Le catalogue range Nova en deux séries : 131 numéros chez Lug, de février 1978 à décembre 1988, puis 102 chez Semic, de janvier 1989 à mai 1998. Le compteur ne bouge pas : le n°131 est suivi du n°132, sans trou ni doublon. La frontière se joue donc sur l'éditeur, pas sur la numérotation. Pour trier une pile, lisez le numéro, la date et la mention d'éditeur de l'exemplaire.
Vous avez deux Nova en main, un daté de décembre 1988 et un de janvier 1989, et une seule suite de numéros. Faut-il les ranger ensemble, ou dans deux séries ? La réponse dépend de ce que vous cherchez : la suite continue du lecteur, ou la fiche d'éditeur du collectionneur.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Deux fiches, un seul compteur
Dans le catalogue, la série Nova de 1978 est attribuée aux Editions Lug et compte 131 numéros, du n°1 au n°131. La série de 1989 est attribuée à Semic S.A. et compte 102 numéros, à partir du n°132. Le calcul tombe juste : les deux totaux additionnés donnent 233, le dernier numéro. Aucun numéro ne manque entre les deux fiches et aucun n'apparaît deux fois.
C'est ce qui rend la frontière trompeuse. Sur une étagère, il n'y a qu'une revue. Dans une liste de manques bâtie fiche par fiche, il y en a deux, et un n°132 cherché dans la fiche de 1978 ne s'y trouvera pas. Le premier éditeur pèse 56 % de la suite complète : plus de la moitié de ce qu'il faut réunir est sous son nom.
Décembre 1988, janvier 1989 : aucun trou dans le calendrier
Le n°131 porte la date de décembre 1988 et le n°132 celle de janvier 1989. Les deux mois se suivent. Sur la fiche Lug, les numéros occupent des mois consécutifs, de février 1978 à décembre 1988, sans qu'aucun mois soit sauté.
La fiche Semic reprend au mois suivant et tient le même rythme pendant huit ans, jusqu'au n°227. Ce que cela dit : le changement d'éditeur ne s'est pas accompagné d'une interruption visible dans la datation. Reste que cela vaut pour les dates de couverture du catalogue, pas pour ce que l'exemplaire annonce sur sa page de titre : ce point est à lire sur l'objet.
Là où la date change de visage avant la frontière
Le catalogue ne donne pas la même précision partout. Les premiers numéros portent un jour, le 10, puis le 5 à partir du n°58. À partir du n°123, il ne reste que le mois. Les neuf derniers numéros Lug sont donc déjà dans la forme « mois et année » que l'on retrouve ensuite chez Semic, où la majorité des fiches ne portent aucun jour.
Pour la frontière, la conséquence est pratique : vous ne pouvez pas départager deux exemplaires voisins sur le jour. Décembre 1988 et janvier 1989 se comparent au mois, et il faut un autre indice pour dire à quel éditeur vous avez affaire. Ce n'est pas une anomalie de la frontière, c'est un changement de précision du relevé qui la précède de neuf numéros.
Ce que les crédits montrent des deux côtés
Les crédits du catalogue sont posés au niveau du fascicule, avec trois noms côté scénario et trois côté dessin. Le n°131, « Le non-humanoïde ! », associe au scénario John Byrne, James C. Owsley et Steve Englehart ; au dessin, Marshall Rogers, John Byrne et Alan Kupperberg. Le n°132, « Masques ! », reprend John Byrne et lui adjoint Roger Stern et Peter David ; côté dessin, Ciro Tota, John Byrne et Jerry Ordway.
Le fait qui compte : John Byrne figure au scénario de tous les numéros 101 à 131 de la fiche Lug, soit 31 de suite, puis encore au n°132. Quinze numéros consécutifs, du 118 au 132, le créditent à la fois au scénario et au dessin. La frontière d'éditeur coupe donc une série de crédits au milieu, sans la rompre.
La suite montre qu'elle ne la prolonge pas indéfiniment. Dans la fiche Semic, après le n°132, le nom de Byrne au scénario ne revient qu'au n°152. Si vous rangez votre Nova autour de ce créateur, la fiche Semic ne vous offrira pas une suite ininterrompue de ses signatures : elle s'ouvre sur lui, puis s'en éloigne.
Prudence enfin : un crédit de fascicule ne dit pas quel épisode est de qui. Un nom présent au scénario et au dessin d'un numéro n'établit pas qu'il a signé le même épisode des deux côtés.
