Spécial Strange n°59 et n°60 : où la suite passe de Lug à Semic, illustration article

Le catalogue range Spécial Strange en deux fiches de série : le n°59 (novembre 1988) chez Editions Lug, le n°60 (janvier 1989) chez Semic S.A. Entre les deux, la numérotation ne se remet pas à zéro et l'intervalle reste de deux mois. Ce qui change, c'est le nom de l'éditeur et la fiche où le numéro est classé. Cherchez donc une seule suite de 115 fascicules, pas deux séries.

Vous tenez un Spécial Strange dont le numéro est 59 ou 60, et la question tient en une ligne : y a-t-il là une rupture, qui obligerait à ranger ces deux fascicules dans deux séries différentes ? Sur l'étagère, la réponse est non. Dans une liste de manques bâtie à partir du catalogue, elle est plus subtile, parce que la même revue y occupe deux entrées.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de Spécial Strange n°59 et n°60 : les deux numéros de part et d'autre de la frontière entre deux séries, éditeurs et années

Deux fascicules, deux fiches, une seule suite

Dans le relevé du catalogue, le n°59 porte la date de novembre 1988 et le titre d'histoire « L'ombre du Grand Sphinx... », avec l'éditeur Editions Lug. Le n°60 porte janvier 1989 et le titre « Eternel retour ! », avec l'éditeur Semic S.A. Les deux fiches de série s'appellent toutes deux Spécial Strange. Seuls changent l'éditeur et l'année de départ de la série : 1975 pour l'une, 1989 pour l'autre.

Le premier fait qui compte pour vous : les numéros ne se recouvrent pas et ne laissent aucun trou. La fiche Lug compte les numéros 1 à 59, sans rang manquant ; la fiche Semic compte les numéros 60 à 115, sans rang manquant non plus, soit 56 fascicules. Additionnés, 59 et 56 donnent 115, et c'est le dernier rang du relevé. Il n'existe, dans ces données, ni un second « n°60 » côté Lug, ni un « n°1 » côté Semic.

Ce que la date montre de part et d'autre

Novembre 1988, puis janvier 1989 : deux mois pleins, décembre 1988 ne porte aucun numéro. C'est le test le plus simple pour savoir si un fascicule manque entre deux autres, et il est négatif ici. Si une liste vous propose un « numéro intermédiaire » entre le 59 et le 60, elle se trompe de revue ou d'édition.

La couverture du n°60 ne marque donc pas une année neuve au sens d'une série relancée : le 59 clôt l'année 1988 et le 60 ouvre 1989, ce qui est le découpage naturel d'un calendrier, pas celui d'une renumérotation. Garder cela en tête évite de classer le 60 comme un « premier » par réflexe, parce que la fiche de série qui le contient commence à 60 dans le catalogue.

La cadence ne change pas à la frontière

On pourrait attendre qu'un changement d'éditeur s'accompagne d'un changement de rythme. Le relevé dit le contraire. Du n°20 au n°43, les fascicules se suivent à deux, trois ou quatre mois d'écart, selon un cycle qui revient. À partir du n°44 (mai 1986), chaque fascicule suit le précédent de deux mois exactement, soit 57 intervalles de suite, jusqu'en septembre 1995.

Le passage du 59 au 60 est l'un de ces intervalles : seize le précèdent, du 44 au 59, et quarante autres le suivent, du 61 au 100. La frontière entre les deux éditeurs tombe donc au milieu d'une cadence stable, pas à un point de bascule. Le seul changement de rythme visible après le n°44 se produit au n°101 (octobre 1995), quarante-deux rangs plus loin, et il ne concerne plus cette page.

Pour vous, la conséquence est pratique : sur la zone 44 à 100, la date d'un fascicule se déduit du rang. Le 59 est novembre 1988 ; le 60, janvier 1989 ; le 58 est septembre 1988, le 61 mars 1989. Une date qui s'écarte de ce pas est à regarder sur l'exemplaire.

Le jour du mois : un détail qui se perd, puis revient

C'est ici que la frontière brouille le plus. Du n°45 au n°51, les fascicules portent un jour dans leur date, le plus souvent le 10. À partir du n°52 (septembre 1987), la fiche ne donne plus que le mois et l'année, jusqu'au 59. Le n°60, premier du côté Semic, n'en porte pas non plus : neuf rangs de suite sans jour, de part et d'autre de la frontière.

Ce n'est pas pour autant une disparition définitive. Le n°61 est daté « 10 mars 1989 », et sur les sept fascicules 60 à 66, cinq portent un jour (le 10) et deux n'en portent pas : le 60 et le 64. Sur l'ensemble des 56 fiches Semic, 15 portent un jour et 41 n'en portent pas. On n'en tire aucune règle ; on constate une inégalité, et elle suffit à prévenir une erreur de méthode.

Quelle erreur ? Celle qui consisterait à trier vos fascicules par jour. Pour le 59 et le 60, la donnée s'arrête au mois. Rien ne permet de dire, depuis le catalogue, quel jour de novembre ou de janvier ils ont été mis en vente, et le rang suffit à les ordonner sans ambiguïté.

