OSS 117 n°21 et n°22 : deux fascicules pour une même date, mars 1969, illustration article

Dans le relevé de la série OSS.117 d'Arédit-Artima, les numéros 21 et 22 portent la même date de couverture : mars 1969. La date est donnée au mois, pas au trimestre, et la série paraît par ailleurs, à cette époque, tous les trois mois : ce doublon est donc une vraie irrégularité. Le relevé ne dit pas laquelle des deux dates est atypique. Classez ces fascicules par numéro, jamais par date.

Vous triez vos fascicules par date et deux d'entre eux refusent de se départager : le 21 et le 22 de la série OSS.117, tous deux datés de mars 1969. Faut-il y voir un numéro mal daté, un fascicule sorti en double, ou une simple habitude d'éditeur ? Les données permettent de borner la question, pas de la trancher, et c'est ce que cette page s'emploie à faire.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de OSS 117 n°21 et n°22 : les numéros dont la date de couverture est examinée, série, éditeur et année

Ce que le relevé affirme sur les deux fascicules

Le numéro 21 est daté de mars 1969 et porte le titre d'histoire « OSS 117 répond toujours ». Le numéro 22 est daté de mars 1969 lui aussi, sous le titre « Cache-cache au Cachemire ». Les deux titres sont différents : on ne tient donc pas deux fois le même objet, mais deux fascicules distincts qui se sont vu attribuer le même mois.

Côté crédits, le relevé inscrit Carlo Jacono comme dessinateur sur l'un et sur l'autre, et laisse le champ du scénariste vide pour les deux. Ces crédits sont rattachés au fascicule, pas à l'épisode, et le relevé ne contient qu'un seul titre par numéro : il ne dit rien du reste du sommaire, ni de ce que racontent ces pages. Pour cela, il faut l'exemplaire en main.

Une date au mois : pourquoi ce n'est pas le cas « même trimestre »

Une première hypothèse consiste à se demander si la date de ces fascicules est une date de trimestre, auquel cas deux numéros dans le même trimestre seraient banals. Les données écartent cette lecture. Sur les 73 lignes du relevé, 71 portent un mois et une année (« mars 1969 », « septembre 1969 »). Une seule ne porte que l'année, le numéro 53 (« 1975 »), et une est vide, le numéro 69.

La forme de la date est donc mensuelle. Que la série paraisse tous les trois mois est une propriété de son rythme, pas de la manière de dater : chaque fascicule a son mois. Deux numéros qui se partagent le même mois, dans une série où l'on s'attend à un fascicule par trimestre, forment une irrégularité qu'il faut regarder, pas un accident de vocabulaire.

Le rythme autour : une grille de trois mois

Depuis le numéro 16 (décembre 1967), les fascicules s'enchaînent à trois mois d'écart, et cela tient presque sans faute jusqu'au numéro 38. Sur les 22 intervalles entre les numéros 16 et 38, 19 valent exactement trois mois. Les trois autres sont : l'intervalle nul entre le 21 et le 22, l'intervalle de six mois qui suit, entre le 22 et le 23, et un intervalle de quatre mois entre le 27 et le 28.

Avant cette régularité, la série a connu une cadence plus serrée : les huit premiers numéros, d'avril à novembre 1966, sont mensuels, puis les écarts oscillent entre un et deux mois jusqu'au numéro 15. La grille trimestrielle est donc une position d'arrivée, atteinte au bout de seize numéros, et c'est dans elle que le doublon de 1969 tranche.

Ce que la grille suggère, et ce qu'elle ne prouve pas

Prolongez la grille : le numéro 20 est de décembre 1968, le 21 de mars 1969, le suivant devrait donc tomber en juin 1969, puis le 23 en septembre. Or le 23 est bien de septembre 1969, et aucun numéro du relevé ne porte juin 1969. Le 22 occupe donc, dans l'ordre, la case de juin, mais il en porte le libellé de mars.

La lecture est séduisante, et elle est cohérente : le numéro 24 est de décembre 1969, soit quatre fascicules (21 à 24) répartis sur une année civile, exactement comme les numéros 17 à 20 pour 1968. Mais c'est une déduction, pas une preuve. Le relevé ne contient pas la date imprimée sur l'objet, seulement la date saisie. Trois explications restent ouvertes : une erreur de saisie dans le catalogue, une date réellement reproduite deux fois sur les couvertures, ou un fascicule dont la date a été fixée d'avance et non réajustée. Aucune n'est vérifiée.

Comment les numéros de OSS.117 (Arédit, 1966) sont datés, numéro par numéro, avec le ou les numéros de l'article repérés : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Le même phénomène ailleurs : le cas des numéros 60 et 61

Dans tout le relevé, deux dates seulement sont portées par deux numéros : mars 1969 (nos 21 et 22) et février 1979 (nos 60 et 61). Les deux cas ne se ressemblent pas, et c'est ce qui rend leur comparaison utile.

