Les arcs essentiels de Power Girl : la création dans All Star Comics (1976-1978) ; les récits d'origine de Showcase (1978) ; la perte de son monde au milieu des années 1980 ; le run de 2009 avec Amanda Conner, son sommet ; et le rétablissement de son origine vingt ans après sa suppression.
Cette bibliographie a une forme inhabituelle : elle n'est pas faite d'aventures mais de changements de statut. Le personnage gagne un monde, le perd, en reçoit un faux, puis récupère le vrai.
Ce qui compte chez elle n'est presque jamais ce qu'elle affronte. C'est ce qu'on lui retire ou ce qu'on lui rend.
1. Le run de 2009 (Palmiotti, Gray, Conner)
Le sommet du personnage, et le seul arc de cette liste qu'on peut recommander sans réserve à un lecteur qui ne connaît rien du reste.
Il trouve le registre qui lui convenait depuis trente ans : une héroïne d'une puissance considérable confrontée à des problèmes ordinaires. Une entreprise à diriger, un appartement à trouver, un voisinage à supporter.
Le dessin d'Amanda Conner fait une part décisive du travail — trait expressif, attention aux visages, sens du comique de situation. Le personnage y gagne une présence que des décennies de récits d'équipe ne lui avaient jamais donnée.
C'est aussi l'arc qui a fixé durablement la manière dont les auteurs suivants l'écrivent.
2. La perte de son monde (milieu des années 1980)
L'éditeur supprime les Terres parallèles pour unifier sa continuité. Power Girl survit ; son origine, non.
Ce n'est pas un arc au sens habituel — le personnage n'y est pas le sujet — mais c'est l'événement le plus conséquent de sa carrière. Il la laisse en place sans fondation, dans un univers où sa biographie est devenue impossible.
Ce corpus le classe si haut parce que tout ce qui suit en découle : quinze ans d'incohérence, une origine de substitution, puis un rétablissement.
3. La création (All Star Comics, 1976-1978)
Gerry Conway, avec Ric Estrada et Wally Wood.
L'introduction du personnage dans une équipe composée de figures des toutes premières années du support. L'écart de génération est assumé : elle y est d'emblée l'élément qui ne s'accorde pas.
Position qu'elle n'a d'ailleurs jamais quittée, et qui explique sa longévité — un personnage qui détonne reste utile aux auteurs.
4. Les récits d'origine de Showcase (1978)
Une série de récits solo dans la revue d'essai de l'éditeur, où son histoire est développée pour la première fois.
Intérêt particulier pour le collectionneur : ces récits documentent la version originale de son passé — celle qui sera supprimée sept ans plus tard, puis rétablie vingt ans après. Les lire, c'est comprendre ce qui a été perdu.
5. Le rétablissement (milieu des années 2000)
Une seconde refonte de continuité rend au personnage son origine initiale, vingt ans après sa suppression.
Peu de situations éditoriales ont été corrigées après un tel délai. Cela dit quelque chose de la persistance des lecteurs sur ce point précis — et du fait qu'une réécriture mal acceptée finit parfois par être annulée.
Comment lire cet ensemble
Si vous ne lisez qu'une chose : le run de 2009. Autonome, drôle, et le personnage y est enfin traité pour lui-même.
Si vous voulez comprendre le dossier : Showcase (1978) pour l'origine perdue, puis les numéros de réécriture de la fin des années 1980, puis le rétablissement. Trois étapes qui racontent moins une vie qu'une gestion éditoriale.
Si vous voulez le personnage moderne : le run de 2009 puis les récits des années 2010 avec sa partenaire exilée.
Ce que cette bibliographie a de particulier
Une remarque de fond, parce qu'elle explique la forme inhabituelle de cette liste.
Chez la plupart des personnages, on classe les arcs par qualité narrative. Ici, deux des cinq entrées ne sont pas des récits mais des décisions d'entreprise : supprimer une continuité, puis la rétablir.
Ce corpus a déjà rencontré une adaptation dont l'objet était une décision administrative. Voici le cas symétrique, du côté du papier : un personnage dont la biographie principale est celle de son traitement éditorial.
C'est plus intéressant qu'il n'y paraît. Peu de personnages permettent d'observer aussi nettement comment un catalogue se gère — ce qu'on supprime, ce qu'on remplace, ce qu'on finit par restituer sous la pression des lecteurs.
Côté collection
Ces arcs se répartissent sur quatre périodes, dont une seule est coûteuse.
1976-1978 — le segment cher, avec la première apparition. ⚠️ Vérifiez l'année : la numérotation reprise d'un titre ancien crée une ambiguïté durable.
Fin des années 1980 — les numéros de réécriture, totalement invalorisés. La meilleure occasion du dossier.
Milieu des années 2000 — le rétablissement, récent et abondant.
2009 et après — les séries solo, complétables intégralement pour un budget dérisoire.
Comme toujours, l'état et la gradation déterminent la valeur ; l'appui sur des ventes récentes réelles est vivement conseillé.
Pour la sélection numéro par numéro, consultez nos numéros clés de Power Girl, et pour la vue d'ensemble notre guide de collection.
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