Pour lire Martian Manhunter, commencez par la série de John Ostrander et Tom Mandrake, lancée en décembre 1998, qui donne au Martien sa profondeur psychologique. Lisez ensuite le JLA de Grant Morrison (1997), où J'onn J'onzz tient le rôle de cœur de l'équipe, puis la mini-série de J.M. DeMatteis et Mark Badger (1988). Les relances de Steve Orlando (2019), de Deniz Camp (2025) et de Rob Williams (2015) complètent le tableau, avec en préambule les récits de 1955 à 1968.

J'onn J'onzz est un cas à part dans le classement des héros DC : fondateur de la Justice League, il n'a pourtant jamais disposé d'une longue série régulière et ininterrompue. Ses « runs » sont donc des îlots, séparés par des décennies de silence, écrits par des auteurs qui ne se sont presque jamais répondu. Ce guide les range du plus convaincant au plus tourné vers les racines.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs de Martian Manhunter présentés dans cet article, du premier au dernier

Comment nous avons classé les runs de Martian Manhunter

Un personnage sans série continue oblige à changer de méthode. Plutôt que de suivre une numérotation, nous avons isolé sept périodes distinctes, chacune écrite par un auteur ou un duo identifiable, puis nous les avons comparées sur ce qu'elles font de J'onn : le traitent-elles comme un extraterrestre isolé, comme un détective, comme le pilier moral d'une équipe ? Le rang tient d'abord à la solidité du portrait, ensuite à la facilité de lecture, enfin à la facilité de rassemblement.

Un avertissement sur les chiffres : les volumes de Martian Manhunter sont mal numérotés dans les catalogues (la série de 1998 est parfois nommée volume 2, celle de 2015 volume 4, par exemple). Nous citons donc l'année avec chaque titre, et nous évitons de figer un dernier numéro quand les sources divergent.

Top 1 : John Ostrander et Tom Mandrake, Martian Manhunter (1998-2001)

La série régulière lancée en décembre 1998 est la seule qui ait donné à J'onn un espace de plusieurs dizaines de numéros. Elle compte trente-six numéros réguliers, auxquels s'ajoutent quelques épisodes hors numérotation ; les sources divergent sur le décompte exact, et nous ne figeons pas de chiffre au-delà de ces trente-six. Ostrander, dont les lecteurs connaissent la manière sérieuse de bâtir un univers, écrit un héros qui ne cesse de se demander ce qu'il est venu faire sur Terre, tandis que Mandrake, avec un trait anguleux et des ombres lourdes, donne à Middletown et à Mars une atmosphère de film noir.

Ce run compte pour le personnage parce qu'il tire parti de ce que les années 1950 avaient posé sans l'exploiter : la solitude d'un dernier survivant, l'usurpation permanente d'une identité humaine, la perte d'une famille. J'onn y est un être qui change de visage pour approcher les autres et qui, paradoxalement, peine à se montrer tel qu'il est. L'ensemble forme la lecture la plus complète du caractère de J'onn J'onzz en dehors de la Ligue.

À qui s'adresse-t-il ? Au lecteur patient, qui apprécie les séries d'auteur et qui accepte un rythme plus lent que le super-héros habituel. Pour le collectionner, les fascicules de la fin des années 1990 se trouvent sans difficulté : le tirage de l'époque était large, et les exemplaires en bon état abondent. Pour un recueil, vérifiez au catalogue les numéros inclus avant de payer.

Top 2 : Grant Morrison et Howard Porter, la série JLA (1997-2000)

Ce n'est pas un run de Martian Manhunter à proprement parler, et le classement l'assume : dans la série JLA, lancée en 1997, Morrison confie à J'onn un rôle que ses solos n'avaient jamais osé lui donner. Sept héros composent l'équipe, de Superman à Aquaman, et c'est le Martien qui devient la pièce de liaison du groupe. Le premier arc, « New World Order », oppose l'équipe à des figures qui se présentent comme des sauveurs et dont la nature touche directement le personnage, ce qui fait de J'onn un enjeu et pas seulement un spectateur.

Pourquoi il compte : il réinstalle J'onn au centre de la Ligue, après trois décennies où il traversait les équipes sans y peser. Le dessin d'Howard Porter rend lisible une équipe très nombreuse, et la série a durablement marqué la manière dont DC met en scène ses grandes formations.

À qui s'adresse-t-il ? À celui qui veut comprendre comment le Martien est perçu dans l'ensemble de l'univers DC, et qui apprécie les récits d'équipe à haute énergie. Pour le collectionner, la série de 1997 existe en fascicules, mais JLA est un titre où les recueils sont souvent préférables : les premiers volumes réunissent proprement les arcs, et vous trouverez dans notre parcours de lecture de Grant Morrison la place de cette série parmi les autres grands récits de l'auteur.

