Le meilleur run consacré à Lex Luthor est la mini-série Lex Luthor: Man of Steel de Brian Azzarello et Lee Bermejo (2005), qui raconte l'univers DC de son point de vue. Elle devance l'arc The Black Ring de Paul Cornell dans Action Comics (2010-2011) et The Man of Steel de John Byrne (1986). Ce classement retient six ensembles, avec le niveau de continuité requis et le format à choisir pour chacun.
Lex Luthor n'a presque jamais eu de série à son nom, et pourtant ses meilleurs récits existent. Ils se cachent dans des mini-séries d'auteur, dans une poignée de numéros d'Action Comics et dans des fresques où Superman reste le héros mais où le vilain vole la scène. Notre guide de lecture ordonne le parcours ; ici, nous classons les lectures qui valent le plus, en assumant qu'un excellent récit de Superman n'est pas forcément un excellent récit de Luthor.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le critère retenu : qui est le sujet du récit
Pour Luthor, la vraie question n'est pas la qualité d'ensemble d'un récit, mais la place que le vilain y occupe. Un chef-d'œuvre de Superman où Luthor n'est qu'un obstacle de plus dit peu de choses de lui. Nous avons donc posé trois questions à chaque candidat. Luthor est-il le sujet, ou un prétexte ? Le récit se lit-il sans connaître trente ans de continuité Superman ? Et laisse-t-il une trace dans la manière dont les auteurs suivants ont écrit le personnage ?
Ce rang mesure la lecture, pas le marché. La clé du personnage, Action Comics #23, date d'avril 1940 et se trouve hors de tout run : nous lui consacrons une fiche à part. Les six entrées ci-dessous sont des périodes de lecture, pas des numéros-clés.
Top 1 : Brian Azzarello et Lee Bermejo, Lex Luthor: Man of Steel (2005)
La mini-série en cinq numéros prend un parti simple et audacieux : montrer Metropolis, Superman et le reste de l'univers DC à travers le regard de Luthor. Le héros y apparaît comme une puissance incompréhensible, presque divine, et Luthor se présente en défenseur de la dignité humaine face à un être qui rend tout effort inutile. Le raisonnement est conduit avec assez de rigueur pour que le lecteur, un instant, l'entende.
Ce récit compte pour le personnage parce qu'il donne à Luthor une cohérence intérieure plutôt qu'une simple méchanceté. Il explique la jalousie sans la réduire à l'accident de laboratoire de Smallville, et il rend sa haine politique autant que personnelle. Lee Bermejo, au dessin, apporte un réalisme sombre et des visages marqués qui accentuent la solidité du propos.
Il s'adresse à tout le monde, y compris à qui n'a jamais ouvert un Superman : c'est l'un des rares récits DC où l'on peut commencer sans passif. Pour le collectionner, le fascicule est secondaire : la série existe en volume relié, parfois publié sous le titre court Luthor, et c'est le format le plus pratique. Notre guide de lecture en fait la porte d'entrée recommandée, et nous ne le contredisons pas.
Top 2 : Paul Cornell, The Black Ring dans Action Comics (2010-2011)
Du numéro 890 au numéro 900 d'Action Comics, Luthor devient le protagoniste d'une série qui porte le nom de Superman. Ce dernier est largement absent de l'histoire, ce qui laisse le champ libre à son adversaire : Luthor poursuit une source de pouvoir qu'il veut s'approprier, et sa quête révèle une ambition qui dépasse l'argent et le politique. Paul Cornell écrit l'ensemble, avec Pete Woods parmi les dessinateurs.
Le run importe parce qu'il fait ce que peu d'éditeurs osent : retirer le héros du titre pour regarder le vilain travailler. Il montre un Luthor mégalomane au sens métaphysique du terme, qui ne se contente plus de vouloir battre Superman mais cherche à posséder ce qu'il ne comprend pas. C'est la lecture centrée sur Luthor par excellence, plus que le Top 1 sur le plan de la continuité.
Il convient à un lecteur qui connaît déjà les grandes lignes du personnage : le plaisir augmente quand on mesure l'écart avec le Luthor habituel. Les numéros 890 à 900 existent en recueil, et le fascicule d'origine reste modeste en rareté. Notre fiche sur les numéros clés de Lex Luthor le place parmi les jalons modernes.