Autour des numéros 21 et 22, la série est à son plus régulier. Autour des 60 et 61, elle ne l'est plus : le 59 est de janvier 1979, le 60 et le 61 de février 1979, puis le 62 de février 1980, soit douze mois d'attente. Dans cette zone, les intervalles du relevé vont de zéro à dix-huit mois, et un doublon de date s'y fond dans une cadence déjà heurtée. Entre les numéros 57 et 64, les titres vont par paires identiques (57 et 58, 59 et 60, 61 et 62, 63 et 64), et le doublon de date tombe au joint de deux paires. Rien de tel en 1969 : les titres du 21 et du 22 sont distincts, et aucun des numéros 17 à 27 ne reprend celui d'un voisin.

Ce que cela dit au collectionneur : le doublon de 1969 est isolé dans une zone régulière, celui de 1979 s'inscrit dans une zone désordonnée. Le second n'est pas traité ici. Ici, la seule question est celle d'un fascicule égaré dans une grille par ailleurs propre.

Reconnaître l'exemplaire sans se fier à la date

Quand deux numéros partagent une date, la date ne sert plus à identifier. Ce qui reste fiable, c'est le numéro et le titre. Le titre du 21 contient le nom de l'agent écrit sous la forme « OSS 117 » avec un espace ; celui du 22 ne le contient pas du tout. Attention cependant : le relevé écrit le nom de la série de plusieurs façons selon les numéros (« OSS.117 », « OSS 117 », « O.S.S. 117 »), et le relevé ne dit pas si ces variantes viennent de la saisie ou de l'impression. Ne vous en servez pas pour trancher entre deux exemplaires.

Sur l'objet, vérifiez trois choses dans cet ordre : le numéro imprimé, le titre de l'histoire principale, puis la date imprimée. Si deux exemplaires que l'on vous propose affichent la même date, c'est le numéro qui les départage, pas le mois.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Les pièges dans une liste de manques

Le premier piège est d'inscrire « mars 1969 » dans une liste de recherche : une seule ligne, deux fascicules possibles, et l'on peut croire avoir complété la série en ayant acheté le mauvais. Inscrivez toujours le numéro. Le second piège est un tri automatique par date : les deux fascicules se retrouvent ex aequo et leur ordre peut s'inverser d'un export à l'autre. Triez par numéro, puis par date seulement à numéro égal.

Le troisième piège tient aux annonces : un vendeur qui décrit son lot par « mars 1969 » ne précise pas lequel des deux il détient, voire croit n'en avoir qu'un. Demandez le numéro et le titre. Une photographie de la couverture suffit, et le contenu du reste du sommaire n'est de toute façon pas connu du relevé.

Les voisins immédiats et le suivi de la collection

Les numéros 19, 20, 23 et 24 sont datés de septembre 1968, décembre 1968, septembre 1969 et décembre 1969, tous crédités à Carlo Jacono dans le relevé comme les 21 et 22, de même que l'ensemble des numéros 17 à 27. Aucune rupture de crédit ne vient donc distinguer la paire du reste de la suite.

Pour suivre cette partie de votre collection, gardez une fiche par numéro, avec la date telle qu'elle est imprimée et, à part, un champ « remarque » où noter que le 21 et le 22 partagent leur mois. Si vous constatez sur vos exemplaires une date différente de celle du relevé, c'est précisément l'information qui manque : notez-la, elle départagera les trois explications ouvertes plus haut. Quant à l'état, il se juge exemplaire par exemplaire, et le relevé n'en dit rien.

Questions fréquentes

Non, d'après le relevé : les titres d'histoire diffèrent (« OSS 117 répond toujours » et « Cache-cache au Cachemire ») et les numéros sont distincts. Seule la date est identique, mars 1969. Il s'agit de deux objets, à compter pour deux lignes dans une liste de manques.

Sur les numéros 17 à 24, oui : quatre fascicules pour 1968 et quatre pour 1969. Ce n'est pas vrai sur toute la série, qui a été mensuelle en 1966 et qui compte des écarts très variables après le numéro 59. Parlez d'un rythme trimestriel établi entre les numéros 16 et 38.

Le relevé ne le dit pas. La grille de trois mois désigne plutôt le 22, qui tombe à la place de juin 1969, mais ce n'est qu'une déduction. Seule la date imprimée sur l'exemplaire peut la confirmer ou l'infirmer, et le relevé ne reproduit que la date saisie.

Rien ne l'indique : la numérotation est continue de 21 à 24, sans trou. L'écart de six mois entre le 22 et le 23 s'explique mieux par la date atypique du 22 que par un fascicule absent. Cette lecture reste une hypothèse, pas un fait établi.

Le relevé ne le permet pas : il ne contient qu'un titre d'histoire par fascicule et des crédits au niveau du fascicule, sans sommaire détaillé. Pour savoir ce que contient votre exemplaire, il faut ouvrir l'exemplaire lui-même.