Deux fascicules français portent le même titre et le même numéro : le Thor n°3 d'Arédit-Artima, daté de novembre 1977, et le Thor n°3 de Semic S.A., daté de 1989 sans plus de précision. Dans le catalogue, leurs crédits ne partagent aucun nom. La mention de l'éditeur et les créateurs servent donc à les distinguer, pas le numéro. Aucun des deux n'est le « premier » de quoi que ce soit : le relevé n'en dit pas davantage.
Quand une annonce, une liste de manques ou un tiroir de brocante mentionne « Thor n°3 », le numéro ne désigne rien tout seul. Il existe au moins deux fascicules français qui le portent, séparés par une douzaine d'années et par un changement complet d'éditeur et d'équipe créative. Cette page les compare, parce que c'est leur relation qui pose problème au collectionneur.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le n°3 de 1977 : un fascicule Arédit-Artima
Dans le relevé, le Thor d'Arédit-Artima compte 27 fascicules numérotés de 1 à 27, sans trou de numérotation. Le n°3 est daté de novembre 1977. Ses crédits au niveau du fascicule : Stan Lee et Larry Lieber au scénario, Jack Kirby, Carmine Infantino et Paul Reinman au dessin.
Le champ « titre d'histoire » y vaut « Collection Flash ». Ce libellé se retrouve tel quel sur dix fascicules de la série, répartis en deux blocs, les n°1 à 5 puis les n°9 à 13. Sa forme évoque un nom de collection plutôt qu'un titre d'épisode : il ne vous aide donc pas à reconnaître le n°3 en particulier, à la différence des crédits.
Un détail rend ce n°3 plus singulier que ses voisins : Paul Reinman est crédité sur ce seul fascicule du relevé de 1977, et Larry Lieber sur trois, les n°3, 6 et 18. C'est un indice d'identification utile, avec la réserve qui s'impose : ces crédits sont ceux du fascicule, pas d'un épisode précis.
Le n°3 de Semic S.A. : un fascicule daté de l'année seule
Le Thor de Semic S.A. s'ouvre, dans le relevé, sur ce même n°3. Son titre d'histoire est « Les géants de la tempête », son scénariste Walt Simonson, ses dessinateurs Sal Buscema et Walter Simonson. La date de couverture tient en un mot : « 1989 ». Aucun mois n'est donné.
La graphie du nom mérite une note. Le relevé écrit tantôt « Walt », tantôt « Walter » Simonson, parfois dans le même fascicule (c'est le cas du n°4, au scénario). Il s'agit très probablement d'une seule personne, mais le catalogue ne le dit pas : si vous cherchez ce créateur par nom, essayez les deux écritures.
Une autre précision change la lecture du relevé : sur les 29 fascicules Semic, quatre (les n°4 à 7) n'ont pas de date de couverture du tout. Pour le n°3, avoir l'année est donc déjà mieux que ses voisins immédiats, mais ce n'est pas un mois.
« Le relevé commence au n°3 » ne veut pas dire « la série commence au n°3 »
Le Thor de 1977 est documenté depuis son n°1. Celui de 1989 l'est depuis son n°3. La tentation est forte de conclure que la série Semic aurait débuté au n°3, par exemple parce qu'elle prolongerait un compteur antérieur. Les données ne le permettent pas.
Ce que l'on peut affirmer : dans le relevé, le plus petit numéro Semic est le 3 et la suite ne présente aucun manque jusqu'au n°31. Ce que l'on ne peut pas affirmer : que les deux numéros précédents n'ont jamais existé, ni qu'ils existent. Une absence dans un catalogue peut tenir à une série réellement lancée au n°3, comme à des fascicules simplement non encore relevés. Les sources divergent sur ce point, et il faut vérifier sur un exemplaire ou auprès d'autres références.
Le chiffre « 29 » est lui-même un piège. Il compte les fascicules du relevé, il n'est pas le numéro du dernier : celui-ci est le 31. Qui écrirait « 29 numéros, donc jusqu'au n°29 » se tromperait de deux rangs.
Les crédits comme critère d'identification
Entre les deux n°3, aucun nom n'est commun, ni au scénario ni au dessin. Pour le Thor de 1977, Stan Lee est crédité sur 18 fascicules et Jack Kirby sur 18 également. Dans le relevé de 1989, ni l'un ni l'autre n'apparaît sur aucun des 29 fascicules.
Ce contraste est plus large que le simple n°3. Chez Semic, Tom DeFalco et Ron Frenz sont crédités chacun sur 27 fascicules, tous ceux du n°5 au dernier du relevé. Aucun des deux ne figure dans le relevé d'Arédit-Artima. Pour l'essentiel des crédits, le catalogue montre donc deux équipes distinctes.
Quelques noms passent pourtant d'une série à l'autre, ailleurs qu'au n°3. Sal Buscema, par exemple, est crédité sur quatre fascicules d'Arédit-Artima et sur quatre fascicules Semic.
