⚡ Réponse rapide

Le fascicule le plus demandé de ce dossier n'est pas indexé à son nom : il s'agit du numéro de mai 1966 qui introduit un artefact devenu célèbre par les écrans, et que le marché classe sous le nom de cet objet. Autour, la hiérarchie est claire : les deux fascicules de 1941, le retour de février 1965, l'origine de mars 1965, la séquence de 1966 (avec ses éditions britanniques à 10d), et le récit-somme de juin 1984, très abordable.

La plupart des dossiers d'antagonistes s'organisent autour d'apparitions. Celui-ci s'organise en partie autour d'un accessoire.

C'est un cas de figure qu'on rencontre rarement, et qui produit une anomalie durable : le numéro le plus recherché de la séquence est vendu, cherché et référencé sous un nom qui n'est pas celui du personnage.

Quand la demande appartient à un objet

Le fascicule mis en vente le 10 mai 1966, à 12 cents, porte un titre de récit qui parle de celui qui détient un certain cube. Cet artefact deviendra, des décennies plus tard, un élément central de plusieurs adaptations à très large audience, sous une désignation différente.

Il en résulte une situation instructive.

Le numéro est recherché par des gens qui ignorent tout de l'antagoniste. Ils veulent l'objet, ou plus exactement la première apparition de l'objet. Le personnage qui le brandit leur est indifférent.

Cette demande est indépendante du dossier. Elle monte et descend au rythme des projets qui mettent l'artefact en scène, sans aucun rapport avec la place du personnage dans les publications en cours.

Elle n'est indexée nulle part correctement. Un vendeur qui range ses fascicules par personnage ne mettra jamais celui-ci dans la bonne case. Il n'y a pas de rubrique pour les accessoires.

La leçon dépasse ce cas : un objet peut porter une demande autonome, et cette demande échappe à toutes les grilles de classement du marché. Quand une adaptation rend un artefact célèbre, cherchez quel fascicule l'a introduit — il est souvent moins cher que sa notoriété ne le suggère, précisément parce que personne ne sait où le ranger.

La hiérarchie du dossier

Cinq niveaux, du plus élevé au plus accessible.

Décembre 1940 : le premier numéro de la série, qui domine tout — mais dont la valeur revient au héros et non à l'antagoniste, comme l'explique notre article sur ses débuts.

Août 1941 : le septième numéro, tenu par convention pour les débuts du porteur durable du masque. Ancien, recherché, et sans commune mesure avec le précédent.

Février et mars 1965 : deux fascicules consécutifs, l'un annonçant son retour, l'autre son origine. Ils marquent la réintégration du personnage dans la publication moderne après une longue absence.

Avril, mai et juin 1966 : la séquence en trois parties qui contient l'artefact. Le fascicule central porte la demande ; les deux autres, moins chers, encadrent le récit.

Juin 1984 : un numéro double consacré entièrement à la biographie du personnage, écrit par J. M. DeMatteis et dessiné par Paul Neary. C'est le meilleur rapport de tout le dossier, et nous y revenons plus bas.

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Les tirages britanniques de 1966

Les trois fascicules de la séquence de 1966 existent chacun en deux versions officielles.

La version américaine annonce 12 cents. Celle destinée au Royaume-Uni affiche 10d — dix pence, dans l'ancien système monétaire britannique, celui d'avant la décimalisation.

Ce détail typographique constitue un repère de datation d'une fiabilité absolue. Le Royaume-Uni a changé de système au début des années 1970 : tout exemplaire portant des pence anciennes est nécessairement antérieur à cette réforme. Sur un fascicule dont on douterait du millésime, c'est une confirmation immédiate.

Côté prix, ces tirages subissent une décote, les transactions de référence se concluant aux États-Unis. La différence s'amplifie proportionnellement à la valeur du numéro concerné — et devient franchement notable sur le fascicule central de cette séquence, celui que porte la demande de l'artefact.

C'est justement là que ces exemplaires deviennent intéressants : contenu identique, année identique, dépense nettement moindre. Le prix à payer est un cercle d'acheteurs plus restreint le jour où l'on voudra revendre.

