L'équipe du film Thunderbolts* est annoncée dans Avengers: Doomsday, dont la sortie a été repoussée de mai 2026 au 18 décembre 2026. Côté papier, le numéro qui compte vraiment est Thunderbolts #1 (avril 1997, Kurt Busiek et Mark Bagley) : sa dernière page révèle que cette équipe de héros tout neufs est en réalité les Maîtres du Mal déguisés, un secret que l'éditeur avait tenu jusqu'à la mise en vente. La véritable première apparition du groupe est toutefois antérieure : Incredible Hulk #449 (janvier 1997). Pour les membres présents à l'écran, les numéros à connaître sont Avengers #43 (1967) pour le Gardien Rouge, Captain America #323 (1986) pour John Walker, Iron Man #219 (1987) pour Ghost et Inhumans #5 (1999) pour Yelena Belova.
Il y a deux manières de lire une affiche de film quand on collectionne des comics : relever les noms des personnages pour chercher leurs premières apparitions, ou se demander d'où vient l'idée qui les rassemble. Dans le cas des Thunderbolts, la seconde question est la plus intéressante, parce que cette idée tient à un seul numéro de 1997 et, plus précisément, à une seule page de ce numéro.
Cet article est écrit le 1er octobre 2026. Avengers: Doomsday n'est pas sorti : la date retenue est le 18 décembre 2026, après un report depuis le 1er mai 2026. Rien de ce qui suit ne dépend du contenu du film, et aucune cote future n'y est annoncée, pour la raison simple qu'elle n'existe pas encore. Ce qui existe, en revanche, c'est une bibliographie précise, avec des dates, des numéros et des noms de créateurs vérifiables.
L'angle est donc le suivant : comprendre ce qui fait de Thunderbolts #1 un objet à part, puis passer en revue les numéros où ces personnages sont réellement nés, avec une attention particulière à deux cas tordus, Yelena Belova et Ghost.
Ce qui est confirmé, au 1er octobre 2026
Commençons par le factuel, puisque c'est la partie la plus courte. Avengers: Doomsday est réalisé par Joe et Anthony Russo et sortira le 18 décembre 2026, après un déplacement depuis le printemps 2026 décidé dans le cadre d'un réaménagement du calendrier du studio, qui a également repoussé Avengers: Secret Wars à décembre 2027.
La distribution annoncée inclut l'ensemble de l'équipe vue dans Thunderbolts* : Sebastian Stan, Florence Pugh dans le rôle de Yelena Belova, Wyatt Russell dans celui de John Walker, David Harbour dans celui d'Alexei Shostakov, Hannah John-Kamen dans celui de Ghost et Lewis Pullman dans celui de Bob Reynolds. Le groupe n'était donc pas le détour d'un film isolé : il entre dans le récit principal.
Le reste relève de la spéculation, et nous n'y entrerons pas. Pour le détail du casting et du calendrier du film, un autre article du site s'en charge ; celui-ci reste sur le papier.
Thunderbolts #1 (1997) : un numéro dont la valeur tient à sa dernière page
Pour comprendre pourquoi ce numéro occupe une place à part, il faut se remettre dans la situation éditoriale de l'automne 1996. Le crossover Onslaught vient de se conclure sur la disparition apparente des Avengers et des Quatre Fantastiques, dont les séries sont confiées à d'autres équipes créatives dans un univers séparé. L'univers Marvel principal se retrouve donc, pour la première fois depuis des décennies, sans ses deux équipes fondatrices.
C'est ce vide que la nouvelle équipe prétend combler. Six personnages inconnus se présentent comme les successeurs naturels des héros disparus, avec des costumes neufs et un porte-parole irréprochable appelé Citizen V. Le lecteur de 1997 n'a aucune raison de douter : la série est annoncée comme un lancement de super-héros classique, et la communication de l'éditeur reste muette sur l'essentiel.
L'essentiel arrive à la dernière page. Les Thunderbolts sont les Maîtres du Mal, c'est-à-dire la formation de vilains la plus associée aux Avengers, opérant sous de fausses identités pour gagner la confiance d'un monde orphelin de ses protecteurs. Citizen V est le Baron Helmut Zemo. La correspondance complète est la suivante : MACH-1 est le Scarabée, Techno est le Fixer, Atlas est Goliath, Songbird est Screaming Mimi, et Meteorite est Moonstone.
Ce retournement est la raison pour laquelle le numéro existe comme objet de collection, et cela mérite d'être formulé précisément. Dans la plupart des cas, un comic prend de la valeur parce qu'il contient une première apparition, c'est-à-dire une information qui restera vraie pour toujours et qui pourra être réimprimée à l'identique. Ici, ce que contient le numéro est un effet de lecture, une surprise, et cet effet ne peut se produire qu'une fois dans la vie d'un lecteur. Le marché valorise le support d'un secret, pas seulement le support d'un personnage.
