Spidey #1 (Lug, 1979) : reconnaître le vrai premier numéro, illustration article

Le premier numéro de Spidey, chez les Éditions Lug, porte la date du 5 avril 1979. Le catalogue lui rattache une histoire intitulée « L'Homme Foudre », écrite par Jean Thomas et Yves Chantereau, dessinée par Win Mortimer, Yves Chantereau et Jean-Yves Mitton. C'est le point de départ d'une revue qui atteindra 107 fascicules. Le reste de son sommaire, comme dans toute revue d'assemblage, se vérifie exemplaire en main.

Dans une pile de revues Lug, le numéro un de Spidey est l'un des rares fascicules dont on puisse dater la sortie au jour près. C'est un avantage rare quand on achète à distance : la plupart des litiges sur ce genre d'objet portent moins sur l'état que sur l'identité du fascicule, et une date imprimée tranche là où une couverture scannée de loin laisse planer le doute. Encore faut-il savoir quoi comparer, et à quoi s'attendre quand le vendeur annonce « le premier numéro » sans autre précision.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Spidey #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Ce que le catalogue dit de ce fascicule

La fiche est courte, et c'est normal : un fascicule de revue n'a pas de titre d'album, il a un numéro et une date. Pour celui-ci, le catalogue retient le numéro 1, la date du 5 avril 1979, l'éditeur Lug, et une histoire intitulée « L'Homme Foudre ». Les noms portés au scénario sont Jean Thomas et Yves Chantereau. Au dessin figurent Win Mortimer, Yves Chantereau et Jean-Yves Mitton.

Ces quatre lignes suffisent déjà à distinguer l'objet de tout ce qui lui ressemble sur le marché de l'occasion. Un vendeur qui annonce un premier numéro de Spidey et qui vous donne une autre date, ou qui ne sait pas vous dire laquelle figure sur le fascicule, décrit autre chose : un numéro plus tardif, un fascicule d'une revue voisine, ou un exemplaire qu'il n'a pas sous les yeux.

La liste des dessinateurs mérite une seconde de lecture, parce qu'elle mélange des noms américains et des noms français. C'est la signature habituelle d'une revue d'assemblage : une matière traduite d'un côté, un habillage réalisé en France de l'autre. Le partage exact entre les deux, pour ce numéro précis, se lit sur l'exemplaire et nulle part ailleurs.

Le 5 avril 1979, et ce que cette date implique

Cette date a une conséquence concrète pour l'acheteur, et elle n'a rien à voir avec la nostalgie. Le fascicule suivant ne porte aucune date dans le relevé, et le troisième est daté du 5 août 1979. Entre le premier et le troisième, il s'est donc écoulé environ quatre mois : au lancement, cette revue ne sortait pas tous les mois.

Un rythme espacé en début de vie change tout au tirage et à la survie des exemplaires. Une revue qui s'installe lentement est diffusée avec prudence, puis reprise en main quand elle marche. Les numéros du démarrage circulent donc en moins grand nombre que ceux de la période mensuelle, qui s'étalera jusqu'au 10 décembre 1988 et au fascicule 107. C'est le premier des deux ou trois faits qui expliquent pourquoi ce numéro un se négocie autrement que ses voisins immédiats.

Pratiquement, retenez la forme de la date autant que la date elle-même. Un fascicule du printemps 1979 n'est pas daté comme un fascicule de 1985 : la mention, son emplacement et le prix de couverture imprimé évoluent au fil des années. Comparer un détail d'impression entre un exemplaire proposé et un exemplaire dont vous êtes sûr vaut mieux que de se fier à la description.

Le titre d'histoire relevé, et ce qu'il ne prouve pas

« L'Homme Foudre » est le titre que le catalogue rattache à ce numéro, et ce titre n'apparaît nulle part ailleurs dans la série. C'est utile : une annonce qui le mentionne décrit vraisemblablement le bon fascicule, ou au moins quelqu'un qui l'a ouvert.

En revanche, ce titre ne dit pas le sommaire. Une revue française de ce format publiait plusieurs épisodes par fascicule, et le relevé n'en garde qu'un. Il manque donc, par construction, les deux ou trois récits qui accompagnaient celui-là, les rubriques, le courrier des lecteurs s'il y en avait un. Quand un vendeur affirme qu'un numéro contient tel épisode célèbre, cette affirmation ne se vérifie pas sur une fiche de catalogue : elle se vérifie sur la page de sommaire de l'exemplaire, photographiée.

Cette prudence a un corollaire que beaucoup d'annonces franchissent sans y penser. On ne peut pas déduire d'un titre français quel fascicule américain a servi de source, et on ne peut pas en déduire qu'un personnage y fait sa première apparition en français. Les sources divergent sur une partie de ces questions, et une collection sérieuse se bâtit sur ce qui est imprimé, pas sur ce qu'on suppose.

