Les numéros clés de Power Girl : All Star Comics #58 (1976, première apparition), Showcase #97 (1978, sa première série solo courte) et Power Girl #1 (2009, son premier titre continu — trente-trois ans plus tard). Particularité du dossier : son origine a été réécrite deux fois, ce qui crée une catégorie de numéros que le marché ne valorise pas.
Power Girl pose au collectionneur un problème qu'on ne rencontre presque nulle part ailleurs : ce n'est pas le personnage qui a changé, c'est l'univers autour d'elle.
Née sur une Terre parallèle en 1976, elle s'est retrouvée sans origine cohérente quand cette Terre a été supprimée par une refonte générale. Deux réécritures ont suivi. Cette instabilité structure toute sa collection.
Les trois numéros du noyau
All Star Comics #58 (1976)
Gerry Conway, Ric Estrada et Wally Wood — Première apparition. Le numéro relance un titre interrompu depuis le début des années 1950 en reprenant sa numérotation d'origine, ce qui produit un tirage prudent et un référencement confus.
Trois demandes distinctes le soutiennent : le personnage, la signature de Wally Wood au générique, et l'équipe historique que le numéro relance. C'est la configuration la plus solide du dossier.
Showcase #97 (1978)
Le personnage obtient une séquence solo dans la revue d'essai de l'éditeur, où son origine est développée pour la première fois.
Ces revues d'essai forment un segment de collection cohérent : on y testait des concepts avant de leur accorder une série. Plusieurs premières apparitions notables y figurent, et le titre se collectionne pour lui-même.
Power Girl #1 (2009)
Justin Gray, Jimmy Palmiotti et Amanda Conner — Le premier titre continu à son nom, trente-trois ans après sa création.
C'est aussi le run qui a durablement fixé la manière dont le personnage est écrit et dessiné. Numéro récent et abondant, donc accessible.
Les numéros de la réécriture
Voici la catégorie propre à ce dossier, et celle que le marché ignore.
La refonte cosmologique du milieu des années 1980
L'éditeur supprime les Terres parallèles pour unifier sa continuité. Power Girl, définie comme venant de l'une d'elles, perd mécaniquement son origine.
Les numéros de cet événement sont recherchés — mais pour l'événement lui-même, pas pour elle. Elle en est une conséquence, pas un sujet.
La réécriture de la fin des années 1980
Une nouvelle origine lui est attribuée, sans rapport avec la précédente. Les numéros qui la documentent sont parfaitement identifiables et totalement invalorisés : ils ne contiennent aucune première apparition.
Le rétablissement du milieu des années 2000
Une seconde refonte générale rend au personnage son origine initiale. Là encore, des numéros clairement identifiables, et là encore aucune valorisation.
Ce que le marché rate ici
Ce dossier illustre une lacune systématique, et il vaut la peine de la formuler.
Le marché recense les débuts : première apparition d'un personnage, d'un costume, d'une équipe. Il ne recense pas les redéfinitions.
Or chez Power Girl, l'essentiel de l'intérêt est là. Un personnage dont l'origine a été écrite trois fois en trente ans documente, à lui seul, la manière dont un éditeur gère sa continuité — sujet autrement plus riche qu'une première apparition.
Conséquence pratique et directement exploitable : les numéros de réécriture se trouvent au prix du tout-venant, alors qu'ils constituent le vrai matériau de ce personnage.
La période moderne
JSA Classified #1 (2005)
Amanda Conner au dessin — Un récit qui aborde frontalement la confusion accumulée autour de son origine, et qui prépare son rétablissement.
Numéro souvent cité par les lecteurs, rarement identifié comme une clé.
Worlds' Finest #1 (2012)
Le personnage est associé à une partenaire dans une série qui repose sur leur commune situation d'exilées. Série moderne, très abondante.
Un personnage sans galerie, et ce que cela implique
Une caractéristique de ce dossier mérite d'être posée, car elle le distingue de presque tous les autres.
Power Girl n'a aucun adversaire personnel et aucun second rôle doté d'une première apparition recherchée. Ce n'est pas un oubli des auteurs : c'est la conséquence directe de la suppression de son monde d'origine.
Un personnage constitue sa galerie dans son propre territoire — une ville, une série, un cadre récurrent. Elle n'a jamais eu de territoire, seulement des équipes.
Les conséquences pratiques sont doubles, et il faut les connaître avant de commencer.
Le dossier est simple. Aucune piste cachée du côté des seconds rôles, aucune clé indirecte à traquer. Tout se joue sur ses propres numéros, ce qui rend la collection lisible et bornée.
Le dossier est étroit. Là où d'autres personnages offrent une dizaine de premières apparitions satellites à des prix variés, celui-ci n'en offre aucune. Le collectionneur qui cherche à diversifier n'a nulle part où aller.
Ce corpus considère que c'est un avantage net pour qui débute — on ne se disperse pas — et une limite pour qui veut approfondir sur des années.
Pièges à connaître
L'ambiguïté de numérotation. Le piège principal de ce dossier. All Star Comics #58 de 1976 se confond facilement avec des numéros du même titre publiés dans les années 1940-1950. Vérifiez toujours l'année, pas seulement le numéro.
Les coupons découpés sur les numéros des années 1970. Défaut fréquent, rarement mentionné en ligne, lourdement sanctionné. Demandez des photos des pages intérieures.
Les numéros modernes très tirés. Tout ce qui date de 2009 et après appartient à des périodes d'offre abondante : n'achetez que du quasi neuf, seul état qui conserve une valeur.
Les couvertures alternatives sur les séries récentes, nombreuses et aux écarts importants dans les deux sens.
Comme toujours, l'état et la gradation déterminent la valeur ; l'appui sur des ventes récentes réelles est vivement conseillé.
Par où commencer selon son budget
Budget serré — Power Girl #1 (2009) et les numéros suivants du même run. Le personnage tel qu'on l'écrit aujourd'hui, pour presque rien.
Budget intermédiaire — Ajoutez Showcase #97 (1978) et les numéros de réécriture, tous accessibles et tous plus intéressants que leur prix ne le suggère.
Budget confortable — All Star Comics #58 (1976), en vérifiant impérativement l'année et l'intégrité des pages intérieures.
Pour approfondir, consultez notre guide de collection et notre tier list des issues clés.
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