Nova paraît chez les Editions Lug de février 1978 à décembre 1988 et compte 131 numéros. Son rythme est strictement mensuel du début à la fin, sans un seul mois sauté. Le jour de parution imprimé change deux fois, et ces deux bascules suffisent souvent à situer un exemplaire sans couverture lisible. Jean-Yves Mitton y travaille sur 103 numéros, Jean Frisano sur 84.
Une pile de Nova se reconnaît avant même d'être ouverte : onze années de dos empilés, du n°1 daté du 10 février 1978 au n°131 de décembre 1988. Le problème du collectionneur français n'est pas de savoir si la série est longue, il le voit. C'est de savoir où se trouvent les points de rupture dans ces 131 fascicules, parce que ce sont eux qui décident de ce qu'on cherche encore, de ce qu'on peut revendre et de ce qu'on garde sans se poser de question.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le catalogue dit de Nova, et ce qu'il ne dit pas
Le catalogue enregistre pour chaque numéro une date, un titre d'histoire, des scénaristes et des dessinateurs. C'est précieux et c'est insuffisant, et il vaut mieux le savoir avant de s'en servir pour acheter. Un fascicule de ce format empilait plusieurs épisodes, plus des rubriques ; la fiche ne retient qu'un seul titre, et dans le cas de Nova ce titre unique tombe très souvent à côté des récits.
Les exemples sautent aux yeux dès la première année. Le titre retenu pour le n°10, daté du 10 novembre 1978, est une présentation de Beaubourg. Celui du n°18, en juillet 1979, porte sur l'Algérie. Le n°7 se voit attribuer un jeu consistant à sortir une balle de ping-pong d'un entonnoir. Ce ne sont pas des erreurs : ce sont les pages documentaires et récréatives de la revue, qui ont été indexées comme n'importe quel autre contenu.
La conséquence est directe. Vous ne pouvez pas déduire d'une fiche ce que contient réellement un numéro, et vous ne pouvez surtout pas en conclure qu'un exemplaire abrite la première parution française d'un personnage, ni qu'il correspond à tel fascicule américain. Cette vérification se fait sommaire en main, page par page. Dire le contraire serait vendre une certitude que la donnée ne porte pas.
Onze ans, 131 numéros, pas un mois manqué
Le fait le plus remarquable de la série est aussi le plus discret, parce qu'il ne se voit que si on aligne toutes les dates. De février 1978 à décembre 1988, il s'écoule exactement 131 mois. La série compte exactement 131 numéros. Autrement dit, pas un mois ne saute sur l'ensemble de la course : aucun numéro double, aucune interruption estivale, aucun trimestriel de secours.
Pour un collectionneur, cette régularité a une valeur pratique que l'on sous-estime. Numérotation et calendrier sont interchangeables : si vous connaissez le numéro, vous connaissez le mois. Un lot vendu comme « l'année 1983 complète » doit contenir douze fascicules, du n°60 au n°71, et rien d'autre. Toute annonce qui propose onze numéros pour une année civile a soit un trou, soit un numéro mal identifié.
Le 10, puis le 5, puis rien : dater un exemplaire par son jour
Le jour imprimé sur la couverture bouge deux fois, et ces deux bascules sont les meilleurs repères de datation de la série. Du n°1 au n°57, la revue est datée du 10 du mois, le dernier étant le 10 octobre 1982. À partir du n°58, daté du 5 novembre 1982, elle passe au 5 du mois et y reste jusqu'au n°122, en mars 1988.
La troisième phase est encore plus utile à connaître parce qu'elle est contre-intuitive. À partir du n°123, en avril 1988, le jour disparaît : les neuf derniers fascicules ne portent plus qu'un mois et une année. Si un vendeur vous annonce un jour précis pour un numéro de la fin de course, il l'a reconstitué, pas lu.
Retenez la règle dans le bon sens : un exemplaire daté du 10 appartient forcément à la première moitié de la série, un exemplaire daté du 5 à la seconde, et un exemplaire sans jour aux neuf derniers mois. Cela ne remplace pas le numéro, mais cela permet d'éliminer immédiatement une étiquette fantaisiste sur un lot photographié de loin.
Mitton et Frisano, les deux noms qui tiennent la revue
Si vous ne deviez retenir que deux créateurs de Nova, ce seraient ceux-là, et pour des raisons différentes. Jean-Yves Mitton figure au générique graphique de 103 des 131 numéros, soit près de huit sur dix, du n°1 jusqu'aux derniers mois de 1988. Jean Frisano apparaît sur 82 numéros, mais presque jamais au début : il entre massivement à partir du n°29, en juin 1980, et occupe ensuite la première place du générique pendant des années.
