Une Aventure de l'Araignée (Lug, 1977) : le guide de collection, illustration article

Une Aventure de l'Araignée est une revue des éditions Lug qui compte trente et un numéros, du troisième trimestre 1977 à 1987, sans aucune lacune de numérotation. Son rythme réel est de trois parutions par an, jamais quatre. Le catalogue en conserve deux relevés sous deux titres différents, qui décrivent pourtant le même objet. Et sept sommaires n'y sont documentés que par une page de quatrième de couverture, ce qui oblige à recouper avant d'acheter.

Vous avez une pile de fascicules Lug à l'Araignée et une question très concrète : combien vous en manque-t-il, et lesquels ? La difficulté de cette revue n'est pas sa rareté, c'est son identification. Elle a changé d'habillage de date en cours de route, elle porte un titre long que les annonces raccourcissent, et le relevé de ses sommaires comporte des trous qu'il faut apprendre à lire.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Une Aventure de l'Araignée : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que publiait la revue, d'après les titres relevés

Le catalogue ne retient qu'un titre d'histoire par fascicule, et ce titre unique dessine déjà une ligne éditoriale très nette : l'adversaire avant le héros. Le premier numéro s'appelle « Le Bouffon Vert ». Suivent, au fil du temps, « Stegron », « Les tentacules ensorcelés », « Le triomphe du docteur Octopus », « La proie du Vautour », « La folie de Mysterio ». La revue se vendait sur une figure menaçante en couverture, et le titre français servait d'enseigne.

Ces titres sont ceux de l'éditeur français, pas des traductions mot à mot. Le sixième s'intitule « Le Titan Vert », appellation qui renvoyait alors, chez cet éditeur, au personnage connu aujourd'hui sous le nom de Hulk. Chercher ces intitulés dans un index américain ne donnera rien : c'est pourquoi un relevé français est la seule entrée pour reconnaître ce que vous tenez.

Attention cependant à ne pas confondre un titre relevé avec un sommaire. Ces revues empilaient plusieurs épisodes par fascicule, et le catalogue n'en garde qu'un. Le titre dit ce que contient le numéro, jamais tout ce qu'il contient. Cette limite commande la prudence sur tout le reste de l'achat.

Trois numéros par an, jamais quatre

Les dates de couverture sont trimestrielles, et c'est là que se joue la méprise la plus fréquente. Du deuxième au vingt-deuxième numéro, elles ne tombent que sur le premier, le deuxième et le troisième trimestre. Le quatrième trimestre n'apparaît pas une seule fois sur sept années consécutives.

Pour un collectionneur, la conséquence est libératrice : une série où il manquerait « le numéro d'hiver » ne manque de rien du tout. Le rythme réel est de trois fascicules par année civile, et un lot qui couvre quatre ans doit donc en compter douze pour être plein. Compter en trimestres mène à chercher des numéros qui n'ont jamais existé, et à payer un lot pour incomplet alors qu'il l'est.

Le premier numéro fait exception : daté du troisième trimestre 1977, il est seul sur son année, et le suivant n'arrive qu'au premier trimestre 1978. Ce décalage initial est un indice utile quand on date un exemplaire sans son environnement : un fascicule de cette revue portant une date de 1977 ne peut être que le premier.

Un seul objet, deux relevés : « L'Araignée » et le titre long

Les annonces raccourcissent. Vous lirez souvent « L'Araignée, Lug », et le catalogue entretient la confusion puisqu'il conserve, à côté de la fiche au titre long, une seconde entrée nommée simplement L'Araignée et datée de 1978, forte de vingt-cinq lignes. Deux publications distinctes, ou la même décrite deux fois ? La réponse change tout pour qui lit une petite annonce, et elle se mesure.

Elle est mesurable parce que les deux relevés se recoupent sur la numérotation et sur les années. Dix-neuf des entrées communes portent le même titre d'histoire, à la capitale et à l'accent près, et les années de couverture concordent ligne par ligne. Il s'agit du même objet, catalogué deux fois sous deux formes de son titre.

Ce doublon n'est pas du bruit : il est utile. Là où la fiche au titre long n'a enregistré qu'une page de quatrième de couverture, la fiche courte donne un vrai titre de récit. Le deuxième numéro devient ainsi « La Nuit du lézard », le dix-neuvième « La Fureur du Rhino ». Sept sommaires muets d'un côté sont renseignés de l'autre, ce qui fait du recoupement l'opération la plus rentable de toute l'identification.

Le relevé court est en revanche le plus pauvre des deux : il réduit les dates à l'année, laisse vide le champ des dessinateurs, orthographie mal un nom d'auteur, et place deux de ses numéros entre crochets, signe d'un chiffre reconstitué plutôt que lu sur la couverture. Pour une date ou une signature, fiez-vous à la fiche au titre long ; pour un titre d'histoire manquant, allez voir la courte.

Après ce croisement, il ne reste que deux fascicules dont aucun titre de récit n'est documenté : le troisième et le quatrième. Si vous les possédez, leur sommaire se lit sur l'exemplaire et nulle part ailleurs.

