⚡ Réponse rapide

Trois titres s'imposent : Batgirl Year One (à partir du 18 décembre 2002, Scott Beatty et Marcos Martín) pour l'origine, la série de Gail Simone lancée le 7 septembre 2011 pour le retour au costume, et celle entamée le 10 juin 2015 par Cameron Stewart pour le renouvellement complet du personnage. Attention : plusieurs séries mettent en scène d'autres porteuses de l'identité.

Une constante traverse tout ce corpus, quelle que soit l'époque : ce personnage est défini par ce qu'il sait. Pas par sa force, pas par un équipement, pas par un traumatisme fondateur — par sa capacité à comprendre plus vite que les autres.

Chaque série se juge donc à ce qu'elle fait de cette intelligence. Certaines l'exploitent, d'autres l'oublient au profit de scènes d'action interchangeables.

Un avertissement avant de commencer

Il faut le dire d'emblée, car cela évite de mauvaises surprises : plusieurs héroïnes ont endossé ce costume, et les titres qui leur sont consacrés s'intitulent tous pareillement.

Concrètement, un lecteur qui achète au hasard un volume intitulé de ce nom peut se retrouver avec un personnage qu'il ne cherchait pas — une autre porteuse, avec sa propre histoire, ses propres proches et ses propres enjeux.

Ces séries ne sont pas moins bonnes pour autant. Certaines comptent même parmi les plus appréciées du corpus. Mais elles répondent à une autre question, et il vaut mieux le savoir avant d'ouvrir le volume.

La règle pratique : vérifiez l'année de lancement avant d'acheter. C'est elle qui vous dira de qui il s'agit, bien mieux que le titre.

Batgirl Year One : l'intelligence comme méthode

Publié à partir du 18 décembre 2002, écrit par Scott Beatty et dessiné par Marcos Martín, ce récit revient sur les débuts du personnage d'origine.

C'est, à mon sens, le meilleur point d'entrée du corpus, et pour une raison précise : il prend au sérieux la question que le fascicule de 1966 laissait de côté. Comment quelqu'un décide-t-il de faire cela ? Avec quelles compétences, et contre quelles résistances ?

La réponse apportée est cohérente avec le personnage : elle s'entraîne, elle observe, elle documente. Son avantage n'est jamais physique — il est toujours informationnel.

Le dessin de Marcos Martín mérite d'être signalé pour lui-même. Clair, aéré, avec un sens du découpage qui rappelle les meilleures pages de l'âge d'argent sans jamais paraître nostalgique. C'est l'un des plus beaux objets graphiques de ce corpus.

Un avantage pratique : le récit est court, autonome, et ne suppose aucune connaissance préalable.

Les autres porteuses

Deux séries méritent d'être signalées, même si elles ne concernent pas le personnage d'origine.

Celle lancée le 2 février 2000, écrite par Scott Peterson et dessinée par Damion Scott, met en scène une porteuse très différente : silencieuse, entraînée depuis l'enfance, dont le rapport au langage constitue le sujet même de la série. Le dessin de Scott, très stylisé et proche du graffiti, tranche radicalement avec les codes du titre.

Celle entamée le 19 août 2009, écrite par Bryan Q. Miller avec Phil Noto aux premières couvertures, adopte un ton nettement plus léger. Elle repose sur l'humour et l'énergie d'un personnage qui n'était pas prédestiné à ce rôle, et elle conserve une réputation excellente auprès de ceux qui l'ont lue.

Ces deux séries valent le détour pour elles-mêmes. Elles n'apportent rien, en revanche, à qui cherche à comprendre le personnage d'origine.

💰
Tu veux savoir ce que vaut ce comic ?
Notre estimateur eBay calcule la cote en 30 secondes. Indique la série, le numéro et l'état, on te renvoie le prix bas, médian et haut basés sur les ventes réelles.
Calculer ma cote →
✓ Gratuit · ✓ Sans inscription · ✓ Basé sur eBay live

Gail Simone : l'intelligence après l'épreuve

La série lancée le 7 septembre 2011, écrite par Gail Simone avec Adam Hughes aux couvertures, marque le retour du personnage d'origine sous ce costume après une très longue absence.

Cette absence n'était pas un oubli éditorial : le personnage avait occupé pendant des années une autre fonction, imposée par un événement traumatique. Le retour ne l'efface pas — il en fait le sujet.

