2099 (Semic, 1993) : le guide de collection des 36 numéros VF, illustration article

La revue 2099 compte trente-six fascicules datés d'août 1993 à novembre 1996. Les trente-deux premiers se suivent de mois en mois sans interruption, puis les quatre derniers s'espacent d'un numéro tous les deux mois jusqu'à l'arrêt. La numérotation, elle, ne saute aucun cran. Pour un collectionneur, la difficulté n'est donc pas le papier, récent et souvent bien conservé, mais la queue de série : c'est elle qui manque dans les lots.

Vous avez peut-être une pile de 2099 chez vous, achetée d'un bloc, et l'impression rassurante qu'elle est entière : les couvertures se suivent, les dates aussi, et la tranche forme un alignement régulier sur l'étagère. C'est exactement la série où cette impression se vérifie mal. Trente-six numéros tiennent dans peu de place, le rythme de parution change une fois sans prévenir, et le repère visuel qui vous sert ailleurs, le trou dans la numérotation, ne joue plus ici. Cet article mesure la série au lieu de la décrire, et pointe l'endroit précis où votre ensemble risque de s'arrêter sans que rien ne le signale.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue 2099 : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que les titres relevés au sommaire disent de la revue

Le catalogue n'enregistre qu'un seul titre d'histoire par fascicule, alors qu'une revue de ce format en empilait plusieurs. Ce que vous lisez ci-dessous est donc une entrée par numéro, pas un sommaire complet, et c'est une limite qu'il faut garder en tête avant de conclure quoi que ce soit sur le contenu d'un exemplaire précis.

Cela dit, la liste de ces entrées suffit à donner le ton. « La traque » ouvre le premier fascicule, « La brèche » et « Voyage intérieur » suivent dans les mois d'après, « Neuropolitique » et « Déconstruction » arrivent beaucoup plus tard. Entre les deux bouts, le vocabulaire glisse de la poursuite et de l'action vers l'abstraction et la machine. « Deus in machina » au neuvième numéro et « Tranches d'irréalité » au trente-deuxième encadrent assez bien ce déplacement. Un motif revient par ailleurs trois fois sous des formes proches, avec « Muses de feu ! », « Le feu répond au feu » et « Règne de feu », répartis sur les deux premières années.

Dernier point tiré des titres, et celui qui compte à l'achat : deux entrées ne sont pas des titres d'histoire du tout. Le troisième fascicule est enregistré sous « X-Men Saga n°14 » et le vingtième sous « Top BD N°37 ». Ce sont des intitulés de publication, pas de récit. Nous y revenons plus bas, parce que ces deux numéros sont ceux dont le contenu réel demande le plus de vérification sur l'exemplaire en main.

Trente-deux mois d'affilée, puis un ralentissement

Le premier fascicule porte août 1993 et le trente-deuxième mars 1996. Entre ces deux dates, chaque numéro est daté du mois suivant le précédent, sans un seul saut : trente-deux fascicules pour trente-deux mois consécutifs. C'est une régularité rare, et elle a une conséquence pratique immédiate. Si vous datez vos manques en regardant les mois, toute cette portion se contrôle en quelques secondes : il ne doit y avoir aucun mois vide entre l'été 1993 et le printemps 1996.

Puis le régime change. Le trente-troisième fascicule est daté mai 1996, et non avril. Les suivants portent juillet, septembre et novembre 1996. Quatre numéros se répartissent ainsi sur huit mois, au rythme d'un tous les deux mois, jusqu'à l'arrêt. Le basculement n'est annoncé par rien d'autre que la date de couverture, et c'est bien là qu'est le piège : les mois d'avril, juin, août et octobre 1996 sont vides parce qu'aucun fascicule n'y a jamais été daté, pas parce que les vôtres manquent.

La numérotation ne saute aucun cran, et c'est trompeur

Les fascicules portent les numéros 1 à 36 sans interruption. Aucun cran manquant, aucun doublement, aucune reprise de compteur. Sur le papier, c'est la configuration la plus confortable qui soit : vous alignez vos exemplaires, vous lisez les numéros, et tout ce qui manque se voit.

Sauf que ce confort retire au collectionneur son réflexe habituel. Sur une série à numérotation accidentée, le trou saute aux yeux et l'on sait qu'il faut chercher. Ici, rien ne saute aux yeux, et c'est la fin qui s'évapore en silence. Un ensemble arrêté au trente-deuxième fascicule présente une continuité parfaite sur l'étagère, une période couverte qui a l'air complète, et aucun indice visible de ce qui suit. Beaucoup de lots proposés comme entiers le sont jusque là et pas au delà.

