Un Récit Complet Marvel (Semic, 1989) : le guide de collection, illustration article

Sous Semic, Un Récit Complet Marvel couvre les numéros 21 à 52, de février 1989 à novembre 1996. Trente-deux fascicules, quatre par an, aucun trou de numérotation. Point décisif pour un acheteur: la série ne remet pas les compteurs à zéro, elle prolonge la numérotation déjà engagée. Et la promesse du titre, une histoire bouclée par fascicule, connaît des exceptions que les intitulés relevés au catalogue rendent visibles.

Vous avez une pile de ces grands fascicules à dos carré, et la question qui se pose n'est pas « lesquels sont beaux » mais « où commence et où s'arrête ce que je tiens ». C'est tout l'enjeu de cette série: son nom reste le même pendant plus de dix ans, l'éditeur change en cours de route, et la numérotation ne vous aide que si vous savez ce qu'elle raconte. Ce guide s'en tient aux numéros, aux dates de couverture et aux signatures relevées au catalogue, puis en tire ce qu'un collectionneur peut en faire.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Un Récit Complet Marvel : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que contient réellement un fascicule

Le relevé s'ouvre sur « La Panthère Noire », daté février 1989, scénario de Peter B. Gillis, dessin de Denys Cowan. Il se referme sur « Et elle vous détruira », signé Warren Ellis et Terry Dodson. Entre ces deux bornes, la logique éditoriale ne varie pas: un fascicule, un titre, une histoire longue mise en avant par la couverture.

Les intitulés relevés disent assez clairement comment la revue se vendait. Tantôt c'est un nom de personnage qui tient lieu de titre, « Venom », « Thanos », « Gambit », tantôt une formule qui résume une situation, « Niveau Zéro », « Posséder un lycaon », « Espèces menacées ». Dans le premier cas, l'éditeur mise sur la notoriété de la figure ; dans le second, sur l'intrigue. Pour vous, la conséquence est pratique: un fascicule dont le titre est un nom propre se repère d'un coup d'œil dans une caisse, les autres demandent de connaître la liste.

Une précision qui vaut mieux qu'une approximation: le catalogue ne retient qu'un titre d'histoire par numéro. Ces revues pouvaient accueillir un complément de pagination, un texte rédactionnel, parfois un second récit. Le sommaire intégral se vérifie sur l'exemplaire, pas dans une base. Quand un vendeur vous décrit un numéro par son seul titre de couverture, vous ne savez donc pas encore tout ce qu'il y a dedans.

La numérotation ne repart pas de 1, et ça change tout

C'est l'erreur la plus fréquente sur cette série, et elle coûte de l'argent. On suppose volontiers qu'un changement d'éditeur entraîne un nouveau départ, donc un « numéro 1 » à chercher. Ici, non: le premier fascicule de cette période porte le numéro 21. Le relevé antérieur, sous Lug, s'arrête au numéro 20, daté 1988. La suite s'enchaîne sans rupture de compteur.

Autrement dit, il n'existe pas deux fascicules susceptibles de porter le même numéro dans cette collection. Un vendeur qui vous propose « le numéro 25 » ne peut désigner qu'un seul objet. C'est une bonne nouvelle, parce que d'autres revues françaises de la même famille ont connu des reprises de numérotation qui rendent les annonces ambiguës et obligent à demander une photo de couverture avant d'acheter.

Pratiquement, cela signifie que votre collection est une seule ligne continue, pas deux séries à réconcilier. Si vous classez par numéro, le passage d'un éditeur à l'autre ne se voit pas dans le rangement, seulement dans la mention portée sur le fascicule. Beaucoup de collections dites « incomplètes » le sont uniquement parce que leur propriétaire cherchait un départ qui n'a jamais existé.

Un rythme trimestriel tenu sans faute pendant huit ans

Les dates de couverture dessinent une régularité rare. Février, mai, août, novembre: ce quatuor revient chaque année, de 1989 jusqu'à la fin du relevé. Aucune année ne compte trois parutions, aucune n'en compte cinq.

Pour un collectionneur, cette régularité est un outil de vérification immédiat. Un numéro impair ou pair ne vous dit rien par lui-même, mais le mois, lui, est contraint: si on vous annonce un fascicule daté d'un autre mois que ces quatre, il y a soit une erreur de lecture, soit une confusion avec une autre revue de la même maison. Vous pouvez aussi reconstituer de tête la date d'un numéro manquant, ce qui aide à juger la cohérence d'un lot vendu en vrac.

Cette régularité tranche avec la période antérieure, où les dates relevées sont beaucoup plus flottantes, parfois réduites à une année seule, parfois exprimées en trimestres. Le passage à un calendrier strict est donc le vrai marqueur de cette seconde moitié de vie de la revue, davantage que n'importe quel détail de maquette.

