Strange #1 (1970) : ce que contient vraiment le premier numéro Lug, illustration article

Le premier numéro de Strange porte la date du 5 janvier 1970, sous la marque des Éditions Lug. Le catalogue retient pour lui une histoire intitulée « L'héritier de Frankenstein ! », créditée au scénario à Stan Lee et Larry Lieber, et au dessin à John Buscema, Jean-Yves Mitton et Jack Kirby. Le reste du sommaire n'est pas documenté : seul l'exemplaire en main permet d'établir la liste des épisodes qu'il contient réellement. Cette fiche explique comment mener cette vérification.

Un numéro un se reconnaît de loin dans une pile de revues, et c'est précisément ce qui le rend difficile à acheter sereinement. Celui de Strange cumule les ingrédients qui excitent un vendeur : un chiffre 1, une date de 1970, et une revue dont la suite a duré plus de dix-huit ans. Vous, acheteur français, vous avez besoin d'autre chose : savoir ce que porte exactement ce fascicule daté du 5 janvier 1970, ce qui s'y vérifie à l'œil, et ce que personne ne peut vous affirmer sans l'avoir ouvert. C'est le programme de cette fiche, qui ne traite que ce numéro.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Strange #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Ce que la fiche du numéro un établit, ligne par ligne

Quatre informations seulement sont documentées pour ce fascicule, et elles méritent d'être lues littéralement. La date portée est le 5 janvier 1970. L'éditeur est Lug. L'histoire retenue s'intitule « L'héritier de Frankenstein ! ». Les crédits mentionnent Stan Lee et Larry Lieber au scénario, puis John Buscema, Jean-Yves Mitton et Jack Kirby au dessin. Rien de plus, et c'est déjà beaucoup pour une revue de kiosque française de cette période, dont les sommaires ont longtemps circulé de mémoire entre collectionneurs.

Le 5 janvier est une date de couverture, pas forcément le jour où le fascicule est arrivé chez le marchand de journaux. Les mensuels de kiosque étaient fréquemment mis en place avant la date imprimée, et retirés après. Retenez donc cette date comme l'identifiant du numéro, celui qui vous permet de dire « c'est bien le premier » quand deux exemplaires se ressemblent, et non comme une date de mise en vente au jour près. Si un vendeur vous annonce une autre date pour un numéro 1, demandez-lui où il la lit sur l'objet.

Pourquoi trois dessinateurs apparaissent pour une seule histoire

La liste des dessinateurs du numéro un est en soi un indice. Un épisode de quelques pages n'a pas trois dessinateurs principaux, et John Buscema, Jean-Yves Mitton et Jack Kirby n'avaient ni le même studio, ni la même production, ni le même rôle chez Lug. Cette accumulation de noms dans une fiche de numéro traduit le fonctionnement réel d'une revue française de l'époque : un fascicule assemblait plusieurs épisodes d'origines différentes, et les crédits de la fiche agrègent les intervenants du fascicule entier, pas d'une seule histoire.

Même remarque pour le scénario. Stan Lee et Larry Lieber ont collaboré sur de nombreuses séries, mais leur présence côte à côte dans ces crédits s'explique plus simplement par la coexistence de plusieurs épisodes sous une même couverture. Quant à Jean-Yves Mitton, il appartient à l'histoire propre de l'éditeur français : il a travaillé pour Lug, et son nom dans une fiche de numéro signale souvent des pages fabriquées en France, couverture ou matériel d'accompagnement. Les sources divergent sur l'attribution précise de ce genre de travail, souvent non signé à l'époque ; tenez-vous-en à ce que porte votre exemplaire.

Janvier 1970, le contexte éditorial d'un lancement

Au moment où ce numéro est daté, Lug publie déjà des revues de kiosque et connaît le format : un fascicule mensuel, un prix de kiosque modeste, une diffusion en presse plutôt qu'en librairie. Le lancement d'un nouveau titre s'inscrit dans cette mécanique, avec les contraintes qu'elle impose : pagination fixée, encrage sur papier bon marché, et surtout un tirage calibré pour la vente immédiate, pas pour la conservation.

Ce dernier point commande toute la suite. Un numéro un de janvier 1970 vendu en kiosque n'a pas été acheté par des collectionneurs organisés, mais par des lecteurs, souvent jeunes, qui lisaient puis empilaient. Les exemplaires survivants ont donc traversé cinquante-cinq ans de greniers, de déménagements et de prêts entre copains. C'est la raison pour laquelle l'état, et non la rareté absolue, structure l'essentiel des écarts de valeur sur ce fascicule précis.

Pourquoi ce fascicule compte, et pour qui

Trois profils d'acheteurs se disputent ce numéro, et ils ne cherchent pas la même chose. Le premier veut compléter une suite : il possède déjà une tranche de numéros et il lui manque le départ. Celui-là accepte un exemplaire lu, tant qu'il est complet. Le deuxième veut une pièce de présentation : il cherche un exemplaire à la couverture nette, bien centrée, sans pliure au dos. Le troisième collectionne par créateur ou par personnage, et vise les fascicules où apparaissent des noms qui lui parlent.