Cette répartition raconte quelque chose d'une collection. Les tout premiers numéros de 1978 et 1979 sont les seuls où le tandem n'est pas encore en place, et c'est en partie ce qui les distingue visuellement du reste de la pile. Qui cherche « du Frisano » n'a aucune raison de payer la première année ; qui veut voir la revue avant lui vise les vingt-huit premiers.
Côté textes, les scénaristes américains dominent sans surprise, Bill Mantlo et Marv Wolfman figurant, avec Stan Lee, parmi les signatures les plus régulières des deux premiers tiers. L'intérêt est ailleurs : Mitton apparaît aussi comme scénariste, mais sur quatre numéros seulement, les n°24, 29, 30 et 32, tous concentrés entre janvier et septembre 1980. Ces quatre fiches signalent un moment précis de la revue, pas une habitude.
La parenthèse de 1980 : production maison et renvois d'une revue à l'autre
Ces quatre numéros où Mitton écrit tombent exactement sur le passage le plus intéressant de la série. Le titre enregistré pour le n°25, en février 1980, est « Prélude à la guerre des univers » ; celui du n°26, le mois suivant, « La Guerre Des Univers (suite) : La charge des Skrulls ! ». On y lit au générique des signatures qui n'ont rien d'américain, dont celle de J. K. Melwyn-Nash, nom de plume maison, et celle d'Eric Privat.
Dans le même mouvement, le titre du n°28 de mai 1980 annonce une autre revue de l'éditeur, et celui du n°30 lui est entièrement consacré. La revue se sert donc d'elle-même pour pousser son catalogue, et cette séquence de 1980 est celle où elle est le plus française dans ses pages comme dans ses annonces. Pour un collectionneur thématique, c'est un segment identifié, court, et facile à constituer : six à huit fascicules, pas une décennie.
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Commencer mon essai →1986 à 1988 : la bascule et la fin de course
Le dernier tiers change de visage. John Byrne apparaît au générique de 33 numéros en tant qu'auteur et de 31 en tant que dessinateur, et ces apparitions ne sont pas dispersées : elles se concentrent presque toutes à partir du n°101, en juin 1986, puis deviennent quasi systématiques jusqu'au n°131. La revue de 1987 n'a plus le même sommaire que celle de 1980, et un lot vendu comme « Nova » sans préciser les numéros ne dit donc pas grand-chose du contenu.
Les titres enregistrés sur cette fin de parcours sont par ailleurs plus clairement liés à des récits qu'au début : « La Panthère Noire » pour le n°107 de décembre 1986, « Docteur Fatalis » pour le n°111 d'avril 1987, « Fatalis Imperator » sur les n°119 et 120 à cheval sur 1987 et 1988, « Mantis » pour le n°123. Le n°130, en novembre 1988, porte simplement le titre « Nova ». Le dernier, daté de décembre 1988, s'appelle « Le non-humanoïde ! ».
Un arrêt en décembre, sur un numéro qui n'a rien d'un anniversaire, se lit comme une fin décidée. C'est aussi pourquoi les tout derniers fascicules sont moins faciles à trouver que le milieu de série.
Les numéros qui comptent vraiment dans une pile Nova
Quatre blocs méritent d'être traités à part, et aucun ne correspond à une liste de numéros « rares » recopiée ailleurs. Le premier est évidemment le n°1 du 10 février 1978, qui ouvre la série et sur lequel se concentre la demande des acheteurs qui veulent une pièce et non une collection. Le deuxième est la séquence de 1980 autour des n°25 et 26, pour les raisons de production maison déjà vues.
Le troisième est la charnière du n°58, en novembre 1982, moins pour son contenu que parce qu'il marque le changement de jour de parution : c'est le fascicule qu'on cite pour trancher une datation. Le quatrième est la fin de course, les neuf numéros sans jour imprimé d'avril à décembre 1988, qui se vendent le plus souvent par lots parce qu'ils sont rarement complets dans les piles héritées.
Tout le reste relève du volume, et c'est ce qui rend la série accessible à qui la complète patiemment, à condition de ne pas payer les numéros courants au prix des charnières.
L'état : ce qu'on regarde sur un fascicule de ce format
Sur une revue mensuelle de cette épaisseur, les défauts se répètent toujours aux mêmes endroits. Le dos est le premier juge : plis de lecture, décoloration, agrafes rouillées ou absentes. Vient ensuite le bas de couverture, qui porte les traces de rangement vertical, puis les angles.
Deux points sont propres à une série longue comme celle-ci. D'abord, les numéros du début ont dix ans de rangement de plus que ceux de la fin : à état apparent égal, un n°12 de 1979 n'a pas eu la même vie qu'un n°125 de 1988, et cela se paie. Ensuite, les piles héritées ont presque toujours été stockées par années, ce qui fait que les défauts arrivent par paquets : si le n°60 est insolé, les onze suivants le sont souvent aussi.
