Titans n°119 (10 décembre 1988, Éditions Lug) et n°120 (janvier 1989, Semic S.A.) se suivent sans trou de numérotation : seul l'éditeur change dans le catalogue. La vraie frontière tient aux crédits et à la date. Jean-Yves Mitton signe encore le n°120 puis disparaît des fascicules suivants, et ce n°120 est le premier depuis le n°86 dont la date ne donne que le mois.
Dans une liste de manques, deux numéros consécutifs forment normalement un seul geste : on les cherche ensemble. Ici, le catalogue les range dans deux fiches de série distinctes, l'une datée de 1976 et l'autre de 1989. Savoir ce qui change vraiment entre eux, et ce qui ne change pas, évite deux erreurs symétriques : chercher un numéro qui n'existe pas, ou croire à une continuité que l'objet ne confirme pas.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le relevé dit des deux fascicules
Le n°119 porte la date du 10 décembre 1988 et un titre de récit : « Une taupe chez les Vengeurs ! ». Ses crédits, au niveau du fascicule, associent Jean-Yves Mitton, Chris Claremont et Steve Englehart côté scénario, puis Jean-Yves Mitton, Rick Leonardi et Al Milgrom côté dessin. Le n°120 est daté de janvier 1989, sans jour, avec pour titre « La Malédiction d'Olphir 3ème partie ». Ses scénaristes sont Chris Claremont, Steve Englehart et Jean-Yves Mitton, ses dessinateurs Al Milgrom, Sal Buscema et Dave Hunt.
Voilà tout ce que la donnée affirme. Un seul titre par fascicule, des crédits qui ne disent pas quel nom correspond à quel épisode : le contenu réel de ces deux numéros reste à lire sur l'exemplaire. La page ne peut donc répondre qu'à une question, celle de la relation entre les deux objets.
Une numérotation qui ne bouge pas, un éditeur qui change
Le relevé de la série de 1976 va du n°1 au n°119 sans numéro manquant, celui de 1989 du n°120 au n°221, également sans trou. Mis bout à bout, ils font 221 numéros consécutifs, et c'est la seule lecture qui a un sens pour un collectionneur : le relevé ne porte pas de « Titans n°1 » chez Semic, et le compteur n'a pas été remis à zéro à la bascule.
Le découpage en deux fiches est donc une décision de catalogage, adossée à l'éditeur indiqué : Éditions Lug pour l'une, Semic S.A. pour l'autre. Sur une étagère, la revue est une suite unique. Dans un tableur, en revanche, il faut décider où ranger le n°120, et le plus sûr est de le ranger avec les deux colonnes : numéro 120, et mention de l'éditeur lue sur l'exemplaire.
Une précaution de vocabulaire : le relevé ne décrit ni l'aspect de la couverture ni le dos. Que le format, le logo ou la maquette aient changé entre le 119 et le 120 n'est pas une donnée ici ; c'est ce que vous constaterez en posant les deux fascicules côte à côte, et ce qu'il vaut mieux noter que supposer.
Le jour qui disparaît dans la date
Dans le relevé Lug, 117 fascicules sur 119 portent un 10 comme jour de couverture. Les deux autres sont le n°7 (5 mars 1977) et le n°86, daté seulement de mars 1986. Entre le n°87 et le n°119, les 33 fascicules sont tous datés du 10. Puis le n°120 arrive avec « janvier 1989 » et rien d'autre : c'est la première date sans jour de la série depuis le n°86.
Ce détail est moins anodin qu'il n'y paraît. Les n°118 et n°119 sont datés des 10 novembre et 10 décembre 1988, le n°121 du 10 février 1989 : du n°36 au n°119, les mois de couverture avancent d'un cran à chaque numéro, et le n°121 prolonge ce pas : le n°120 tombe donc bien en janvier. Mais le jour exact n'est pas dans le catalogue, et je ne le déduis pas du 10 voisin. Sur la suite de la série, la date sans jour devient fréquente : 36 fascicules sur les 102 du relevé de 1989 n'indiquent que le mois, dont les n°188 à 221 sans exception. La frontière ne marque donc pas seulement un changement de nom d'éditeur, elle marque le moment où la source cesse de donner un jour.
Pour votre fiche personnelle, la conséquence est simple : notez « janvier 1989 », pas « 10 janvier 1989 », à moins que l'exemplaire n'imprime lui-même un jour.
Jean-Yves Mitton, dernier nom de la frontière
C'est l'élément le plus parlant du couple. Jean-Yves Mitton est crédité dans le relevé à partir du n°26 comme dessinateur, puis du n°41 comme scénariste. Au total, son nom apparaît dans 73 fascicules des 120 premiers numéros, soit 61 % d'entre eux. Sur les cinq numéros 115 à 119, il figure à la fois au scénario et au dessin.
Comme dessinateur, sa dernière mention est le n°119, soit le dernier fascicule Lug du relevé. Comme scénariste, sa dernière mention est le n°120, soit le premier fascicule Semic. Après cela, son nom n'apparaît plus : aucun des 101 autres fascicules du relevé de 1989, du n°121 au n°221, ne le crédite. La frontière d'éditeur coïncide ainsi avec la fin d'une présence que 72 fascicules Lug avaient installée.
Prudence cependant : les crédits sont groupés par fascicule. Le nom de Mitton au n°120 dit qu'il intervient quelque part dans ce numéro, pas qu'il a écrit l'épisode intitulé « La Malédiction d'Olphir ». Et le relevé ne dit rien des raisons de son départ ; les sources que je connais divergent sur le calendrier précis, et je ne tranche pas.
