Thor (Arédit, 1977) : le guide de collection des 27 fascicules, illustration article

La série Thor lancée par Arédit-Artima en 1977 compte vingt-sept fascicules, du premier daté d'août 1977 au dernier daté de septembre 1983. Entre les deux, le rythme change trois fois et une interruption de deux ans et demi coupe la série en deux moitiés. Un relevé Semic portant le même titre démarre à un numéro déjà élevé, ce qui rend les petits numéros ambigus tant qu'on n'a pas regardé les crédits.

Vous avez une pile de fascicules Thor devant vous, les numéros ne se suivent pas, et rien sur la couverture ne vous dit à quelle série ils appartiennent. Le problème n'est pas la rareté, il est l'homonymie : deux relevés distincts portent ce titre, leurs numérotations se chevauchent presque entièrement, et un vendeur de bonne foi qui annonce « Thor 12 » ne mesure pas lui-même ce que la mention laisse ouvert. Ce guide sert à trancher, puis à savoir ce qui vous manque réellement.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Thor : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que publiait réellement ce fascicule

Le relevé de cette série réserve une surprise au collectionneur qui s'attend à une liste d'épisodes asgardiens. Les intitulés enregistrés pour les premiers fascicules ne sont pas des titres de récits mais des libellés de rubriques et de renvois : « Collection Flash » revient sur la quasi-totalité de la première moitié, et plus loin on lit « Télé Junior », « Commando / Wham ! », voire « Le Pape Jean Paul II ». Ce ne sont pas des erreurs du relevé, ce sont les traces de ce qu'un fascicule de cette époque contenait autour du récit principal.

Cela dit quelque chose d'important sur la nature de l'objet : vous n'achetez pas un épisode, vous achetez un fascicule à sommaire composite dont une seule entrée a été consignée. Tout ce qui l'accompagnait, publicités maison, pages de rédaction, seconds récits, n'est lisible que sur l'exemplaire lui-même. Un vendeur qui vous annonce « le sommaire complet » décrit en réalité ce qu'il a sous les yeux, pas une donnée vérifiable à distance.

À partir du milieu de la série, les intitulés deviennent des titres de récits : « La défaite d'un immortel », « La Menace de L'homme Noir », « L'origine de Blok ». Le basculement de l'un à l'autre registre vous donne un repère de datation interne plus fiable que la couverture, souvent décolorée ou recouverte d'une étiquette de prix.

Trois régimes de parution dans une seule série

La série ne tient jamais longtemps la même cadence, et c'est la première chose à comprendre avant de chercher ce qui vous manque. Le départ est lent : le deuxième fascicule suit le premier d'un mois, puis le suivant saute un mois. Vient ensuite une phase bimestrielle au cours de l'hiver et du printemps 1978, la série paraissant un mois sur deux.

Puis, à partir de mai 1978, le rythme devient mensuel et s'y tient sans manquer une seule échéance jusqu'à décembre de la même année. Huit fascicules consécutifs portent des dates de couverture qui se suivent mois par mois. C'est la séquence la plus facile à compléter de toute la série : les exemplaires ont circulé en même temps, ils se retrouvent souvent groupés dans un même lot d'origine.

Le troisième régime arrive après l'interruption et redevient bimestriel, mais avec une régularité de métronome que la première moitié n'avait pas : septembre, novembre, janvier, mars, mai, juillet, septembre, novembre, janvier. Neuf échéances parfaitement alternées. Quand vous datez un fascicule de cette phase, vous pouvez en déduire son numéro, et inversement, ce qui est précieux face à une couverture illisible.

Le trou qui coupe la série en deux

Entre le fascicule daté de décembre 1978 et le suivant, daté de juin 1981, il n'y a rien. Deux ans et demi d'absence au milieu d'une série qui n'en compte que vingt-sept. C'est le fait structurant de cette collection, et il a des conséquences très concrètes sur ce que vous trouverez en brocante.

Les deux moitiés n'ont pas circulé dans le même monde. Celle de la fin des années soixante-dix s'adressait à un lectorat qui a cessé d'acheter pendant l'interruption, puis n'est pas toujours revenu. Résultat pratique : les lots d'origine que vous croisez contiennent presque toujours des numéros d'une seule moitié, rarement des deux. Un vendeur qui vous propose un ensemble à cheval sur la coupure a, le plus souvent, recomposé lui-même, ce qui n'est pas un défaut mais change ce que vous payez.

Conséquence sur la difficulté : une collection complète suppose en réalité deux chasses séparées, menées dans des gisements différents. Beaucoup de collectionneurs s'arrêtent sans le savoir au seuil de la reprise, convaincus que la série s'est terminée là.

