The Man of Steel #1 (1986) : la relance de Superman par John Byrne, illustration article

The Man of Steel #1, daté d'octobre 1986 en couverture, ouvre la mini-série de six numéros écrite et dessinée par John Byrne, encrée par Dick Giordano, qui remet Superman à zéro après la grande refonte de l'univers DC. Le numéro raconte la fin de Krypton et l'arrivée de l'enfant chez les Kent, avec un Krypton glacial et une enfance terrienne assumée. On le cherche comme point de départ officiel du Superman moderne, pas comme pièce rare.

Un collectionneur de Superman finit toujours par buter sur la même question : où commence le personnage qu'il a lu ? Pour qui a découvert la série entre la fin des années quatre-vingt et le milieu des années deux mille, la réponse tient dans six fascicules de 1986, et le premier porte toute la charge. The Man of Steel #1 n'est pas un numéro introuvable, et c'est précisément ce qui rend son achat piégeux : il circule en quantité, à tous les états, sous plusieurs habillages, et la seule variable qui déplace son prix est la qualité de l'exemplaire.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : The Man of Steel #1 (1986) : la relance Byrne

Ce que contient The Man of Steel #1, daté d'octobre 1986

Le fascicule porte la mention d'octobre 1986 en couverture, selon l'usage de l'époque qui plaçait la date de péremption kiosque plusieurs semaines après la mise en vente réelle. John Byrne signe le scénario et le dessin, Dick Giordano assure l'encrage. Le catalogue crédite également le lettrage et la mise en couleurs, et il vaut la peine de relever ces noms sur l'indicia de l'exemplaire que vous visez plutôt que de les présumer : les six numéros n'ont pas tous la même équipe technique.

Le récit couvre les dernières heures de Krypton puis la découverte de l'enfant par Jonathan et Martha Kent. Byrne y installe un Krypton distant, stérile, dont les habitants ne se touchent plus, ce qui retire au départ de Kal-El toute chaleur d'adieu. Le vaisseau n'est plus seulement un transport : il achève la gestation pendant le voyage, si bien que le personnage naît en pratique sur Terre. Cette bascule n'est pas un détail d'intrigue, elle justifie vingt ans de discours sur un Superman kansan avant d'être kryptonien.

Deuxième choix structurant du numéro : les Kent ne meurent pas. Ils restent présents, vieillissants, consultés. Le lecteur de 1986 perdait du même coup Superboy, puisque Clark n'a pas endossé de costume adolescent, et perdait la carrière de jeune héros qui reliait la série à tout un pan de récits antérieurs.

Pourquoi DC remettait Superman à zéro en 1986

La mini-série paraît juste après la grande série événement de 1985 et 1986 qui a fusionné les univers parallèles de l'éditeur en une seule histoire continue. Ce ménage a laissé un catalogue sans point d'entrée lisible : les séries continuaient leur numérotation, mais la biographie de leurs héros n'était plus garantie. DC a donc confié ses personnages de premier rang à des auteurs chargés d'écrire une nouvelle première page, et Superman a reçu le traitement le plus radical.

Le choix de Byrne faisait événement en soi. Il arrivait du concurrent, où il s'était imposé sur des séries de super-équipes, et son transfert signalait aux lecteurs que DC mettait les moyens. La mini-série fonctionnait comme une démonstration publique : six numéros pour prouver que le personnage le plus ancien du catalogue pouvait redevenir vendeur.

Il faut aussi comprendre le calendrier industriel. Pendant que la mini-série sortait, l'éditeur lançait son premier grand crossover d'après refonte, auquel ce Superman neuf participait. Le premier numéro de The Man of Steel n'est donc pas un objet isolé, c'est la première pièce d'un plan éditorial qui occupait plusieurs titres à la fois.

Les six numéros, et ce que chacun efface

La mini-série avance par portraits. Après l'origine, Byrne consacre un numéro à Lois Lane, un autre à une rencontre avec le justicier de Gotham, un autre à Lex Luthor, un autre à une créature ratée née d'une tentative de duplication, puis referme la boucle en renvoyant le héros à ses origines kryptoniennes. Chaque chapitre installe une version révisée d'un élément du décor, et chacune de ces révisions a tenu.

Le numéro consacré à Luthor est celui dont l'effet s'est le plus prolongé. Le savant chauve et rancunier des décennies précédentes y devient un industriel propriétaire de la ville, dont l'arme principale est le droit des affaires. Deux générations d'adaptations télévisées et cinématographiques ont repris ce portrait plutôt que l'ancien, ce qui explique pourquoi le quatrième numéro de la série se vend mieux que les deuxième et cinquième.

La rencontre avec Batman, elle, vaut comme première prise de contact entre les deux personnages dans la continuité remise à plat. Elle pose le registre de défiance polie qui a servi de base à presque toutes les scènes communes écrites depuis.

