The X-Men #101, daté d'octobre 1976, est écrit par Chris Claremont et dessiné par Dave Cockrum. Jean Grey y ressurgit des eaux de Jamaica Bay après le crash de la navette, dans un costume neuf, et se présente sous le nom de Phoenix. Ce n'est pas la naissance d'une héroïne inédite : le personnage existe depuis 1963 sous le nom de Marvel Girl. Le numéro acte un changement de nom, de costume et d'échelle de puissance. Les collectionneurs le cherchent comme premier jalon d'une trajectoire dont la suite viendra quatre ans plus tard.
Peu de numéros se vendent autant sur ce qui leur arrive après qu'ils ne se vendent sur leur propre contenu. Celui-ci en fait partie, et c'est tout le problème quand on l'achète. On croit payer une première apparition au sens plein, celle d'un personnage qui n'existait pas la veille, alors qu'on paie en réalité une bascule d'identité : la même héroïne, créditée différemment, dotée d'un registre de pouvoir qui ne ressemble plus au sien. Savoir exactement ce que contient le fascicule change la manière dont on juge un prix demandé, et surtout la manière dont on lit les descriptions de vente, souvent plus généreuses que les faits.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que contient exactement The X-Men #101
Le fascicule porte la date de couverture d'octobre 1976. Au scénario, Chris Claremont ; au dessin, Dave Cockrum, qui accompagne la série depuis la relance de l'équipe. Le récit prend la suite directe du numéro précédent : l'équipe redescend d'orbite dans une navette, Jean Grey tient les commandes pendant la rentrée atmosphérique et encaisse une exposition qui aurait dû la tuer. L'appareil termine sa course dans les eaux de Jamaica Bay, et c'est de là qu'elle émerge, debout, en annonçant son nouveau nom.
Le reste du numéro ne s'attarde pas sur cette transformation. L'équipe repart très vite vers l'Irlande, où le récit installe un affrontement qui occupera les épisodes suivants. Autrement dit, la scène que tout le monde achète occupe une fraction du fascicule, et le volume de pages est consacré à une intrigue qui n'a rien à voir avec elle. C'est fréquent dans les numéros clés de cette période, où les bascules de personnage se jouent en quelques planches au milieu d'un arc en cours.
Sur la couverture, l'image mise en avant est celle de la transformation. C'est elle qui a fixé le numéro dans la mémoire collective, bien plus que les pages intérieures, et elle explique en grande partie pourquoi les exemplaires présentables se négocient au-dessus du reste de la fourchette 94-110.
Où en était la série en 1976
Le titre venait de repartir après des années passées en régime de réimpressions. L'équipe internationale avait été présentée dans un numéro géant en 1975, puis la série régulière avait reparlé d'aventures inédites à partir du numéro 94. Nous sommes donc, en 1976, dans une série en reconstruction, portée par une petite audience fidèle, sans la stature commerciale qu'elle aura à la fin de la décennie.
À cette époque, la parution n'était pas mensuelle : les épisodes sortaient espacés, ce qui explique à la fois le rythme narratif compressé de Claremont et le fait que les tirages de la série ne rivalisaient pas avec ceux des titres phares de l'éditeur. Pour un acheteur, cette donnée compte plus que n'importe quelle anecdote : elle borne le nombre d'exemplaires qui circulent aujourd'hui dans les hauts grades.
Le logo lui-même n'avait pas encore reçu l'adjectif qui restera associé à la série pendant trente ans ; il arrivera un peu plus tard dans la numérotation. Au catalogue, la série est donc enregistrée sous son titre d'origine, The X-Men (1963), et les numéros de cette période en relèvent, sans série distincte à créer.
Ce que ce numéro ne contient pas
Il ne contient pas la première apparition de Jean Grey. Celle-ci remonte à X-Men #1, en 1963, sous la signature de Stan Lee et Jack Kirby, et le personnage y porte le nom de Marvel Girl. Confondre les deux revient à confondre une création et une refonte. Un vendeur qui décrit le numéro 101 comme la première apparition du personnage se trompe, ou vous trompe, et la nuance vaut des écarts de prix considérables.
Il ne contient pas non plus la saga qui a rendu Phoenix célèbre. Le basculement vers Dark Phoenix sera publié quatre ans plus tard, dans une série d'épisodes de 1980 signés Claremont et John Byrne, dont l'issue, la mort du personnage, est devenue l'une des séquences les plus commentées du médium. Les numéros concernés sont d'autres fascicules, avec leur propre cote et leur propre rareté en haut grade.
Enfin, il ne contient pas la mécanique telle qu'elle est comprise aujourd'hui. En 1976, le récit présente une métamorphose du personnage lui-même. Une décennie plus tard, un épisode publié dans les pages de Fantastic Four réinterprétera l'ensemble en dissociant la force cosmique de la jeune femme. Le numéro 101 est la première apparition d'une identité, pas celle d'une entité.