Top 3 : John Byrne, The Man of Steel (1986)
La mini-série en six numéros de 1986 refonde Superman après la remise à plat de la continuité DC. Dans le quatrième numéro, Byrne transforme Luthor : le savant fou à la cité volante laisse la place au patron de LexCorp, l'homme le plus puissant de Metropolis avant que Superman n'y apparaisse. Ses méthodes passent par les conseils d'administration, les sénateurs et les concurrents écrasés, non par les rayons de la mort.
Ce récit compte pour une raison simple : il a défini le Luthor que presque tous les auteurs ont écrit ensuite. L'industriel respectable en façade et corrompu en profondeur, c'est lui, et la plupart des versions qui ont suivi s'en réclament ou s'en démarquent. Notre fiche sur Man of Steel #1 de John Byrne raconte le contexte de cette refonte.
Il s'adresse au lecteur curieux des origines du Luthor moderne, et seul le quatrième numéro est centré sur lui : le reste est un récit de Superman. D'où une troisième place, au nom de l'influence plutôt que du plaisir pur. Un recueil de la mini-série suffit à la lecture ; les fascicules, eux, font l'objet d'un marché de collectionneurs que nous traitons ailleurs.
Top 4 : Mark Waid et Leinil Francis Yu, Superman: Birthright (2003-2004)
Série limitée de douze numéros, parue de septembre 2003 à septembre 2004, Birthright réécrit les débuts de Superman et, au passage, ceux de Luthor. Waid y rétablit le lien de jeunesse avec Clark Kent à Smallville et fait perdre à Luthor son père et ses cheveux dans un même accident d'expérience. Le vilain redevient un chercheur que l'arrivée d'un véritable extraterrestre rend fou de jalousie.
Le récit compte parce qu'il a offert, pour un temps, l'origine officielle du personnage. Il a ensuite été écarté par les remaniements de continuité qui ont suivi Infinite Crisis, ce qui en fait aujourd'hui une version alternative plus qu'un canon. Notre article sur les origines successives de Luthor détaille cette succession et explique pourquoi Waid y revient en 2026.
Il est écrit pour un lecteur qui veut comprendre comment le haut de la pyramide se construit : l'amitié brisée qui fonde la rancune. Le dessin de Leinil Francis Yu, encré par Gerry Alanguilan, garde une énergie très cinétique. Format conseillé : le recueil, qui regroupe les douze numéros dans l'ordre. Le fascicule n'apporte rien de plus à la lecture.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Top 5 : Grant Morrison et Frank Quitely, All-Star Superman (2005-2008)
Douze numéros, un Superman condamné par un excès d'exposition solaire, et un Luthor qui a tout fait pour en arriver là. Morrison écrit un récit complet, indépendant de toute continuité, qui reprend les grands motifs du personnage dans une forme presque mythologique. Le Luthor de cette série est un génie qui triomphe, puis découvre, trop tard, la grandeur de celui qu'il a combattu toute sa vie.
Cette cinquième place peut surprendre pour un chef-d'œuvre. Elle tient au critère : Superman reste le sujet de l'ensemble, et le vilain n'occupe que certains épisodes. Mais ces épisodes comptent parmi les plus riches portraits du personnage. Frank Quitely donne à Luthor une présence physique singulière, lourde, presque animale, qui contraste avec l'image du milliardaire en costume.
Il s'adresse à tous, sans exception, et pas seulement aux amateurs de Luthor. Format conseillé : le volume relié, et pour qui hésite, l'adaptation animée ne remplace pas la lecture. Notre article sur le film d'animation, All-Star Superman face à la bande dessinée, explique ce que l'écran a retenu et ce qu'il a laissé.
Top 6 : Jeph Loeb et Ed McGuinness, Superman/Batman, Public Enemies (2003-2004)
Les six premiers numéros de Superman/Batman montrent un Luthor devenu président des États-Unis, qui met à prix la tête de Superman et de Batman et lance contre eux les héros et les criminels. L'ensemble est un blockbuster joyeux, aux pages pleines d'invités et de coups de théâtre, bien loin de l'introspection de la première place.
Ce run compte parce qu'il pousse au bout la logique de la présidence : Luthor ne conquiert plus par la force, il gouverne, et c'est le droit qu'il retourne contre ses ennemis. C'est aussi un moment charnière dans le cycle du personnage. Il est moins profond que les cinq autres, ce qui explique sa dernière place, mais personne ne dira qu'il est ennuyeux.
Il convient au lecteur qui veut de l'action et du spectacle, avec un minimum de continuité à connaître. Le recueil de ces six numéros se trouve facilement, et le fascicule d'origine n'a pas de valeur de lecture supplémentaire.