D'où la seule vérification qui vaille sur cette revue : ne regardez pas si la suite est régulière, regardez si le dernier numéro présent porte bien le trente-sixième cran. Tout le reste de la série se contrôle facilement, cette dernière poignée est la vraie dépense d'énergie.

Trois relais au scénario, lisibles dans les crédits

Les signatures relevées fascicule par fascicule dessinent trois périodes assez nettes. Un nom traverse presque tout : Peter David apparaît aux crédits de trente et un numéros sur trente-six, du premier jusqu'au trente-quatrième, en ne manquant que cinq rendez-vous. C'est la colonne vertébrale de la revue, et c'est aussi ce qui explique qu'un lecteur ne sente pas vraiment de rupture en avançant dans la pile.

Autour de lui, les relais se succèdent. Stan Lee est crédité sur les huit premiers fascicules et sur aucun ensuite, ce qui isole nettement l'ouverture de la revue. Pat Mills prend la suite et figure aux crédits de dix numéros strictement consécutifs, du huitième au dix-septième, une tranche de dix crans que son seul nom suffit à délimiter. Len Kaminski arrive au dix-huitième et reste jusqu'au dernier. Warren Ellis entre plus tard, au vingt-septième, et signe neuf des dix derniers fascicules.

Pour qui achète au numéro plutôt qu'au lot, cette chronologie est un outil de ciblage utile. Si vous voulez l'ouverture, les huit premiers forment un bloc homogène aux crédits. Si vous visez la dernière manière de la revue, c'est à partir du vingt-septième que la composition change pour de bon, et ce sont justement les fascicules les plus difficiles à réunir.

Le dessin, lui, change par tiers

Les crédits graphiques bougent plus franchement que les crédits d'écriture, et ils donnent un repère de datation à l'œil. Rick Leonardi est de loin le dessinateur le plus présent, sur vingt fascicules, mais il s'arrête net : du premier au vingt-quatrième, et plus jamais après. Un exemplaire dont la planche porte sa signature appartient donc forcément aux deux premiers tiers de la série.

Les autres bornes se lisent de la même façon. Paul Ryan figure aux sept premiers numéros et à aucun autre. Ron Lim entre au onzième et reste jusqu'au trente-sixième, ce qui en fait le seul dessinateur crédité à la fois au milieu et à la toute fin. Ashley Wood n'apparaît que sur les quatre derniers, du trente-troisième au trente-sixième, exactement la portion passée au rythme bimestriel.

Cette coïncidence vaut d'être notée pour une raison concrète : les quatre fascicules les plus durs à trouver sont aussi les seuls où ce nom est crédité. Si vous tombez sur un exemplaire dépareillé et que la signature vous est familière du reste de la série, vous avez probablement un numéro courant entre les mains. Si elle appartient à ce dernier carré, regardez le cran avant de reposer le fascicule.

Frise de parution de 2099 : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Les deux numéros dont le contenu demande le plus de vérification

Revenons au troisième et au vingtième fascicules, enregistrés sous « X-Men Saga n°14 » et « Top BD N°37 ». Pour ces deux entrées, le catalogue conserve un intitulé de publication là où il conserve ailleurs un titre de récit. Autrement dit, ce que nous savons de leur sommaire est encore plus partiel que pour les autres, et aucune déduction sur leur contenu ne tiendrait debout.

La bonne pratique est simple et elle vaut la peine d'être dite en clair, parce qu'elle protège d'un achat regretté : pour ces deux numéros, demandez au vendeur une photo du sommaire plutôt qu'une photo de couverture. Vous ne cherchez pas à vérifier un état, vous cherchez à savoir ce qu'il y a dedans, et c'est une information que le catalogue ne porte pas à votre place.

L'état des exemplaires, et pourquoi il ne départage pas

La série est datée de 1993 à 1996, ce qui en fait l'une des plus récentes qu'un collectionneur de revues françaises puisse chercher. Trois ans et quelques mois seulement séparent le premier du dernier, et l'ensemble n'a guère plus de trois décennies. En pratique, vous verrez passer beaucoup d'exemplaires très présentables, souvent issus de collections suivies par leur premier acheteur et stockées à plat.

Cela change la logique d'arbitrage. Sur une revue plus ancienne, l'état est le premier critère parce que les beaux exemplaires sont rares. Ici, le bel état est courant, donc il discrimine peu : refuser un fascicule pour un angle émoussé n'a de sens que si vous savez pouvoir le remplacer, ce qui est vrai pour les trente-deux premiers numéros et beaucoup moins pour les quatre derniers. Sur ces quatre là, prenez l'exemplaire correct qui passe, et améliorez plus tard si l'occasion se présente.