Top 3 : J.M. DeMatteis et Mark Badger, Martian Manhunter (1988)

En 1988, DC publie la première mini-série consacrée au seul Martien, en quatre numéros. DeMatteis, alors scénariste de la Justice League chez le même éditeur, y approfondit l'isolement de J'onn et redessine une partie de la mythologie martienne. Mark Badger, au style graphique très marqué, loin du dessin d'aventure traditionnel, donne à l'ensemble un aspect de rêve éveillé qui divise encore les lecteurs.

Ce run compte parce qu'il est le premier à traiter J'onn comme un personnage à explorer plutôt que comme un rôle de soutien. À notre lecture, il annonce, dix ans avant la série d'Ostrander, le deuil d'un monde et le poids du secret : un point de départ, plus qu'un aboutissement.

À qui s'adresse-t-il ? À l'amateur de bande dessinée expérimentale, qui accepte de se laisser guider par une image inhabituelle. Pour le collectionner, il s'agit d'une mini-série de quatre fascicules : un ensemble court, peu coûteux à compléter, à acheter par lot plutôt que numéro par numéro. Les sources divergent sur l'existence d'un recueil récent ; vérifiez-la au catalogue avant de chercher une édition reliée.

Top 4 : Steve Orlando et Riley Rossmo, Martian Manhunter (2019)

Orlando et Rossmo signent une maxi-série de douze numéros, parue à partir de 2019, qui s'attaque de front à ce que la métamorphose implique : si J'onn peut devenir n'importe qui, qui est-il quand il n'a plus de forme ? Rossmo, dont le trait déformé rappelle la bande dessinée indépendante, met cette question en images avec un style qui ne cherche pas la sagesse.

Il compte pour le personnage parce qu'il remet la question d'identité au cœur de J'onn, après des années où les relances l'avaient surtout rattaché à la Justice League. La série dialogue avec la tradition de la série d'Ostrander sans la copier, et elle fournit un point d'entrée moderne à qui ignore tout de 1955.

À qui s'adresse-t-il ? Au lecteur actuel, habitué aux récits courts conçus pour le recueil. Côté collection, la série date de peu et n'a pas de cote établie. Les fascicules comme le volume relié conviennent ; seule la réputation d'Orlando et de Rossmo, non une adaptation, pourrait la faire évoluer. Nous n'avançons ni tirage ni ratio de couverture alternative, faute de source sûre.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs de Martian Manhunter, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Deniz Camp et Javier Rodríguez, Absolute Martian Manhunter (2025)

La collection « Absolute » de DC réinvente ses héros dans un univers à part, et Martian Manhunter y reçoit un traitement d'horreur psychologique. Camp écrit, Rodríguez dessine : le duo transforme la quête d'identité du Martien en cauchemar, dans une ambiance bien éloignée du héros lumineux de la Ligue. Son rang tient au recul qui manque encore.

Ce qui le rend intéressant, c'est le pari de relire le personnage à partir de ses ténèbres, ce que les années 1950 avaient déjà esquissé dans la figure d'un être qui ressemble à tout le monde et à personne. À qui s'adresse-t-il ? Au lecteur qui aime l'horreur et le polar, et qui préfère les mini-séries courtes aux feuilletons au long cours.

Pour le collectionner, rappelons la règle des numéros récents : la cote n'est pas installée. Ce qui la fera bouger, c'est le succès durable de la collection Absolute, la manière dont la mini-série se termine et la reprise éventuelle du personnage dans d'autres séries. Nous ne citons ni ratio de couverture alternative ni tirage : sans source solide, mieux vaut s'abstenir.

Top 6 : Rob Williams et Eddy Barrows, Martian Manhunter (2015)

Dans la vague éditoriale de 2015, DC confie à Rob Williams une série solo, dessinée par Eddy Barrows. Elle compte douze numéros selon nos recoupements, et c'est un récit d'aventure plus qu'une étude de caractère, qui ramène J'onn face à son passé martien. Barrows, dessinateur de super-héros très lisible, donne de l'ampleur aux scènes d'action, au prix d'une profondeur moins appuyée que dans les deux premiers.

Ce run compte moins par ses idées que par son rôle de passerelle : il rappelle qu'après la refonte de 2011, le Martien était encore un personnage que l'éditeur cherchait à relancer en solo. À qui s'adresse-t-il ? Au lecteur qui veut un J'onn d'action, sans références à lire d'abord. Pour le collectionner, c'est une série courte, sans difficulté de complétion ; les fascicules se trouvent à un coût modeste, et le recueil convient à la lecture.

