Le premier numéro de Nova est daté du 10 février 1978 et porte la marque des Editions Lug. Le catalogue lui attribue, au générique, Stan Lee, Marv Wolfman et Gerry Conway à l'écriture, Jean-Yves Mitton, John Buscema et Jean Frisano au dessin. La seule entrée de sommaire enregistrée pour ce fascicule renvoie à un album de l'Araignée, signe que le reste du contenu reste à relever sur l'exemplaire lui-même.
Un premier numéro n'est pas un chapitre d'histoire éditoriale, c'est un objet qu'on tient en main, qu'on paie et qu'on regrette parfois. Celui de Nova circule régulièrement en brocante, en bourse et en vente en ligne, et il arrive presque toujours accompagné d'une description trop courte pour décider. Cette fiche ne raconte donc pas la revue : elle décrit ce fascicule précis, daté du 10 février 1978, et ce qu'il faut savoir avant de dire oui.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le catalogue dit de ce fascicule
La fiche est courte et c'est déjà beaucoup. Le numéro 1 de Nova porte la date du 10 février 1978, et cette date du 10 n'est pas un détail : elle revient à l'identique sur les dizaines de numéros qui suivent, 10 mars 1978, 10 avril 1978, 10 mai 1978. Un vendeur qui annonce un « Nova numéro 1 » daté d'un autre jour du mois décrit autre chose, ou bien recopie une date qu'il n'a pas lue sur l'objet.
L'éditeur relevé est les Editions Lug. C'est l'information la plus utile à l'achat, parce qu'elle fixe une famille de fabrication : format, papier, maquette de couverture, logo. Un collectionneur qui a déjà une pile de mensuels de la même maison reconnaît la silhouette avant de lire le titre, et c'est ce réflexe qu'il faut cultiver plutôt que de se fier à l'intitulé de l'annonce.
Le catalogue enregistre enfin, pour ce numéro, une seule entrée de sommaire : « Album l'Araignée numéro 2 : la nuit du Lézard ». Il faut lire cette ligne pour ce qu'elle est, c'est-à-dire l'une des pièces du fascicule parmi d'autres, et non le programme complet de ses pages.
Pourquoi le sommaire reste à vérifier sur l'exemplaire
Les mensuels français de cette génération empilaient plusieurs épisodes, plus des rubriques, plus des annonces pour les albums de la maison. La donnée dont nous disposons ne retient qu'un titre par numéro, et sur Nova ce titre retenu est très souvent une rubrique ou une réclame plutôt qu'un feuilleton : les numéros voisins font remonter des mots croisés, un dossier sur l'aéromodélisme, une page sur le centre culturel de Beaubourg. Autrement dit, ce que nous lisons pour le numéro 1 renseigne sur l'ambiance de la revue, pas sur la liste de ses épisodes.
La conséquence pratique est simple : personne ne peut vous dire de mémoire ce que contient ce fascicule page par page, et vous devez considérer comme une hypothèse toute annonce qui l'affirme. Demandez une photo du sommaire ou de la première page intérieure. C'est le seul document qui tranche, et un vendeur sérieux n'a aucune raison de le refuser.
Les noms portés au générique de ce numéro
Le catalogue associe à ce premier numéro trois scénaristes, Stan Lee, Marv Wolfman et Gerry Conway, et trois dessinateurs, Jean-Yves Mitton, John Buscema et Jean Frisano. Le mélange est caractéristique de ce type de revue : des auteurs américains pour les épisodes traduits, et des artistes français pour ce qui se fabriquait ici, couvertures et pages de maison comprises.
Les deux noms français méritent d'être retenus, parce qu'ils expliquent une partie de la demande sur ces fascicules. Jean Frisano et Jean-Yves Mitton apparaissent au générique de ce numéro 1 comme ils apparaîtront ensuite sur une longue série de numéros, et les amateurs de couvertures françaises achètent autant pour cette signature que pour les épisodes traduits. Un acheteur qui ignore cela ne comprend pas pourquoi certains exemplaires partent plus vite que d'autres à état comparable.
Attention toutefois à ce que ces noms ne disent pas. Une liste de créateurs attachée à un fascicule ne répartit pas les rôles page par page, et elle ne permet pas d'affirmer qui a signé quoi à l'intérieur. Si vous cherchez une planche précise d'un auteur précis, c'est l'exemplaire ouvert qui répond, pas la fiche.
Ce qui distingue ce numéro de ceux qui suivent
Le premier numéro d'un mensuel de kiosque n'a presque jamais le même destin que le deuxième. Il part dans un réseau de vente qui ne connaît pas encore le titre, il n'a pas de lectorat installé, et il est acheté par curiosité. Ceux qui le prennent le lisent souvent sans précaution, parce que rien n'indique encore qu'une série va durer plus de dix ans.