Thunderbolts #1
Premier numéro de la série, et seul endroit où la révélation se produit à sa place, c'est-à-dire sans que le lecteur la connaisse d'avance. Le récit installe pendant une vingtaine de pages une équipe de héros parfaitement crédible, puis retourne la table. Kurt Busiek a bâti sur ce point de départ un récit de rédemption qui s'étend sur des années : à force de jouer les héros devant des caméras, certains de ces criminels finissent par vouloir l'être réellement, et Songbird comme Atlas en sont les meilleurs exemples.
Incredible Hulk #449
Trois mois avant le lancement de leur série, les six Thunderbolts apparaissent dans la série Hulk alors écrite par Peter David. Ils y sont présentés exactement comme le public de l'univers Marvel est censé les voir : une nouvelle équipe de héros, rien de plus. Le numéro ne contient donc pas le retournement, et c'est précisément ce qui en fait un objet intéressant. Du point de vue de la bibliographie, c'est pourtant lui qui porte la mention de première apparition de l'équipe.
La conséquence pratique est simple. Si l'objectif est la complétude bibliographique, Incredible Hulk #449 est indispensable et Thunderbolts #1 vient avec ; si l'objectif est de posséder le moment de bascule, l'ordre s'inverse. Les deux numéros sont des comics des années 1990 tirés en grande quantité : ils se trouvent, et le travail porte davantage sur l'état que sur la chasse. C'est le type d'arbitrage que notre application de suivi de collection sert à documenter numéro par numéro, plutôt que de mémoire.
Les premières apparitions, membre par membre
Passons à l'équipe du film. Quatre des cinq personnages traités ici existent dans les comics depuis longtemps, parfois bien plus longtemps qu'on ne l'imagine, et aucun n'est né dans une série Thunderbolts. Le cas de Sebastian Stan est volontairement laissé de côté : le site lui consacre déjà un article dédié à sa première apparition et un relevé complet de ses numéros clés.
Gardien Rouge : Avengers #43
Alexei Shostakov apparaît pour la première fois dans Avengers #43, et il y apparaît déjà en costume. Le personnage est conçu comme la réponse soviétique à Captain America, dans un récit qui tourne autour de Natasha Romanoff. C'est de loin la pièce la plus ancienne de cette liste : un numéro du Silver Age publié près de trente ans avant la création des Thunderbolts.
US Agent : Captain America #323, puis #354
John Walker est le membre dont la bibliographie se dédouble le plus clairement. Il naît dans Captain America #323 (novembre 1986), créé par Mark Gruenwald et Paul Neary, sous le nom de Super-Patriot, et il y est conçu comme un antagoniste : un patriote sincère dont le patriotisme est précisément le problème. Il devient Captain America dans le numéro #333 (septembre 1987), puis prend l'identité d'US Agent dans le numéro #354 (juin 1989), dessiné par Kieron Dwyer.
Ghost : Iron Man #219
C'est le cas le plus contre-intuitif de la liste. Ghost ne vient ni d'une série d'équipe, ni d'un titre lié à Ant-Man : le personnage naît dans Iron Man #219, comme adversaire de Tony Stark. Il s'agit d'un saboteur industriel doté d'une armure qui le rend intangible et invisible, employé pour détruire des entreprises de l'intérieur. Sa particularité la plus remarquable est éditoriale : son identité civile n'a jamais été révélée dans les comics.
Yelena Belova : Inhumans #5, puis Black Widow #1
Deuxième cas tordu. Yelena Belova apparaît pour la première fois dans Inhumans volume 2 #5 (mars 1999), écrit par Paul Jenkins et dessiné par Jae Lee, une série qui n'a aucun rapport thématique avec elle. Son visage n'y est pas montré, ce qui vaut à cette apparition le statut d'apparition partielle. Son introduction véritable intervient trois mois plus tard dans Black Widow #1 (juin 1999), écrit par Devin Grayson et dessiné par J.G. Jones, une mini-série en trois numéros construite autour de sa rivalité avec Natasha Romanoff.
Le rôle de Lewis Pullman : The Sentry #1
Lewis Pullman interprète Bob Reynolds, le Sentry, et accessoirement le Void. Le personnage naît dans The Sentry #1 (septembre 2000), premier épisode d'une mini-série en cinq numéros signée Paul Jenkins et Jae Lee, soit le même duo créatif que l'apparition partielle de Yelena un an plus tôt. Le dispositif narratif est audacieux : le Sentry est présenté comme un héros qui aurait toujours existé dans l'univers Marvel mais dont le souvenir a été effacé de toutes les mémoires, y compris la sienne.
