Dans le catalogue, Strange n°228 (5 décembre 1988) clôt un relevé attribué à Lug et Strange n°229 (5 janvier 1989) ouvre un relevé attribué à Semic. La numérotation continue sans trou et les dates se suivent d'un mois. Le compteur n'est donc pas remis à zéro : ce qui change est l'éditeur indiqué, pas le rang du fascicule.
Si vous complétez Strange, vous rencontrerez cette frontière sans la voir : elle ne tient pas à un numéro un de plus, mais à un changement de nom de maison dans la fiche. Savoir ce que la donnée établit à cet endroit, et ce qu'elle laisse ouvert, évite deux erreurs opposées : chercher un fascicule qui n'existe pas, ou traiter les deux numéros comme un seul bloc homogène.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Deux relevés, un seul compteur
Le catalogue range Strange en deux séries. La première porte l'année 1970 et l'éditeur Lug : elle compte 228 fiches, du n°1 au n°228, sans numéro manquant ni doublon. La seconde porte l'année 1989 et l'éditeur Semic : elle compte 107 fiches, du n°229 au n°335, là encore sans trou de numérotation. Les deux totaux additionnés donnent 335, soit exactement le dernier rang du second relevé.
Cette arithmétique est la preuve la plus simple que le compteur est resté le même : si Semic avait recommencé à 1, le second relevé s'arrêterait à 107 et non à 335. Le titre « 1989 » donné à la seconde série désigne l'année de son premier numéro dans le catalogue, pas un nouveau départ. Quand vous cherchez « Strange n°12 », il n'existe qu'un seul fascicule de ce rang dans ces deux relevés, et il appartient à la première série.
Ce que disent les dates à la jonction
Le n°228 porte la date du 5 décembre 1988 et le n°229 celle du 5 janvier 1989. Un mois sépare les deux, comme entre les mois précédents : dans le relevé de Lug, les 228 fiches couvrent 228 mois consécutifs, de janvier 1970 à décembre 1988, sans aucun mois sauté. La frontière ne coïncide donc ni avec une interruption de parution ni avec un changement de rythme visible dans les dates.
Un détail de forme confirme la continuité : le jour « 5 » est celui que le relevé retient pour les deux fascicules. Ailleurs, la donnée est moins régulière. Dans la première série, 216 fiches portent le jour 5, 11 ne donnent que le mois et une porte le 10 août 1985 (n°188). Juste avant la frontière, le n°225 est daté « septembre 1988 » sans jour ; juste après, le n°232 l'est « avril 1989 ». Les dates de part et d'autre sont donc de même nature, avec les mêmes imprécisions.
Les crédits traversent la frontière
Au niveau du fascicule, le relevé indique pour le n°228 trois scénaristes : Ann Nocenti, David Michelinie et Bob Layton, avec John Byrne, George Freeman et Cyndy Martin au dessin. Pour le n°229, on lit Bill Mantlo, David Michelinie et Bob Layton, avec Bob Layton, Terry Shoemaker et Alex Saviuk. Michelinie est crédité au scénario de chaque fascicule du n°222 au n°235, des deux côtés du changement d'éditeur ; Layton l'est aux n°222 à 225, absent des n°226 et 227, puis crédité de chaque fascicule du n°228 au n°235. Ces deux noms ne marquent donc pas la frontière, et le changement d'éditeur ne s'y lit pas dans les crédits.
Bill Mantlo est crédité aux n°223 à 227, absent du n°228, puis présent aux n°229 à 235 du second relevé. Ann Nocenti, elle, est créditée aux n°226, 227 et 228, mais plus aux n°229 à 235. Sur le dessin, aucun nom n'est commun aux n°228 et 229, mais Alex Saviuk est crédité au n°225 puis au n°229. Ces allers-retours ressemblent à un roulement d'épisodes, pas à une rupture.
Ce que la donnée ne prouve pas
Le relevé donne un titre d'histoire par fascicule : « Bénis soient les innocents... » pour le n°228, « Conflit de dames » pour le n°229. Ces titres ne sont pas le sommaire. Le catalogue n'en nomme qu'un par numéro. Il ne dit donc pas si une histoire commencée au n°228 s'achève au n°229, ni si les deux numéros partagent un feuilleton en cours.