Par lequel commencer selon votre profil
Vous découvrez Luthor. Lex Luthor: Man of Steel, sans hésiter, puis All-Star Superman pour voir le même personnage dans un autre registre.
Vous aimez comprendre d'où viennent les choses. Byrne pour le Luthor industriel, Waid pour l'amitié de Smallville. Lus à la suite, ils montrent deux manières incompatibles de fonder la même haine, et notre analyse sur l'adversaire sans pouvoir éclaire pourquoi cette flexibilité est la force du personnage.
Vous voulez Luthor seul à l'écran. The Black Ring de Paul Cornell. Aucun autre ensemble de la liste ne retire autant Superman du tableau.
Vous cherchez du spectacle. Public Enemies, qui ne demande que l'envie de s'amuser.
Vous comparez les grands vilains. Après cette liste, notre confrontation Doctor Doom contre Lex Luthor oppose deux manières de gouverner par l'intelligence, l'une souveraine, l'autre corporative.
Ce que valent ces runs en collection
Pour Luthor, la valeur se lit en rapports, et le premier est un contraste. Le personnage possède une clé inatteignable, Action Comics #23, et quasiment aucun fascicule de cette liste n'a de valeur de marché marquée : les mini-séries de 2003 à 2008 ont été imprimées en grand nombre, et leur lecture coûte un prix modeste en recueil. Le décalage entre importance du personnage et prix de ces récits est précisément ce qui rend la lecture accessible.
Le deuxième rapport oppose l'ensemble d'époque au numéro isolé. Dans The Man of Steel de Byrne, le quatrième numéro est celui qui intéresse les collectionneurs parce que Luthor y change de nature, et ses voisins se vendent moins bien. Cherchez donc le numéro précis, jamais la série entière. Pour le situer, relevez les annonces en cours du même numéro au même état, puis confrontez-les à des ventes terminées : l'écart entre ce que demandent les vendeurs et ce que paient les acheteurs est souvent plus instructif que le chiffre lui-même.
Le troisième rapport concerne l'actualité. Une relecture des origines par un scénariste en vue attire l'attention sur les anciennes versions, comme le montre le retour de Mark Waid à ce sujet, et cette attention se porte d'abord sur les éditions faciles à retrouver. Les récits de cette liste profitent donc plus d'une réédition que d'un regain de spéculation sur les fascicules.
Enfin, tenez votre inventaire à la fois par objet et par ensemble : Luthor se dissémine entre Action Comics, Superman, des mini-séries et des recueils, et c'est le seul moyen de savoir ce que vous possédez. Notre comparaison entre albums reliés et fascicules détaille l'arbitrage entre les deux formats.
Questions fréquentes
Lex Luthor: Man of Steel, de Brian Azzarello et Lee Bermejo (2005), est le plus souvent cité, et notre classement le place en tête. Cette mini-série en cinq numéros raconte l'univers DC du point de vue de Luthor, sans exiger de connaissance préalable. Elle se lit en un seul volume relié.
Oui : The Black Ring de Paul Cornell, dans Action Comics #890 à #900 (2010-2011). Superman y est quasi absent et Luthor mène seul sa quête d'une source de pouvoir. C'est la lecture centrée sur le vilain la plus nette, avec la mini-série d'Azzarello et Bermejo.
Pas pour les meilleurs récits. Lex Luthor: Man of Steel et All-Star Superman sont autonomes, et The Black Ring se suffit presque à lui-même. Une connaissance minimale de la rivalité avec Superman aide, mais quelques recueils bien choisis suffisent, sans parcourir des décennies de séries mensuelles.
Chez John Byrne (1986), Luthor est un industriel déjà puissant à Metropolis quand Superman arrive. Chez Mark Waid (Superman: Birthright, 2003-2004), c'est un chercheur, ami de jeunesse de Clark Kent à Smallville, que l'arrivée d'un extraterrestre rend jaloux. Deux origines, deux manières de fonder la même rancune.
Pour lire, les recueils : les mini-séries de cette liste existent toutes en volume relié. Pour collectionner, réservez les fascicules d'origine à des numéros précis, comme le quatrième de The Man of Steel de Byrne, et gardez le reste en volumes pour éviter d'immobiliser de la place et du budget.
Vous possédez un Man of Steel de Byrne ou un Action Comics ancien avec Luthor ? Faites estimer l'exemplaire avant d'acheter ou de vendre.
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