Les points à contrôler restent classiques et rapides : la tenue de l'agrafe, la planéité du dos, l'absence d'humidité en pied de couverture, et la présence du fascicule complet, pages intérieures incluses. Sur une revue de cette période, un exemplaire incomplet se repère surtout à l'épaisseur, pas à l'aspect extérieur.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Les pièges à l'achat, et une fin qui ressemble à un début

Le premier piège a déjà été nommé : le lot vendu complet qui s'arrête au trente-deuxième cran. Vérifiez par la fin, jamais par le début, et demandez une photo du dernier fascicule plutôt que de la pile.

Le second concerne l'interprétation de la fin elle-même. Le dernier numéro, daté novembre 1996, porte au catalogue l'entrée « Nouveau départ ». Nous ne pouvons pas affirmer ce que contient ce fascicule au delà de ce titre, et nous ne le ferons pas. Mais l'observation mérite d'être posée devant le lecteur, parce qu'elle oriente une recherche : le titre enregistré pour la clôture d'une revue annonce un commencement, et non une résolution. Le précédent fascicule, celui de septembre 1996, est enregistré sous « Spider-Man face à... Venom ! », soit une confrontation, pas une conclusion non plus.

Ajoutez le ralentissement bimestriel qui précède, et vous obtenez un faisceau cohérent : la série ne se referme pas, elle s'arrête. Le collectionneur qui espère une fin de récit dans le dernier fascicule risque la déception, et celui qui cherche à comprendre où la narration s'interrompt n'a pas d'autre ressource que l'exemplaire lui-même. Formulé autrement, le trente-sixième numéro est à chercher pour compléter la série, pas pour conclure une lecture.

Compléter la série sans perdre de temps

La méthode qui marche sur cette revue tient en trois gestes. D'abord, achetez le gros au lot : la portion mensuelle, qui représente l'écrasante majorité de la série, circule groupée et il est inefficace de la monter numéro par numéro. Ensuite, traitez les quatre derniers crans comme une recherche séparée, avec une alerte dédiée, parce qu'ils ne voyagent pas avec le reste et qu'ils n'apparaissent pas dans les mêmes annonces.

Enfin, tenez un relevé par cran et non par mois. C'est le conseil le plus spécifique à cette série, et il découle directement du changement de rythme de 1996 : un relevé par mois vous fera chercher des fascicules inexistants, un relevé par cran vous dira exactement où vous êtes. Les listes de la fiche du personnage et celles du blog peuvent servir de point de départ, mais le document qui compte est le vôtre.

Côté valeur, raisonnez en rapports plutôt qu'en chiffres. L'écart se creuse là où l'offre se raréfie, donc entre la portion mensuelle abondante et le dernier carré bimestriel, et il se creuse peu entre deux états voisins puisque le bel exemplaire est commun. Un ensemble vraiment complet jusqu'au trente-sixième cran se négocie autrement qu'un ensemble arrêté avant, et c'est l'unique différence qui mérite d'être documentée quand vous vendez.

Questions fréquentes

Trente-six fascicules, numérotés de 1 à 36 sans aucun cran manquant. Le premier est daté août 1993 et le dernier novembre 1996, soit un peu plus de trois ans de parution. Un ensemble n'est complet que s'il monte jusqu'au trente-sixième, ce qui est moins souvent le cas que les vendeurs ne le pensent.

Parce que la revue est passée au rythme bimestriel sur sa fin. Les quatre derniers numéros portent mai, juillet, septembre et novembre 1996, et les mois intercalaires sont restés vides. Si vous datez vos manques en raisonnant par mois, vous chercherez des fascicules qui n'ont jamais existé. Raisonnez par numéro.

Regardez la fin, pas le début. Demandez une photo du dernier fascicule de la pile et vérifiez qu'il porte le trente-sixième cran. La série étant numérotée sans trou, un ensemble arrêté plus tôt paraît parfaitement continu : c'est le seul contrôle qui distingue un lot complet d'un lot régulier.

Oui, grossièrement. Stan Lee n'est crédité que sur les huit premiers, Rick Leonardi s'arrête au vingt-quatrième, Len Kaminski n'apparaît qu'à partir du dix-huitième et Ashley Wood seulement sur les quatre derniers. Ces bornes suffisent à placer un exemplaire sans couverture lisible dans le bon tiers de la série.

Pas entièrement. Le catalogue ne conserve qu'une entrée par fascicule, alors que chacun en publiait plusieurs. Pour le troisième et le vingtième, cette entrée est même un intitulé de publication et non un titre de récit. Dans ces cas, demandez une photo du sommaire plutôt que de la couverture.