Ce qui a fait du premier numéro une clé

Ce numéro n'abrite aucune première apparition rare au sens classique. Sa valeur de collection vient d'une fonction : il sert de borne. Quand un vendeur ou un lecteur veut désigner le début du Superman d'après refonte, il désigne ce fascicule, et cette désignation ne s'est pas déplacée en presque quarante ans.

Deux récits ultérieurs ont pourtant tenté de reprendre la place. Une relecture de l'origine publiée au début des années deux mille, puis une autre à la fin de cette même décennie, ont chacune été présentées comme la nouvelle version canonique, avant qu'un nouveau redémarrage général de l'éditeur en 2011 ne rebatte encore les cartes. Aucune n'a délogé le numéro de 1986 de son statut de repère, parce que ce statut est historique et non juridique : la version Byrne a été la seule en vigueur pendant assez longtemps pour former les lecteurs qui achètent aujourd'hui.

Un numéro abondant : ce qui déplace vraiment la cote

Nous sommes sur un titre de 1986, imprimé pour un marché qui achetait déjà en boutique spécialisée et conservait ses fascicules sous pochette. Les exemplaires existent par milliers, et beaucoup sont en bel état d'origine. La conséquence est mécanique : la rareté ne joue pas, l'état joue tout. Sur ce genre de numéro, l'écart de prix entre un exemplaire très propre et un exemplaire quasi parfait dépasse souvent l'écart entre un exemplaire lu et un exemplaire très propre.

Cela change la façon de chercher. Sur une clé des années soixante, on accepte un défaut pour obtenir l'objet. Ici, l'inverse : payer pour un exemplaire médiocre est rarement défendable, puisque le même numéro reparaîtra en meilleur état sous peu. Les critères qui pèsent sont les angles de couverture, l'alignement des agrafes, la tenue du dos sans marques blanches, et la couleur des pages, que quarante ans de stockage tiède suffisent à jaunir.

Une seconde variable, souvent négligée, est le circuit d'origine. Les exemplaires passés par les points de vente généralistes ont subi plus de manipulation que ceux sortis des boutiques spécialisées, et se présentent donc moins souvent dans les plus hauts états. Sur plusieurs titres de l'éditeur à cette période, l'emplacement réservé au code-barres en couverture permet de distinguer les deux circuits ; vérifiez-le sur l'exemplaire proposé plutôt que de vous fier au descriptif de l'annonce.

Distinguer les éditions les unes des autres

Trois familles d'objets portent le même titre et se confondent dans les recherches. D'abord le fascicule de 1986, celui qui compte pour une collection de numéros clés. Ensuite les recueils, car la mini-série a été parmi les premiers volumes brochés durablement réimprimés par l'éditeur, en deux tomes puis sous diverses compilations plus récentes, dont des éditions cartonnées de forte pagination. Enfin les réimpressions et éventuels facsimilés du fascicule lui-même.

La règle de tri est simple : ouvrez l'indicia. Un recueil porte un numéro international normalisé et une date d'impression postérieure. Un facsimilé, lorsqu'il existe, reproduit la couverture d'époque mais conserve dans ses pages intérieures une mention d'édition moderne, parfois un code-barres actuel, et un dos sans trace de pliage ancien. Une annonce qui montre seulement la couverture ne permet jamais de trancher, et c'est le défaut le plus répandu sur les places de marché.

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Les pièges à l'achat sur ce titre précis

Le piège principal est un homonyme. L'éditeur a lancé en 1991 une série mensuelle intitulée Superman: The Man of Steel, qui n'a pas de rapport de numérotation avec la mini-série de 1986. Son propre premier numéro circule abondamment et se retrouve régulièrement proposé sous le nom raccourci « Man of Steel #1 ». Vérifiez l'année d'indicia et la présence du mot Superman dans le titre complet.

Cette série mensuelle de 1991 a par ailleurs sa propre clé, son dix-huitième numéro, cité pour la première apparition complète d'un adversaire créé en 1992 dont le hub Doomsday détaille le parcours. Les deux objets se croisent donc en permanence dans les mêmes annonces et les mêmes lots, pour des raisons de prix très différentes.

Deuxième piège, les lots complets de six numéros présentés comme homogènes. Dans la pratique, le premier numéro a été manipulé plus que les cinq autres, parce que c'est celui qu'on relisait. Demandez des photographies individuelles des dos et des quatrièmes de couverture avant d'acheter une série complète sur la foi d'un état annoncé globalement.

Les numéros voisins qui comptent aussi

Dans le prolongement direct, deux séries mensuelles démarrent après la mini-série : un nouveau titre Superman qui repart au numéro 1 en 1987, et l'ancienne série principale qui poursuit sa numérotation sous un titre modifié. Cette double organisation surprend les collectionneurs qui cherchent une suite linéaire, et elle explique qu'il existe un numéro 1 de 1986 et un numéro 1 de 1987 tous deux signés Byrne.