Les numéros que le relevé rend identifiables

Le premier concentre tout ce qui fait un numéro recherché sans qu'on ait besoin d'invoquer la rareté : il ouvre la série, il est seul sur son année, son titre annonce le Bouffon Vert, et la fiche y associe au dessin Jean-Yves Mitton et Steve Ditko. C'est aussi, mécaniquement, celui qui a le plus souffert : un lecteur conserve rarement le premier numéro d'une revue dont il ne sait pas encore s'il la suivra.

Le quatorzième porte un titre qui saute aux yeux dans n'importe quel lot : « Superman et Spider-Man », daté du premier trimestre 1982. Un fascicule français dont le récit annoncé réunit des personnages de deux maisons concurrentes se repère de loin et se vend comme tel. Le titre est ce que le relevé affirme ; le détail du sommaire, lui, reste à vérifier sur l'exemplaire.

Deux autres méritent d'être connus par leur titre. Le vingtième, « La Veuve et le Samouraï », est signé Chris Claremont au scénario, l'un des quatre numéros où son nom apparaît. Et le vingt-troisième s'appelle « La fin de l'Araignée », ce qui est un piège parfait : la série continue après lui, et huit fascicules le suivent encore. Le véritable dernier est le trente et unième, « Mort sans préavis », paru en 1987.

Les signatures, et ce que le champ des dessinateurs mélange

Une seule signature traverse la revue : Jean-Yves Mitton, présent sur vingt-trois des trente et une fiches. Surtout, il l'est sans interruption du premier au dix-neuvième numéro, puis seulement par intermittence, et plus du tout sur les cinq derniers. Ce basculement est un repère de datation à lui seul : un exemplaire sans Mitton appartient probablement à la dernière portion de la série.

La relève est identifiable, elle aussi. Jean Frisano apparaît dès le deuxième numéro, puis s'installe à partir du vingtième et accompagne la fin de la collection. Thomas Frisano, lui, ne figure que sur deux fiches, voisines, au tournant de 1982 et 1983 : une anomalie courte, qui vaut d'être vérifiée sur la couverture si vous tenez ces deux numéros.

Un point de lecture évite ici des conclusions fausses. Le champ des dessinateurs cumule jusqu'à trois noms sur une seule ligne, et y range côte à côte des signatures françaises et américaines : il regroupe plusieurs rôles sans les distinguer. Le même brouillage se retrouve au scénario, où des noms français surgissent à côté de l'auteur d'origine, vraisemblablement au titre de l'adaptation. Ne déduisez pas d'un nom qu'il a dessiné la couverture que vous regardez.

Reste la constante la plus visible : Stan Lee est crédité au scénario sur vingt fiches, et sur la totalité des neuf dernières. La fin de la revue puise dans un fonds ancien au moment même où les couvertures changent de main, ce qui est cohérent avec une publication qui se maintient plutôt qu'elle ne se renouvelle.

Frise de parution de Une Aventure de l'Araignée : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Reconnaître et dater un exemplaire

La date imprimée est votre premier outil, à condition de savoir ce qu'elle vaut selon l'époque. Une mention de trimestre situe l'exemplaire dans la première partie de la série, celle qui court jusqu'au vingt-deuxième numéro. À partir du vingt-troisième, les dates de couverture relevées ne portent plus que l'année : 1985, 1986, puis 1987 pour les trois derniers.

Le deuxième outil est le titre. Un numéro et un titre qui concordent avec le relevé valident l'exemplaire ; une discordance signale une erreur de lecture, ou une autre publication qui réemploie le même récit. Notez les deux ensemble, jamais le numéro seul.

Troisième signal, plus inattendu : le relevé enregistre, à deux reprises, une page renvoyant à une collection d'albums de l'éditeur. C'est le rappel qu'une partie de ce matériel a circulé sous d'autres formes que le fascicule. Avant de valider un achat, assurez-vous que l'objet annoncé est bien la revue, et pas un recueil qui en reprend le contenu.

L'état, et ce qui pèse vraiment sur cette série

Sur une revue dont l'argument de vente est la couverture signée, l'état de cette couverture pèse plus que partout ailleurs. Un fascicule au dos frotté mais à la couverture nette se défend ; l'inverse se décote durement, parce que c'est exactement ce que l'acheteur regarde. Examinez les angles, la pliure centrale et les manques de pellicule le long du bord.

Les traces d'usage sont ensuite très typées, pour une publication vendue en kiosque et conservée en pile : prix surchargé au crayon, tampon de marchand de journaux, prénom du lecteur inscrit, pliure dans le sens de la hauteur. Aucune n'est disqualifiante, toutes se négocient, et aucune ne se retire sans faire plus de dégâts que ce qu'elle coûte.

