Le premier numéro de Facteur X est daté de septembre 1989 et ouvre sur une histoire intitulée « Pouvoir d'un jour », portée au scénario par Walter et Louise Simonson, avec Walter Simonson et Ciro Tota au dessin d'après le catalogue. C'est un fascicule récent à l'échelle des revues de kiosque, donc attendu en bel état, et son identification repose sur le bloc-titre et la numérotation, pas sur la date, rarement lisible.
Vous tombez sur une annonce qui promet « le numéro 1 de Facteur X ». La question n'est pas de savoir si la revue a compté, elle a tenu quarante-quatre livraisons. La question est de savoir si le fascicule photographié est bien celui-là, dans quel état il se trouve, et pourquoi deux exemplaires en apparence identiques ne se négocient pas pareil. Cet article ne traite que de cet objet précis : le fascicule inaugural de 1989, celui qu'on achète, qu'on manipule et qu'on range.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le fascicule : ce que porte exactement la première livraison
Le catalogue rattache la première livraison de Facteur X à septembre 1989 et lui associe une histoire intitulée « Pouvoir d'un jour ». C'est le premier élément à retenir, parce que c'est le seul qui ne dépende ni de l'état du papier ni du vendeur : un titre d'histoire est un identifiant. Si une annonce montre un sommaire, vérifiez d'abord cette mention. Elle vous dira davantage qu'une photo de dos, toujours flatteuse.
Le même relevé crédite au scénario Walter Simonson et Louise Simonson, et au dessin Walter Simonson accompagné de Ciro Tota. Cette cohabitation est instructive. Les séries mutantes de la fin des années quatre-vingt sont très majoritairement écrites par Louise Simonson sur les premières années de la revue française, et la présence conjointe des deux signatures sur cette seule livraison en fait un point de départ un peu particulier, plutôt qu'un numéro ordinaire du début.
Quant à Ciro Tota, son nom au générique d'un fascicule de kiosque français ne se confond avec aucune des signatures venues d'outre-Atlantique. Le catalogue le rattache à ce numéro sans préciser à quel titre il y intervient, et il réapparaît sur plusieurs livraisons ultérieures. Retenez-le comme un marqueur français de la revue, et non comme une preuve du contenu intérieur.
Ce que le sommaire connu dit, et ce qu'il ne dit pas
Une revue française de ce format ne publiait pas une seule histoire par livraison. Le relevé dont nous disposons donne un titre, pas un sommaire : « Pouvoir d'un jour » est ce que l'on sait, pas ce que l'on a. Les épisodes qui complètent le fascicule, les pages rédactionnelles, le courrier des lecteurs éventuel, rien de tout cela n'apparaît dans une fiche de catalogue.
Cette limite a une conséquence pratique très concrète. Un vendeur qui affirme que ce numéro contient telle première apparition française avance quelque chose qu'aucune fiche ne confirme. Vous n'avez pas à le croire ni à le contredire : demandez simplement une photographie du sommaire imprimé, page par page si nécessaire. Sur un fascicule intact, cette page existe, et c'est elle qui tranche.
Nous ne prétendons donc à aucune correspondance entre cette livraison et une parution américaine donnée. Non par prudence de façade, mais parce que l'information dont nous disposons ne la porte pas, et qu'une affirmation de ce genre, recopiée de proche en proche, finit par circuler comme un fait établi alors qu'elle n'est qu'une déduction de quelqu'un.
Ce qui le distingue des livraisons suivantes
La deuxième livraison est datée de novembre 1989 et la troisième de janvier 1990 : le rythme est d'un fascicule tous les deux mois, tenu avec régularité sur les premières années. Un numéro un n'occupe donc pas une place arbitraire dans la pile. Il a été mis en place en kiosque sans lecteur acquis, à un tirage calibré sur une hypothèse commerciale, là où les suivants bénéficient d'un lectorat déjà formé.
Deuxième différence, moins souvent relevée : la date. Sur la plupart des premières livraisons, le mois figure dans les relevés entre crochets, signe qu'il a été reconstitué d'après la cadence de parution plutôt que lu sur l'objet. À partir de la vingt-cinquième livraison le mois cesse d'être conjectural, et sur les toutes dernières il ne reste que l'année. Autrement dit : n'attendez pas de retrouver « septembre 1989 » imprimé quelque part sur votre exemplaire, et ne concluez pas à un faux si vous ne le trouvez pas.
Troisième différence, éditoriale. Les signatures au dessin changent beaucoup au fil de la série, et le lecteur qui achète aujourd'hui une livraison des années quatre-vingt-dix y cherche souvent un nom précis. Un numéro un, lui, s'achète pour ce qu'il est : le point d'entrée. Les deux motifs d'achat ne se valorisent pas de la même manière, et cela explique une partie des écarts de prix observés entre fascicules voisins.