Ce dernier point appelle une prudence : un nom en commun ne prouve pas un contenu en commun. Le catalogue ne rattache pas les créateurs à des épisodes, et rien n'indique que les pages dessinées pour l'un figurent dans l'autre.
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Commencer mon essai →Ce qui fait varier la cote de ces deux fascicules
Le relevé ne contient aucun prix. Voici donc une méthode, pas un chiffre. Le n°3 de 1977 se situe tôt dans une série de 27 fascicules ; celui de 1989 se situe dans un ensemble de 29, dont il est le plus ancien du relevé. Pour un acheteur qui vise la série complète, l'un comme l'autre est un maillon, pas une pièce isolée.
Trois facteurs jouent : l'état du papier et de la couverture, la présence ou non des numéros voisins dans le même lot, et le fait que le fascicule soit bien celui qu'on croit. Cette dernière condition est propre à ce cas : une annonce qui dit seulement « Thor 3 » ne dit pas de quelle série vient l'exemplaire, et rien dans le relevé ne permet de supposer que les deux se valent.
Les numéros voisins, côté 1977 et côté 1989
Côté Arédit-Artima, le n°2 est daté de septembre et le n°4 de janvier 1978 : le relevé ne porte aucun fascicule daté d'octobre, et le n°3 s'insère dans un rythme de deux mois. Le n°5 associe Stan Lee et Jim Steranko au scénario. Le n°6, « Le mystérieux Mr. P », est le premier dont le titre n'est plus « Collection Flash ».
Côté Semic, le n°4 s'intitule « Le chant de Mjolnir », le n°5 « D'une carapace à l'autre ! » et le n°6 « Le choc des Titans ». Comme le n°3, ils portent Simonson et Sal Buscema ; DeFalco et Frenz s'y ajoutent dès le n°5. Le n°3 appartient donc à un petit bloc initial créditant l'équipe Simonson, avant une bascule vers DeFalco et Frenz, que Simonson ne rejoint plus ensuite.
Pour trier un lot hétérogène, regardez d'abord ces voisins : un fascicule daté de 1978 appartient à Arédit-Artima, un « Chant de Mjolnir » à Semic.
Comment inscrire ce numéro sans vous tromper
Dans une liste de manques, « Thor n°3 » est une ligne ambiguë. Écrivez plutôt « Thor, Arédit-Artima, n°3, novembre 1977 » ou « Thor, Semic, n°3, 1989 ». La mention de l'éditeur, imprimée sur l'objet, est la première vérification ; la date vient ensuite ; les crédits ne servent qu'en dernier recours, puisqu'ils se lisent au niveau du fascicule et que leur graphie varie.
Gardez aussi deux lignes distinctes si vous cherchez les deux : si l'une est cochée, l'autre ne l'est pas du même coup. Sur le hub Thor, un doublon apparent n'est pas toujours un vrai doublon.
Conserver et suivre ces deux exemplaires
Rangez-les séparément, avec une mention de l'éditeur sur la pochette. Les deux n°3 se ressemblent par leur titre : c'est précisément ce qui conduit à les ranger côte à côte, puis à les confondre des années plus tard. Pour le suivi, notez l'éditeur, l'année, l'état et ce que vous avez vérifié vous-même, en séparant ce que dit le relevé de ce que vous avez constaté sur l'objet.
Ce que vous ne pourrez pas déduire d'une page de catalogue : le sommaire complet, une éventuelle première parution française d'un personnage, ou une correspondance avec un fascicule américain. Pour cela, l'exemplaire en main reste la seule source. Les autres guides du site sont réunis dans le blog.
Questions fréquentes
Non, le relevé en porte deux : un d'Arédit-Artima daté de novembre 1977, un de Semic S.A. daté de 1989. Ils partagent le titre et le numéro, mais ni l'éditeur, ni l'époque, ni les crédits. Vérifiez donc toujours l'éditeur avant d'acheter ou de cocher une ligne dans une liste.
Le relevé commence au n°3, ce qui n'est pas la même chose. Il ne dit pas si des n°1 et 2 existent : une absence dans un catalogue n'est pas une preuve. Seul un exemplaire ou une autre référence permet de trancher sans risque.
Par l'éditeur imprimé sur l'objet, puis par la date : novembre 1977 contre 1989. Les crédits confirment : Stan Lee, Larry Lieber et Kirby d'un côté, Simonson et Sal Buscema de l'autre. Aucun nom n'est commun aux deux fascicules.
Le relevé le donne comme titre d'histoire, mais il ressemble à un nom de collection. Il est répété sur dix fascicules de la série d'Arédit-Artima et n'identifie donc pas le n°3 à lui seul : seuls la date et les crédits le font.
Le relevé ne contient aucun prix et nous n'en inventons pas. La valeur dépend de l'état et du marché. Commencez par savoir exactement lequel des deux vous tenez, puis faites estimer cet exemplaire précis, avec son état réel.