Acheter les bornes plutôt que le centre

La séquence de 1966 se prête à un arbitrage précis, et rentable, que peu d'acheteurs formulent.

Ces trois fascicules consécutifs — avril, mai et juin — forment un récit continu. Le premier lance la situation, le deuxième introduit l'artefact, le troisième conclut. Sur le plan narratif, ils sont indissociables : lire le deuxième seul revient à prendre un train en marche puis à en descendre avant l'arrêt.

Sur le plan des prix, en revanche, ils sont très inégaux. La totalité de la prime se concentre sur celui du milieu, parce que c'est lui que réclame la demande extérieure. Les deux autres sont traités comme des numéros ordinaires de la série.

Trois usages découlent de cet écart.

Pour lire, achetez les trois — les deux bornes coûtent ensemble une fraction du central, et le récit prend enfin son sens.

Pour construire une collection, commencez par les bornes. Elles remplissent la séquence, elles montent lentement, et elles vous laissent le temps de guetter une occasion sur la pièce chère.

Pour arbitrer un budget, comparez le central en version britannique aux trois en version américaine. Selon les moments, les deux options se valent, et la seconde apporte davantage.

Un avertissement enfin : les lots « séquence complète » proposés sur ce genre de récits ont souvent été vidés de leur numéro cher avant mise en vente. Réclamez la liste des numéros, pas la plage annoncée.

Les deux circuits ne recevaient pas le même jour

Voici un détail que nous n'avions jamais rencontré aussi nettement, et qui mérite d'être connu.

Sur le numéro double de 1984, le catalogue enregistre deux dates de mise en vente différentes pour le même fascicule : le 12 juin pour la version distribuée en boutique spécialisée, le 3 juillet pour celle destinée aux kiosques. Trois semaines d'écart.

Ce décalage n'a rien d'anecdotique. Il rappelle que dans les années 1980, deux réseaux de distribution parallèles coexistaient, avec des logiques et des calendriers distincts : le circuit spécialisé achetait ferme et recevait tôt, le kiosque fonctionnait en dépôt-vente et recevait plus tard.

Trois conséquences pratiques.

Une date de mise en vente ne suffit pas à identifier un exemplaire. Deux annonces qui donnent des dates différentes pour le même numéro peuvent être toutes les deux exactes.

Les deux versions ne sont pas également fréquentes. Sur cette période, la proportion entre les deux circuits évoluait rapidement, ce qui rend l'une plus rare que l'autre — et pas toujours celle qu'on croit.

Une édition canadienne existe en plus. Le catalogue la relève sur ce même numéro, avec un prix en monnaie locale. Trois objets, donc, sous une seule référence.

1984 : le meilleur rapport du dossier

Insistons sur ce numéro, parce qu'il est systématiquement sous-estimé.

Publié à 60 cents en format double, il est consacré intégralement à retracer le parcours du personnage, de son enfance à son état présent. Le titre du récit l'annonce sans détour.

Son intérêt tient à ce qu'il fait de la matière de 1941. Le personnage d'origine était une caricature de propagande, fonctionnelle et sans épaisseur. Quarante ans plus tard, DeMatteis lui construit une trajectoire cohérente qui explique comment on devient cela — sans jamais excuser quoi que ce soit, ce qui est exactement l'exercice difficile.

Ce fascicule est devenu la référence commune : la plupart des auteurs ultérieurs s'appuient dessus. Et il se trouve pour une somme dérisoire, dans un état généralement excellent, puisqu'il date d'une période où les acheteurs conservaient déjà soigneusement.

Si vous ne devez acheter qu'un seul fascicule de ce dossier, c'est celui-là.

L'état, selon les époques

Sur 1940-1941, la question dominante est l'authenticité autant que la note. Le papier est très acide, les blocs de 68 pages fatiguent aux agrafes, et les réparations anciennes sont fréquentes. Un exemplaire trop beau pour son âge appelle davantage de vérifications, pas moins.