Les numéros qui comptent, et pourquoi

Deux fascicules concentrent l'intérêt, et ce ne sont pas ceux qu'on attendrait. Le premier, bien sûr, daté d'août 1977 : il est le seul à ne pouvoir être confondu avec rien, et il ouvre une numérotation qui n'a jamais été remise à zéro. Le second est celui de juin 1981, le fascicule de reprise. Il est le plus difficile à trouver de la série, précisément parce qu'il est paru quand plus personne n'attendait la suite.

Vient ensuite le dernier, daté de septembre 1983, qui ferme la série sans l'annoncer. Son intitulé enregistré, « L'origine de Blok », n'évoque rien d'asgardien, ce qui suggère que le fascicule final avait déjà changé de contenu. Les fascicules de clôture sont rarement conservés : on les achète, on les lit, on ne sait pas qu'ils seront les derniers.

Le reste de la série se négocie à l'unité sans hiérarchie forte. C'est une bonne nouvelle pour qui veut compléter : votre budget doit se concentrer sur trois positions, pas se disperser.

Lire les crédits pour reconnaître l'édition

Voici le test décisif, et il ne se joue pas sur la couverture. La première moitié de cette série est créditée à Stan Lee au scénario et à Jack Kirby au dessin, avec Carmine Infantino qui revient sur la plupart des premiers fascicules. Si vous lisez ces noms, vous tenez un fascicule de la série de 1977, sans ambiguïté.

La seconde moitié change d'équipe sans changer de titre. Stan Lee disparaît des crédits après le fascicule de mai 1982, remplacé par Gerry Conway et Roy Thomas, qui tiennent ensemble toute la fin. John Buscema prend la place dominante au dessin. Un fascicule crédité Conway et Thomas appartient à la seconde phase de la série Arédit, pas à autre chose.

Le relevé mélange en outre, parmi les scénaristes, des noms qui n'ont rien à voir avec la bande dessinée américaine : André Lefèvre, Alfred Kastler, Léopold Massiéra, Jean Starcky. Ils signalent des contenus rédactionnels du fascicule, pas des épisodes. Ne les prenez pas pour des erreurs à corriger ni pour des créateurs à chercher.

Frise de parution de Thor : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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La série homonyme, et comment ne pas s'y tromper

Un autre relevé porte exactement le même titre, chez Semic, et c'est là que les erreurs d'achat se produisent. Sa particularité : il ne commence pas à un. Le plus petit numéro consigné est le troisième, et il va jusqu'au trente et unième. La numérotation Arédit, elle, s'arrête à vingt-sept.

Le chevauchement est donc massif : tout numéro compris entre trois et vingt-sept existe dans les deux séries. Autrement dit, sur vingt-sept positions de la série Arédit, deux seulement sont à l'abri de la confusion, les deux premières. À l'autre extrémité, les quatre derniers numéros du relevé Semic n'ont pas d'équivalent Arédit : au-delà de vingt-sept, l'ambiguïté disparaît d'elle-même.

Pour trancher dans la zone commune, regardez les crédits, jamais le numéro. Le relevé Semic est tenu par Tom DeFalco et Ron Frenz, avec Walt Simonson au départ, et des intervenants français au dessin comme Ciro Tota ou Jean-Yves Mitton. Aucun de ces noms n'apparaît dans la série de 1977. À l'inverse, Kirby et Infantino sont absents du relevé Semic. Deux noms suffisent à conclure.

L'état d'un exemplaire de cette série

Ces fascicules ont été imprimés pour être lus, pas conservés. Le papier jaunit par les bords, le dos s'ouvre là où le lecteur l'a cassé, et la couverture perd son brillant d'origine avant toute autre dégradation. Jugez d'abord l'angle supérieur du dos : c'est là que la pile posée à plat marque le premier.

Les fascicules de la phase mensuelle de 1978 sont souvent les mieux conservés de la série, pour une raison de pure logistique : achetés mois après mois, ils ont été empilés dans l'ordre et peu manipulés individuellement. Ceux de la phase bimestrielle qui suit l'interruption ont davantage voyagé, achetés au coup par coup et rangés sans logique.

Attention aux étiquettes de prix collées sur la couverture, fréquentes sur les exemplaires passés par un dépôt de presse. Les décoller arrache l'encre. Un exemplaire propre avec son étiquette vaut mieux qu'un exemplaire nettoyé avec un manque.