Les créateurs inscrits au numéro un

Jean Thomas et Yves Chantereau au scénario, Win Mortimer, Yves Chantereau et Jean-Yves Mitton au dessin : le relevé associe donc Chantereau aux deux postes, ce qui arrive quand une même personne adapte un texte et retouche des planches pour le format français.

Le nom de Jean-Yves Mitton est celui qui vous servira le plus. Il revient sur la grande majorité des fascicules, sans pour autant les couvrir tous, et le relevé cesse de le créditer au dessin après le numéro 97, daté de février 1988 : les dix derniers fascicules de la revue se passent de lui. Pour un collectionneur, c'est donc un repère de datation autant qu'un fil de continuité, et la cohérence visuelle des trois premiers quarts de la parution tient largement au travail réalisé en France. Un exemplaire dont la couverture a été restaurée ou recoupée perd précisément ce qui fait sa valeur documentaire.

Dernier détail d'apparence anodine : Win Mortimer apparaît ailleurs dans la série sous la forme « Winslow Mortimer ». Deux graphies, un seul dessinateur. Si vous tenez un fichier de suivi, normalisez ce genre de variante dès la saisie, sinon vous obtiendrez des doublons qui vous feront croire à des numéros manquants.

Ce qui distingue ce fascicule de ceux qui le suivent

Trois choses, et aucune n'est affaire de goût. La première est la date, déjà vue, qui le place dans la phase d'installation de la revue. La deuxième est le statut même du premier numéro : c'est le seul fascicule de la série dont personne ne peut dire « il y en a un équivalent juste avant », ce qui lui vaut une demande structurelle, indépendante de son contenu.

La troisième est moins connue. Dans le relevé, six numéros de la série, situés plus loin dans la parution, n'ont aucun titre d'histoire enregistré. Le premier, lui, est documenté. Cela ne le rend pas plus rare, mais cela le rend plus facile à identifier, donc plus facile à vendre et à comparer. Sur un marché où l'incertitude fait baisser les prix, être identifiable est un avantage mesurable.

Comment les numéros de Spidey sont datés, numéro par numéro : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Reconnaître un vrai premier numéro dans une annonce

Commencez par ce qui ne se discute pas : le chiffre au logo et la date. Demandez une photo nette du haut de couverture, et une photo du dos ou de la mention légale. Si la date affichée n'est pas celle d'avril 1979, vous ne regardez pas ce fascicule, quelle que soit la ressemblance de la couverture.

Ensuite, méfiez-vous du vocabulaire. « Numéro 1 », « premier numéro », « n°1 collector » et « spécial numéro 1 » ne désignent pas la même chose. Les éditeurs français ont publié des numéros spéciaux, des albums de reliure regroupant plusieurs fascicules et des rééditions, et un album relié contenant le premier numéro n'est pas le premier numéro. Posez la question directement : s'agit-il d'un fascicule broché seul, ou d'un recueil ?

Troisième réflexe, le plus rentable : demandez une photo du sommaire intérieur. Elle règle d'un coup l'identification, l'intégralité du cahier, et l'état du bloc intérieur. Un vendeur qui refuse cette photo sur un fascicule qu'il présente comme une pièce de départ vous dit quelque chose sans le dire.

Les confusions possibles, et elles sont nombreuses

Le même personnage a eu plusieurs revues françaises sous des titres différents, et c'est là que se perdent les acheteurs pressés. Le catalogue garde trace d'une série « Une Aventure de l'Araignée » dont le premier fascicule est daté du troisième trimestre 1977, soit avant le lancement de Spidey. Une annonce qui parle du « premier Araignée » peut donc désigner cet objet-là, qui n'a rien à voir avec celui qui vous intéresse.

Plus retors : le catalogue connaît aussi une série intitulée « L'Araignée », lancée en 1978, dont le premier élément relevé porte un numéro entre crochets, signe que la numérotation n'y est pas établie de façon sûre. Les sources divergent sur ce point. Autrement dit, il existe au moins un titre français consacré au personnage pour lequel la notion même de « numéro 1 » est discutable. Si une annonce vous en propose un, exigez la date imprimée plutôt que le numéro annoncé.

Enfin, un titre « Spider-Man » paraît chez Semic à partir d'avril 1991. Un acheteur qui tape le nom du personnage et l'expression « numéro 1 » tombera sur ce fascicule des années quatre-vingt-dix aussi souvent que sur celui de 1979. Les deux sont légitimes, les deux sont des premiers numéros, ils ne concernent pas la même collection. Le hub consacré au personnage aide à démêler ces familles de titres avant de miser.

Ce qu'il faut regarder sur l'objet avant d'acheter

Un fascicule d'avril 1979 a presque cinquante ans et il a été imprimé pour durer une saison. Quatre points de contrôle, dans cet ordre. Le dos, d'abord : c'est là que les agrafes travaillent, que la rouille apparaît et que le papier se déchire au tourné de page. Un dos propre sur un fascicule de cet âge vaut plus qu'une couverture brillante.

