Spécial Strange #1 (1975) : reconnaître et acheter le premier numéro, illustration article

Le premier numéro de Spécial Strange porte la date du 10 juillet 1975 et paraît chez les Éditions Lug. Le catalogue lui associe une histoire intitulée « Le Penseur Fou », avec aux textes Gerry Conway, Len Wein et Steve Gerber, et au dessin Jean Frisano, John Buscema et Ross Andru. C'est le point de départ d'une série qui atteindra 59 fascicules sous Lug, et le seul numéro un qui existe pour ce titre.

Vous ouvrez une annonce, vous lisez « Spécial Strange n° 1 », et la photo montre une couverture peinte. Avant de vous décider, une seule question compte vraiment : ce fascicule est-il bien celui du 10 juillet 1975, ou le vendeur a-t-il confondu avec l'un des nombreux objets voisins que l'écurie Lug a produits autour de ce titre ? Cet article porte sur l'objet lui-même, pas sur l'histoire de la revue : ce qu'il contient d'après les données disponibles, comment on le reconnaît, et ce qui fait qu'un exemplaire honnête reste difficile à trouver.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Spécial Strange #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Le fascicule du 10 juillet 1975, tel que le catalogue le décrit

La date de couverture est précise : 10 juillet 1975. Elle a son importance pour un acheteur, parce qu'elle suffit à trancher la plupart des litiges d'identification : aucun autre fascicule portant ce titre et ce numéro ne porte cette date. Si la date lisible sur l'objet est différente, vous n'avez pas le numéro un devant vous, et il faut le dire au vendeur avant de payer plutôt qu'après.

Le titre d'histoire enregistré pour ce numéro est « Le Penseur Fou ». Les textes sont attribués à Gerry Conway, Len Wein et Steve Gerber ; le dessin à Jean Frisano, John Buscema et Ross Andru. Ces noms sont donnés pour le fascicule entier, sans que le catalogue précise qui a travaillé sur quoi, ni qui a réalisé la couverture plutôt que les pages intérieures.

Il faut en tirer une conséquence pratique, et c'est la plus utile de tout cet article : le relevé disponible ne donne qu'un titre d'histoire par fascicule, alors qu'une revue de ce format en contenait plusieurs. Le sommaire complet du numéro un n'est donc pas documenté ici, et vous ne pouvez pas le reconstituer de mémoire. La seule façon fiable de savoir ce que contient un exemplaire, c'est d'en demander la photo du sommaire ou des premières pages de chaque récit.

Trois scénaristes et trois dessinateurs pour un seul numéro

Six noms crédités sur un fascicule de kiosque, cela vous dit déjà comment la revue était fabriquée : par assemblage. Les éditeurs français de l'époque achetaient des épisodes à des dates différentes, les traduisaient, les remontaient au format qui leur convenait, et habillaient le tout d'une couverture produite sur place. C'est pour cette raison qu'une liste de créateurs aussi longue n'indique pas une collaboration, mais une compilation.

La présence de Jean Frisano dans la liste mérite une mention à part, car son nom revient sur une grande partie des numéros de la série, souvent en tête de la liste des dessinateurs. Les illustrateurs maison réalisaient les couvertures peintes qui ont fait la réputation visuelle des revues Lug, et c'est l'élément que les acheteurs regardent d'abord. Pour autant, le catalogue ne dit pas explicitement qu'il signe la couverture du numéro un : si la question compte pour vous, vérifiez la signature sur l'objet, elle est parfois lisible dans un angle.

Côté américain, les trois scénaristes crédités étaient tous actifs au milieu des années 1970 sur plusieurs titres à la fois, ce qui rend hasardeuse toute déduction sur l'épisode exact repris. Nous n'affirmons donc aucune correspondance avec un fascicule américain précis : les sources divergent sur le détail des remontages opérés par l'éditeur français, et une telle affirmation ne serait pas vérifiable sur la base de ce dont nous disposons.

Ce qui le distingue des numéros qui suivent

Le deuxième numéro est daté du 10 décembre 1975. Cinq mois séparent donc les deux premières livraisons, un écart plus long que celui que la série tiendra plus tard. Pour vous, cela veut dire une chose simple : le numéro un n'a pas été imprimé dans le rythme d'une série installée, mais dans celui d'un essai dont la suite n'était pas encore cadencée.

Autre différence tangible : le titre d'histoire relevé sur le numéro un est un titre de récit, alors que plusieurs fascicules suivants portent des intitulés qui renvoient à d'autres publications de l'éditeur, du genre « Album Conan n° 3 » ou « Kabur n° 5 ». Ces mentions trahissent la présence de pages de promotion ou de contenus annexes, et elles vous rappellent qu'un fascicule de kiosque n'était pas seulement un recueil d'épisodes.

