Top BD (Semic, 1989) : le guide de collection des 31 albums relevés, illustration article

Top BD est une collection d'albums éditée par Semic S.A. Le catalogue en recense trente et un volumes, numérotés du quatorzième au quarante-quatrième, de mars 1989 jusqu'au millésime 1996, sur un rythme trimestriel. Chaque volume porte une histoire longue, créditée à une équipe nommée et parfois à un auteur unique au scénario comme au dessin. Point de vigilance : le relevé ne démarre pas au premier numéro, ce qui invalide toute liste de manques bâtie directement sur lui.

Vous héritez d'un carton de Top BD, vous les alignez sur une étagère, et le compte ne tombe jamais rond. Un volume porte un numéro que vous croyiez tenir, deux volumes affichent le même titre d'histoire, la moitié des couvertures ne donnent qu'une année. Cette collection se tient debout comme une série de librairie alors qu'elle sort de chez un éditeur de revues, et c'est précisément ce décalage qui complique le travail de celui qui veut la compléter proprement.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Top BD : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que rassemble la collection, volume par volume

Le relevé ne décrit pas une revue à sommaire éclaté mais une suite d'albums dont chacun est porté par une histoire longue identifiée. Le titre français retenu pour le quatorzième volume, « Maudit par les dieux », annonce déjà la couleur : on ne vend pas un numéro de la semaine, on vend un récit refermé sur lui-même, que l'acheteur devait pouvoir reposer sur une table.

La dispersion des signatures le confirme. Pour trente et un volumes, le catalogue crédite trente-deux scénaristes différents, et davantage encore côté dessin. Autrement dit, il n'y a pas d'équipe maison : chaque volume est un achat éditorial séparé, choisi pour ce qu'il était, pas pour remplir une case. Pour vous, cela signifie qu'aucun volume n'est interchangeable avec son voisin et qu'un trou dans la série se voit immédiatement.

Six volumes sortent du lot : le scénariste et le dessinateur y portent le même nom. Bob Layton pour « Hercule Dieu de l'Olympe », Charles Vess pour « Esprits de la Terre », Barry Windsor-Smith pour « Avant Serval il y eut... L'Arme X », Jim Starlin pour « Les jeux sont faits ». Ces volumes signés d'une seule main sont ceux que le marché traite le plus souvent comme des objets d'auteur plutôt que comme des épisodes de série, et ce sont donc les premiers à disparaître des lots revendus en vrac.

Le relevé s'ouvre au quatorzième volume, et cela change votre liste de manques

C'est le point à vérifier avant tout le reste, et il se vérifie : la numérotation relevée commence au quatorzième volume et finit au quarante-quatrième. Entre les deux, aucun trou, aucun numéro sauté.

Ce qui veut dire que le millésime 1989 associé au titre n'est pas une date de lancement : c'est la date du premier volume dont le catalogue garde la trace. Les volumes antérieurs ne sont pas décrits ici, et ce guide n'affirmera rien à leur sujet.

La conséquence est très concrète. Si vous dressez votre liste de manques en recopiant un relevé qui démarre au quatorzième volume, vous obtiendrez une série déclarée complète alors qu'il vous manque tout le début. Prenez l'habitude d'écrire la borne basse de votre source à côté de votre total : « complet à partir du quatorzième » n'est pas « complet », et un vendeur de bonne foi peut se tromper exactement de la même façon.

Une cadence trimestrielle, et le millésime qui compte un volume de moins

Le rythme se lit directement dans les dates de couverture de la première année relevée : mars, juin, septembre, décembre. Quatre parutions, régulièrement espacées, ce qui est la cadence d'une collection pensée pour durer et non pour saturer un présentoir. Cette régularité tient ensuite sur presque tout le relevé : chaque millésime de 1991 à 1996 compte exactement quatre volumes.

Une seule exception, et elle est utile à connaître : le millésime 1990 n'en compte que trois. Ce creux explique pourquoi un collectionneur qui raisonne « quatre par an depuis mars 1989 » tombe sur un total faux et cherche un volume qui n'a jamais existé. Avant de courir après un fantôme, recomptez par année plutôt que par multiplication.

Le relevé se referme sur le millésime 1996, et rien dans les données ne dit pourquoi : les sources divergent sur les arrêts de collections de cette période. Ce qui est sûr, c'est que la borne haute se situe au quarante-quatrième volume, et que tout exemplaire proposé au-delà mérite un examen attentif.

Les dates entre crochets, et comment classer sans se tromper

Voici la statistique la plus utile du relevé, et personne ne la mentionne jamais : seulement six volumes portent un mois et une année lisibles sans réserve. Les quatre premiers, puis celui de décembre 1990, puis « Futur imparfait » en septembre 1993. Tout le reste est soit réduit à une année nue, soit noté entre crochets.