Comment les numéros de Spécial Strange (Lug, 1975) et de Spécial Strange (Semic, 1989) sont datés, numéro par numéro, avec le ou les numéros de l'article repérés : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Les crédits : ce qui traverse la frontière, ce qui arrive

Les crédits du relevé sont donnés au niveau du fascicule, pas de l'épisode : on sait qui est crédité, pas qui a fait quoi dans quelle histoire. Avec cette réserve, la comparaison est instructive. Le n°59 crédite trois scénaristes : Chris Claremont, Tom DeFalco et Ann Nocenti. Le n°60 en crédite trois aussi, les mêmes, dans un autre ordre. Le nom de Chris Claremont figure aux crédits de tous les rangs de 52 à 66, huit côté Lug et sept côté Semic : son nom traverse la frontière sans la voir.

Côté dessin, le recouvrement est plus mince. Le n°59 cite Ciro Tota, Ron Wilson et Arthur Adams ; le n°60 cite Arthur Adams, Jackson Guice et Marc Silvestri. Un seul nom est commun aux deux. Ciro Tota, crédité au 58 et au 59, est absent du 60, puis, sur les rangs 61 à 66, revient aux 61, 62, 65 et 66.

Le fait le plus net est l'arrivée de Marc Silvestri. Son nom n'apparaît nulle part dans le relevé avant le n°60, et il est ensuite crédité sur les sept fascicules 60 à 66. Un nouveau dessinateur dès le premier fascicule Semic : voilà une frontière que le relevé matérialise dans les crédits, indépendamment de l'éditeur. Elle ne prouve pas que Silvestri ait dessiné l'épisode titré « Eternel retour ! » : le crédit couvre le fascicule entier.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Reconnaître le 59 et le 60 en main

Ce que la donnée ne vous donne pas, l'objet le donne. Trois vérifications, dans l'ordre. Le nom de l'éditeur, d'abord : le relevé donne Lug pour le 59 et Semic pour le 60, et c'est à l'exemplaire de le confirmer. Si un exemplaire numéroté 60 porte encore Lug, ou un 59 déjà Semic, ne tranchez pas à la lecture du catalogue : le relevé donne un seul éditeur par fiche et ne décrit pas les cas intermédiaires.

Le numéro ensuite, sur la couverture : le titre est le même sur les deux fascicules, c'est le chiffre qui les distingue. La date enfin, au mois près : novembre 1988 pour le 59, janvier 1989 pour le 60. Si la date inscrite est l'un des mois de la suite des numéros 44 à 100 (septembre, novembre, janvier, mars, mai, juillet), c'est cohérent ; sinon, regardez de plus près.

Enfin, le sommaire. Le relevé ne donne qu'un titre d'histoire par fascicule : « L'ombre du Grand Sphinx... » pour le 59, « Eternel retour ! » pour le 60. Le relevé ne dit pas si le fascicule contient d'autres épisodes que ce titre ; seul l'exemplaire permet de le lire. Ne déduisez de ces deux titres ni première parution ni correspondance avec un fascicule américain.

Les voisins, et comment inscrire le couple dans une liste de manques

Les trois fascicules qui précèdent le 59 sont les 56, 57 et 58, tous dans la fiche Lug et datés de mai à septembre 1988. Les trois qui suivent le 60 sont les 61, 62 et 63, tous dans la fiche Semic et datés de mars à juillet 1989. Pris comme un bloc, du 56 au 63, ils tiennent sur une seule frise de dates sans rupture.

Pour votre liste, la méthode est de numéroter en continu. Notez « Spécial Strange n°59 » et « n°60 » dans la même colonne, avec l'éditeur comme simple attribut. Si vous cochez depuis le catalogue, vous verrez deux séries : ne recopiez pas cette séparation dans votre fichier, vous créeriez deux listes là où il n'y a qu'une suite. Si un bloc de 1988 et un bloc de 1989 vous sont proposés ensemble, c'est le seul endroit où la suite change d'éditeur, et il est donc facile à vérifier d'un coup d'œil.

Questions fréquentes

Non. Le relevé montre le n°59 chez Lug, puis le n°60 chez Semic, sans recouvrement ni rang manquant. La fiche Semic commence à 60 et va jusqu'à 115 : c'est la continuation d'une seule suite.

Rien dans le relevé n'indique un fascicule intermédiaire. L'écart est de deux mois, comme les seize précédents du 44 au 59, et aucun numéro n'est daté de décembre 1988.

Les fiches du 52 au 60 ne donnent que le mois et l'année. Le relevé n'explique pas pourquoi. Le jour réapparaît ensuite sur plusieurs numéros Semic, par exemple le 61 daté du 10 mars 1989.

Pas les scénaristes : les mêmes trois noms sont crédités au 59 et au 60. Côté dessin, Arthur Adams est le seul nom commun, et Marc Silvestri apparaît dès le 60 dans le relevé.

Non, c'est le soixantième rang d'une suite commencée en 1975. Seule la fiche de série du catalogue commence à 60. Ne le traitez pas en « numéro un » dans une annonce ou dans un inventaire.