Le jaunissement, enfin, est la règle plutôt que l'exception sur ce papier. Ce qui doit alerter, c'est l'écart entre les cahiers d'un même exemplaire, souvent le signe d'une humidité passée. Sur le premier numéro, cette exigence se paie plus cher qu'ailleurs, et c'est le seul de la série où il vaut la peine d'attendre un bel exemplaire.

Les pièges à l'achat

Le premier piège est le titre raccourci de l'annonce. Un vendeur qui écrit « L'Araignée » ne propose pas forcément autre chose, mais il ne dit pas non plus ce qu'il a. Demandez le numéro, la date portée sur la couverture et le titre affiché.

Le deuxième est l'illusion du sommaire complet. Une fiche qui ne retient qu'un titre par fascicule ne permet d'affirmer ni la correspondance avec une parution américaine, ni la première apparition française d'un personnage. Tout vendeur qui promet l'une ou l'autre avance quelque chose que la donnée disponible ne soutient pas : la seule vérification possible se fait sur l'exemplaire, pages en main.

Le troisième est le lot « complet ». Trente et un fascicules, numérotés sans saut : la continuité est donc vérifiable en une minute, et une suite qui s'arrête au vingt-neuvième est incomplète, même si elle couvre bien dix années. Comptez les numéros, pas les années, et méfiez-vous d'un chiffre entre crochets dans un inventaire, qui trahit une numérotation déduite.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter la série, et tenir le compte

La série se complète par blocs, parce qu'elle a été publiée par blocs. Les trois dernières années fournissent des ensembles de trois fascicules cohérents, faciles à dater et souvent proposés groupés. La tête de collection, elle, se chasse à l'unité, et c'est là que se joue la patience.

Sécurisez donc d'abord ce qui est abondant, puis gardez une veille longue sur le premier numéro, qui n'arrive pas quand on le veut. Deux fascicules méritent une inspection attentive, le troisième et le quatrième, seuls à n'avoir aucun titre de récit documenté : si vous les tenez, vous êtes votre propre source.

Pour le suivi, notez pour chaque exemplaire le numéro, la date exactement telle qu'elle est imprimée, et le titre affiché en couverture. C'est cette combinaison qui vous évitera de racheter un numéro déjà possédé sous un intitulé abrégé, et qui rendra votre inventaire lisible par un acheteur le jour où vous vendrez. Les autres guides de collection appliquent la même discipline aux revues voisines.

La cote aujourd'hui, et comment la suivre

Raisonnez en rapports, jamais en montants, parce que la cote de ces fascicules bouge avec l'état et avec l'offre du moment. Le premier numéro se situe à un multiple net du reste de la série. Les fascicules de la fin, plus récents, circulent au contraire au prix le plus bas de l'ensemble, souvent en lots, ce qui en fait le meilleur terrain pour démarrer.

Entre deux exemplaires du même numéro, l'écart d'état crée un écart de prix plus large que l'écart de rareté entre deux numéros voisins. Autrement dit, sur cette revue, mieux vaut un bel exemplaire courant qu'un exemplaire fatigué d'un numéro réputé. Les titres repérables, comme celui qui annonce un récit partagé avec Superman, échappent partiellement à cette règle et se vendent sur leur sujet.

Suivre une cote, enfin, c'est suivre des ventes conclues et non des annonces en cours, sur une durée assez longue pour absorber les coups de chaleur liés aux adaptations.

Questions fréquentes

La série compte trente et un fascicules, numérotés de façon continue du premier au dernier, sans numéro sauté par l'éditeur. Autrement dit, tout trou dans votre suite est un manque chez vous, pas une particularité de publication. C'est une bonne nouvelle pour l'inventaire : la continuité se vérifie d'un simple coup d'œil sur les dos.

Parce que l'habillage de date a changé en cours de série. Les numéros les plus anciens portent un trimestre, ceux de la dernière partie ne portent plus que l'année. L'absence de trimestre n'est donc ni une anomalie ni un signe de réimpression : elle situe simplement votre exemplaire dans la portion tardive de la collection, à partir du vingt-troisième numéro.

Oui. Le catalogue conserve deux relevés, l'un sous le titre long, l'autre sous le titre abrégé, mais la numérotation et les années concordent, et la grande majorité des titres d'histoire communs sont identiques. Il s'agit du même objet décrit deux fois. Utilisez la fiche longue pour les dates et les signatures, la courte pour les titres qui y manquent.

Que le relevé a enregistré, pour ce fascicule, une page de réclame ou de dos de couverture au lieu du récit principal. Ce n'est pas le contenu du numéro, c'est une lacune de description. Sept fascicules sont dans ce cas sur la fiche principale, et presque tous retrouvent un titre de récit grâce au second relevé de la même revue.

Non, et c'est l'erreur la plus fréquente sur cette revue. Ce titre apparaît au vingt-troisième numéro, paru en 1985, alors que la publication continue jusqu'en 1987. Le véritable dernier fascicule s'intitule « Mort sans préavis ». Un lot présenté comme complet parce qu'il se termine sur « La fin de l'Araignée » ne l'est pas.