Top 7 : Joseph Samachson, Joe Certa et leurs successeurs, les récits de 1955 à 1968

Tout commence dans Detective Comics #225 (novembre 1955), où Samachson et Certa créent J'onn en récit de complément. Il reste dans ce format pendant près d'une décennie, puis la série « Manhunter from Mars » migre vers House of Mystery à partir du #143 (1964) et s'y poursuit jusqu'en 1968. C'est l'époque où le héros acquiert ses faiblesses fameuses face au feu et son compagnon Zook. Notre histoire de Martian Manhunter raconte ce parcours en détail ; ici, il s'agit de savoir s'il vaut d'être lu aujourd'hui.

Il compte parce que tout ce qui précède s'en nourrit : l'exil, l'identité de John Jones, la métamorphose. Mais le rythme des récits courts est celui des années 1950 et 1960, ce qui le destine à l'amateur d'histoire plus qu'au lecteur pressé. La liste des scénaristes qui ont suivi Samachson est incertaine dans les sources, et nous préférons ne pas la dresser.

Pour le collectionner, c'est ici que se concentrent les fascicules les plus recherchés, notamment Detective Comics #225, et la lecture passe plutôt par des volumes de réédition. Pour juger l'enjeu d'un exemplaire d'origine, passez par notre guide des numéros clés.

Par lequel commencer selon votre profil

Qui veut un portrait complet du personnage ouvrira le Top 1, la série d'Ostrander et Mandrake. Celui qui vient de la Justice League, ou qui a vu le Martien en équipe à l'écran, préférera le Top 2 : le JLA de Morrison montre J'onn dans l'action collective. Le lecteur sensible à l'expérimentation graphique ira vers le Top 3, en quatre numéros.

L'amateur de séries actuelles trouvera son compte dans les Top 4 et Top 5, pensés pour la lecture moderne, le second étant le plus sombre. Celui qui cherche un récit d'aventure sans prérequis lira le Top 6. L'amateur d'histoire de la bande dessinée, lui, finira par le Top 7, une fois que le personnage lui est familier, pour mesurer ce que les auteurs ont retenu des origines et ce qu'ils ont écarté.

Pour un premier achat, préférez une série courte et complète à un fascicule isolé : un seul numéro de 1998 laisse au milieu d'une intrigue, alors que la mini-série de 1988 se lit d'une traite.

Ce que valent ces runs en collection

Le marché du Martien se divise en deux régimes. Les fascicules de 1955 à 1968 relèvent de l'âge d'argent et des débuts de la période suivante : peu nombreux en haut grade, ils se comparent entre eux selon l'état et selon les ventes terminées, jamais selon une valeur lue sur une seule annonce. Avant d'acheter, rapprochez plusieurs transactions achevées pour le même numéro et le même niveau d'état, en écartant les valeurs aberrantes.

À l'inverse, les périodes de 1988 à 2019 s'adressaient à un large public : leurs fascicules circulent facilement, et le plaisir de lecture dépasse de loin l'effort de recherche. Pour les parutions de 2015, 2019 et 2025, la cote n'est pas installée et ce qui la fera bouger reste incertain ; n'achetez pas pour spéculer.

Un fascicule ancien dort chez vous ? Passez par l'estimation gratuite pour le situer. Et pour replacer le Martien dans l'équipe dont il est membre fondateur, notre classement des meilleurs runs de Flash montre comment un autre fondateur de 1960 a été traité.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs de Martian Manhunter auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

La série d'Ostrander et Mandrake, lancée en décembre 1998, est la plus souvent citée. Elle approfondit la solitude de J'onn J'onzz sur une trentaine de numéros, avec un ton de polar sombre. Si vous préférez une lecture courte, la mini-série de DeMatteis et Badger (1988) tient en quatre numéros.

Ce n'est pas indispensable, mais utile. Dans JLA, lancé en 1997, Morrison fait de J'onn le cœur de la formation de sept membres, et le premier arc touche directement la nature du Martien. Lisez-le après le Top 1 pour mesurer l'écart entre la version solitaire et la version d'équipe.

Oui, car la collection Absolute repart d'une page blanche : aucune continuité à connaître. Deniz Camp et Javier Rodríguez y proposent une relecture sombre, mais elle ne remplace pas la compréhension du personnage de base. Un lecteur novice peut la lire d'abord, puis remonter vers 1998.

Son histoire éditoriale alterne longs silences et relances brèves. Après la fin de sa série de House of Mystery en 1968, il faut attendre la mini-série de 1988 puis la série de 1998 pour le retrouver au premier plan. L'éditeur l'a surtout employé comme membre d'équipe, plus que comme tête d'affiche.

Oui, mais avec un regard d'historien. Les récits de Detective Comics et de House of Mystery, de 1955 à 1968, ont le rythme court de l'époque. Ils se lisent bien en réédition, et leur intérêt est de montrer d'où viennent les thèmes repris par Ostrander puis par Orlando.

Un Detective Comics #225 ou un House of Mystery de la série du Martien traîne dans vos boîtes ? Faites estimer son état avant de décider de le garder ou de le vendre.

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