Nova (Semic, 1989) : le guide de collection, du numéro 132 au 233, illustration article

Sous Semic, Nova couvre cent deux fascicules, du numéro 132 daté de janvier 1989 au numéro 233 daté de mai 1998. La numérotation ne recommence pas: elle poursuit celle de la série lancée en 1978. Le catalogue montre un mensuel tenu sans interruption jusqu'à décembre 1996, une année blanche, puis six derniers numéros dont les crédits n'ont plus rien de marvélien. C'est cette chronologie qui commande la chasse.

Vous ouvrez un carton, vous tombez sur un Nova numéroté dans les 150 ou les 190, et la question arrive tout de suite: est-ce que ce numéro appartient à la série que vous cherchez à compléter, ou à une autre? Pour cette revue, la réponse est plus simple qu'on ne le craint, et plus exigeante qu'on ne l'espère. Simple parce que le compteur ne s'est jamais remis à zéro. Exigeante parce que posséder tous les numéros d'une période ne signifie pas posséder toutes les histoires qu'ils racontent.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Nova : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Une numérotation qui continue, et ce que ça change pour vos recherches

Le premier numéro de la période Semic porte le chiffre 132 et une date de couverture de janvier 1989. Il n'existe donc pas deux Nova numéro 12, ni deux numéro 60: tout fascicule portant un nombre inférieur à 132 relève de la période précédente, tout fascicule au-delà relève de celle-ci. Cette continuité est la meilleure nouvelle que puisse recevoir un collectionneur, parce qu'elle rend les annonces de vente lisibles sans photo de la mention d'éditeur.

La conséquence pratique est immédiate. Quand vous dressez votre liste de manquants, vous n'avez pas besoin de la dédoubler ni d'y ajouter une colonne «quelle série». Un intervalle suffit, et il se décrit en une ligne: de 132 à 233. Le dernier fascicule de la revue est daté de mai 1998, ce qui place la clôture presque dix ans après l'ouverture de la période, sans rupture de compteur entre les deux.

Méfiez-vous en revanche d'un raccourci fréquent dans les annonces: certains vendeurs décrivent les numéros élevés comme appartenant à «une nouvelle série», parce que la couverture et le contenu changent visiblement en fin de parcours. Le changement est réel, nous y venons, mais il ne touche pas la numérotation. Si une annonce vous propose un numéro 12 en vous le présentant comme postérieur à 1989, l'erreur est dans l'annonce, pas dans votre liste.

Ce que les intitulés révèlent du contenu

Le catalogue ne garde qu'un titre d'histoire par fascicule, et pourtant ces titres suffisent à dessiner une ligne éditoriale. «Au-delà du trou noir», «Galactus contre l'Intermédiaire», «Les pouvoirs du Surfer d'Argent», «Mon nom est Thanos !!», «Thanos et Méphisto»: la revue de cette période est d'abord une revue cosmique. Les deux figures qui reviennent le plus dans les intitulés sont le Surfer d'Argent et son adversaire de toujours, et deux numéros de 1995 intitulés «La princesse de Zenn-La» puis «La guerrière de Zenn-La» montrent que la rédaction suivait les arcs jusque dans leur monde d'origine.

Cette coloration n'est pas exclusive. «Photo choc !» et «Consécration ou Jonah est ébranlé !» signalent du matériel lié au Tisseur, «Miss Hulk son film !» désigne She-Hulk, deux numéros consécutifs de 1994 portent tous les deux le titre «Magnéto», et deux autres, la même année, s'intitulent «Dents de Sabre» comme le fait le personnage en version française. Autrement dit: le sommaire panache, et le registre mutant y prend de la place à mesure que les années 1990 avancent.

Un intitulé mérite d'être signalé pour ce qu'il n'est pas. Le numéro 187, daté d'août 1993, est enregistré sous le titre «Nouveau mensuel pour la naissance d'un nouveau monde !». Ce n'est pas un titre d'épisode, c'est une accroche éditoriale que le catalogue a conservée faute d'autre intitulé. Elle vous dit que la revue se servait de ses pages pour annoncer ses propres lancements, et elle vous évite de chercher une histoire qui porterait ce nom.

Un mensuel tenu quatre-vingt-seize mois

Voici le chiffre qui structure toute la période: entre le numéro 132 de janvier 1989 et le numéro 227 de décembre 1996, il n'y a aucun mois sans fascicule. Quatre-vingt-seize dates de couverture pour quatre-vingt-seize mois consécutifs, sans doublon ni saut. Pour vous, cela veut dire qu'un numéro absent de votre liste est un numéro que vous n'avez pas, et jamais un numéro qui n'a pas existé. La régularité est l'alliée du collectionneur: elle supprime la catégorie des trous imaginaires.

Elle a aussi un effet sur la cote. Une revue qui paraît chaque mois pendant huit ans a été imprimée en quantités comparables d'un bout à l'autre de cette tranche, et les écarts de prix observés à l'intérieur de celle-ci tiennent bien davantage à l'état et au sujet de couverture qu'à une rareté d'impression. C'est utile à savoir quand un vendeur justifie un prix élevé par la supposée difficulté d'un numéro du milieu de série.