Pour ce dernier profil, la fiche du 5 janvier 1970 offre un point d'accroche réel avec Jack Kirby et John Buscema au dessin, deux signatures qui tirent la demande bien au-delà du marché français. C'est un argument d'achat légitime, à condition de ne pas le transformer en ce qu'il n'est pas : la présence d'un nom au sommaire d'un fascicule français ne dit rien de l'importance de l'épisode dans la série d'origine, et encore moins d'une quelconque rareté.

Ce qu'on ne peut pas affirmer sur ce numéro, et comment trancher soi-même

Trois affirmations circulent sur les numéros un de revues françaises, et aucune n'est soutenue par les données disponibles pour celui du 5 janvier 1970. Première affirmation : le sommaire complet. Le catalogue ne retient qu'une histoire, « L'héritier de Frankenstein ! », alors qu'un fascicule de ce type en contenait généralement plusieurs. Les autres épisodes ne sont pas documentés ici, et aucune liste trouvée en ligne ne vaut l'exemplaire ouvert sur une table.

Deuxième affirmation : la correspondance avec un numéro américain. Les revues françaises recomposaient librement, découpaient des épisodes, en reportaient la suite au numéro suivant. Dire que ce fascicule « est » tel numéro américain est donc une reconstruction, pas une donnée. Troisième affirmation : la première parution française d'un personnage. Elle exigerait de connaître tout ce qui avait déjà paru ailleurs en France, chez Lug comme chez les autres, et cette comparaison ne se fait pas depuis une seule fiche de numéro.

La méthode pour trancher est simple et tient en quatre gestes. Ouvrez le fascicule et notez chaque titre d'épisode dans l'ordre, avec sa pagination. Relevez les mentions légales au dos ou en page intérieure. Photographiez le sommaire si la revue en porte un. Puis comparez avec un autre exemplaire du même numéro, idéalement chez un autre vendeur. Ce relevé vaut plus que n'importe quelle annonce, et il vous servira pour toute votre collection.

Ce qui fait varier la cote de ce numéro

Sur un fascicule de kiosque de 1970, les écarts ne se jouent pas sur des variantes d'impression mais sur quatre critères mesurables. La tenue du dos d'abord : agrafes d'origine, sans rouille traversante, pliure centrale sans cassure blanche. La netteté de la couverture ensuite : les papiers Lug de cette époque marquent facilement, et un coin arrondi se voit immédiatement. La complétude des pages intérieures : une page découpée, un concours rempli, un coupon manquant font chuter un exemplaire d'un cran entier. Enfin la propreté : annotation au nom du premier lecteur, tampon de marchand, trace d'humidité.

Ces quatre critères se combinent, et c'est leur combinaison qui crée les rapports de valeur. Entre un exemplaire lu mais complet et sain, et le même numéro à la couverture fraîche et au dos impeccable, l'écart se compte en multiples, pas en pourcentages. À l'inverse, entre deux exemplaires moyens, la différence est faible : il ne sert à rien de payer une prime pour un détail invisible à un mètre.

Comment les numéros de Strange sont datés, numéro par numéro : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Reconnaître un exemplaire d'origine

La question se pose parce que les revues Lug ont connu des réimpressions, des rééditions sous d'autres formes et des recueils reliés regroupant plusieurs fascicules. Un recueil n'est pas un numéro un : il se reconnaît à son dos cartonné ou collé, à son épaisseur, et à l'absence d'agrafes. Il a sa propre valeur, mais ce n'est pas celle du fascicule du 5 janvier 1970, et une annonce qui mélange les deux doit vous alerter.

Sur le fascicule lui-même, trois repères. Le numéro et la date doivent figurer sur la couverture ou en mentions intérieures, et concorder avec le 5 janvier 1970. Le papier intérieur d'un tirage de kiosque de cette période a une teinte et une main caractéristiques, mates et souples, très différentes d'un papier moderne. Les agrafes doivent présenter une oxydation cohérente avec l'âge du papier : des agrafes brillantes dans un fascicule jauni signalent une reprise.

Les pièges à l'achat, propres à un numéro un

Le premier piège est le vocabulaire. Une annonce qui parle d'« état neuf » pour un fascicule de kiosque de 1970 décrit presque toujours un état correct, pas un état de sortie d'imprimerie. Demandez des photographies du dos, des quatre coins et de la pliure centrale, pas seulement de la couverture à plat. Un vendeur sérieux les fournit sans discuter.

Le deuxième piège est la confusion de titres. Le mot Strange a servi à plusieurs choses dans l'édition française, et un numéro 1 n'est pas forcément celui daté de janvier 1970. Exigez la date. C'est la seule donnée qui tranche sans ambiguïté, et c'est pour cela qu'elle figure en tête de cette fiche.

