Serval-Wolverine (Semic, 1989) : le guide de collection des 43 numéros, illustration article

Serval-Wolverine est une revue publiée par Semic S.A. de novembre 1989 à 1996, soit 43 numéros. Le personnage portait le nom de Serval en français, et le titre conserve les deux appellations : c'est pourquoi un même exemplaire se vend tantôt sous un nom, tantôt sous l'autre. Le rythme est bimestriel et régulier jusqu'au numéro 29, puis il se brouille. Chris Claremont ouvre la série au scénario, Larry Hama signe les vingt-huit derniers numéros.

Vous cherchez les quelques numéros qui manquent à votre suite, et vous butez sur un problème que les autres titres de kiosque ne posent pas : le nom sous lequel les chercher. Un vendeur a tapé « Wolverine », un autre « Serval », un troisième a recopié le logo en entier. Les trois parlent du même objet, aucun ne ressort dans la recherche de l'autre. Ce guide part de là, parce que c'est le vrai obstacle à la complétion de cette série.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Serval-Wolverine : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Serval ou Wolverine : d'où vient le double nom du titre

Le personnage a d'abord été connu des lecteurs français sous le nom de Serval. Quand la revue démarre, en novembre 1989, le titre ne tranche pas : il accole les deux noms. Cette hésitation n'est pas un détail graphique, c'est la trace d'un moment précis où un lectorat francophone déjà constitué connaissait un nom, et où l'autre s'imposait par ailleurs. Le catalogue, pour sa part, classe les 43 numéros sous la forme double, du premier au dernier.

Ce que cela implique est concret. Le titre complet est long, et un vendeur pressé n'en recopie qu'une moitié, celle que son âge ou son idée du marché lui dicte. Vous n'avez aucun moyen de deviner sous quel libellé dort le numéro qui vous manque, et une seule méthode fiable : chercher les deux noms, systématiquement, en gardant deux recherches enregistrées en parallèle.

Une précision d'honnêteté : savoir laquelle des deux mentions dominait la couverture, et si ce dosage a bougé sur sept ans, demande de regarder les exemplaires. Le catalogue donne un titre de série, pas l'évolution d'un logo.

Pourquoi les annonces se trompent, et comment en tirer parti

Les erreurs de libellé ne sont pas toutes du même ordre. Il y a l'annonce qui n'indique qu'un seul des deux noms : juste, mais incomplète. Il y a celle qui confond cette revue avec une autre publication consacrée au même personnage, le nom seul ne suffisant pas à identifier un titre. Et il y a celle qui vend un numéro américain, parce que le vendeur a lu le nom du personnage sans regarder le format.

La deuxième catégorie est celle qui coûte de l'argent, la première est celle qui en fait gagner. Un lot décrit sous le nom le moins recherché par le marché du moment reçoit moins de visites, donc moins d'enchères. Prenez l'habitude de lancer votre recherche sur le terme que vous jugez le moins employé, et de la trier par date de mise en ligne plutôt que par pertinence : vous verrez passer des exemplaires que les autres acheteurs ne voient pas.

Ce que la base de sommaires permet de dire, et ce qu'elle ne permet pas

Pour chacun des 43 numéros, le catalogue retient un titre d'histoire en français, un scénariste et un ou plusieurs dessinateurs. C'est une ressource rare : ces sommaires francisés n'existent presque nulle part ailleurs sous forme exploitable. Mais il faut dire tout de suite ce qu'elle n'est pas, sans quoi vous en tireriez de fausses certitudes.

Un numéro de ce format contenait plus d'un épisode. Or l'enregistrement ne garde qu'un titre par numéro, celui qui tient lieu de récit principal. Les histoires de complément, qui sont parfois le vrai intérêt d'un exemplaire, n'y figurent pas. Conséquence stricte : il est impossible d'affirmer depuis ces données qu'un numéro donné contient la première parution française de tel personnage, ou qu'il correspond à tel numéro américain. Toute annonce qui l'affirme sans montrer le sommaire photographié avance quelque chose qu'elle n'a pas vérifié non plus.

Un rythme bimestriel, puis des numéros que rien ne date

Les neuf premiers numéros s'enchaînent avec une régularité d'horloge : novembre 1989, janvier 1990, mars, mai, juillet, septembre, novembre, janvier 1991, mars 1991. Un numéro tous les deux mois, sans accident. Ce rythme reprend du numéro 16, daté mai 1992, jusqu'au numéro 29, daté juillet 1994, à la même cadence et sans trou. Pour vous, cela veut dire qu'un trou dans votre suite sur ces deux tranches est un trou dans votre collection, pas une parution qui n'a jamais existé.

Entre les deux, et à partir du numéro 30, le catalogue ne porte plus que l'année. Vingt des 43 numéros sont dans ce cas, c'est-à-dire près de la moitié de la série. Attention au sens de cette information : elle dit que le mois n'est pas enregistré, pas qu'il n'était pas imprimé. L'absence est dans la fiche, pas forcément sur le papier.