Les pièges à l'achat, propres à ce titre

Le premier piège est l'annonce qui mentionne un numéro sans l'éditeur. Dans la zone de chevauchement, cette annonce ne décrit rien, et vous ne pourrez pas la contester : le vendeur a dit la vérité telle qu'il la lisait. Demandez systématiquement une photo des crédits intérieurs, pas seulement de la couverture.

Le deuxième est l'annonce « série complète » qui s'arrête juste avant l'interruption. Treize fascicules, numérotés sans trou, dates qui se suivent : l'ensemble a toutes les apparences d'un objet fini. Il lui manque la moitié de la série. Vérifiez toujours que le lot franchit la coupure de 1981.

Le troisième concerne le début de la série. Les intitulés de rubrique consignés sur ces fascicules ont fait croire à des sommaires sans Thor, et certains vendeurs les écartent de leurs lots comme hors sujet. C'est à votre avantage : ces fascicules se trouvent parfois rangés ailleurs, à prix de fascicule anonyme.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter la série et suivre sa progression

Procédez par phase, pas par numéro. Bouclez d'abord la séquence mensuelle de 1978, la plus dense et la plus souvent groupée, puis la phase bimestrielle d'après-reprise, dont la régularité vous permet de déduire ce qui manque à partir des seules dates. Gardez pour la fin les trois positions difficiles : l'ouverture, la reprise, la clôture.

Tenez votre suivi sur les dates autant que sur les numéros. Dans cette série, la date de couverture porte plus d'information que le numéro, puisqu'elle dit à quel régime de parution le fascicule appartient et donc dans quel gisement chercher le suivant. Un inventaire qui ne consigne que le numéro vous laissera démuni devant une couverture abîmée.

Notez enfin l'éditeur sur chaque ligne de votre inventaire, même si cela vous paraît redondant aujourd'hui. Le jour où vous revendrez ou assurerez l'ensemble, c'est cette colonne qui vous évitera de redescendre à la cave vérifier les crédits de vingt-cinq fascicules.

Ce qui fait varier la cote aujourd'hui

Trois facteurs dominent, dans cet ordre. L'identification certaine de l'éditeur vient en premier : un fascicule dont l'appartenance est prouvée par photo des crédits se négocie mieux qu'un fascicule identique dont l'annonce reste floue, à état égal. L'incertitude se paye, toujours en défaveur du vendeur.

Vient ensuite l'état du dos et de la couverture, puis la position dans la série. Le rapport entre un fascicule de la séquence mensuelle et le fascicule de reprise de juin 1981 est franc, et il tient à la rareté réelle, pas à une réputation. C'est l'un des rares cas où la logique de l'offre suffit à expliquer l'écart.

Ne raisonnez pas en valeur absolue mais en rapports. Pour cette série, posez-vous une seule question avant d'acheter : ce fascicule appartient-il aux trois positions difficiles, ou au reste ? La réponse détermine si vous négociez ou si vous passez.

Questions fréquentes

Vingt-sept, numérotés en continu sans remise à zéro. Le premier est daté d'août 1977, le dernier de septembre 1983. Entre les deux, la parution s'interrompt longuement, ce qui fait souvent croire à une série plus courte. Un lot qui s'arrête à la fin de 1978 n'est donc jamais complet, même si sa numérotation ne présente aucun trou.

Le numéro seul ne permet pas de répondre, car cette position existe dans les deux séries homonymes. Ouvrez le fascicule et lisez les crédits. Stan Lee et Jack Kirby vous placent dans la série de 1977. Tom DeFalco et Ron Frenz vous placent dans l'autre. Aucun de ces noms ne se rencontre dans les deux relevés à la fois.

Parce que ce qui a été consigné pour ces fascicules est un libellé de rubrique ou de renvoi, pas le titre du récit principal. Le catalogue ne retient qu'une entrée par fascicule, et ce n'est pas toujours celle de l'épisode. Le sommaire réel se vérifie sur l'exemplaire, page après page, et lui seul fait foi.

Celui daté de juin 1981, qui relance la série après une interruption de plusieurs années. Il est sorti sans public constitué : les lecteurs de la première phase s'étaient dispersés, ceux de la seconde arrivaient. Les exemplaires survivants sont peu nombreux et se trouvent rarement dans un lot d'origine, presque toujours à l'unité.

Non. Ces noms correspondent à des contenus rédactionnels présents dans le fascicule, pas à des épisodes dessinés. Le catalogue les enregistre au même rang que les créateurs américains parce qu'ils figurent bien dans l'objet. Ne cherchez pas d'épisode signé de ces plumes, et ne les retenez pas comme critère d'identification de l'édition.