Premier des deux volets d'une mini-série de 1990 signée Jim Starlin et Ron Lim (été, les sources divergent sur le mois), Thanos Quest #1 lance le Titan fou sur la piste des six Gemmes de l'Infini, détenues par les Elders of the Universe. Il relie la résurrection au Gant de 1991, et se présente en volume prestige à dos carré, qu'on examine autrement qu'un fascicule agrafé.
Le collectionneur qui cherche « l'histoire des Gemmes » tombe vite sur un objet qui ressemble à un livre plus qu'à un comic : dos carré, papier épais, couverture souple de qualité. Thanos Quest est ce volume-là. Il se lit comme un roman de voyage, il se range sur une étagère, et sa cote obéit à ses propres règles. Cette fiche prend le sujet par la forme de l'objet avant le récit.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Thanos Quest #1 : l'équipe, le format, le point de départ
Thanos Quest compte deux numéros seulement. Jim Starlin signe le scénario, Ron Lim assure le dessin, et la publication tombe en 1990, entre le retour de Thanos dans la série du Surfer et le lancement de The Infinity Gauntlet l'année suivante. Marvel a choisi pour cette mini-série le format prestige, réservé alors aux projets mis en avant : reliure à dos carré, pagination étendue, papier de meilleure tenue, prix de couverture supérieur à celui d'un mensuel.
Le premier volet pose le dispositif : Thanos, tout juste ressuscité, se met en marche vers les Gemmes de l'Infini, des artefacts dont chacun porte un pouvoir précis sur un aspect de l'existence. Il ne s'agit pas d'une première apparition des gemmes en tant qu'objets : Starlin les avait déjà fait exister à travers ses histoires d'Adam Warlock dans les années 1970, et c'est ici qu'elles deviennent le moteur d'un récit de conquête.
La structure du livre est celle d'une chasse : Thanos affronte tour à tour des Elders of the Universe, anciens êtres cosmiques qui détiennent chacun une gemme. Chaque rencontre fonctionne comme un petit épisode, avec ses règles, son adversaire et sa manière de gagner. Le #1 couvre la première partie du périple ; le #2 achève la collecte et prépare le gant de la suite.
Un livre d'abord, un fascicule ensuite : ce que change le format prestige
La différence avec le mensuel standard se voit dès la prise en main. Là où un fascicule agrafé laisse apparaître sa colonne vertébrale, un prestige à dos carré se juge sur les arêtes du dos, la netteté des angles et l'absence de plis transversaux. Les défauts typiques sont donc différents : un dos qui se fend à l'ouverture, une couverture qui blanchit sur les arêtes, des coins écrasés par le poids des autres livres sur l'étagère.
Cette nature d'objet a un effet sur la cote : les exemplaires en état très haut sont souvent plus accessibles que ceux d'un mensuel de kiosque, car les lecteurs de l'époque ont rangé ces volumes plus soigneusement. À l'inverse, un exemplaire lu et relu montre vite son âge, parce que le dos carré supporte mal les ouvertures répétées.
Enfin, la tranche porte une mention : la numérotation du volet et le titre figurent sur le dos, ce qui permet d'identifier l'exemplaire sans l'ouvrir. Cet usage est utile en brocante, où les prestige sont souvent mal triés dans les caisses de grands formats.
Le récit : une conquête structurée comme une quête de jeu
Thanos Quest se distingue des autres récits de Starlin par son parti pris narratif : le méchant est le héros du livre. Le lecteur suit Thanos de bout en bout, avec sa logique et son appétit, ce qui était rare dans les comics de super-héros du début des années 1990. Les alliés occasionnels et les rencontres jouent un rôle de décor ; au centre se tient un personnage qui avance, calcule et se heurte à ses propres limites.
La relation avec Mistress Death structure l'ensemble. C'est elle qui l'a relevé dans la série du Surfer, et c'est pour elle que le Titan accumule le pouvoir. Le livre fait ainsi de la quête des gemmes une offrande amoureuse, ce qui lui donne une tonalité plus étrange qu'une simple histoire de conquête.
