Les meilleurs runs de Jean Grey : 7 ensembles classés, de 1976 à 2018, illustration article

Première du classement : la Saga du Phénix Noir, signée Claremont et Byrne en 1980 (Uncanny X-Men #129 à #138). Viennent ensuite la Saga du Phénix de Claremont et Cockrum (#101 à #108) puis le New X-Men de Grant Morrison, entre 2001 et 2004. Ce classement retient sept ensembles, de 1976 à 2018, avec pour chacun le niveau de continuité exigé et le format à viser, fascicules ou recueils.

Marvel Girl, Phénix, Jean ressuscitée, Jean adolescente arrachée au passé : l'héroïne des X-Men a porté tant de statuts qu'aucun run ne la résume seul. Notre guide de lecture propose un parcours dans l'ordre de parution ; ici, nous faisons autre chose et nous hiérarchisons, en acceptant qu'un ensemble capital pour l'histoire de Marvel arrive après un ensemble plus réussi.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs de Jean Grey présentés dans cet article, du premier au dernier

Le barème de ce classement

Jean Grey ne possède presque aucune série solo avant 2017. Elle vit dans des séries d'équipe, et c'est donc une portion de ces séries que nous classons : un enchaînement de numéros où elle tient le rôle central, pas un titre à son nom. Pour départager les sept ensembles, nous avons pesé quatre éléments. La place de Jean dans l'intrigue, d'abord, car un run où elle n'est qu'une silhouette derrière Cyclope ne passe pas. Ensuite, la capacité du récit à se lire sans vingt ans de lectures préalables. Troisième élément, la trace laissée chez les scénaristes suivants, qui se mesure à ce qu'ils ont repris, contredit ou réparé. Enfin, la facilité à se procurer le texte aujourd'hui.

Ce rang juge la lecture, pas le marché. Les numéros qui se vendent le plus cher, X-Men #1 (1963) et X-Men #101 (1976), n'ouvrent pas le plus beau récit ; ils marquent une naissance. Gardez cette distinction en tête quand viendra la section consacrée à la collection.

Top 1 : Chris Claremont et John Byrne, la Saga du Phénix Noir (1980)

Dix numéros d'Uncanny X-Men, du #129 (janvier 1980) au #138, encrés par Terry Austin. Le Club des Damnés, société secrète qui avance masquée dans les hautes sphères de New York, s'intéresse à Jean ; sa manipulation d'un esprit déjà bouleversé par la puissance du Phénix fait basculer le récit de l'aventure vers la tragédie. Le #129 présente Kitty Pryde et Emma Frost, et le #134 voit Jean paraître sous les traits de Phénix Noir. Dès le #135, l'histoire quitte la Terre pour l'espace, et l'empire Shi'ar finit par réclamer des comptes, ce qui prépare l'épisode #137.

Pourquoi ce premier rang ? Parce que John Byrne ne se contente pas de dessiner : il participe à la construction des intrigues, et cela se voit dans la mécanique des épisodes, qui ne gaspillent aucune planche. Le dénouement a, de plus, été modifié sur demande de l'éditorial de l'époque : le projet initial des deux auteurs n'est pas celui qui a été publié. Aucun autre run de Jean ne fait peser un tel poids sur le reste de la mythologie : Avengers #263 et Fantastic Four #286, six ans plus tard, existent pour défaire ce qui s'est joué ici.

Il s'adresse même au lecteur étranger aux mutants : Claremont glisse dans chaque épisode les rappels dont un débutant a besoin. Côté format, les fascicules d'origine sont des objets de collection à part entière, mais la lecture se fait très bien en album. Le détail des éditions françaises, du kiosque de 1982 aux albums Panini, est dans notre article consacré à la Saga du Phénix Noir en VF.

Top 2 : Chris Claremont et Dave Cockrum, la Saga du Phénix (1976-1977)

Le point de départ de tout le reste. Uncanny X-Men #101 (octobre 1976) montre Jean revenue d'un vol spatial qui a tourné à la catastrophe et métamorphosée en Phénix ; Dave Cockrum dessine la silhouette verte et or qui restera la signature visuelle du personnage. La séquence #101 à #108 mêle ce changement de statut à une guerre au sein de l'empire Shi'ar, où Lilandra, héritière légitime, cherche l'appui des mutants contre D'Ken. John Byrne arrive aux crayons à la fin de cette période, ce qui prépare le tandem de 1980.

Ce run compte parce qu'il fait de Jean le moteur de l'équipe : jusque-là, la Marvel Girl de 1963 servait de contrepoint aux autres membres. Il est plus daté que la saga de 1980, avec des narrations explicatives qui paraîtront lourdes à un lecteur contemporain, mais il fournit l'explication qui rend l'arc noir lisible. On le recommande à celui qui a aimé 1980 et veut savoir d'où vient la puissance. Pour la collection, le #101 est le numéro que tout le monde cherche ; voyez notre fiche sur X-Men #101 et la première apparition de Phénix.