Ce détail explique les classements fantaisistes : beaucoup de listes de vente rangent les numéros 30 à 43 dans un ordre approximatif, puisque rien dans leur fiche ne les sépare mois par mois. Si vous achetez un lot de cette tranche, comptez les numéros un par un au lieu de faire confiance à la description, et photographiez l'ours de vos propres exemplaires pour relever le mois s'il y est imprimé.

Cinq relais au scénario, et ce que cela change à la lecture

Le scénario change de main cinq fois, et pas à des intervalles réguliers. Chris Claremont signe le lancement, avec « Possession vaut titre » au numéro 1. Peter David prend la suite autour du numéro 5, où les deux noms apparaissent côte à côte, puis seul jusqu'au numéro 8. Archie Goodwin tient les numéros 9 à 12, Jo Duffy les trois suivants, dont le diptyque intitulé « Le projet Lazarus ». Puis Larry Hama entre au numéro 16 et ne lâche plus rien.

Ce dernier chiffre est le plus parlant de la série : Larry Hama est crédité sur 28 numéros, soit les deux tiers du total, du numéro 16 jusqu'au dernier. Si vous lisez cette revue pour une voix d'auteur, c'est la sienne que vous achetez. Et si vous voulez les signatures variées du début, la fenêtre est courte : elle tient en quinze numéros, ce qui concentre la demande sur un petit paquet d'exemplaires anciens.

Trois numéros portent au scénario un cocrédit, et deux de ces cocrédits sont des noms français, aux numéros 33 et 35. Ce sont des exemplaires dont le contenu mérite d'être regardé de près plutôt que supposé : un apport rédactionnel local n'a aucun équivalent dans une édition américaine, et c'est précisément ce genre de particularité qui fait l'intérêt d'une collection de revues plutôt que de recueils.

Les dessinateurs, lus comme une carte de la série

Au dessin, la liste est longue parce que chaque numéro cumule plusieurs épisodes, donc plusieurs mains. Mais des blocs se dessinent nettement : John Buscema au début, presque sans interruption du numéro 1 au numéro 8, John Byrne du 9 au 12, Marc Silvestri sur la longue tranche du 16 au 26, Mark Texeira du 27 au 30, puis Adam Kubert qui ferme la série du 34 au 43.

Un nom fait exception à cette logique de blocs : Barry Windsor-Smith est crédité sur treize numéros répartis du numéro 10 au numéro 38, en apparitions discontinues. Une telle dispersion sur près de trente numéros ne ressemble pas à un passage de relais, elle ressemble à une histoire de complément publiée par tranches. Ce que ces tranches racontent exactement est à lire sur les exemplaires, mais le motif suffit à identifier une série de numéros à regarder ensemble si vous chassez ce dessinateur.

Deux autres noms valent l'attention. Jim Lee apparaît aux numéros 12 à 14, une fenêtre de trois numéros qui pèse lourd auprès des acheteurs qui le suivent. Et Ciro Tota, dessinateur français, est crédité sur cinq numéros du début, dont le premier : sa présence est un marqueur d'édition locale et un argument pour qui collectionne la bande dessinée franco-belge autant que les comics.

Frise de parution de Serval-Wolverine : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Les numéros qui comptent, et pour quelles raisons

Le numéro 1, daté novembre 1989, est le plus demandé, pour la raison banale qui vaut pour tous les premiers numéros de kiosque : il a été acheté par des curieux qui n'ont pas suivi, il a circulé, il a été lu. Son intérêt propre est ailleurs : il réunit un scénario de Chris Claremont et, au dessin, la cosignature de Ciro Tota et John Buscema. Cette association n'est pas celle d'un comic book américain, elle est propre à cette édition.

Le numéro 16 est le second point d'attention, et presque personne ne le signale. C'est là que Larry Hama entre et que Marc Silvestri apparaît, avec « Au bout des ténèbres ». Les deux tiers restants de la série commencent à ce numéro. Un collectionneur qui ne veut pas tout acheter a là un point de départ défendable, et c'est un exemplaire qui se trouve encore à un rapport raisonnable, parce que le marché ne regarde que le numéro 1.

Enfin, le numéro 43, « Chemins épineux », ferme la série en 1996. Les derniers numéros d'un titre de kiosque ont souvent été moins diffusés que les premiers, les ventes baissant avant l'arrêt : la tranche 38 à 43 est celle qu'on voit le moins passer en lot.

Reconnaître l'édition et juger un exemplaire

Commencez par l'ours, cette mention légale en petits caractères, et vérifiez-y le nom de l'éditeur, Semic S.A., puis le numéro. Si le vendeur ne fournit pas cette photographie, considérez que l'identification n'est pas faite.