Les numéros voisins, et ce qu'ils changent

Les fascicules qui suivent immédiatement éclairent le numéro un, parce qu'ils montrent la ligne éditoriale en train de se fixer. Le numéro 2, daté du 5 février 1970, retient au catalogue une entrée intitulée « Le Surfer d'Argent dans Strange n°3 », avec Gene Colan parmi les dessinateurs. Le numéro 3, du 5 mars 1970, porte « Marvel numéro 1 ». Le numéro 4, du 5 avril 1970, retient « Apporte-moi l'âme du Surfer ! », avec Steve Ditko au dessin.

Ces intitulés vous disent deux choses utiles. D'abord que le personnage du Surfer d'Argent occupe une place forte dès les premiers mois, ce qui explique la demande durable sur cette tranche de numéros auprès des collectionneurs de ce personnage. Ensuite que certaines entrées du catalogue sont des titres de renvoi interne plutôt que des titres d'histoire : « Marvel numéro 1 » n'est pas un récit, c'est une référence. Raison de plus pour traiter chaque intitulé comme une piste, et non comme un sommaire.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Conserver ce fascicule, et suivre sa valeur

Un fascicule agrafé de 1970 se conserve à plat, jamais debout sur sa tranche, dans une pochette au format adapté avec un support rigide derrière. L'ennemi principal n'est pas la lumière mais l'humidité relative et les variations de température, qui gondolent la couverture et attaquent les agrafes. Un carton de rangement posé au sol d'une cave ou dans des combles non isolés détruit un exemplaire en quelques saisons.

Pour le suivi, le réflexe utile est de documenter votre exemplaire pendant que vous l'avez en main : la date, le relevé des titres d'épisodes, l'état de chaque défaut, et deux ou trois photographies. Ce dossier est ce qui vous permettra plus tard de justifier un prix, de comparer avec une annonce, ou de trancher un doute d'édition sans ressortir le fascicule de sa pochette. C'est aussi ce qui fait la différence entre une pile de revues et une collection documentée. Vous trouverez d'autres fiches de ce type sur notre blog.

Enfin, suivez le marché sur des ventes réellement conclues, pas sur des annonces en cours. Une annonce reflète l'espoir d'un vendeur ; une vente conclue reflète ce qu'un acheteur a accepté. Pour un numéro un de 1970, les ventes conclues sont assez rares pour qu'un relevé sur douze mois vaille mieux qu'un instantané. Et gardez à l'esprit que l'état déclassé d'un exemplaire ne se rattrape jamais : mieux vaut attendre le bon fascicule que payer trois fois un mauvais.

Ce qu'il faut retenir de ce numéro un

Ce fascicule se résume à quelques certitudes et à beaucoup de vérifications. Les certitudes : une date, le 5 janvier 1970 ; un éditeur, Lug ; un titre d'histoire documenté, « L'héritier de Frankenstein ! » ; et une liste de créateurs où figurent Stan Lee, Larry Lieber, John Buscema, Jean-Yves Mitton et Jack Kirby. Les vérifications : le sommaire réel, la répartition des crédits entre les épisodes, et l'authenticité du fascicule que vous avez devant vous.

Tenez ces deux colonnes séparées et vous achèterez ce fascicule pour ce qu'il est. Les mélanger revient à payer le chiffre 1 et la date de 1970 au prix d'un sommaire que personne ne vous a montré. Aucune expertise n'est requise : il suffit d'ouvrir la revue et de noter ce qu'on y lit.

Questions fréquentes

Le catalogue retient la date du 5 janvier 1970 pour ce fascicule publié par les Éditions Lug. Il s'agit d'une date de couverture : la mise en place en kiosque pouvait intervenir avant, et le retrait après. Utilisez-la comme identifiant du numéro face à deux exemplaires qui se ressemblent, pas comme un jour de mise en vente.

Une seule histoire est documentée : « L'héritier de Frankenstein ! ». Un fascicule de ce format en contenait généralement plusieurs, mais les autres entrées ne sont pas renseignées. Le sommaire complet ne peut donc pas être affirmé ici. Ouvrez l'exemplaire et relevez chaque titre d'épisode dans l'ordre, avec sa pagination, pour établir la liste réelle.

Stan Lee et Larry Lieber au scénario, John Buscema, Jean-Yves Mitton et Jack Kirby au dessin. Cette liste couvre vraisemblablement l'ensemble du fascicule et non la seule histoire documentée : trois dessinateurs ne travaillent pas sur un même épisode court. Répartissez les crédits en lisant les signatures présentes dans votre exemplaire.

Rien ne permet de l'affirmer. Les revues françaises de kiosque recomposaient les sommaires, découpaient les épisodes et en reportaient la suite. Établir une correspondance supposerait de confronter chaque épisode du fascicule à sa source, travail que les données disponibles pour ce numéro ne permettent pas. Traitez toute équivalence annoncée comme une hypothèse à vérifier.

Le fascicule du 5 janvier 1970 est agrafé, souple et mince. Un recueil regroupe plusieurs numéros, se reconnaît à son dos collé ou cartonné, à son épaisseur et à l'absence d'agrafes. Les deux objets ont des valeurs distinctes. Vérifiez aussi que la couverture n'a pas été remplacée : pliure et hauteur doivent épouser exactement le bloc intérieur.