Ce que le papier a fait après le film
Un détail qui échappe souvent, et qui est pourtant plus utile qu'une liste de clés anciennes : les comics ont réuni cette équipe avant le film. En décembre 2023, Marvel a lancé une nouvelle série Thunderbolts, écrite par Jackson Lanzing et Collin Kelly, dessinée par Geraldo Borges, dont la formation ressemble beaucoup à celle de l'écran. Bucky Barnes y dirige un groupe qui comprend Yelena Belova, Alexei Shostakov et John Walker, avec un registre de fiction d'espionnage plutôt que de récit de super-héros classique.
Pour un collectionneur, c'est un rappel du mécanisme réel : les éditeurs alignent souvent le papier sur ce qui se prépare à l'écran, ce qui crée des numéros récents faciles à trouver et des premières apparitions anciennes qui, elles, ne se fabriquent plus.
Notons aussi que le lien entre John Walker et les Thunderbolts est ancien et répété dans les comics : il a été, à différentes époques, membre, surveillant de l'équipe et meneur d'une de ses formations. C'est le seul personnage du film dont l'association avec ce nom est solidement installée sur le papier, bien avant toute adaptation.
La méthode, pour ne pas acheter le mauvais numéro
Cette liste a une caractéristique désagréable : elle mélange un numéro de 1967, deux numéros des années 1980, trois numéros de la fin des années 1990 et un numéro de 2000. Les règles d'achat ne sont pas les mêmes selon l'époque, et les erreurs classiques diffèrent. Voici la marche à suivre qui évite les mauvaises surprises.
Décidez ce que vous achetez avant de chercher un prix
Première apparition partielle, première apparition complète, première apparition d'un costume, numéro-événement : ces quatre choses ont des valeurs différentes et des intitulés parfois interchangeables dans les annonces. Pour Yelena comme pour John Walker, le choix du numéro détermine entièrement ce que vous possédez.
Vérifiez le tirage avant de parler de rareté
Les trois numéros les plus récents de cette liste, ceux de 1997 à 2000, ont été imprimés à des niveaux élevés et sortent d'une période où les lecteurs conservaient déjà soigneusement leurs exemplaires. Un haut grade n'y est pas une rareté, c'est l'état attendu. À l'inverse, sur Avengers #43, tout exemplaire propre est remarquable. Appliquer le même raisonnement aux deux conduit systématiquement à payer trop cher le plus récent.
Contrôlez le tirage d'origine sur les numéros réimprimés
Thunderbolts #1 fait partie des numéros qui ont été réimprimés, et la couverture d'une réimpression ressemble beaucoup à l'originale. Le contrôle se fait dans les mentions légales en page intérieure, qui indiquent le tirage. C'est un réflexe de trente secondes qui évite de confondre deux objets dont la valeur n'a rien de commun.
Attendez la sortie du film pour juger du marché
Historiquement, les mouvements de cote autour d'une sortie se lisent sur douze à vingt-quatre mois, pas sur quinze jours. Acheter maintenant pour des raisons de lecture est parfaitement défendable ; acheter en anticipant un mouvement précis est un pari, pas une méthode.
Inventoriez avant d'acheter
Sur une liste répartie sur quatre décennies et six séries, l'erreur la plus courante n'est pas de payer trop cher : c'est de racheter un numéro que l'on possède déjà, ou d'oublier le second numéro d'un couple comme #323 et #354. Notre outil d'estimation gratuite permet aussi de situer un exemplaire déjà en votre possession.
Trois erreurs de raisonnement à éviter sur ce lot
La première consiste à croire qu'un personnage vu à l'écran achète sa première apparition en comics. Le cas de Ghost le démontre par l'absurde : le personnage du film et le personnage du comic partagent un nom, un costume et des pouvoirs, mais pas une identité. Iron Man #219 reste un numéro intéressant pour son propre compte, et pas du tout pour la raison que l'affiche suggère.
La deuxième consiste à chercher le retournement de 1997 dans un recueil. Les histoires de Kurt Busiek sont disponibles en volumes reliés, et c'est le meilleur moyen de les lire, mais le recueil contient le récit, pas la surprise : la révélation y est annoncée par la quatrième de couverture et parfois par le titre lui-même.
La troisième consiste à traiter cette équipe comme une entité stable. Les Thunderbolts ont changé de formation, de patron et de statut une bonne dizaine de fois depuis 1997 : vilains infiltrés, équipe de rédemption sincère, outil gouvernemental, escouade carcérale, cellule d'espionnage. Il n'existe donc pas de liste de clés qui couvrirait l'équipe en tant que telle. Les clés existent au niveau des personnages, et au niveau du numéro fondateur.
Pour prolonger la lecture, les relevés de numéros clés des Avengers du Bronze Age et de la période moderne couvrent le contexte dans lequel ces personnages évoluent, et la comparaison entre le film de 2025 et ses sources détaille les écarts d'adaptation.