C'est ce qui donne à cette série sa force. Elle ne raconte pas un retour triomphal mais une reprise difficile, avec des rechutes, des doutes et une confiance à reconstruire. L'intelligence du personnage y est intacte ; c'est sa certitude qui a été entamée.

Simone avait écrit ce personnage pendant des années dans un autre contexte, et cette familiarité se sent : rien n'y paraît plaqué.

Pour un lecteur qui connaît déjà le personnage, c'est la série la plus riche du corpus. Pour un nouveau venu, elle suppose un contexte qu'il faudra aller chercher ailleurs.

La série de 2015 : l'intelligence contemporaine

Lancée le 10 juin 2015 sous la direction de Cameron Stewart, cette série a fait davantage que renouveler un personnage : elle a renouvelé son public.

Le principe est un déménagement. Le personnage quitte son quartier habituel pour un secteur jeune et branché, reprend des études, s'entoure de colocataires, et affronte des menaces qui relèvent autant du réseau social que du crime organisé.

L'intelligence y est employée d'une manière inédite dans le corpus : appliquée à un environnement numérique, à des données, à des identités en ligne. C'est le premier run qui traite véritablement le personnage en femme de son temps plutôt qu'en héritière d'un héros de 1939.

Le dessin, coloré et graphique, tranche avec l'esthétique sombre habituelle. Ce choix a divisé les lecteurs de longue date et séduit un public entièrement nouveau — c'est précisément l'effet recherché.

C'est la série que je recommande à quiconque n'a jamais lu de comics de super-héros et souhaite commencer par quelque chose d'accessible.

Les séries suivantes

Trois publications complètent le tableau, sans s'imposer.

Celle du 27 juillet 2016, écrite par Hope Larson avec Rafael Albuquerque au dessin, prolonge la direction précédente en l'assagissant légèrement.

Batgirl & the Birds of Prey, lancée le 17 août 2016 par Julie Benson et Claire Roe, replace le personnage dans un contexte d'équipe. C'est une bonne façon de le voir fonctionner comme coordinatrice, rôle qu'il occupe naturellement.

Enfin, la série entamée le 6 novembre 2024 par Tate Brombal et David Talaski est trop récente pour être jugée avec recul.

Ce que ce corpus a de rare

Une observation qui dépasse le cadre de ce personnage : peu de figures ont vu leur identité portée par autant de personnes différentes, avec autant de réussite à chaque fois.

Le cas ordinaire, quand un éditeur confie un costume à quelqu'un d'autre, se solde par un rejet du lectorat et un retour rapide au porteur d'origine. Ici, chacune des séries concernées a trouvé son public et laissé une trace durable.

L'explication tient sans doute au costume lui-même, qui n'est associé à aucune origine impérative. Il ne suppose ni pouvoir particulier, ni accident fondateur, ni lignée : n'importe qui de compétent peut le porter, et aucun récit n'a besoin de justifier la transmission.

Pour le lecteur, cette souplesse a un avantage : chaque série se lit indépendamment, sans qu'il faille connaître les précédentes. Pour le collectionneur, elle a un inconvénient : le corpus ne forme pas un ensemble, mais une série d'ensembles parallèles.

Une conséquence pratique de cette souplesse mérite d'être notée : les recueils consacrés à chaque porteuse se lisent dans n'importe quel ordre. Vous pouvez découvrir la série de 2000 après celle de 2015 sans rien y perdre, ce qui est rarement le cas sur un corpus étalé sur autant d'années.

Les erreurs de parcours

Trois travers reviennent chez les nouveaux lecteurs.

Acheter un volume sans vérifier l'année. C'est le plus courant, et il conduit à découvrir une porteuse qu'on ne cherchait pas. Vérifiez la date de lancement, systématiquement.

Commencer par la série de 2011. Elle est excellente mais repose entièrement sur ce qui la précède. Sans ce contexte, on lit une histoire de reconstruction sans savoir de quoi le personnage se reconstruit.

Chercher le personnage uniquement sous ce nom. Pendant des années, il a porté une autre identité, dans des séries indexées ailleurs. Ignorer cette période revient à sauter une portion centrale de sa trajectoire — et c'est aussi la moins chère à acquérir.