Les crochets concernent dix-sept volumes, c'est-à-dire plus de la moitié de la collection. Un crochet signale une date reconstituée par le catalogage, pas une date imprimée sur l'objet. Cela veut dire que, si vous retournez un de ces volumes pour y chercher le mois, vous ne le trouverez probablement pas : il n'y est pas.

Pratiquement, cessez de classer cette collection par date et classez-la par numéro. C'est la seule clé fiable d'un bout à l'autre. Et quand un vendeur vous annonce un mois précis sur un volume de la seconde moitié de la série, demandez-lui sur quoi il se fonde : un achevé d'imprimer, un dépôt légal, une mention intérieure. S'il ne peut pas le dire, la date est une estimation, et vous la notez comme telle dans votre inventaire.

Quand un titre revient : le faux doublon de votre rayonnage

Deux titres d'histoire apparaissent deux fois chacun dans le relevé, et c'est la source d'erreur la plus fréquente sur cette collection. « Triomphe et tourment », crédité à Roger Stern au scénario et à Mike Mignola au dessin, figure au dix-huitième volume puis au vingt-huitième. Même titre, mêmes créateurs, deux numéros séparés par plusieurs années.

Le second cas est plus serré : « Daredevil l'Homme sans Peur », dessiné par John Romita Jr., occupe deux volumes consécutifs, les trente-cinquième et trente-sixième. Les crédits de scénario diffèrent légèrement d'un volume à l'autre, ce qui est cohérent avec un récit découpé en deux parties.

Dans les deux situations, le réflexe « j'ai un doublon, je revends » est une faute. Vérifiez le numéro au dos avant toute chose : deux volumes portant le même titre d'histoire ne sont pas deux fois le même objet, et vous priver de l'un laisse un trou que vous mettrez longtemps à reboucher. L'inverse est vrai aussi : un vendeur peut vous proposer « le » Triomphe et tourment sans préciser lequel des deux.

Frise de parution de Top BD : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Les signatures qui reviennent, et leurs bornes dans le relevé

Trois scénaristes reviennent trois fois chacun. Jim Starlin, d'abord, crédité sur « Le retour », puis sur deux volumes où il assure aussi le dessin, ce qui situe son passage sur la collection entre les millésimes 1992 et 1993. Fabian Nicieza ensuite, de « Jeux de miroirs » à « Parents et alliés », soit une présence plus étalée.

La séquence la plus utile à repérer est celle de D. G. Chichester avec Scott McDaniel au dessin. Elle couvre trois volumes, dont deux portent des titres explicitement numérotés : « Chapitre 3 : confrontation » et « Chapitre 6 : le rachat des damnés ! ». Un chapitre trois et un chapitre six sans chapitres intermédiaires dans la collection, cela vous dit que ces volumes prélèvent des tranches d'un ensemble plus long. Ne cherchez pas les chapitres manquants dans cette série : ils n'y sont pas.

Côté dessin, Scott McDaniel est le seul à signer trois volumes ; Mike Mignola, John Buscema, Bob Layton, Bill Reinhold, Jim Starlin et John Romita Jr. en signent deux. Un amateur qui collectionne par dessinateur plutôt que par série peut donc viser des paires cohérentes, et c'est souvent ainsi que ces albums quittent les lots : par signature, pas par numéro.

Un nom mérite une mention à part. « Demain... les monstres », au dix-neuvième volume, est crédité à Jean-Yves Mitton au scénario et au dessin. La présence d'un auteur français en création complète dans une collection consacrée par ailleurs à des récits traduits est une singularité du relevé, et elle suffit à faire de ce volume une pièce que les chercheurs de curiosités éditoriales repèrent avant les autres.

Un album chez un éditeur de revues : ce que l'objet impose

Toute la difficulté pratique de cette collection vient de là. L'objet se présente comme un album de librairie, avec un dos porteur et une pagination d'un seul tenant, mais il est né dans une maison dont le métier était la périodicité. Les deux logiques ne demandent pas les mêmes soins, et c'est le propriétaire qui paie la différence s'il se trompe.

Un dos porteur veut dire que le titre et le numéro sont lisibles sur la tranche, donc que le volume se range debout et non couché en pile. C'est la bonne nouvelle : la série s'inventorie à l'œil, sans sortir un exemplaire du rayon. C'est aussi le risque : la tranche est la seule partie exposée en permanence, et c'est elle qui encaisse tout, lumière et poussière comprises, alors que la couverture reste à l'abri. Vous aurez donc des volumes dont la face est fraîche et dont le dos a passé : comparez les deux avant de décrire un état.

Conserver un volume relié, et les gestes qui le sauvent

Un bloc de pages collé au dos vieillit autrement qu'un cahier agrafé. La colle durcit, perd sa souplesse, et le geste qui tue le volume est l'ouverture à plat forcée pour lire une planche en double page ou pour la photographier. Le pli blanc qui apparaît alors sur la tranche ne se répare pas et se voit sur toutes les photos de revente.