Or celle-ci a duré. Le même titre se poursuit sans interruption de numérotation jusqu'au cent trente et unième fascicule, daté de décembre 1988, et ce sont ces dix années de parution qui donnent au numéro 1 sa position particulière : il ouvre une collection longue, donc beaucoup de gens cherchent à l'avoir pour commencer la leur. La rareté relative de ce fascicule tient moins à son tirage, que nous ne connaissons pas, qu'à cet effet de porte d'entrée.
Deuxième différence, matérielle celle-là. Les premiers numéros portent une date complète avec le jour, et les fascicules de la fin de parution ne portent plus qu'un mois, « septembre 1988 » par exemple. Un exemplaire annoncé comme le premier numéro et daté d'un simple mois n'est donc pas le premier numéro : c'est un indice de datation que vous pouvez vérifier sur une photo, sans aucune compétence particulière.
Reconnaître un vrai premier numéro dans une annonce
Commencez par la date, parce que c'est l'élément le plus difficile à falsifier par inadvertance. « 10 février 1978 » doit apparaître sur l'objet. Si la photo ne la montre pas, demandez un cliché de la zone où elle figure plutôt que de raisonner sur la couverture seule.
Vérifiez ensuite le chiffre lui-même, et méfiez-vous des annonces qui écrivent « numéro 1 » dans le titre et montrent autre chose sur l'image. Ce décalage est fréquent et rarement malhonnête : un vendeur qui vide un grenier décrit un lot, met en avant le plus désirable, et ne remarque pas que la photo ne correspond pas. Trois questions courtoises suffisent presque toujours à régler le malentendu.
Troisième contrôle, le nom de l'éditeur. Les Editions Lug sont mentionnées sur ce fascicule ; une autre raison sociale au même endroit signale un autre objet, qu'il faut alors identifier avant de négocier. Ce contrôle est utile parce que la même marque de titre a continué d'être exploitée après 1988 par une autre société, avec une maquette différente.
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Commencer mon essai →Les confusions les plus fréquentes
La première vient des rééditions et des recueils. Une maison qui publie un mensuel republie volontiers ses contenus sous d'autres formes, albums reliés, numéros spéciaux, compilations. Un recueil qui contient le matériel du début de la série n'est pas le premier numéro, et il se reconnaît en général à son dos, à son épaisseur et à l'absence de la date mensuelle. Vérifiez la tranche sur une photo avant d'acheter à distance.
La deuxième confusion est celle d'une prétendue relance numérotée depuis 1. Sur ce titre, elle n'existe pas : la numérotation se poursuit sans remise à zéro après la fin de la période Lug, le fascicule suivant le cent trente et unième portant le numéro 132 en janvier 1989 chez un autre éditeur. Il n'y a donc, pour cette publication, qu'un seul « numéro 1 » possible, et toute annonce qui parle d'un second premier numéro décrit un autre produit ou se trompe.
La troisième porte sur les homonymes. « Nova » est un mot court et commun, utilisé comme titre par plusieurs éditeurs et dans plusieurs langues, pour des revues qui n'ont aucun rapport avec celle-ci. Devant une annonce courte, regardez la langue de la couverture, la mention d'éditeur et le format avant de conclure, et considérez que le mot seul ne prouve rien.
Ce qu'il faut regarder sur l'objet avant d'acheter
Sur un mensuel agrafé de la fin des années 1970, trois zones racontent presque tout. Le dos d'abord : les agrafes rouillent, et la rouille tache le papier de part et d'autre en laissant une auréole qui ne s'enlève pas. Les coins ensuite, qui s'émoussent au rangement et se fendent au feuilletage. La dernière de couverture enfin, plus exposée que la première dans les piles, et souvent la vraie raison d'un déclassement.
Ajoutez-y deux vérifications propres à ce type de revue. La complétude intérieure, parce que les pages de jeux et les rubriques détachables étaient faites pour être découpées, et qu'un exemplaire amputé d'une grille ou d'un bon de commande n'est plus complet même s'il paraît intact de l'extérieur. Et la planéité, parce qu'un fascicule stocké roulé ou plié en deux garde la mémoire de sa déformation.
Demandez des photos à plat, prises sans flash direct, de la couverture, du dos et d'une double page intérieure. Ce trio suffit à écarter la majorité des mauvaises surprises, et il remplace avantageusement une discussion sur un adjectif d'état choisi par le vendeur.