Ron Lim, de son côté, dessine des paysages d'espace ouvert et des face-à-face d'êtres démesurés. Son trait précis convient au format prestige, où les grandes cases ont la place de respirer. Si vous avez lu la saga dans son ordre, vous mesurez le progrès graphique par rapport aux fascicules du Surfer.
Pourquoi Thanos Quest #1 est une clé
Les clés de la saga se déclinent selon leur fonction : l'origine, le retour, la constitution du pouvoir, l'événement. Thanos Quest relève de la constitution du pouvoir. Sans cette mini-série, le Gant ne se justifie pas : c'est ici que le lecteur voit comment le Titan en vient à tenir les six gemmes dans une seule main.
La demande s'appuie aussi sur la pop culture. Les films de la décennie 2010 ont popularisé les Gemmes de l'Infini auprès d'un public qui ne lit pas de comics. Une partie des acheteurs cherchent donc « l'histoire de la collecte des gemmes » plutôt qu'un numéro précis, et Thanos Quest répond directement à cette recherche.
Enfin, le fait que le projet n'ait que deux numéros joue en faveur du premier : un seul volet d'ouverture, une seule couverture de départ. Les collectionneurs qui tiennent à posséder la chaîne complète savent qu'ils devront le trouver tôt ou tard.
Ce qui fait varier la cote
L'état prime, mais selon une grille propre aux prestige : la rectitude du dos, l'absence de pli à la jonction entre la couverture et le premier cahier, l'éclat de la couverture souple. Un exemplaire parfaitement plat et brillant est rare, et c'est lui qui entraîne l'écart entre la médiane des annonces courantes et les ventes de copies très hautes.
La demande de la saga compte autant que l'état. Quand la filmographie cosmique de Marvel revient sur le devant de la scène, les clés de Thanos reçoivent un afflux de recherches, et les titres de la chaîne montent ensemble. Les sources de ventes publiques signalent des records pour des copies hautes, mais ces ventes isolées ne remplacent pas une médiane sur plusieurs mois.
Le dernier paramètre est le complétisme. Beaucoup d'acheteurs veulent les deux volets assortis, de même état. Un #1 isolé se vend généralement moins bien qu'une paire cohérente : visez deux exemplaires d'un niveau comparable plutôt qu'un très bon et un médiocre.
Reconnaître la bonne édition
L'édition d'origine est le volume prestige de 1990. Vérifiez la mention d'année dans la ligne de copyright et le logo d'éditeur sur la couverture. Les rééditions en recueil (livres reliés regroupant les deux volets, parfois avec d'autres épisodes de la saga) ont des couvertures différentes et un dos plus épais : elles ne se confondent pas avec l'original si l'on regarde la tranche.
Ne vous fiez pas à la seule mention « Thanos Quest » dans l'annonce. Des albums récents portent un titre voisin ou reprennent les couvertures d'origine en illustration ; la photo de la tranche et celle de la page de titre tranchent la question. En cas de doute, demandez-les.
Quant aux couvertures alternatives, nous ne citons aucune variante pour ce titre : si une annonce en met une en avant, exigez la preuve photographique avant de payer un supplément.
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Les pièges à l'achat
Le premier piège est l'annonce qui vend le #2 sous l'étiquette du #1, ou un lot « complet » dont un volet est en réalité un recueil. Lisez le numéro sur le dos. Le deuxième est le dos refait : une colle visible sur l'arête, un papier de couverture qui diffère légèrement sur la tranche, signalent un exemplaire réparé.
Troisième piège : l'odeur et l'humidité. Les prestige conservés en cave ou en grenier gondolent, et le papier plus épais garde l'humidité plus longtemps qu'un mensuel. Demandez si l'exemplaire a séjourné dans un lieu humide, et regardez le bas de la couverture, premier endroit à gondoler.