Les angles et les plis ensuite, en gardant en tête que le pli de lecture vertical est la marque la plus fréquente sur les revues de kiosque, et la plus difficile à faire disparaître. La couleur du papier intérieur en troisième : le jaunissement est normal, l'odeur d'humidité et les auréoles ne le sont pas, et elles annoncent une dégradation qui continue. Enfin la complétude : comptez les pages si le vendeur le permet, et vérifiez qu'aucune planche de couverture intérieure n'a été découpée, pratique courante à l'époque chez les jeunes lecteurs.

Un dernier point propre aux revues anciennes : l'étiquette de dépositaire ou le tampon de marchand de journaux. Ce n'est pas un défaut au sens strict, c'est un élément d'histoire de l'exemplaire, mais il pèse sur l'appréciation selon l'acheteur. Faites-vous votre idée avant, pas après réception.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

À quoi tient sa rareté relative

Elle ne tient pas à un tirage confidentiel, dont nous n'avons aucune mesure, mais à l'addition de trois effets. Le premier est celui du démarrage espacé évoqué plus haut : les premiers fascicules d'une revue en phase de test circulent moins, et sont conservés par moins de monde parce que personne ne sait encore qu'il y aura une série.

Le deuxième effet est l'usage. Cette revue était lue par des enfants, en 1979, et jetée comme un illustré. Les exemplaires survivants en bel état sont ceux que quelqu'un a mis de côté sans savoir pourquoi. Le troisième effet est la demande, qui s'est construite rétrospectivement : une série qui tient jusqu'à son centième fascicule fabrique des collectionneurs qui, dix ou vingt ans plus tard, cherchent tous le même point d'entrée.

Ces trois effets expliquent pourquoi l'écart de valeur entre un exemplaire fatigué et un exemplaire bien conservé est, sur ce type de fascicule, beaucoup plus marqué que sur les numéros du milieu de série. Raisonnez en rapports plutôt qu'en chiffres : c'est l'état qui fait la différence, davantage que le numéro.

Le garder, le chercher, le suivre

Si vous l'avez déjà, traitez-le comme la pièce de référence de votre lot : pochette et carton neutres, à plat ou debout mais jamais serré, à l'abri de la lumière et des variations d'humidité. Notez la date du 5 avril 1979 dans votre inventaire plutôt que le seul numéro, parce que c'est la donnée qui vous évitera de racheter par erreur un fascicule voisin ou un recueil.

Si vous le cherchez, acceptez d'attendre. Les fascicules de kiosque ressortent par lots, souvent au moment d'une succession, et un premier numéro arrive rarement seul. Surveillez plutôt les ventes de collections entières : le numéro un y est souvent moins cher que vendu à l'unité, parce que le vendeur raisonne au poids et pas à la pièce. Les guides du blog détaillent cette logique de lot pour d'autres revues Lug, et les hubs Daredevil ou X-Men servent à repérer les autres titres où la même méthode s'applique.

En résumé : la date du 5 avril 1979, le titre « L'Homme Foudre », la présence de Jean-Yves Mitton au dessin dès ce numéro, et une photo du sommaire. Avec ces quatre éléments, vous achetez un objet identifié. Sans eux, vous achetez une couverture.

Questions fréquentes

Le catalogue porte la date du 5 avril 1979 pour le fascicule numéro 1, publié par les Éditions Lug. C'est la donnée la plus fiable pour l'identifier dans une annonce : si la date imprimée sur l'exemplaire proposé est différente, il s'agit d'un autre fascicule, même si la couverture vous semble familière.

Le relevé lui rattache une histoire intitulée « L'Homme Foudre ». Attention : une revue française de ce format publiait plusieurs épisodes par numéro, et le catalogue n'en conserve qu'un. Le sommaire complet, avec les autres récits et les rubriques, se vérifie uniquement sur l'exemplaire, idéalement par une photo de la page de sommaire.

Au scénario, Jean Thomas et Yves Chantereau. Au dessin, Win Mortimer, Yves Chantereau et Jean-Yves Mitton. Chantereau figure donc aux deux postes. Jean-Yves Mitton, présent dès ce premier fascicule, revient sur la grande majorité des numéros suivants, mais pas jusqu'au bout : le relevé ne le crédite plus au dessin après le fascicule 97. Il reste malgré tout le nom le plus constant de la revue.

Trois titres voisins existent au catalogue : « Une Aventure de l'Araignée », dont le premier fascicule est daté du troisième trimestre 1977, « L'Araignée » lancée en 1978 dont la numérotation n'est pas établie de façon sûre, et « Spider-Man » paru chez Semic à partir d'avril 1991. Fiez-vous à la date imprimée.

Le relevé montre un démarrage espacé : le fascicule 3 est daté du 5 août 1979, quatre mois après le premier. Une revue encore en phase d'installation circule moins largement, et personne ne la conservait puisque la série n'existait pas encore. S'y ajoute l'usure propre aux illustrés de kiosque lus par des enfants.