Sur 1965-1966, on retrouve les défauts caractéristiques du silver age : brunissement des tranches, pli de dos, coins arrondis par la lecture. Le tirage était massif, ce qui rend le bel état accessible — sauf sur le fascicule porté par la demande de l'artefact.

Sur 1984, l'état irréprochable est courant et ne coûte quasiment rien de plus. Il n'y a aucune raison d'accepter un exemplaire médiocre.

Trois erreurs coûteuses

Acheter le premier numéro de 1941 pour l'antagoniste. Vous paierez un prix fixé par une autre demande, sur un objet où sa présence est un détail parmi d'autres.

Ignorer la version britannique sur la séquence de 1966. C'est là qu'elle a le plus de sens : même contenu, même année, coût sensiblement inférieur, sur le seul fascicule cher de la série.

Se fier à une date de mise en vente isolée. Sur les années 1980, les deux circuits recevaient les fascicules à des dates différentes. Demandez le numéro et le prix imprimé, jamais une date seule.

Par où entrer

Le récit-somme de juin 1984, en priorité absolue. Peu cher, disponible en bel état, et c'est le texte de référence.

La séquence de 1966, en visant d'abord les deux fascicules d'encadrement, nettement moins demandés que le central. Vous aurez le récit complet pour une fraction du prix.

Le septième numéro de 1941, pour qui construit une collection ancienne — et en connaissant précisément la distinction expliquée dans notre article sur ses débuts.

Pour les récits eux-mêmes, voyez nos meilleurs arcs ; pour bâtir un ensemble cohérent, notre guide de collection.

Ce qu'on nous demande sur ce dossier

Celui du 10 mai 1966, à 12 cents — mais pas pour le personnage. Il introduit un artefact devenu célèbre par les adaptations, sous une autre désignation, et le marché le classe sous le nom de cet objet. Sa demande est donc portée par des acheteurs qui ignorent tout de l'antagoniste, et elle évolue indépendamment du reste du dossier.

Parce qu'il n'existe pas de rubrique pour les accessoires. Un vendeur qui organise ses fascicules par personnage ne le rangera jamais correctement. C'est une leçon générale : quand une adaptation rend un objet célèbre, cherchez le fascicule qui l'a introduit — il est souvent moins cher que sa notoriété ne le laisse croire, faute de case où le mettre.

Celui de juin 1984, sans hésitation. Ce format double à soixante cents retrace intégralement le parcours du personnage, sous la plume de J. M. DeMatteis et le crayon de Paul Neary. Il est devenu la référence commune sur laquelle s'appuient la plupart des auteurs ultérieurs, et il se trouve pour une somme dérisoire en excellent état.

Moins que les américains à état égal, puisque le marché de référence est aux États-Unis. Ce sont pourtant des tirages officiels du même éditeur. Leur intérêt est maximal sur le fascicule cher de 1966 : même contenu, même millésime, coût sensiblement inférieur. La contrepartie est une revente plus étroite.

Par le système monétaire imprimé. Une mention en pence anciennes, comme les 10d de 1966, situe nécessairement l'exemplaire avant la décimalisation britannique du début des années 1970. C'est un repère d'une fiabilité absolue, indépendant du millésime de couverture, et utile sur toute la production de cette période.

Non. Sur le numéro de 1984, le catalogue enregistre le 12 juin pour la version de boutique spécialisée et le 3 juillet pour celle des kiosques : trois semaines d'écart, parce que deux réseaux parallèles coexistaient avec des calendriers distincts. Deux annonces qui donnent des dates différentes peuvent donc être toutes deux exactes.

Trois. La version de boutique spécialisée, la version kiosque — distribuées à trois semaines d'intervalle — et une édition canadienne avec un prix en monnaie locale. Trois objets différents sous une seule référence, ce qui impose de demander le prix imprimé plutôt que de se fier au numéro seul.

Oui, car les tirages de 1965-1966 étaient massifs et le bel état reste accessible — sauf sur le fascicule porté par la demande de l'artefact, où la concurrence est réelle. Les défauts à surveiller sont ceux de la période : brunissement des tranches, pli de dos, coins arrondis par la lecture.

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