Trois réflexes suffisent. Ouvrir à angle droit et pas davantage. Ranger debout sans trop serrer, car un volume comprimé entre des voisins plus épais s'incurve et garde la courbe. Et soutenir le bloc d'une main quand vous feuilletez, plutôt que de laisser son poids tirer sur la reliure.

Pour les volumes signés d'une seule main, ceux de Charles Vess ou de Barry Windsor-Smith, le soin se justifie doublement : ce sont ceux qui circulent le plus et qui seront le plus comparés à d'autres exemplaires lors d'une vente. Une pochette ajustée à la hauteur de l'album, pas à celle d'un fascicule, protège la tranche sans la contraindre.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Reconnaître l'édition, et les pièges à l'achat

Premier piège, et le plus courant : le titre d'histoire pris pour le sommaire. Le catalogue ne retient qu'un titre par volume. Lorsque ce titre est « 4ème de couverture », comme au vingt-neuvième volume, vous tenez la preuve que ce champ décrit ce qui a été catalogué, pas la totalité de ce que contient l'album. Deux volumes n'ont même aucun titre renseigné. Le sommaire réel se vérifie exemplaire en main, page par page, et nulle part ailleurs.

Deuxième piège, celui des correspondances. Vous verrez des annonces affirmer que tel volume reprend tel numéro américain, ou qu'il contient telle première parution en français. Les données disponibles ne permettent ni de le confirmer ni de l'infirmer, et nous ne l'affirmerons donc pas. Traitez ces mentions comme des hypothèses du vendeur, à vérifier sur les crédits intérieurs de l'exemplaire.

Troisième piège, la numérotation annoncée : un « lot complet » doit préciser du quel au quel. Demandez une photo des tranches alignées, elle donne les numéros, l'état des dos et l'uniformité du lot en une image. C'est aussi la photo à prendre pour votre propre inventaire.

Compléter la série, et lire sa cote sans se raconter d'histoires

La stratégie découle de ce que nous avons établi. La suite étant continue du quatorzième au quarante-quatrième volume, chaque numéro manquant est identifiable sans ambiguïté, et c'est un avantage rare : vous n'avez pas à arbitrer entre variantes ou retirages pour savoir ce qui vous manque.

En revanche, les volumes ne se valent pas sur le marché. Ceux portés par une signature unique, ceux dont le récit se poursuit sur deux numéros, et celui crédité à Jean-Yves Mitton se négocient avec une prime par rapport au tout-venant de la collection. Les volumes à plusieurs dessinateurs, à l'inverse, circulent plus facilement en lots. Raisonnez donc en rapports : un volume recherché vaut plusieurs volumes courants, et ce rapport se creuse quand l'état de la tranche est irréprochable.

Un dernier conseil de méthode. Constituez votre inventaire avec quatre colonnes : le numéro, la date telle qu'elle figure réellement sur l'objet, l'état du dos noté séparément de celui de la couverture, et le sommaire vérifié de votre main. C'est ce quatrième champ qui, dans dix ans, fera la valeur documentaire de votre collection, parce qu'il contient ce qu'aucun catalogue ne donne aujourd'hui. Les hubs Hulk, Dents de Sabre et Loki vous aideront à situer les récits que vos volumes annoncent.

Questions fréquentes

Le catalogue en décrit trente et un, sans aucun numéro manquant entre les deux bornes. Mais ces trente et un volumes commencent au quatorzième, pas au premier. Un ensemble conforme au relevé est donc complet par rapport au relevé, et non par rapport à la collection entière. Notez toujours votre borne basse à côté de votre total.

Non. Il signifie simplement que le relevé dont vous disposez ne couvre pas le début de la collection. Nous n'affirmerons rien sur ces volumes antérieurs, faute de données vérifiées à leur sujet. Gardez l'exemplaire, décrivez-le d'après l'objet lui-même, et considérez votre liste de manques comme ouverte vers le bas.

Très probablement non. Deux titres se répètent dans la collection, dont « Triomphe et tourment », crédité aux mêmes créateurs sur deux volumes éloignés, et un récit de Daredevil réparti sur deux numéros consécutifs. Fiez-vous au numéro imprimé sur la tranche, jamais au titre. Revendre l'un des deux créerait un trou durable.

Dans bien des cas, vous ne pourrez pas, et ce n'est pas grave. Six volumes seulement portent un mois attesté ; plus de la moitié de la collection n'est datée que par reconstitution. Cherchez un achevé d'imprimer ou un dépôt légal à l'intérieur, et si vous ne trouvez rien, inscrivez l'année seule plutôt qu'une approximation inventée.

Rien ne permet de l'affirmer. Le catalogue ne garde qu'un titre par volume, et dans un cas ce titre désigne même une quatrième de couverture. Deux volumes n'en ont aucun. Le contenu complet se relève exemplaire en main, en listant chaque récit et ses crédits : c'est le travail qui manque le plus sur cette collection.