« Récit complet »: la promesse et ses exceptions

Le titre de la revue est un engagement commercial: vous achetez un fascicule, vous lisez une histoire finie. Les intitulés relevés montrent que cet engagement a été tenu dans l'immense majorité des cas, mais pas partout, et c'est exactement ce qu'un acheteur doit savoir avant de payer un numéro au prix d'une pièce recherchée.

Quatre numéros portent une mention de partie dans leur titre même. Le plus net est le bloc signé Jim Starlin autour de Thanos: le catalogue relève une « 2ème partie », puis une « 4ème partie », puis une « 6ème partie ». Les parties de rang impair ne figurent pas sous ces titres dans la série. Si vous achetez ces trois fascicules en espérant une histoire continue, vous aurez une moitié d'histoire.

Le cas n'est pas isolé: un numéro de février 1994 s'intitule « De chair et de fer, 2ème partie », scénario de Fabian Nicieza, dessin de John Romita Jr. Là encore, la mention de partie est portée par le titre lui-même, donc elle n'est pas une interprétation de notre part. D'autres intitulés suggèrent une appartenance à un ensemble plus large sans le dire aussi franchement, « Dossier Serval Phase 3 », « Épilogue », « Dénouement ». Avant d'acheter l'un de ces numéros isolément, posez la question au vendeur: le récit se tient-il seul à la lecture ?

Les signatures qui structurent la série

Trois noms suffisent à découper la chronologie, et aucun ne couvre l'ensemble. Chris Claremont apparaît au scénario sur la première séquence du relevé, de 1989 au début des années suivantes, puis disparaît de la liste. Jim Starlin occupe un bloc court et dense, resserré sur deux années consécutives, celui de Thanos. Howard Mackie, lui, est l'homme de la fin: cinq numéros à son nom, le premier en 1991, le dernier en 1996, ce qui en fait le scénariste le plus présent de toute la période.

Côté dessin, la récurrence la plus parlante est Ron Lim, crédité sur cinq numéros répartis sur l'essentiel du parcours. Un autre nom mérite l'attention: Ciro Tota, crédité sur trois numéros rapprochés au début de la période. Sa présence est un indice utile quand vous essayez de situer un fascicule sans date lisible, puisqu'elle se concentre sur les tout premiers numéros de cette séquence.

On trouve aussi des signatures qui ne reviennent qu'une fois mais qui pèsent lourd auprès des acheteurs: Todd McFarlane, Alan Davis au scénario et au dessin d'un même numéro, George Pérez, Jim Lee, Mike Mignola, Kevin Maguire. Ces apparitions ponctuelles expliquent une large part des écarts de demande d'un numéro à l'autre, bien plus que la rareté réelle des tirages.

Les 5 questions fréquentes auxquelles répond l'article

Vous collectionnez cette série ?

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Les numéros qui comptent, et pourquoi

Le numéro 25, daté février 1990, est celui que l'on vous réclamera le plus souvent: titre « Venom », scénario de David Michelinie, dessin de Todd McFarlane. Cette combinaison de personnage et de dessinateur concentre à elle seule deux motifs de collection très demandés, et un fascicule français qui les réunit sort du lot.

Le numéro 31, daté août 1991, s'intitule simplement « Thanos », avec Jim Starlin au scénario comme au dessin, accompagné de Ron Lim. Le titre nu, sans sous-titre ni mention de partie, est en soi une information: il annonce une entrée dans le sujet plutôt qu'un épisode intermédiaire. C'est le point de départ logique si vous constituez un ensemble autour de ce personnage.

Trois autres numéros se négocient à part pour des raisons de noms propres: « La Panthère Noire » ouvre la période, « Gambit » concentre la demande liée au personnage, et le dernier fascicule de novembre 1996 vaut par sa position de clôture autant que par ses auteurs. Un numéro de fin de série est toujours plus difficile à trouver que ses voisins, parce que les tirages se resserrent et parce que les lecteurs ont souvent décroché avant.

Reconnaître et dater un exemplaire

La datation de cette série est plus subtile qu'elle n'en a l'air. Le relevé laisse apparaître quatre numéros consécutifs, situés autour de 1990 et 1991, dont le mois est noté entre crochets par le catalogue. Cette convention signale une date reconstituée à partir de la place dans la série, et non une date lue sur l'objet.

La conséquence est directe: sur ces fascicules, n'attendez pas de trouver un mois imprimé en couverture. Si un vendeur vous affirme une date précise au mois près pour l'un d'eux, demandez-lui où elle figure. Il peut l'avoir reprise d'une liste, ce qui est légitime, mais ce n'est alors pas une mention de l'exemplaire. Pour tous les autres numéros, le mois relevé correspond au calendrier trimestriel, et le trio mois plus année plus numéro doit être cohérent.