Conséquence pour l'acheteur : sur un numéro un, l'attention se porte entièrement sur la couverture et sur l'intégrité du cahier. Sur les numéros plus tardifs, elle doit aussi porter sur les pages de jeux et de rubriques, que les lecteurs de l'époque ont souvent remplies ou découpées. Le numéro un vous expose moins à ce risque, mais davantage à celui de l'usure, parce qu'il a vécu plus longtemps.

Reconnaître un vrai numéro un dans une annonce

Procédez par élimination, dans cet ordre, en demandant les photos qui manquent. D'abord le titre exact porté sur la couverture : il doit comporter les deux mots, et non le seul mot Strange. Ensuite le numéro, puis la date du 10 juillet 1975. Enfin le nom de l'éditeur, qui doit être celui des Éditions Lug et non celui d'un repreneur ultérieur.

Beaucoup d'annonces se contentent d'un titre tapé à la main et d'une photo de la couverture vue de face. C'est insuffisant : la face avant ne montre ni le dos, ni la tranche, ni l'état du centre du cahier. Demandez trois images supplémentaires, à savoir la quatrième de couverture, la tranche vue de biais, et le pli central ouvert à plat. Un vendeur qui refuse ces trois photos sur un objet de cinquante ans vous dit quelque chose sans le dire.

Méfiez-vous enfin des annonces qui décrivent un contenu précis sans le montrer. Comme le sommaire complet de ce numéro n'est pas documenté de façon publique et structurée, une description détaillée du contenu est soit recopiée d'ailleurs, soit faite d'après l'objet. Dans le second cas, le vendeur acceptera de photographier la page qu'il décrit.

Les confusions possibles, et elles sont nombreuses

La première vient du titre voisin. La revue Strange, chez le même éditeur, a démarré avec un numéro un daté du 5 janvier 1970, et elle a couru jusqu'au numéro 228. Vous avez donc, dans le même catalogue éditorial, deux fascicules susceptibles d'être annoncés comme « Strange n° 1 », à cinq ans et demi d'écart. Un vendeur pressé, ou un héritier qui vide une cave, confond les deux sans mauvaise intention.

La deuxième confusion est l'inverse de celle qu'on redoute souvent. Lorsque Semic a repris le titre, en 1989, la numérotation n'a pas été remise à zéro : la série reprend au numéro 60 et se poursuit jusqu'au numéro 115. Autrement dit, il n'existe pas de second numéro un pour Spécial Strange, et une annonce qui proposerait un numéro un de l'époque Semic décrit en réalité autre chose. C'est une bonne nouvelle pour vous : sur ce titre précis, le numéro un est univoque.

Restent deux familles d'objets à écarter. Les hors-séries et numéros spéciaux, d'abord, dont les numérotations sont indépendantes et parfois repartent de un. Les recueils et réimpressions, ensuite, qui reprennent un contenu ancien sous une présentation nouvelle. Dans les deux cas, la mention de l'éditeur et la date restent vos meilleurs juges, et un objet dont la date n'est pas celle du 10 juillet 1975 ne peut pas être l'édition d'origine, quelle que soit la ressemblance de la couverture.

Comment les numéros de Spécial Strange sont datés, numéro par numéro : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Ce qu'il faut regarder sur l'objet avant d'acheter

Commencez par les deux agrafes. Sur un fascicule broché de cette époque, elles sont le point faible : rouille, élargissement du trou, agrafe absente ou remplacée. Une agrafe changée n'est pas une catastrophe, mais elle doit être annoncée, parce qu'elle laisse une trace visible au dos et modifie la façon dont le cahier se referme.

Regardez ensuite la tranche de dos, pliée et repliée par les lectures successives, puis les quatre coins, qui disent l'histoire du rangement. Un exemplaire resté debout dans une pile prend une usure par le bas ; un exemplaire plié dans une poche prend un pli vertical médian qu'aucune mise à plat ne fait disparaître. Enfin, vérifiez que le cahier est complet en comptant la pagination de part et d'autre du pli central, là où les pages se détachent en premier.

Deux détails propres aux revues de kiosque méritent un dernier regard. Les odeurs et les auréoles d'humidité, qui ne se voient pas sur une photo prise au flash, et le dos décoloré par la lumière, fréquent sur les exemplaires qui ont passé des années en vitrine. Sur un numéro un, ces deux défauts pèsent plus lourd qu'ailleurs, parce que c'est l'exemplaire que vous garderez visible.

À quoi tient sa rareté relative

Elle tient à un phénomène mécanique, et non à un tirage particulièrement faible. Le premier numéro d'une revue est acheté par un public qui ne sait pas encore s'il suivra, donc souvent sans intention de le conserver, tandis que les numéros suivants entrent dans une collection déjà commencée et sont rangés avec soin. Le numéro un est le fascicule qu'on a le plus lu et le moins protégé.