Le cahier central mérite un contrôle à part : c'est lui qui se détache le premier, et un exemplaire au dos impeccable dont les pages centrales ont été retirées n'est plus complet.
Les pièges à l'achat, y compris celui du catalogue
Le premier piège vient des données elles-mêmes. Le catalogue contient des entrées manifestement abîmées par la saisie : un générique du n°67 où le mot « uncredited » traîne avec une parenthèse orpheline, un nom qui apparaît en « Cyrus Tota » sur le n°92 et en « Ciro Tota » sur les n°124, 127 et 128, un scénariste réduit à son seul patronyme sur les n°125 et 130. Si vous vous appuyez sur une fiche pour justifier un prix, vérifiez-la sur l'exemplaire plutôt que sur une seconde fiche.
Le deuxième piège est l'annonce qui vend « une série complète » sans donner la borne haute. Complet, pour Nova, veut dire 131 numéros, de février 1978 à décembre 1988, et toute collection qui s'arrête en 1987 laisse de côté précisément les fascicules les plus difficiles à retrouver ensuite. Demandez le dernier numéro présent avant de discuter du reste.
Le troisième piège concerne les sommaires. Puisqu'un titre d'histoire peut désigner une page de jeux, un vendeur de bonne foi peut recopier une fiche et annoncer un contenu qui n'est pas celui du fascicule. Faites décrire le sommaire réel, ou demandez une photo de la page de sommaire : c'est plus parlant qu'une photo de couverture.
Compléter la série, et ce qui fait bouger la cote
Compléter 131 numéros se fait par blocs, pas à l'unité. L'année civile est ici un outil, puisque chaque année pleine correspond exactement à douze numéros consécutifs : construire 1979, puis 1981, puis 1984 coûte moins cher en frais et en temps que chasser les manquants un par un. Gardez l'unité pour les charnières et pour la fin de course, où un lot bien ciblé fait gagner des années de recherche.
Sur la valeur, il n'y a pas de prix à retenir mais des rapports. Le n°1 se négocie à un multiple des numéros courants, l'écart se resserrant dès que l'état n'est plus très au-dessus de la moyenne. Les numéros de milieu de série en bel état valent souvent plus qu'un numéro réputé « clé » en état fatigué, et c'est la leçon la plus utile pour qui achète des piles. Enfin, un ensemble vraiment complet vaut davantage que la somme de ses fascicules, parce qu'il supprime la partie la plus coûteuse du travail : la recherche.
Pour le suivi, tenez votre liste par numéro et par date, et notez le jour imprimé en couverture : c'est ce qui vous fera repérer, en relisant vos notes, qu'un prétendu n°60 daté du 10 n'est pas ce qu'on vous a vendu. Les autres guides du blog et les fiches comme celle de l'Araignée servent ensuite à identifier ce que vous avez sous les yeux.
Questions fréquentes
La série compte 131 numéros. Le premier est daté du 10 février 1978, le dernier de décembre 1988. Le rythme est mensuel sur toute la durée, et le nombre de numéros correspond exactement au nombre de mois écoulés entre ces deux dates : aucun mois n'a été sauté, ce qui rend la numérotation et le calendrier parfaitement superposables.
Parce que le jour de parution a changé en cours de route. Les numéros 1 à 57 portent la date du 10 du mois, le dernier étant le 10 octobre 1982. À partir du numéro 58, daté du 5 novembre 1982, la revue passe au 5 du mois. Ce détail permet de situer un exemplaire dans la série même sans voir son numéro.
Oui. À partir du numéro 123, en avril 1988, la date se réduit au mois et à l'année, et cela vaut pour les neuf derniers fascicules jusqu'à décembre 1988. Un vendeur qui annonce un jour précis pour l'un de ces numéros l'a déduit lui-même. L'absence de jour n'est donc pas un signe de réimpression ou d'édition étrangère.
Pas toujours, et c'est particulièrement vrai ici. Le titre enregistré pour le numéro 10 porte sur Beaubourg, celui du numéro 18 sur l'Algérie : ce sont des pages documentaires de la revue, indexées comme le reste. Un seul titre est conservé par numéro alors que le fascicule en contenait plusieurs, donc le sommaire réel se vérifie sur l'exemplaire.
Jean-Yves Mitton apparaît au générique graphique de 103 numéros sur 131, et Jean Frisano de 82, ce dernier surtout à partir du numéro 29 en juin 1980. Sur la fin, John Byrne devient omniprésent à partir du numéro 101 de juin 1986, comme auteur et comme dessinateur. Mitton signe aussi quatre scénarios, en 1980 uniquement.