Top 3 : Grant Morrison et Frank Quitely, New X-Men (2001-2004)

Le run court du #114 au #154 de la série renommée New X-Men. Grant Morrison y refonde les X-Men en école ouverte, avec un Xavier Institute qui accueille des centaines d'élèves, et installe Jean et Scott parmi les enseignants-équipiers. Emma Frost, télépathe elle aussi, devient une présence proche de Cyclope : ce triangle traverse le run et met Jean à l'épreuve d'une manière que les années 1990 n'avaient pas prévue. Frank Quitely dessine les premiers arcs ; d'autres dessinateurs, dont Phil Jimenez et Igor Kordey, prennent la suite.

La mythologie du Phénix est reprise par un angle neuf : « Planet X » (#146 à #149) prépare un #150 qui bouleverse la situation de Jean, puis « Here Comes Tomorrow » (#151 à #154) projette le récit loin dans le futur, avec une version cosmique du Phénix. Nous ne détaillons pas l'issue, mais le #150 est le numéro de ce run que les collectionneurs retiennent. Notre article sur Grant Morrison, par où commencer situe ce travail dans l'œuvre de l'auteur.

Le run s'adresse au lecteur déjà familier de l'univers X-Men : les trouvailles de Morrison supposent de connaître les conventions qu'il détourne. Les fascicules sont abondants et peu chers à l'unité ; les recueils épais rendent la lecture plus fluide.

Top 4 : Bob Layton, Louise Simonson et Walter Simonson, X-Factor (1986-1991)

Après Avengers #263 et Fantastic Four #286 (janvier 1986), qui révèlent que la vraie Jean n'était pas morte, X-Factor #1 (février 1986) réunit les cinq X-Men d'origine. Bob Layton lance la série ; Louise Simonson l'écrit ensuite et Walter Simonson en dessine une partie. Le run suit une équipe qui se présente au public comme chasseuse de mutants pour mieux protéger les jeunes mutants, et le retour de Jean à la vie normale s'y double d'une question gênante : que devient Madelyne Pryor, l'épouse de Scott pendant l'absence de Jean ?

Le point d'orgue est Inferno (1988-1989), qui entrelace X-Factor, X-Men et New Mutants et règle le sort de Madelyne. C'est aussi le moins accessible des runs précédents : Inferno suppose de lire plusieurs titres en parallèle. Les premiers numéros sont en revanche abordables par n'importe qui. Pour la collection, X-Factor #1 est le numéro à viser, et l'association Avengers #263 et Fantastic Four #286 se vend le plus souvent en lot.

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →
Les sections de l'article sur Les meilleurs runs de Jean Grey, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Brian Michael Bendis et Stuart Immonen, All-New X-Men (2012-2015)

L'idée tient en une phrase : Hank McCoy, inquiet de l'évolution de Cyclope, ramène les cinq X-Men d'origine du passé jusqu'au présent. Jean arrive donc dans un monde où elle sait qu'une future version d'elle a tenu le rôle de Phénix, et le run se nourrit de cette connaissance. Brian Michael Bendis écrit avec sa vivacité de dialoguiste ; Stuart Immonen livre un dessin net, parfaitement lisible. Notre article sur l'histoire de Bendis replace ce travail dans son parcours.

Ce classement place All-New X-Men en cinquième position parce que Jean y partage l'écran avec quatre autres personnages et que le cadre est celui d'une saga longue, tributaire de crossovers. Le plaisir de l'ensemble vient surtout des scènes où la jeune Jean mesure l'écart entre ses pouvoirs d'adolescente et ceux de sa propre version future. C'est le run idéal pour qui sort d'une lecture de film et veut une Jean fraîche. Les fascicules sont récents, tirés en nombre, et ne posent aucun problème d'accès.

Top 6 : Dennis Hopeless et Victor Ibáñez, Jean Grey (2017-2018)

Onze numéros : c'est la première série régulière portée par le seul nom de Jean. Elle suit la Jean adolescente venue du passé, que la série prépare à affronter la Force du Phénix. Dennis Hopeless écrit une quête presque intérieure, et Victor Ibáñez en tire des planches claires, où les scènes psychiques tiennent lieu de grandes batailles. Le ton est celui d'une enquête sur soi.

Le run est court et tributaire de All-New X-Men, ce qui l'empêche de monter plus haut. Il compte pourtant parce qu'il fait de Jean le sujet exclusif d'une série, une première dans son histoire éditoriale. À qui le recommander ? À celui qui préfère une héroïne en construction à la figure tragique de 1980. En collection, onze fascicules modernes se rassemblent vite ; un recueil unique suffit pour la lecture.

Top 7 : Matthew Rosenberg et Leinil Francis Yu, Phoenix Resurrection (2017-2018)

Une mini-série de cinq numéros, sous-titrée The Return of Jean Grey, qui ramène la Jean adulte après des années d'absence. Le retour de Jean est l'enjeu des cinq numéros, écrits par Matthew Rosenberg ; Leinil Francis Yu soigne un dessin dense, ample, très à son aise dans l'action. La suite est Tom Taylor et X-Men Red (2018), où Jean réunit sa propre équipe : le prolongement logique pour qui veut voir ce que devient la Jean ressuscitée.