Un dernier point d'honnêteté: un numéro de novembre 1992 n'a aucun titre d'histoire enregistré au catalogue, alors que ses auteurs le sont, Peter David au scénario et Andy Kubert au dessin. Ce blanc n'est pas une anomalie de l'objet, c'est une lacune de la donnée. Si vous tenez ce fascicule, le titre de couverture est sous vos yeux et nulle part ailleurs, et c'est précisément le genre de vérification que seul un exemplaire en main permet.

L'état d'un exemplaire, et ce que le format impose

Ces fascicules sont épais et reliés au dos carré, ce qui déplace les points de faiblesse par rapport à une revue agrafée. Le dos se marque dès la première lecture appuyée, et un pli de dos ne se corrige pas. C'est le premier endroit à regarder, avant même les coins.

Regardez ensuite la planéité de la couverture et l'état du bloc intérieur: un dos carré mal collé se détache par cahiers entiers, et une page qui se désolidarise fait chuter la valeur bien plus vite qu'une couverture un peu frottée. Le papier de cette période jaunit par les tranches ; un jaunissement homogène est normal pour l'âge, une auréole localisée indique une exposition à l'humidité et doit faire baisser votre offre.

Méfiez-vous enfin des lots stockés debout sans soutien: le poids du fascicule le fait vriller, et la gondole se voit sur une photo de côté. Demandez une vue de la tranche.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Les pièges à l'achat

Le piège principal découle de tout ce qui précède: acheter un numéro portant une mention de partie en croyant acheter un récit complet. L'annonce reprend souvent le titre en le tronquant, et la mention de partie disparaît. Lisez le titre en entier, et si le vendeur ne le donne pas, réclamez la photo de couverture.

Deuxième piège, la confusion avec les autres revues de même famille parues au même moment: un fascicule isolé se décrit facilement comme « un récit complet Marvel » au sens générique. Le nom exact de la série et un numéro compris dans la plage couverte ici sont les seuls critères fiables.

Troisième piège, le lot « complet » qui ne l'est pas. Puisque la numérotation continue une séquence antérieure, un vendeur de bonne foi peut appeler « série complète » ce qui ne couvre que la seconde moitié. Comptez les numéros, vérifiez la borne basse, et pour la borne haute souvenez-vous que les derniers numéros sont ceux qui manquent le plus souvent dans les ensembles revendus.

Compléter la série et suivre sa collection

La cible est parfaitement définie: trente-deux fascicules, aucun trou dans le compteur, aucune variante à départager. Vous savez combien il vous en manque, ce qui est loin d'être le cas sur les revues mensuelles de la même époque.

La stratégie efficace consiste à sécuriser d'abord les numéros tirés par un personnage à forte demande, parce que ce sont eux qui s'écartent du reste avec le temps, puis à ramasser le ventre de la série en lots, où les prix à l'unité s'effondrent. Les pièces liées à Venom et à Thanos ne baissent pas, les épisodes au titre descriptif se négocient beaucoup plus calmement.

Côté suivi, tenez une ligne par numéro avec la date de couverture, le titre relevé, l'état du dos et la provenance. Les ensembles autour des X-Men ou de Gambit se recoupent d'une série française à l'autre, et sans inventaire écrit vous rachèterez deux fois le même fascicule.

Questions fréquentes

Non. Le premier fascicule de cette période porte le numéro 21, et la séquence antérieure s'achève au numéro 20. La numérotation se poursuit donc sans remise à zéro, ce qui écarte tout risque de voir deux fascicules différents porter le même numéro dans cette collection. Un acheteur n'a jamais à demander lequel des deux on lui propose.

Trente-deux fascicules, du numéro 21 à février 1989 jusqu'au numéro 52 de novembre 1996. Aucun numéro ne manque dans la séquence, ce qui rend l'objectif facile à suivre. Attention toutefois au sens du mot complet chez un vendeur: il désigne parfois cette seule plage, parfois l'ensemble depuis l'origine de la série.

Presque toujours, mais pas systématiquement. Quatre titres relevés portent eux-mêmes une mention de partie, dont trois autour du cycle de Thanos signé Jim Starlin, où les parties de rang impair ne figurent pas sous ces intitulés. Avant un achat isolé, lisez le titre complet et demandez si le récit se tient seul à la lecture.

Les crochets signalent un mois reconstitué d'après la place du fascicule dans la série, pas une date imprimée. Quatre numéros consécutifs du début des années quatre-vingt-dix sont dans ce cas. Si une annonce donne un mois précis pour l'un d'eux, demandez où il figure sur l'objet: il vient probablement d'une liste, non de la couverture.

Celui titré Venom, daté février 1990, avec David Michelinie au scénario et Todd McFarlane au dessin. Le numéro consacré à Thanos, signé Jim Starlin, suit de près. Dans les deux cas, la demande vient du couple personnage et dessinateur, pas d'une rareté de tirage, ce qui veut dire que l'état du dos pèse très lourd sur le prix obtenu.