Quatrième piège, plus subtil : le prix du recueil facturé comme original. Un volume relié moderne n'a pas la même valeur de collection. Comparez toujours sur le même type d'objet.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Le #2 de la mini-série est le complément naturel : il clôt la collecte et prépare la suite. Il est plus difficile à départager du #1 que dans d'autres séries, car la demande porte sur la paire. En amont se trouve le fascicule de la série du Surfer qui ramène Thanos, Silver Surfer #34, traité dans sa propre fiche.
En aval, The Infinity Gauntlet ouvre l'événement de 1991 ; sa fiche (Infinity Gauntlet #1) explique pourquoi il domine la cote de la saga. Pour comprendre l'origine des gemmes, l'article sur l'histoire d'Adam Warlock remonte aux récits de Starlin des années 1970.
Ce que la notation change
Pour un prestige, la notation protège le dos, point faible de l'objet, et fige l'état. Elle a un sens quand l'exemplaire est vraiment plat et frais. Pour un exemplaire moyen, mieux vaut garder le livre en pochette rigide et le conserver debout sur une étagère, ce qui coûte beaucoup moins cher qu'un boîtier.
Si vous achetez un exemplaire noté, vérifiez que l'étiquette indique le bon titre, le bon numéro et l'année 1990. Comparez ensuite plusieurs ventes terminées de même niveau. L'estimation d'un exemplaire en main se fait par la médiane des annonces courantes, recoupée avec les ventes terminées ; l'estimation gratuite fournit une première base.
Comment le suivre dans une collection
Classez Thanos Quest par titre de mini-série, avec les deux volets côte à côte, et non à l'intérieur des séries du Surfer ou de Thanos. Notez le format (prestige à dos carré), l'état du dos et celui de la couverture. Une fiche par volet suffit, avec une photo de la tranche.
Rangez-le debout, jamais à plat sous d'autres livres, à l'abri de la lumière directe. Un prestige couché sous une pile se déforme et marque sa tranche en quelques années. Les pochettes sans acide conviennent, à condition qu'elles soient assez grandes pour ne pas plier la couverture à la mise en place.
Conclusion : le livre qui met les gemmes en route
Thanos Quest #1 est l'ouverture d'une conquête racontée du point de vue du conquérant, dans un format qui oblige à penser l'objet autrement. Sa place dans la chaîne (entre le retour et le Gant), sa tenue de livre plus que de fascicule et la demande portée par les films en font une clé solide pour qui construit la saga. Choisissez un exemplaire au dos droit, assortissez-le à son deuxième volet, et laissez les records isolés à ceux qui en ont besoin.
Questions fréquentes
Deux. La mini-série a été publiée en 1990 en format prestige, avec Jim Starlin au scénario et Ron Lim au dessin. Le premier volet lance la collecte des Gemmes de l'Infini ; le second l'achève et prépare The Infinity Gauntlet, qui paraît l'année suivante.
L'objet est un livre à dos carré, pas un fascicule agrafé. On contrôle donc le dos, les arêtes et la jonction de la couverture plutôt que les agrafes. Les défauts les plus fréquents sont un dos fendu, une couverture blanchie sur l'arête et des coins écrasés.
Non, pas en tant qu'objets : Jim Starlin les avait fait exister dans ses histoires d'Adam Warlock des années 1970. Thanos Quest est le récit où elles deviennent le moteur d'une conquête, avec Thanos au centre. Une annonce qui l'étiquette « première apparition » doit éveiller votre méfiance.
C'est le plus cohérent. La demande porte souvent sur la paire, et un #1 de très bon état voisin d'un #2 médiocre fait une collection bancale. Visez deux exemplaires d'état comparable, en vérifiant le numéro imprimé sur le dos de chacun.
Pour lire, oui. Pour collectionner, non : les recueils ont un dos plus épais, des couvertures différentes et une valeur propre. Comparez toujours un volume prestige de 1990 à un autre volume prestige de 1990, et regardez la tranche et la page de titre avant d'acheter.
Vous possédez les deux volets de Thanos Quest ? Faites estimer leur état, dos compris.
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