Un quatrième écueil, plus rare : juger le fascicule de 1966 à l'aune des séries modernes. Le ton y est léger, l'intrigue rapide, les enjeux minces. C'est un document sur une époque et sur un mode de production, pas une lecture qui rivalise avec ce qui a été écrit quarante ans plus tard. L'aborder autrement conduit à une déception injuste.

Un cinquième point, pour les lecteurs venus des adaptations : les versions à l'écran empruntent librement aux différentes porteuses, mélangeant traits et parcours. Chercher dans les comics la version exacte que vous connaissez conduira à une déception — non parce qu'elle n'existe pas, mais parce qu'elle est répartie entre plusieurs personnages distincts.

Deux parcours

Le choix dépend de votre familiarité avec l'univers.

Si vous découvrez. La série de 2015 d'abord, pour son accessibilité, puis Batgirl Year One pour l'origine. Deux lectures courtes, aucun prérequis, et une bonne idée de ce que le personnage a de particulier.

Si vous connaissez déjà l'univers. Batgirl Year One, puis la période où le personnage porte une autre identité, puis la série de 2011 qui en tire les conséquences. Ce parcours suit une progression que le corpus rend rarement lisible, et c'est le plus satisfaisant.

Une remarque commune aux deux : tout cela se trouve en recueils très répandus et bon marché. Le fascicule de 1966 relève d'une autre logique — celle de la collection, pas celle de la lecture.

Côté prix, consultez notre analyse de la cote ; sur le fascicule d'origine, notre article dédié.

Un mot de conclusion sur la disponibilité : l'ensemble de ces séries existe en volumes, y compris les plus anciennes. Rien ne s'oppose donc à une découverte complète du corpus, à condition d'accepter qu'il ne s'agisse pas d'une histoire unique mais de plusieurs propositions parallèles.

Ce que demandent les lecteurs

Par celle lancée le 10 juin 2015 sous la direction de Cameron Stewart si vous découvrez les comics : accessible, colorée, ancrée dans un environnement contemporain. Par Batgirl Year One, publié à partir du 18 décembre 2002 par Scott Beatty et Marcos Martín, si vous voulez d'abord comprendre l'origine du personnage.

Non, et c'est le piège principal. Plusieurs héroïnes ont endossé ce costume, et les titres qui leur sont consacrés s'intitulent tous pareillement. Vérifiez systématiquement l'année de lancement avant d'acheter : elle vous dira de qui il s'agit, bien mieux que l'intitulé du volume.

Beaucoup. Celle du 2 février 2000, par Scott Peterson et Damion Scott, met en scène une héroïne silencieuse dont le rapport au langage est le sujet même, avec un dessin très stylisé. Celle du 19 août 2009, par Bryan Q. Miller, adopte un ton léger et conserve une excellente réputation. Elles n'apportent simplement rien à qui cherche le personnage d'origine.

Sachez d'abord que les versions à l'écran empruntent librement aux différentes porteuses, mélangeant traits et parcours. Chercher la version exacte que vous connaissez mènera à une déception — non qu'elle n'existe pas, mais elle est répartie entre plusieurs personnages distincts. Commencez par la série de 2015, la plus proche d'une sensibilité contemporaine.

C'est déconseillé. Écrite par Gail Simone, elle marque le retour du personnage d'origine après une très longue absence, et elle fait de cette absence son sujet. Sans le contexte, on lit une histoire de reconstruction sans savoir de quoi le personnage se reconstruit. Excellente, mais pas en premier.

Il est défini par ce qu'il sait. Ni la force, ni un équipement, ni un traumatisme fondateur : sa capacité à comprendre plus vite que les autres. Chaque série se juge donc à ce qu'elle fait de cette intelligence — certaines l'exploitent pleinement, d'autres l'oublient au profit de scènes d'action interchangeables.

Parce que ce costume n'est associé à aucune origine impérative : ni pouvoir particulier, ni accident fondateur, ni lignée. N'importe qui de compétent peut le porter, et aucun récit n'a besoin de justifier la transmission. Là où d'autres tentatives de ce type se soldent par un rejet du lectorat, chacune des séries concernées a trouvé son public.

Une portion centrale de la trajectoire. Pendant des années, le personnage d'origine a porté une autre identité, dans des séries indexées ailleurs. Cette période explique tout ce qui suit, notamment la série de 2011 — et elle constitue le segment le moins cher du corpus, faute d'être recherché sous le bon nom.

Suivez vos runs Batgirl et toute votre collection avec My Comics Collection.

Découvrir l'application