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Le catalogue ne donne qu'un titre d'histoire par numéro. Le n°131 est « Le non-humanoïde ! », le n°132 « Masques ! ». Les numéros suivants enchaînent « Miroirs d'argent ! », « Mantis ! » puis « Tout feu tout flamme ! ». Ces titres ne disent pas le sommaire : le catalogue ne retient qu'un titre par fascicule.
Un cas isole le n°130 : son titre se réduit au mot « Nova », seul numéro de la fiche Lug à être intitulé ainsi. Les trois numéros précédant la frontière (129, 130, 131) n'ont donc pas de lien d'intrigue démontré avec ceux qui la suivent. Affirmer qu'un récit se poursuit d'un fascicule à l'autre, ou qu'il commence au n°132, dépasse ce que la donnée permet.
Reconnaître l'exemplaire à la frontière
Trois contrôles tiennent sur l'objet. Le premier est le numéro imprimé : s'il est inférieur ou égal à 131, vous cherchez dans la fiche Lug ; à partir de 132, dans la fiche Semic. Le deuxième est la date de couverture, qui doit coller au mois de la fiche. Le troisième est la mention d'éditeur, sur la couverture ou la page légale, qui confirme la fiche.
Si les trois ne concordent pas, ne tranchez pas à la mémoire. Un numéro 131 portant une mention d'éditeur différente de celle attendue, ou un 132 daté de décembre 1988, serait un cas à noter tel quel, avec une photographie de la page en cause. Le catalogue enregistre une règle ; l'objet peut en diverger, et c'est précisément ce qui intéresse une fiche d'exemplaire.
Inscrire la frontière dans une liste de manques
Deux manières de faire. Soit vous gérez une seule suite de 1 à 233, et les numéros 131 et 132 y sont voisins ; soit vous respectez la ventilation du catalogue, et vous saisissez le n°131 dans la fiche Lug et le n°132 dans la fiche Semic. Dans les deux cas, notez l'éditeur sur chaque ligne, parce que c'est lui qui retrouve un exemplaire quand le numéro seul prête à confusion.
Si vous complétez la suite par lots, la frontière est un bon point d'arrêt : le n°131 clôt un bloc de 131 numéros mensuels, le n°132 en ouvre un autre de 102. Vous pouvez ainsi mesurer ce qui manque de chaque côté, et savoir quel éditeur concentre vos trous. Un lot qui s'arrête à 131 et un autre qui commence à 132 ne se recoupent jamais.
Une seconde cassure, plus tard dans la fiche Semic
Un contrôle d'ensemble repère une autre discontinuité qu'il vaut mieux connaître avant de classer par date. Le n°227 est daté de décembre 1996 et le n°228 de décembre 1997, un an plus tard. Les numéros suivants repartent de janvier 1998. L'année 1997 ne compte ainsi qu'un seul numéro dans le catalogue.
Cela peut refléter une interruption réelle, une date de couverture inhabituelle ou une saisie à corriger ; les données ne tranchent pas. Moralité pour la frontière de 1988-1989 : elle est nette parce que le compteur et les mois s'y suivent, ce qui n'est pas le cas partout dans cette série. Ne la prenez pas pour le seul point de contrôle à examiner.
Questions fréquentes
Non. Le compteur continue : le n°132 suit directement le n°131, et la fiche Semic s'ouvre à ce numéro. Seul l'éditeur change dans le catalogue. Un numéro 1 de cette revue appartient à la fiche Lug de 1978.
Selon le catalogue, 233 : les numéros 1 à 131 chez Lug, puis 132 à 233 chez Semic. Ce total repose sur le relevé, qui ne signale aucun numéro manquant ; vérifiez-le sur vos exemplaires.
Pas avec le catalogue. Les neuf derniers numéros Lug ne portent que le mois : le n°131 est donné en décembre 1988. Le jour n'apparaît que sur les numéros précédents, avec le 10 puis le 5.
La donnée ne permet pas de l'affirmer. Les deux titres, « Le non-humanoïde ! » puis « Masques ! », sont des titres d'un épisode parmi d'autres. Seule la lecture des deux fascicules établirait un lien d'intrigue.
Oui, si vous raisonnez en suite de lecture : 131 et 132 sont consécutifs. Dans une application ou un classeur ventilé par éditeur, ils se séparent. Dans les deux cas, notez le nom d'éditeur sur chaque ligne.
Au bout du compte, la frontière entre le n°131 et le n°132 est une affaire de fiche plus que d'objet : les numéros, les mois et même un nom au scénario la traversent. Vous gagnez à la noter explicitement dans votre suivi, avec l'éditeur de chaque exemplaire, plutôt qu'à la deviner à partir du seul numéro. Pour la suite de la série, c'est le n°228 qui demandera la plus grande attention.