les aplats sombres.
Pour un achat à distance, la conséquence est simple : demandez une photographie nette de la page de mentions légales avant de payer, et pas seulement de la couverture. Un vendeur sérieux la fournit sans difficulté. Un refus ou une esquive sur ce point précis est en soi une information.
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Commencer mon essai →Ce que le dos carré collé change pour la conservation
Un fascicule prestige se range debout, pas à plat, et dans une pochette assez large pour que le dos ne frotte pas contre le bord. Un intercalaire rigide placé derrière évite que le bloc ne gondole sous son propre poids, ce qui arrive plus vite qu'avec un agrafé de trente-deux pages.
L'ouverture demande aussi un geste différent. Forcer la reliure pour aplatir une double page produit une marque permanente au niveau de la pliure du dos, parfois une fente de colle, et ces défauts ne se referment jamais. Les exemplaires les mieux conservés sont ceux que l'on a peu ouverts, ou ouverts sans contrainte, à moins de cent quatre-vingts degrés.
Enfin, la carte de couverture réagit à l'humidité en se creusant. Une couverture qui ne revient plus à plat reste discrète sur une photo et très visible en main.
Ce que la notation fait d'un prestige
Les barèmes de notation s'appliquent à ce format, mais les défauts qu'ils relèvent ne sont pas ceux d'un agrafé. Les lignes de stress du dos carré, le blanchiment des quatre angles et l'usure des arêtes de couverture pèsent davantage, tandis que les critères liés aux agrafes et à la rouille disparaissent par construction. Une petite marque d'angle qui coûterait peu sur du papier de presse se voit immédiatement sur une carte sombre et pénalise plus franchement.
Cela explique l'écart de cote entre grades voisins sur ce numéro précis : le passage d'un cran à l'autre peut représenter un multiple, et non une progression régulière, parce que la population d'exemplaires se raréfie brutalement dès que l'on exige des angles nets et un dos sans ligne. C'est aussi pourquoi la notation professionnelle se justifie plus volontiers ici que sur un numéro où l'état se lit facilement à l'œil nu.
Avant d'engager des frais, posez-vous la question dans l'autre sens : un exemplaire dont le dos porte déjà plusieurs marques nettes ne gagnera pas grand-chose à être noté, puisque le grade attendu se situera dans la zone où le marché est le plus fourni.
Les pièges à l'achat
Le premier piège est la confusion entre le fascicule et le recueil. Les éditions reliées de l'œuvre complète, cartonnées ou brochées, sont nombreuses, souvent belles, et sans rapport de cote avec le fascicule de 1986. Une annonce qui mentionne la série sans préciser le numéro vend presque toujours un recueil.
Le deuxième est la pression sur le dos exercée pendant l'expédition. Un fascicule prestige envoyé dans une enveloppe souple arrive avec un dos marqué même si le papier est intact. Exigez un emballage rigide des deux côtés, et une protection qui empêche le fascicule de coulisser dans le colis.
Le troisième est l'exemplaire remis en forme. Une couverture nettoyée, un angle redressé à la vapeur ou une colle de dos reprise se repèrent sur les tranches et sur la régularité du pli. Une restauration non déclarée place l'exemplaire dans une catégorie distincte, et les barèmes la signalent.
Les numéros voisins et les éditions dérivées
Les volets deux, trois et quatre complètent la série et s'achètent utilement en même temps, à condition de ne pas payer le lot au prix du premier. Leur demande est réelle mais plus calme, et un lot complet en état homogène a du sens pour qui veut lire autant que collectionner.
Du côté des dérivés, la série a donné lieu à une suite, puis à d'autres prolongements publiés bien plus tard, qui appartiennent à des marchés indépendants : leur cote suit l'actualité éditoriale, pas celle de 1986. Il existe également des reproductions à l'identique du fascicule original, clairement identifiées comme telles par leurs mentions légales. Ces facsimilés sont utiles comme exemplaires de lecture et ne se confondent pas avec un tirage de 1986 dès lors que l'on ouvre le fascicule.
Pour les collections orientées personnages, ce numéro se classe aussi bien dans une suite consacrée à Batman que dans une série d'apparitions rattachées à Robin. Les volets suivants font intervenir d'autres figures, dont Superman, ce qui peut orienter le classement du lot complet.
Suivre le fascicule dans une collection
Deux informations doivent figurer dans votre fiche et n'y figurent presque jamais : le rang de tirage et la source qui l'établit. Notez ce que vous avez réellement vu, par exemple l'absence de mention de tirage dans les pages liminaires, et la date de ce constat. Dans dix ans, votre souvenir sera plus flou que votre note, et un acheteur futur vous demandera exactement cela.
Le reste relève de l'hygiène habituelle : grade estimé ou certifié, défauts constatés sur le dos et les angles, conditions de stockage, prix et date d'acquisition. Sur un titre dont les tirages se confondent, c'est la traçabilité qui fait la différence au moment de revendre. Une collection renseignée se négocie mieux qu'une collection simplement bien conservée.
Si vous détenez les quatre volets, consignez-les séparément plutôt qu'en une seule ligne. Les grades ne seront pas identiques, les tirages non plus, et un lot décrit comme un bloc indivisible perd l'avantage que donne votre exemplaire le mieux conservé.
Vous hésitez entre un premier tirage à dos marqué et un tirage ultérieur impeccable ? Faites estimer votre exemplaire de 1986 avant de trancher.
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Ouvrez le fascicule et lisez le bloc de mentions légales accompagnant le copyright, dans les premières pages. Un tirage postérieur y porte normalement une mention explicite de rang. L'absence de cette mention est compatible avec un premier tirage. La date de 1986 imprimée en couverture ne prouve rien, puisque plusieurs tirages ont été réalisés la même année.
Il ouvre la série, ce qui concentre la demande, et il contient la première apparition de Carrie Kelley, argument de collection que les volets suivants n'ont pas. À grade équivalent, les volets deux à quatre se négocient dans une proportion nettement plus basse, et se trouvent souvent proposés en lot plutôt qu'à l'unité.
Les barèmes s'appliquent, mais les défauts changent. Il n'y a ni agrafe ni rouille d'agrafe à relever, en revanche les lignes de stress du dos carré collé, le blanchiment des angles et l'usure des arêtes de la couverture cartonnée pèsent beaucoup plus. Un défaut d'angle discret sur du papier de presse devient très visible ici.
Non. Le dos carré collé supporte mal le poids d'une pile, qui le creuse et fait gondoler le bloc de pages. Rangez-le debout, dans une pochette large pour que le dos ne frotte pas le bord, avec un intercalaire rigide derrière. Évitez aussi de forcer l'ouverture d'une double page, la marque de pliure est définitive.
Pas une fois le fascicule ouvert : les reproductions à l'identique portent des mentions légales qui les datent clairement, et les recueils regroupent les quatre volets sous une reliure différente. La confusion vient des annonces qui montrent la couverture seule, ou qui citent le titre de la série sans préciser le numéro du fascicule.