Le catalogue ne dit pas non plus ce que vous tenez en main. Il n'établit ni le logo imprimé sur la couverture, ni la mention d'éditeur portée par l'exemplaire, ni le format, le papier, le nombre de pages ou le prix de chacun des deux numéros. L'éditeur est attribué à la série entière et non à chaque fiche : la frontière que montre le catalogue est donc d'abord celle du découpage du fichier. Qu'elle coïncide avec la jonction réelle entre deux maisons n'est pas démontré par les données, et la date exacte de ce passage est à lire sur l'objet.
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Regardez d'abord le numéro de rang : c'est lui qui vous donne le fascicule, pas l'année de la série. Le n°228 et le n°229 ont chacun un rang sans équivoque. Ensuite, comparez l'indication d'éditeur que porte chacun des deux exemplaires, puis notez la date exacte imprimée. Elle doit correspondre à décembre 1988 pour l'un et à janvier 1989 pour l'autre ; si le jour diffère de celui du relevé, notez-le plutôt que de le corriger.
Cette vérification est aussi le seul moyen de savoir si votre propre n°228 et votre n°229 diffèrent par leur facture. Ce point ne se lit pas dans la donnée, il se constate. Posez les deux fascicules côte à côte : épaisseur, papier et type de couverture disent ce que le relevé ne dit pas.
Inscrire ces deux numéros dans une liste de manques
Dans un tableur, une seule colonne de rang suffit : les 335 rangs forment une suite continue dans le catalogue. Ajoutez une colonne « éditeur imprimé » que vous remplissez vous-même d'après l'exemplaire, plutôt que de la déduire du rang. Le piège classique est de séparer la liste en deux feuilles « 1970 » et « 1989 » et de chercher, dans la seconde, un début qui n'existe pas.
Pour une liste de recherche, donnez le rang, l'année et le titre d'histoire connu, par exemple « n°229, janvier 1989, Conflit de dames ». Cela suffit à écarter un homonyme sans prétendre décrire le sommaire. Un vendeur qui annonce « premier numéro Semic » parle d'un repère qui n'est pas celui du catalogue ; dans celui-ci, ce fascicule est le 229e de la même revue.
L'état et le suivi de ces deux numéros
Un fascicule se juge au dos, aux coins et au papier, pas à sa place dans une frontière. Pour ces deux numéros, la seule vérification propre au sujet est l'appariement : si vous en possédez un seul, vérifiez que l'autre n'est pas déjà dans vos piles : en rangeant selon deux séries distinctes, on passe facilement à côté de la suite.
Dans votre suivi, gardez une ligne par rang et un champ libre pour la date lue sur l'exemplaire. Le jour où votre fascicule diffère du relevé, vous aurez la preuve écrite de la différence.
Questions fréquentes
Non, d'après le catalogue. Le relevé de Lug s'arrête au n°228, celui de Semic commence au n°229 et va jusqu'au n°335, sans trou. Il n'y a donc pas deux fascicules portant le même rang dans ces deux relevés.
C'est le premier de la seconde série du catalogue, attribuée à Semic. La donnée ne prouve pas la date réelle du changement de maison : vérifiez les indications d'éditeur de votre exemplaire pour savoir ce qu'il porte.
En partie. David Michelinie et Bob Layton sont crédités au scénario des deux. Ann Nocenti figure au n°228 mais pas au n°229, où figure Bill Mantlo. Aucun dessinateur n'est commun aux deux fascicules dans le relevé.
Le catalogue ne le dit pas : il ne donne qu'un titre d'histoire par fascicule, « Bénis soient les innocents... » puis « Conflit de dames ». Seule la lecture des deux exemplaires permet de savoir si un épisode se poursuit.
Pour ces deux numéros, le relevé donne le jour 5. Ailleurs, certaines fiches ne portent que le mois, comme le n°225 ou le n°232. Considérez le jour comme une date de couverture du relevé, à confronter à l'exemplaire.
En résumé, la frontière entre Lug et Semic dans Strange est une frontière de fichier et d'attribution, que la numérotation continue et des dates consécutives rendent sans heurt pour votre liste. Traitez le n°228 et le n°229 comme deux rangs voisins, vérifiez sur l'objet ce que le catalogue ne dit pas, et gardez le compteur unique comme seule règle de classement.