Le second facteur est la durée. Entre le 10 juillet 1975 et aujourd'hui, un exemplaire a eu le temps de passer par plusieurs mains, plusieurs déménagements et plusieurs greniers. Les numéros de la fin de la série, parus dans les années 1980, ont eu dix ans de moins pour s'abîmer, ce qui explique qu'on trouve plus facilement un numéro tardif en bel état qu'un numéro un simplement correct.

Ces deux effets se combinent sur le haut de la courbe des états : les exemplaires moyens existent en nombre, les exemplaires vraiment propres sont rares, et l'écart de valeur entre les deux est beaucoup plus marqué sur le numéro un que sur un numéro du milieu de série. C'est là que se joue l'essentiel d'une décision d'achat, bien plus que sur l'identification, qui ne demande qu'une photo de la date.

Les numéros voisins, et ce qu'ils changent

Si votre objectif est de constituer un début de série cohérent, le numéro deux, daté du 10 décembre 1975, et le numéro trois, daté du 15 mars 1976, forment avec le premier un ensemble qui se vend parfois groupé. Acheter les trois ensemble vous épargne deux frais de port et vous donne un point de comparaison immédiat sur la qualité d'impression des premières livraisons.

Attention toutefois à un piège des lots : un vendeur qui propose « les premiers numéros » place volontiers le numéro un en photo et laisse le reste dans l'ombre. Demandez la liste des numéros présents, et surtout l'état de chacun, car un lot est presque toujours tiré vers le bas par son plus mauvais élément, et c'est rarement celui qui figure sur la vignette de l'annonce.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Suivre ce fascicule dans votre collection

Notez trois informations au moment de l'acquisition, et pas seulement le numéro : la date de couverture, l'état des agrafes, et la présence ou non des pages annexes. Ces trois données sont celles que vous aurez oubliées dans deux ans, et ce sont exactement celles qu'un acheteur ou un assureur vous demandera. Les consigner dans votre inventaire au moment où vous tenez l'objet prend moins d'une minute.

Pensez aussi à photographier votre exemplaire dès réception, à plat et sans flash, recto et verso. Cette photo vous sert de preuve d'état si l'objet voyage, et de référence quand vous comparerez une occasion future à ce que vous possédez déjà. Un suivi de collection n'a d'intérêt que s'il enregistre l'état, pas seulement la liste des numéros détenus.

En résumé

Un seul fascicule peut porter le titre Spécial Strange et le numéro un : celui du 10 juillet 1975, publié par les Éditions Lug, auquel le catalogue associe « Le Penseur Fou » et six créateurs crédités sans répartition des rôles. L'identification est donc facile, dès lors que vous exigez une photo de la date plutôt qu'une description.

Le vrai travail est ailleurs : écarter la revue au titre voisin lancée en 1970, écarter les hors-séries et les réimpressions, et surtout juger l'état d'un objet qui a cinquante ans et qui a presque toujours été lu. Sur ce numéro-là, l'état fait l'essentiel de l'écart, et le reste du sommaire se vérifie sur l'exemplaire, jamais sur l'annonce. Pour approfondir les personnages qui peuplent les revues de cette période, les hubs Les Quatre Fantastiques et X-Men complètent utilement cette fiche.

Questions fréquentes

La date de couverture est le 10 juillet 1975, pour une publication des Éditions Lug. C'est le critère le plus simple pour valider une annonce : si la date lisible sur l'objet diffère, il ne s'agit pas de l'édition d'origine du numéro un, même si la couverture ressemble à celle que vous cherchez.

Le catalogue associe à ce fascicule une histoire intitulée « Le Penseur Fou ». Il ne donne toutefois qu'un titre par numéro, alors que ces revues en contenaient plusieurs : le sommaire complet n'est donc pas documenté. Demandez une photo du sommaire ou des premières pages de chaque récit avant d'acheter.

Les textes sont crédités à Gerry Conway, Len Wein et Steve Gerber, le dessin à Jean Frisano, John Buscema et Ross Andru. Ces six noms valent pour le fascicule entier, sans répartition précisée entre couverture et pages intérieures, ce qui est habituel pour une revue construite par assemblage d'épisodes.

Non. La numérotation n'a pas été remise à zéro : la série reprend au numéro 60 et se poursuit jusqu'au numéro 115. Il n'existe donc qu'un seul numéro un pour ce titre, celui de 1975. Une annonce proposant un numéro un attribué à cette seconde période décrit nécessairement autre chose.

Parce qu'un premier numéro est acheté sans intention de le conserver, donc lu sans précaution, et parce qu'il a eu plus d'années pour s'abîmer que les fascicules des années 1980. Les exemplaires corrects circulent, les exemplaires vraiment propres sont rares, et c'est là que l'écart se creuse.