Pourquoi il est devenu une clé
Trois raisons se cumulent. D'abord, le nom. Phoenix est devenu l'un des rares alias Marvel aussi connus que le personnage qui le porte, et le marché valorise toujours le premier fascicule qui affiche un nom et un costume, même quand la personne sous le masque préexistait. Ensuite, la position dans la numérotation : le numéro 101 ouvre la portion la plus recherchée de la série, celle où l'équipe de Wolverine s'installe durablement.
La troisième raison est plus froide. Les tirages de 1976 étaient modestes, les fascicules circulaient en kiosque sans protection, et la part des exemplaires conservés en très bel état est faible. Quand un titre devient rétrospectivement important alors que personne ne le mettait de côté à sa sortie, l'écart entre l'offre en hauts grades et la demande se creuse mécaniquement. C'est exactement la configuration de ce numéro.
À l'inverse, la clé reste de second rang par rapport aux premières apparitions pleines de la même décennie. Un collectionneur qui construit une série complète autour de Jean Grey le considérera comme indispensable ; un investisseur pur lui préférera souvent les numéros de 1980. Les deux lectures sont défendables, elles ne mènent simplement pas au même budget.
Ce qui fait bouger la cote
L'état domine tout le reste. Sur un fascicule de 1976, la différence entre un exemplaire lu et un exemplaire presque intact se compte en multiples, pas en pourcentages. Les points de contrôle sont connus : la tenue du dos, la planéité de la couverture, la couleur des tranches de papier, la présence d'un pli de lecture vertical, et la netteté des coins, qui s'émoussent au premier rangement en carton mal calé.
Vient ensuite la question du marché local. Les fascicules de cette période ont circulé en plusieurs versions selon les territoires de distribution, avec des mentions de prix différentes imprimées sur la couverture. Selon l'exemplaire que vous avez en main, la provenance peut jouer dans un sens comme dans l'autre, et il n'existe pas de règle universelle : c'est à vérifier au cas par cas, en comparant la couverture à ce que le catalogue décrit pour ce numéro.
Le papier, enfin, est un facteur qu'on sous-estime. Le milieu des années 1970 produit des fascicules dont les pages jaunissent vite et deviennent cassantes si elles ont vécu dans un grenier. Deux exemplaires notés dans le même voisinage de grade mais dont l'un conserve des pages claires ne se vendent pas au même niveau, et l'écart s'accentue sur les numéros recherchés.
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Le premier réflexe est de lire l'indicia, le bloc légal imprimé en petits caractères sur la première page intérieure. Il porte la date de parution et le numéro de volume, et c'est lui qui tranche quand la couverture laisse un doute. Une couverture identique avec un indicia plus tardif signale une réimpression, pas un exemplaire de 1976.
Les épisodes de cette portion de la série ont été republiés plusieurs fois. Une collection de réimpressions lancée au milieu des années 1980 a repris l'arc dans l'ordre, en numérotation propre, avec parfois des planches ajoutées. S'y ajoutent les recueils cartonnés et les volumes économiques en noir et blanc publiés depuis. Aucun de ces supports ne porte la valeur du fascicule d'origine, et tous se reconnaissent immédiatement : format, pagination, qualité de papier, mentions de copyright postérieures.
Méfiez-vous en revanche du fascicule reconstitué : une couverture correcte mariée à l'intérieur d'un autre exemplaire. Comptez les pages et regardez les agrafes, dont l'oxydation doit être cohérente avec celle du papier qui les entoure.
Les pièges à l'achat
Le piège le plus courant reste la description qui mélange les étapes. On lit régulièrement que le numéro contient la première apparition de Dark Phoenix, ce qui est faux : le personnage sous cette forme arrive en 1980. On lit aussi qu'il s'agit de la première apparition de Jean Grey, ce qui ignore treize années de publication. Dans les deux cas, le prix demandé suit la description, pas le contenu.
Deuxième piège, les restaurations non déclarées. Un dos consolidé, une déchirure recollée, une couleur retouchée sur une pliure se repèrent à la lumière rasante et au toucher, mais pas toujours sur une photographie. Demandez des clichés du dos et des tranches, pas seulement de la couverture de face, et exigez une photo du numéro ouvert à plat sans forcer la reliure.
Troisième piège, les lots. Les séquences 94-110 se vendent souvent groupées, et le numéro 101 y sert d'argument commercial alors que les autres fascicules du lot sont en état médiocre. Faites le calcul numéro par numéro avant d'accepter un prix global : un lot n'est intéressant que si la clé y est au moins au niveau du reste, et c'est rarement le cas.
Les numéros voisins qui comptent
Le numéro géant de 1975 qui présente l'équipe internationale reste la pièce maîtresse de la période, et sa cote joue dans une autre division. Le numéro 94 de la série régulière, qui ouvre les récits inédits avec cette nouvelle formation, en est le prolongement naturel et constitue la deuxième clé de la séquence.