La mini-série ferme le classement parce qu'elle sert surtout de jalon : elle remet l'héroïne dans le présent plus qu'elle ne propose une histoire autonome. Elle parle au lecteur qui connaît déjà Jean. Elle fait aussi le pont vers l'ère Krakoa, que House of X et Powers of X ouvrent en 2019, et aide à saisir la situation actuelle du personnage.

Par lequel commencer selon votre profil

Si vous découvrez Jean Grey, démarrez par le Top 1 et ne remontez à 1976 qu'ensuite : la tragédie de 1980 se goûte mieux quand l'ascension est fraîche, mais elle se comprend sans elle. Si vous avez déjà lu les X-Men et cherchez un point de vue neuf, le Top 3 de Grant Morrison fera lire les mêmes personnages autrement. Pour qui vient d'une adaptation à l'écran et veut une héroïne jeune, le Top 5 et le Top 6 forment un parcours cohérent en peu de volumes.

Le lecteur qui aime les crossovers prendra la voie X-Factor, jusqu'à Inferno ; le lecteur pressé choisira un seul album pour la saga de 1980. Nos pages sur les meilleurs arcs de Jean Grey complètent ce classement, en isolant les arcs plutôt que les runs.

Ce que valent ces runs en collection

Un run se valorise autrement qu'un numéro. Le premier réflexe est de séparer les numéros charnières, qui portent la demande, des numéros courants, qui la suivent à peine : dans la Saga du Phénix Noir, ce sont #129, #134, #135 et #137 ; dans le Phénix de 1976, le #101 ; dans X-Factor, le #1. Entre les deux familles, l'écart de prix est le vrai révélateur de ce qu'un lecteur paie, et c'est lui qu'il faut observer avant d'acheter une série complète.

Pour chiffrer une pièce, cherchez des ventes conclues portant sur le même état et la même édition, et écartez les retirages, qui faussent la comparaison. Les fascicules de 1976 à 1980 sont rares en haut grade, les numéros de 2012 à 2018 sont abondants : il vaut mieux acheter les seconds en lot et les premiers à l'unité, avec une idée précise de l'état voulu. Sur un exemplaire gradé, lisez toute l'étiquette avant de vous fier à la note.

Les récentes séries, All-New X-Men, Jean Grey de 2017 et Phoenix Resurrection, n'ont pas de cote installée. Ce qui la fera bouger tient à des paramètres qu'on suit de loin : la durée de la série, les rééditions successives, le retour éventuel du personnage dans une adaptation, la rareté des couvertures alternatives. Nous n'avançons aucun chiffre pour ces numéros, faute de donnée stable. Les recueils, enfin, sont des livres de lecture : ils se trouvent à prix raisonnable, et leur valeur tient à leur état et à leur édition. Pour construire la liste des numéros charnières, appuyez-vous sur notre page des numéros clés de Jean Grey.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs de Jean Grey auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

C'est la Saga du Phénix Noir, œuvre de Chris Claremont et John Byrne parue en 1980 dans Uncanny X-Men, du #129 au #138. Elle est autonome, ramassée sur dix numéros et reste la référence du personnage. Elle passe devant la Saga du Phénix de 1976 et le New X-Men de Grant Morrison, qui demandent davantage de contexte.

Non. La Saga du Phénix, du #101 au #108, explique la fusion de Jean avec la Force cosmique, mais Chris Claremont rappelle l'essentiel dans les épisodes de 1980. L'ordre de parution reste préférable si vous voulez vivre l'ascension avant la chute, sans que ce soit une condition.

Oui, depuis 2017 : Jean Grey, par Dennis Hopeless et Victor Ibáñez, onze numéros centrés sur la version adolescente du personnage. Une série limitée de 2023, signée Louise Simonson, revient ensuite sur la Force du Phénix. Auparavant, le personnage vivait uniquement dans des séries d'équipe.

Son retour est préparé dans Avengers #263 et Fantastic Four #286, en janvier 1986, puis installé dans X-Factor #1 le mois suivant. Les deux premiers numéros expliquent que la Jean disparue n'était pas la vraie ; X-Factor la réunit à Cyclope, Iceberg, l'Archange et le Fauve.

Pour lire, un recueil suffit et coûte moins cher qu'une série de fascicules. Pour collectionner, visez à l'unité les numéros charnières : #101, #129, #134, #135, #137 et X-Factor #1. Les numéros courants des runs de 2012 à 2018 sont si abondants qu'un recueil les remplace sans regret.

Vous possédez un Uncanny X-Men de la période Claremont, un X-Factor #1 ou un exemplaire de la Saga du Phénix Noir ? Faites estimer son état et sa place sur le marché.

Estimer mon comic