Le catalogue réserve une curiosité aux amateurs de précision: trente-huit fascicules sur cent deux y portent un jour en plus du mois, toujours le cinq, et ils arrivent par blocs. Les autres ne portent qu'un mois et une année. Cette irrégularité documentaire ne dit rien de la revue elle-même, elle dit comment l'information a été relevée. Quand vous datez un exemplaire, fiez-vous à ce qui est imprimé dessus et traitez la date du catalogue comme un point de comparaison.

Les créateurs qui portent la période

Un nom domine tout: Sal Buscema est crédité au dessin dans la moitié des fascicules de la période, et sa présence court de la première année jusqu'aux dernières années marvéliennes. Si vous cherchez un fil visuel qui donne son unité à cette tranche de la revue, c'est le sien. Aucun scénariste n'atteint cette constance, mais Gerry Conway est crédité à partir du numéro 135 et reste présent jusqu'au numéro 173, soit l'essentiel des premières années.

Le relais se lit nettement. Steve Englehart signe du numéro 135 au numéro 153 et accompagne la séquence la plus cosmique de la revue. Puis apparaît une signature qui intrigue toujours les lecteurs attentifs: «John Harkness», créditée sur sept numéros consécutifs, de 151 à 157, exactement dans la zone où Englehart s'efface. Les sources divergent sur l'interprétation à donner à ce nom; le catalogue, lui, l'enregistre tel quel, et c'est sous cette forme que vous le retrouverez dans les bases de vendeurs.

La dernière grande ère porte un autre nom. Paul Ryan apparaît au numéro 178, daté de novembre 1992, et il est ensuite crédité, au scénario comme au dessin, dans une large majorité des numéros restants. Walter Simonson occupe la charnière, avec une particularité qui vous servira: le catalogue l'enregistre tantôt «Walter», tantôt «Walt». Même chose pour un dessinateur de la toute fin, orthographié «Pasqual» puis «Pascual» d'un numéro au suivant.

Deux noms français dans un sommaire américain

Au milieu de ces crédits américains, deux noms détonnent. Ciro Tota est crédité au dessin sur vingt-deux fascicules, massivement concentrés sur les quatre premières années: il est présent sur chacun des onze premiers numéros de la période, puis par intermittence jusqu'au numéro 182. Jean Frisano, lui, apparaît une seule fois, et à un endroit remarquable: le numéro 200, daté de septembre 1994.

Ce que recouvre exactement ce crédit, la donnée ne le dit pas. Un fascicule de cette époque empile plusieurs épisodes, et le catalogue ne rattache pas chaque nom à un épisode précis. Il serait donc faux d'affirmer ici quelle page porte la signature de l'un ou de l'autre. Ce qui est vérifiable, et déjà parlant, c'est que la revue faisait travailler des auteurs français à côté du matériel américain, et que cette pratique se concentre sur la première moitié de la période avant de s'éteindre.

Pour un collectionneur, cette information a une valeur de repère visuel. Les premiers numéros de la période se reconnaissent de loin quand on a l'œil, parce qu'ils ne sortent pas du même atelier graphique que ceux de la fin. Si vous achetez à distance, demandez une photo de couverture entière plutôt que le seul numéro: elle vous situe immédiatement dans la bonne tranche d'années.

Frise de parution de Nova : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →

Les récits coupés: le piège des parties manquantes

Voici le point qu'aucune liste de manquants ne révèle, et qui déçoit beaucoup d'acheteurs une fois le lot reçu. Le catalogue enregistre, dans deux numéros consécutifs de 1995, les intitulés «Retour sur Terre : 2» puis «Retour sur Terre : 4». Les parties impaires ne sont pas dans Nova. Le même phénomène se lit ailleurs: un numéro porte «L'épreuve du feu, 2ème partie», un autre, trois numéros plus loin, «L'épreuve du feu, 5ème partie».

D'autres intitulés disent la même chose d'une autre manière: «L'œil du Puma, 2° partie», «Poursuite - 4° partie», «Au bord du gouffre, 4ème partie». À chaque fois, la revue publie un fragment numéroté d'un ensemble plus vaste dont les autres fragments sont allés ailleurs. Où exactement, la donnée ne le précise pas, et nous ne l'inventerons pas: c'est à vérifier titre par titre. Mais la conséquence est sûre, et elle est dure. Un parcours complet de 132 à 233 vous donne tous les fascicules de la revue, pas tous les épisodes de ses histoires.

Tirez-en la règle d'achat correspondante. Si votre objectif est de lire une histoire en entier, le numéro de la revue n'est pas votre unité de départ: le titre de l'arc l'est. Si votre objectif est de posséder la revue, alors l'intervalle suffit, et vous accepterez par avance que certains récits s'arrêtent au milieu d'une phrase.

Le trou de 1997 et les six derniers numéros

Après le numéro 227 daté de décembre 1996, la régularité s'arrête net. Le fascicule suivant est daté de décembre 1997: douze mois séparent les deux. C'est la seule discontinuité de toute la période, et c'est aussi la frontière la plus utile à connaître, parce qu'elle sépare deux revues qui ne portent en commun que leur titre et leur compteur.