À quoi tient sa rareté relative
Nous ne connaissons pas le tirage de ce fascicule, et les sources divergent sur les volumes imprimés par les mensuels français de cette période. Raisonner sur un chiffre inconnu n'aide personne. En revanche, trois mécanismes expliquent pourquoi un premier numéro de kiosque se trouve moins facilement en bon état que ses successeurs.
Le premier est le retour invendu : ce qui ne se vendait pas en kiosque ne restait pas en rayon, et un titre inconnu au moment de son lancement subissait cette mécanique plus durement qu'un titre installé. Le deuxième est l'usage : un fascicule acheté avant que la série ne soit identifiée comme une collection a été lu, prêté, parfois découpé, rarement protégé. Le troisième est la demande, continue, de tous ceux qui veulent démarrer par le commencement.
Ce qui fait varier la valeur d'un exemplaire
À numéro identique, l'écart entre deux exemplaires se joue sur l'état, et l'état se résume ici à des défauts cumulatifs plutôt qu'à une note globale. Une couverture fraîche et des agrafes saines placent un exemplaire dans une autre catégorie qu'un exemplaire aux coins arrondis, même si les deux sont annoncés comme très bons.
Trois autres facteurs comptent, et ils sont souvent sous-estimés. La complétude intérieure, déjà mentionnée, qui fait toute la différence sur une revue qui proposait des pages à manipuler. La provenance documentée, c'est-à-dire la capacité du vendeur à dire d'où vient l'exemplaire et comment il a été stocké. Et le contexte de vente : le même fascicule proposé seul, dans un lot de cent, ou dans une bourse spécialisée n'obtient pas le même résultat, parce que les acheteurs présents ne sont pas les mêmes.
Pour vous faire une idée juste, comparez des ventes réellement conclues et non des annonces en cours, et comparez des exemplaires décrits avec le même niveau de détail. Un prix demandé ne dit rien ; un prix payé pour un exemplaire dont on voit le dos en photo dit beaucoup.
Inscrire ce numéro dans une collection suivie
Un premier numéro mérite une fiche à lui seul, et pas une ligne dans un inventaire global. Notez-y la date portée sur l'objet, la mention d'éditeur, les défauts constatés zone par zone, et surtout le sommaire que vous avez relevé vous-même. Cette dernière donnée est celle qui manque partout, et vous êtes la seule personne à pouvoir l'écrire pour votre exemplaire.
Ajoutez une photo de la couverture et une du dos au moment de l'acquisition. Les défauts évoluent, le papier jaunit, les souvenirs se réécrivent : un cliché daté règle d'avance les discussions, qu'il s'agisse d'une assurance, d'une revente ou simplement de savoir si une tache était déjà là. Tenir cette fiche prend quelques minutes et vaut pour les cent trente numéros suivants.
Enfin, résistez à l'envie d'acheter le premier exemplaire disponible. Sur un titre qui a connu dix ans de parution mensuelle, les occasions reviennent, et la patience se paie en qualité. Fixez-vous un niveau d'état minimal, écrivez-le, et refusez tout ce qui est en dessous.
Questions fréquentes
Le catalogue indique le 10 février 1978, et cette date figure sur l'objet. Les fascicules suivants reprennent le même jour du mois, 10 mars 1978 puis 10 avril 1978, ce qui en fait un repère de datation fiable. Un exemplaire annoncé comme le premier numéro sans cette date doit être vérifié sur photo avant tout engagement.
Trois scénaristes sont relevés, Stan Lee, Marv Wolfman et Gerry Conway, et trois dessinateurs, Jean-Yves Mitton, John Buscema et Jean Frisano. Cette liste ne répartit pas les rôles page par page : elle dit qui intervient dans le fascicule, pas qui signe tel épisode. Seul l'exemplaire ouvert permet de l'établir précisément.
Une seule entrée de sommaire est enregistrée, « Album l'Araignée numéro 2 : la nuit du Lézard », et elle ne couvre pas l'ensemble des pages. Les revues de ce format empilaient plusieurs épisodes et des rubriques, dont des jeux et des dossiers documentaires. Le contenu complet se relève sur l'exemplaire, et c'est une photo du sommaire qu'il faut demander.
Non. La numérotation se poursuit sans remise à zéro : après le cent trente et unième fascicule daté de décembre 1988, la suite paraît sous le numéro 132 en janvier 1989 chez un autre éditeur. Une annonce qui propose un autre « numéro 1 » de ce titre décrit donc un recueil, une réédition ou une publication homonyme.
Regardez la tranche et l'épaisseur. Un recueil relié ou un album compilant plusieurs fascicules n'a ni le dos agrafé ni la date mensuelle du 10 février 1978. Vérifiez aussi la mention des Editions Lug au même emplacement que sur les autres mensuels de la maison, et demandez une photo à plat du dos avant de conclure à distance.