Dans la mini-série elle-même, le quatrième numéro est le second à surveiller, pour la refonte de Lex Luthor en homme d'affaires. Le troisième intéresse les collections croisées avec Batman. Le sixième, qui referme l'arc sur l'héritage kryptonien, reste le moins demandé des numéros à contenu fort, ce qui en fait souvent le meilleur rapport dans un lot dépareillé.

Ce que la notation change sur un numéro de 1986

Faire noter ce fascicule n'a de sens que dans la tranche haute. L'opération ajoute un coût fixe et un délai, et sur un numéro disponible en quantité cette dépense ne se récupère que si l'exemplaire atteint les niveaux où la demande se concentre. Un exemplaire moyen, mis sous coque, reste un exemplaire moyen avec une facture en plus.

À l'inverse, dans le haut de l'échelle, l'effet est net : sur les numéros modernes et abondants, le passage d'un cran au cran supérieur se traduit par un multiple, pas par un pourcentage, parce que le nombre d'exemplaires certifiés chute très vite à mesure qu'on monte. Avant d'engager un envoi, comparez le nombre d'exemplaires déjà certifiés dans chaque cran : c'est cette distribution, et non la seule date de parution, qui dit si votre exemplaire a une marge.

Un dernier point tient à la nature du papier de cette période. Les encres de 1986 sur papier non glacé marquent facilement, et un pli de couverture qui casse la couleur plafonne un exemplaire bien plus bas que son aspect général ne le laisse croire. Examinez les bords au ras de la lumière avant d'espérer un haut grade.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Suivre la mini-série dans une collection

La bonne unité de suivi ici n'est pas le numéro isolé mais l'ensemble des six, plus les deux titres mensuels qui en découlent. Enregistrez chaque fascicule avec son année d'indicia, pour éviter la confusion avec la série de 1991, et notez le circuit d'origine si vous avez pu l'établir, car c'est l'information qui manquera le jour d'une revente ou d'une demande de notation.

Pour une collection consacrée au personnage, il est utile de tenir deux listes en parallèle : les jalons de récit, dont ce numéro ouvre la série moderne, et les premières apparitions, qui se répartissent sur d'autres titres. Le hub Superman recense ces repères, et la question de Supergirl, écartée de la continuité que Byrne installe puis réintroduite plus tard sous une autre forme, montre bien pourquoi la date d'édition doit figurer dans chaque fiche.

Ce qu'il faut retenir avant d'acheter

The Man of Steel #1 est un numéro de méthode plus que de chasse. Il s'achète bien, à condition de savoir qu'on paie un état et une place dans l'histoire éditoriale, non une rareté. Prenez le temps de vérifier l'année sur l'indicia, l'absence de marques de dos, et la correspondance entre ce que montre la photographie et ce que décrit l'annonce. À ces trois conditions, c'est l'une des portes d'entrée les plus sûres d'une collection Superman.

Vous possédez déjà la mini-série de 1986, complète ou dépareillée ? Une estimation vous dira si votre premier numéro se situe dans la tranche où la notation devient rentable.

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Questions fréquentes

Non, et c'était l'objectif. Byrne écrit l'origine comme une première page, sans renvoi à ce qui précède. La connaissance du grand ménage de 1985 et 1986 éclaire la raison d'être de la mini-série, mais le récit du premier numéro se lit sans aucun préalable, ce qui explique sa longévité comme conseil de lecture.

Parce que la mini-série de six numéros en 1986 et la nouvelle série mensuelle Superman lancée en 1987 sont deux publications distinctes, toutes deux commencées au numéro 1 par le même auteur. L'ancienne série principale, elle, a continué sa numérotation sous un titre modifié. Les trois se croisent dans les annonces.

Le titre complet de la série de 1991 commence par Superman, et son indicia porte une année de dépôt postérieure. La mini-série de Byrne compte six numéros et s'arrête là, tandis que la mensuelle de 1991 a couru sur plus de cent numéros. En cas de doute, demandez une photographie de la page d'indicia.

Pour la lecture, oui, et les tomes brochés puis les compilations plus récentes sont faciles à trouver. Pour la valeur de collection, non : la demande se porte sur le fascicule de 1986, identifiable à l'absence de numéro international normalisé. Beaucoup de collectionneurs gardent les deux, le recueil pour lire, le fascicule sous pochette.

Non. Le premier porte l'origine, et le quatrième la refonte de Luthor en industriel, ce qui les place au-dessus. Les deuxième, cinquième et sixième restent accessibles même en bel état. Un lot dépareillé est souvent le moyen le plus économique de compléter les chapitres les moins demandés.