Les crédits de ces derniers fascicules changent de registre du tout au tout. On n'y lit plus les habitués des séries cosmiques, mais des noms attachés aux studios américains des années 1990, Alan Moore, Warren Ellis, Jim Lee, Brett Booth, Travis Charest, Barbara Kesel parmi eux. Les intitulés suivent: «Catharsis», «Catéchisme», «Chasse à l'homme». Le matériel publié n'est plus le même, et un acheteur qui cherche la revue cosmique des années 1989 à 1996 sera surpris en ouvrant un de ces numéros.

La fin a quelque chose d'ironique. Les deux derniers fascicules, datés d'avril et de mai 1998, s'intitulent «Nouveau départ - 1ère partie» et «Nouveau départ - 2ème partie». La revue s'arrête sur une histoire qui annonce un recommencement. Pour la chasse, retenez surtout ceci: ces six derniers numéros, parus après une interruption d'un an et dans une formule nouvelle, sont ceux qui manquent le plus souvent dans les lots proposés comme «complets».

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Dater et juger un exemplaire

Commencez par le numéro imprimé, confrontez-le à l'intervalle de la période, puis à la date de couverture. Trois informations concordantes, et vous savez ce que vous tenez. Si le numéro et la date se contredisent, par exemple un nombre situé dans les années de parution mensuelle avec une date de 1997, c'est la description du vendeur qui est fautive, et vous avez un motif légitime de demander une photo supplémentaire avant de conclure.

Pour l'état, les points de contrôle utiles sur ce type de fascicule sont le dos, les quatre angles, et la tenue des agrafes. Un dos marqué, des angles émoussés et une couverture insolée se négocient autrement qu'un exemplaire resté à plat. Demandez une photo du dos de face: c'est là que se concentrent les défauts que les annonces décrivent le moins.

Un dernier réflexe: faites confirmer que l'exemplaire est complet de ses pages intérieures. Une page absente au milieu d'un épisode ne se voit pas sur une photo de couverture, et la question coûte une minute.

Compléter la série et suivre sa cote

Construisez votre chasse en trois paquets plutôt qu'en une liste de cent deux lignes. Le premier paquet, de 132 à la fin des années Englehart, se trouve en lots: ces numéros circulent ensemble parce qu'ils ont été achetés ensemble. Le deuxième, la longue période centrale, est le plus facile et le moins cher à l'unité, puisque rien n'y est rare au sens de l'impression. Le troisième, les six numéros d'après l'interruption, est le seul qui demande de la patience et une alerte permanente.

Côté valeur, raisonnez en rapports et non en montants. Un exemplaire très frais d'un numéro ordinaire de la période centrale se situe souvent à plusieurs fois le prix du même numéro lu et corné, alors que l'écart entre deux numéros différents dans le même état reste modeste à l'intérieur de cette tranche. Autrement dit, sur cette revue, l'état pèse plus lourd que le numéro, sauf pour la fin de parcours où la rareté d'offre inverse le raisonnement.

Enfin, tenez votre suivi au numéro et non au lot. Une collection de revues se perd par les doublons autant que par les manques: vous rachetez deux fois le même fascicule parce que votre mémoire mélange deux numéros voisins aux couvertures proches, et vous laissez passer celui qui vous manquait vraiment. Un inventaire consultable au moment où l'annonce apparaît règle le problème.

Questions fréquentes

Non. Le premier fascicule de cette période porte le numéro 132 et la date de janvier 1989, et la série se poursuit jusqu'au numéro 233. Il n'existe donc pas deux Nova portant le même petit numéro: un nombre inférieur à 132 renvoie forcément à la période antérieure. Votre liste de manquants se décrit en un seul intervalle.

Cent deux fascicules, dont le premier est daté de janvier 1989 et le dernier de mai 1998. La parution est mensuelle sans aucun mois manquant jusqu'en décembre 1996, puis une interruption d'un an précède les six derniers numéros. Cette dernière tranche est celle qui manque le plus souvent dans les lots annoncés comme complets.

Parce que la revue ne publiait qu'une partie de certains arcs. Le catalogue enregistre «Retour sur Terre : 2» puis «Retour sur Terre : 4» dans deux numéros qui se suivent, et «L'épreuve du feu» en deuxième puis en cinquième partie. Les fragments absents ont paru ailleurs, ce qui reste à vérifier arc par arc avant d'acheter pour lire.

Le catalogue crédite Ciro Tota sur vingt-deux fascicules, concentrés sur les premières années jusqu'au numéro 182, et Jean Frisano sur le numéro 200 daté de septembre 1994. Ce que chacun a signé précisément n'est pas indiqué, car un fascicule empile plusieurs épisodes sans que les noms y soient rattachés. Leur présence signale la première moitié de la période.

Pas dans le catalogue, qui ne retient qu'un intitulé par fascicule alors que chacun contenait plusieurs épisodes. On peut donc dire ce que ce titre indique, par exemple une histoire cosmique ou un épisode mutant, mais pas dresser le sommaire ni établir à quel fascicule américain il correspond. Le reste se vérifie sur l'exemplaire, page de sommaire en main.