Côté suite, les épisodes de 1980 forment un bloc à part. Celui qui ouvre la saga présente deux personnages qui feront carrière, et celui qui la referme contient le dénouement du destin de Phoenix. Ces deux fascicules sont des objectifs distincts, à budgéter séparément, et leur disponibilité en hauts grades est bien meilleure puisqu'ils datent d'une époque où les lecteurs conservaient déjà leurs achats.
Entre les deux, le retour d'un adversaire historique de l'équipe dans les épisodes qui suivent immédiatement le numéro 101 vaut la peine d'être signalé, ne serait-ce que pour la cohérence d'une collection suivie. Le hub Storm permet de replacer chaque arrivée de personnage dans cette chronologie, utile quand on construit la séquence dans l'ordre plutôt qu'au coup par coup.
Ce que la notation change
Faire noter un fascicule de 1976 a un intérêt réel dès que l'exemplaire est beau : le boîtier scellé supprime la discussion sur l'état et élargit immédiatement le cercle des acheteurs. Sur un exemplaire moyen, en revanche, le coût de l'opération et le délai d'attente dépassent souvent le gain, car la cote d'un exemplaire de lecture dépend peu du centième de grade.
Un cran de grade dans les zones hautes peut déplacer la valeur dans un rapport que rien d'autre n'approche : ni la provenance, ni la signature, ni la présentation de l'annonce. C'est pour cette raison qu'il faut acheter l'exemplaire, pas la note. Une note flatteuse sur un exemplaire dont les pages sont sombres se revend moins bien qu'un grade inférieur aux pages claires.
La mention de qualité de pages est déterminante sur cette tranche d'années, et elle ne se corrige pas.
Le suivre dans une collection, et ce qu'il faut retenir
Enregistrez le numéro sous le titre de série du catalogue, The X-Men (1963), avec l'année de couverture 1976. C'est la condition pour que la séquence 94-110 reste groupée et lisible, et pour éviter de créer une fiche parallèle qui dissocierait vos épisodes de la même période. Notez dans le champ libre la nature exacte de l'apparition, première apparition sous l'identité de Phoenix, plutôt qu'un raccourci : votre futur acheteur, ou votre assureur, lira cette ligne.
Suivez ensuite la cote dans le temps plutôt qu'à l'achat. Ce numéro réagit aux annonces d'adaptation et aux relectures éditoriales du personnage, avec des mouvements qui retombent ensuite. Un relevé périodique sur votre propre exemplaire, à son grade réel, donne une image bien plus juste que les prix affichés par les vendeurs, toujours alignés sur les plus hauts grades disponibles.
Pour résumer : The X-Men #101 d'octobre 1976, par Claremont et Cockrum, contient la première apparition de Jean Grey sous le nom et le costume de Phoenix, ni plus, ni moins. Le personnage a treize ans d'histoire derrière lui, la saga qui fera sa réputation en a quatre devant elle. Acheté pour ce qu'il est, et dans un état honnête, c'est une clé solide de la séquence la plus demandée de la série. Acheté sur la foi d'une description approximative, c'est un numéro que l'on paie deux fois.
Vous possédez un exemplaire de la séquence 94-110, avec ou sans boîtier, et vous voulez savoir où se situe votre numéro 101 à son grade réel.
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Non. Jean Grey apparaît dès X-Men #1, en 1963, sous le nom de Marvel Girl, créée par Stan Lee et Jack Kirby. Le numéro 101 d'octobre 1976 marque sa première apparition sous l'identité, le nom et le costume de Phoenix. C'est une refonte de personnage, pas une création, et toute annonce qui confond les deux surévalue le fascicule.
Non, et c'est la confusion la plus coûteuse sur ce fascicule. La bascule vers Dark Phoenix est publiée quatre ans plus tard, en 1980, dans la série d'épisodes signés Chris Claremont et John Byrne. Le numéro 101 ne contient que l'apparition de Phoenix dans sa version initiale, sans aucune des conséquences qui feront la réputation du personnage.
Sous The X-Men (1963), le titre de série du catalogue, avec l'année de couverture 1976. L'adjectif ajouté au logo quelques numéros plus tard ne crée pas une série distincte pour cette période. Enregistrer le fascicule ailleurs casse la continuité de votre séquence et complique tout relevé de cote ultérieur sur l'ensemble de la relance.
Par l'indicia, le bloc légal en petits caractères de la première page intérieure : il porte la date de parution et le numéro de volume. Les republications des années 1980 et suivantes utilisent leur propre numérotation et des mentions de copyright postérieures. Le format, la pagination et la qualité du papier suffisent d'ailleurs à les reconnaître au premier contact.
Cela dépend de l'objectif. Pour une collection suivie autour de Jean Grey ou de la relance de l'équipe, le numéro 101 est le jalon logique. Pour la séquence narrative la plus recherchée, les épisodes de 1980 pèsent davantage et se trouvent plus facilement en haut grade. Les deux cibles ne mobilisent pas le même budget.