L'univers de Power Girl repose sur une absence : celle du monde dont elle vient, supprimé par une refonte éditoriale. D'où un entourage fait de substituts — la Société de justice, équipe historique qui lui sert de famille ; Superman, cousin d'une autre continuité ; Karen Starr, l'identité civile qu'elle se construit ; et une partenaire exilée comme elle.
La plupart des personnages ont un entourage hérité : une ville, une famille, des adversaires attachés à leur nom. Power Girl n'a rien de tout cela, et pour une raison structurelle.
Son monde d'origine a été effacé. Ce qu'elle possède aujourd'hui, elle a dû le constituer — et c'est ce qui rend son univers différent.
La Société de justice : une famille de substitution
Le personnage rejoint l'équipe historique de l'éditeur dès son premier numéro, en 1976, et n'en est jamais réellement partie.
Cette appartenance remplit une fonction précise, et elle explique la longévité du personnage. Une héroïne sans monde d'origine, sans ville attitrée et sans galerie d'adversaires aurait dû disparaître ; l'équipe lui fournit un cadre permanent que rien d'autre ne lui offrait.
Il faut noter la particularité de cette équipe : elle réunit des personnages issus des toutes premières années du support, souvent âgés dans la fiction. Power Girl y occupe donc une position d'héritière plutôt que de pair — ce qui convient à quelqu'un dont le passé a été effacé.
Superman : un cousin d'une autre continuité
Elle est présentée en 1976 comme la cousine de Superman — celui d'une Terre parallèle.
Quand cette Terre disparaît, ce lien devient problématique : le Superman de la continuité restante n'est pas celui qu'elle a connu, et elle n'est pas exactement sa cousine.
Ce corpus considère que c'est là le vrai sujet du personnage, et il est plus subtil qu'il n'y paraît. Elle n'a pas perdu sa famille : sa famille existe toujours, sous une forme légèrement différente, et ne la reconnaît pas comme elle l'attendait.
Peu de situations narratives sont aussi précisément conçues pour produire de l'inconfort — et aussi rarement exploitées à leur pleine mesure.
Karen Starr : l'identité qu'elle se construit
Le personnage se dote d'une identité civile et dirige une entreprise technologique.
Ce choix mérite d'être relevé, car il est rare chez les héros dotés de grands pouvoirs. Une identité civile sert d'ordinaire à se cacher ; ici, elle sert à exister — à occuper une place dans un monde où le personnage n'a aucune racine.
La série solo de la fin des années 2000 exploite largement cette dimension, et c'est ce qui lui donne son ton particulier : une héroïne qui gère des problèmes de bureau entre deux affrontements.
La partenaire exilée
Les récits des années 2010 l'associent durablement à une autre héroïne venue du même monde disparu.
Le dispositif est efficace parce qu'il résout un problème réel : deux personnages sans origine valide se valident mutuellement. Chacune est, pour l'autre, la preuve que le monde effacé a existé.
C'est probablement la meilleure réponse trouvée par les auteurs à la situation créée en 1985.
Stratégie de collection
Cet univers appelle des recommandations différentes de la plupart des dossiers.
N'attendez pas de clés d'entourage. Le personnage n'a pas d'adversaire personnel ni de seconds rôles dotés de premières apparitions recherchées. C'est une conséquence directe de son absence de monde propre.
Visez les numéros d'équipe. C'est ici que se trouve l'essentiel de sa présence, et ils ne sont jamais vendus comme des numéros Power Girl. Un ensemble cohérent s'y constitue au prix du tout-venant.
Ne négligez pas les séries modernes courtes. Celle de 2009 et celle des années 2010 se complètent intégralement pour un budget dérisoire, et contiennent le personnage tel qu'il est écrit aujourd'hui.
Comme toujours, l'état et la gradation déterminent la valeur ; l'appui sur des ventes récentes réelles est vivement conseillé.
Pour la sélection complète, consultez nos numéros clés de Power Girl et notre guide de collection.
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