Reconnaître un véritable premier numéro dans une annonce
Commencez par le chiffre, mais ne vous y arrêtez pas. Le bloc-titre doit porter le titre de la revue et une numérotation isolée, sans mention de volume, de série nouvelle ni d'intervalle de numéros. Une couverture qui annonce plusieurs numéros à la fois n'est pas un fascicule mais un regroupement.
Regardez ensuite le dos. Un fascicule de kiosque de cette période se tient par deux agrafes et présente un pli, pas un dos carré collé. Un dos plat et large, avec un titre imprimé dans la hauteur, désigne autre chose : un recueil éditeur, souvent constitué de trois livraisons réunies sous une couverture propre et numérotées à part. Ces recueils ont leur intérêt, mais ils ne sont pas le numéro un et ne se comparent pas à lui.
Troisième réflexe, le plus simple : exigez la quatrième de couverture et la tranche sur la même photographie que la première. Beaucoup d'annonces ne montrent que la face avant, précisément parce que c'est la mieux conservée. Deux clichés supplémentaires éliminent la majorité des mauvaises surprises avant tout échange d'argent.
Les confusions possibles, et comment les lever
La première confusion vient de la maison d'édition elle-même. Le catalogue rattache l'ensemble de la série à Semic, et cette période a vu plusieurs titres consacrés aux mêmes équipes de mutants coexister en kiosque. Un vendeur de bonne foi qui vide un grenier peut présenter comme « le numéro 1 des mutants » une première livraison qui n'est pas celle-ci. Le titre exact, lu sur la couverture et non dans l'annonce, suffit à lever le doute.
La deuxième confusion est celle du titre voisin. Les mêmes personnages apparaissaient dans d'autres revues de l'époque, parfois dans des épisodes très proches chronologiquement, et les sommaires se recoupaient. Un lecteur qui cherche une histoire précise peut la trouver ailleurs que là où il la croyait, et l'inverse est vrai : « Pouvoir d'un jour » est associé à cette livraison, pas à une autre.
La troisième confusion est celle de la réédition. Un fascicule reparu plus tard, ou une version étrangère du même titre, ne porte pas les mêmes mentions légales. Cherchez l'achevé d'imprimer, le numéro de commission paritaire quand il existe, et le prix imprimé sur la couverture. Non pour sa valeur, qui ne nous intéresse pas ici, mais parce qu'une devise ou un libellé inattendu trahit immédiatement une autre édition.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Ce qu'il faut regarder sur l'objet avant d'acheter
Trois points décident presque tout sur un fascicule agrafé. Les agrafes d'abord : regardez si elles sont encore en place, si elles ont rouillé, et si le papier autour d'elles s'est déchiré sous le poids des pages. Une agrafe rouillée tache ses voisines de façon irréversible, et c'est le défaut le moins souvent photographié.
Le pli du dos ensuite. Un fascicule lu puis replié conserve une marque blanche le long de l'arête, visible en lumière rasante. Demandez une photographie du dos légèrement de biais : vous verrez en un coup d'œil s'il a été ouvert à plat ou roulé. Enfin la planéité de la couverture, car un exemplaire stocké à l'horizontale sous une pile reste droit, alors qu'un exemplaire debout dans un carton trop large gondole par le bas.
Vérifiez pour finir la complétude, point par point. Un fascicule de kiosque comportait parfois des pages de publicité détachables, et il n'est pas rare qu'un lecteur ait prélevé une page centrale. Comptez la pagination si elle est imprimée, et si elle ne l'est pas, demandez simplement si le cahier central tient encore.
L'état attendu pour un fascicule de 1989
Voilà le point où ce numéro se distingue le plus nettement des revues plus anciennes. Un fascicule de septembre 1989 n'a pas traversé les décennies : il a été acheté par des lecteurs qui, pour beaucoup, collectionnaient déjà consciemment et savaient ranger. Les exemplaires en très bel état ne sont donc pas des exceptions à chercher pendant des années, ils existent, et vous pouvez vous permettre d'attendre.
La conséquence est directe sur la négociation. Sur une revue des années soixante, un défaut d'angle se tolère parce que l'alternative est de ne jamais trouver mieux. Ici, l'alternative existe. Un exemplaire froissé, décoloré en couverture ou désagrafé n'est pas une pièce de transition acceptable, c'est un exemplaire de lecture, et il doit être présenté comme tel. Refuser un mauvais état n'est pas de la gourmandise sur un titre de cette période.