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Les trois noms du scénario sont les mêmes aux n°119 et n°120, dans un autre ordre : Mitton en tête au premier, Claremont en tête au second. Du côté du dessin, Al Milgrom est présent des deux côtés. Dave Hunt, lui, n'apparaît qu'au n°120 dans tout le relevé.
Le n°121 fait ensuite bouger l'équipe : Louise Simonson, créditée au scénario de ce fascicule, y remplace le troisième nom, celui de Mitton, tandis que Claremont et Englehart restent. Son nom revient ensuite sur de nombreux fascicules de la série de 1989. Pour un collectionneur qui trie par scénariste, cela fait du n°120 un point de coupure exact : ce fascicule ferme une équipe.
Un récit déjà commencé : « 3ème partie »
Le titre du n°120 contient « 3ème partie ». Aucun autre fascicule du relevé ne mentionne « Olphir » dans son titre, et les titres des n°117, 118 et 119 sont respectivement « L'ange de la mort », « Fantastiques contre X-Men » et « Une taupe chez les Vengeurs ! ». Ni cet indice ni le relevé ne permettent de dire où paraissent les deux premières parties.
Il faut pourtant résister à la tentation de conclure que le récit est coupé net par la frontière. Un seul titre est conservé par fascicule, et le relevé offre un cas voisin : « Noces mortelles 2ème partie » est le titre du n°116, alors que le n°115 s'intitule « Méphisto ». Une première partie peut donc se cacher dans un sommaire sans figurer en titre. La seule méthode fiable consiste à ouvrir le n°119 et à lire sa table des matières : si une première ou une deuxième partie y apparaît, le récit traverse la frontière ; sinon, vous saurez où chercher plus tôt.
Reconnaître chaque exemplaire sur l'objet
Trois contrôles suffisent, tous sur le fascicule en main. Le numéro imprimé d'abord : 119 ou 120, jamais un compteur propre à l'éditeur. La date ensuite : un jour précis pour le 119, probablement seulement un mois pour le 120, ce qui est cohérent avec le catalogue mais à constater. La mention d'éditeur enfin, qui est ce qui range réellement l'exemplaire dans l'une ou l'autre fiche.
Méfiez-vous des annonces qui parlent de « dernier Lug » ou de « premier Semic » sans photo du dos et de la page où figure l'éditeur. Le catalogue donne bien ces deux étiquettes, mais il les donne comme éditeur de la série, pas comme garantie sur l'exemplaire qui passe sur une plateforme de vente. Demandez cette page : c'est la mention d'éditeur imprimée qui tranche.
Les voisins et la place dans une liste de manques
Autour de la frontière, la suite est dense. Les n°116 à 119 sont datés des 10 septembre, 10 octobre, 10 novembre et 10 décembre 1988, les n°121 à 123 des 10 février, 10 mars et 10 avril 1989. Dans le relevé, le n°121 s'intitule « La Panthère Noire », le n°122 « Les géants de la tempête » et le n°123 « Histoires extraordinaires, 1ère partie : l'homme dans la fourmilière ! ». Ces titres ne disent rien du sommaire entier ; ils servent à repérer le fascicule, pas à le décrire.
Pour inscrire le couple dans une liste de manques, une ligne par numéro, avec trois colonnes : numéro, date lue sur l'objet, éditeur lu sur l'objet. Les deux fascicules peuvent alors être cochés séparément, et un trou à l'achat n'efface pas l'autre ligne. Si vous ne possédez que l'un des deux, c'est le 120 qui est le plus facile à confondre avec ses voisins, puisque sa date n'a pas de jour : photographiez la couverture et la page où l'éditeur est indiqué dès l'achat.
Pour la fiche d'état, regardez le dos, les coins, les pliures de couverture, et surtout les premières et dernières pages, que l'on feuillette en cherchant le sommaire.
Questions fréquentes
Non. Le relevé de la série Lug s'arrête au n°119, celui de la série Semic commence au n°120 et va jusqu'au n°221, sans numéro manquant ni doublon. Le compteur continue, seul l'éditeur indiqué diffère entre les deux fiches du catalogue.
Le catalogue ne donne pas de jour pour ce fascicule, alors que le n°119 est du 10 décembre 1988 et le n°121 du 10 février 1989. Le pas est d'un mois par numéro, mais le jour exact n'est pas une donnée : relevez ce que l'exemplaire imprime, sans le déduire.
Dans le relevé, son nom figure au dessin jusqu'au n°119 et au scénario jusqu'au n°120, puis dans aucun des fascicules du n°121 au n°221. Les crédits étant donnés par fascicule, on ne sait pas quel épisode il signe au n°120.
Le catalogue ne le dit pas. Le n°119 porte un autre titre, « Une taupe chez les Vengeurs ! », et un seul titre est conservé par fascicule. Une première partie peut figurer dans le sommaire sans apparaître en titre : il faut ouvrir le fascicule pour trancher.
Rien dans le catalogue ne l'impose : ce sont deux fascicules distincts, et un récit en plusieurs parties n'est pas prouvé entre eux. Ensemble, ils réduisent le port et fixent la frontière entre éditeurs. Séparés, notez simplement le numéro, la date et l'éditeur lus sur chacun.
Au bout du compte, le couple 119 et 120 se lit comme une charnière plus que comme une rupture : même compteur, même rythme mensuel, trois scénaristes communs, mais une signature qui s'arrête, une date qui perd son jour et deux fiches de catalogue. Vous pouvez suivre cet ensemble numéro par numéro, avec l'éditeur noté sur chaque ligne, depuis votre collection.