Pour l'état, ce format souple a ses points de faiblesse propres. Le dos agrafé se marque dès la première lecture, et un pli de lecture parallèle au dos se voit à plat sous une lumière rasante : regardez la couverture de biais plutôt que de face. Les angles s'émoussent dans les piles, la tranche jaunit par le haut quand la revue a dormi debout, et le papier intérieur brunit de manière inégale selon la tranche de parution.

Compléter les 43 numéros sans se faire piéger

Sur une série de cette taille, achetez par tranches plutôt que par unités. Les deux blocs bimestriels, le début jusqu'au numéro 9 et la tranche 16 à 29, se trouvent souvent en lots cohérents, suivis en kiosque par un même lecteur. Les tranches où le catalogue ne donne que l'année arrivent en vrac, et c'est là qu'il faut compter.

Trois pièges reviennent. Le lot annoncé « complet » qui ne l'est pas, parce que le vendeur a compté les revues sans vérifier la suite des numéros : exigez la liste des numéros, pas le total. Le numéro donné pour un autre à cause du double nom du titre. Et le numéro de la fin de série vendu au prix du numéro 1, par un vendeur qui a vu que la série valait quelque chose sans savoir où elle valait quelque chose.

Un mot sur les titres d'histoire, qui créent leurs propres confusions en français. Le numéro 12 porte « Tempête de Neige », alors que Tempête est aussi le nom français d'une héroïne mutante : un moteur de recherche mélange les deux, et une annonce de bonne foi peut promettre une présence qui n'est pas dans l'épisode. Vérifiez le sommaire, et voyez le hub consacré à Tempête si c'est elle que vous suivez. Autre détail : tous les titres ne sont pas francisés, le numéro 29 reste « Prophecy », ce qui change les mots à taper.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Suivre la collection et situer sa valeur

Une série de 43 numéros étalée sur sept ans se tient mal dans la tête. Tenez l'inventaire par numéro et non par date, puisque près de la moitié des fiches n'ont pas de mois, et notez pour chaque exemplaire l'état du dos et celui des angles. C'est le niveau de détail qu'un acheteur sérieux vous demandera.

Sur la cote, raisonnez en rapports plutôt qu'en sommes. Le numéro 1 se situe à un multiple des numéros courants, l'écart se creusant avec l'état bien plus qu'avec le numéro : un premier numéro fatigué peut valoir moins qu'un numéro 16 impeccable. Les tranches tenues par un dessinateur recherché, Silvestri au milieu, Kubert à la fin, se négocient au-dessus du reste quand elles sont vendues groupées et en bel état, et au prix du vrac quand elles sont dépareillées. Les grands univers voisins se suivent de la même façon, qu'il s'agisse des X-Men ou de Cable.

Ce qu'il faut retenir de cette série

Serval-Wolverine est une série courte à l'échelle du kiosque, cohérente dans sa seconde moitié grâce à la permanence de Larry Hama, plus bavarde dans sa première où cinq scénaristes se succèdent en quinze numéros. Son vrai particularisme pour un collectionneur est pourtant dans son nom, qui porte deux identités du même personnage et désorganise durablement le marché de l'occasion.

Faites de ce défaut votre méthode : deux recherches enregistrées, un tri par nouveauté, une exigence de photographie de l'ours et du sommaire, un inventaire tenu par numéro. Avec ces quatre réflexes, vous achèterez les exemplaires que les autres n'ont pas vus passer.

Questions fréquentes

Les deux, toujours, et séparément. Le titre de la revue associe les deux noms, et chaque vendeur n'en recopie qu'une partie. Une recherche sur un seul terme laisse mécaniquement passer une partie des annonces. Enregistrez deux alertes distinctes, triées par date de publication, et vérifiez ensuite l'éditeur dans l'ours avant d'acheter.

Quarante-trois, du premier daté novembre 1989 au numéro 43 paru en 1996. La suite est continue, sans numérotation parallèle dans le catalogue. Un lot annoncé complet doit donc contenir 43 exemplaires numérotés sans trou : demandez la liste des numéros plutôt que le nombre total de revues, c'est là que se cachent les manques.

Parce que le catalogue n'enregistre que l'année pour une vingtaine de numéros, notamment les tranches 10 à 15 et 30 à 43. Cela ne prouve pas que la couverture ou l'ours ne portaient pas de date : l'absence est dans la fiche, pas nécessairement sur le papier. Regardez l'exemplaire pour trancher.

Impossible à affirmer depuis les données disponibles, qui ne retiennent qu'un titre d'histoire par numéro alors que chaque exemplaire en publiait plusieurs. Les histoires de complément manquent donc à l'appel. Face à une annonce qui promet une première parution, demandez la photographie du sommaire intérieur et non celle de la couverture.

Le numéro 16, daté mai 1992, est le point d'entrée le plus défendable : Larry Hama y prend le scénario et Marc Silvestri le dessin, pour une tranche qui couvre les deux tiers restants. Il reste accessible parce que le marché concentre son attention sur le numéro 1, acheté par beaucoup de curieux à l'automne 1989.