Attention toutefois au papier lui-même. Les papiers de kiosque de la fin des années quatre-vingt jaunissent sur tranche plus vite qu'on ne l'imagine, surtout s'ils ont été exposés à la lumière ou stockés près d'une source de chaleur. Un exemplaire parfaitement plat peut présenter une tranche nettement brunie : regardez la tranche supérieure sur la photographie, c'est la plus révélatrice.
À quoi tient sa rareté relative
Ce fascicule n'est pas rare au sens où l'entendent les chasseurs de revues d'après-guerre. Il est le premier d'une série de quarante-quatre livraisons régulièrement diffusées, et il circule. Sa relative difficulté tient à trois mécanismes qu'il faut distinguer, parce qu'ils n'évoluent pas de la même manière.
Premier mécanisme : la dispersion. Les collections de cette période ont souvent été vendues en lots, et un lot amputé de son premier numéro se revend mal. Les vendeurs gardent donc volontiers le numéro un à part, ce qui le rend visible à l'unité mais rarement bradé. Deuxième mécanisme : la concentration de la demande. Un acheteur qui veut commencer la série veut cette livraison précise, pas la deuxième, alors que la quarantième intéresse surtout celui qui complète.
Troisième mécanisme, le seul qui joue vraiment sur le haut du marché : la qualité de conservation. Comme les beaux exemplaires existent en nombre, l'écart de prix entre un état correct et un très bel état se creuse plutôt qu'il ne se resserre, parce que l'acheteur exigeant n'a aucune raison de transiger. Raisonnez donc en rapport entre états, et non en montant absolu : c'est le rapport qui se transpose d'une place de marché à l'autre.
Suivre ce numéro dans une collection
Un numéro un mérite une fiche à part dans votre inventaire, distincte de la ligne « série complète ». Notez trois choses : la présence du cahier central, l'état des agrafes, et la couleur de la tranche supérieure. Ce sont les trois paramètres qui bougeront avec le temps si votre rangement est imparfait, et les seuls sur lesquels vous pourrez constater une dégradation en relisant votre fiche dans cinq ans.
Notez aussi ce que vous avez vérifié du sommaire, et ce que vous n'avez pas vérifié. Si vous avez lu la page de sommaire imprimée, consignez les histoires qu'elle annonce au-delà de « Pouvoir d'un jour ». Cette information vaut mieux qu'une estimation, parce qu'elle ne se démode pas et qu'elle manque à presque tous les relevés disponibles. Un suivi écrit vous évitera surtout de racheter un exemplaire que vous aviez déjà, un accident banal quand les couvertures se ressemblent.
Conclusion
Ce fascicule de septembre 1989 s'identifie par son titre d'histoire et son bloc-titre, se juge sur ses agrafes et sa tranche, et se négocie en sachant que de beaux exemplaires circulent encore. Ne lui prêtez pas de propriétés que les relevés ne confirment pas, demandez le sommaire imprimé plutôt que de faire confiance à une description, et laissez passer un exemplaire fatigué : sur une revue de cette période, un meilleur repassera.
Questions fréquentes
Les relevés le rattachent à septembre 1989, mais ce mois y figure comme une reconstitution, déduite de la cadence bimestrielle de la revue. Ne vous attendez donc pas forcément à le lire imprimé sur votre exemplaire. La livraison suivante est datée de novembre de la même année, ce qui confirme l'intervalle de deux mois.
Le catalogue crédite au scénario Walter Simonson et Louise Simonson, et au dessin Walter Simonson avec Ciro Tota. Les livraisons immédiatement suivantes reviennent très majoritairement à Louise Simonson au scénario, ce qui fait de cette double signature un point de départ singulier plutôt qu'un numéro ordinaire du début de série.
Nous ne l'affirmons pas. Les relevés disponibles donnent un seul titre d'histoire par livraison, « Pouvoir d'un jour » pour celle-ci, alors qu'une revue de ce format en publiait plusieurs. Toute affirmation de première parution exige la page de sommaire imprimée, que vous pouvez demander au vendeur avant d'acheter.
Par le dos. Le fascicule tient par deux agrafes et présente un pli simple. Un recueil éditeur a un dos carré, souvent titré dans la hauteur, et porte sa propre numérotation parce qu'il réunit plusieurs livraisons. Une couverture annonçant un intervalle de numéros signale aussi un regroupement, pas le numéro un.
Rarement, sur un titre lancé en 1989. Beaucoup d'acheteurs de l'époque rangeaient déjà soigneusement leurs revues, et les exemplaires frais circulent encore. Un fascicule désagrafé, gondolé ou à tranche brunie est un exemplaire de lecture : gardez-le pour lire, et continuez à chercher pour la collection.