Superman Poche n°91 et n°92 : deux fascicules datés de mars 1985, illustration article

Dans le relevé, les numéros 91 et 92 de Superman Poche (Sagédition) portent tous deux « mars 1985 ». Ce n'est ni la mensualité ni un libellé à fenêtre qui l'explique : c'est un mois unique, répété sur deux fascicules distincts, et c'est la seule date partagée de tout le relevé. Pour vos listes, ce couple se distingue par le numéro, jamais par la date.

Deux numéros qui se suivent et affichent la même date, voilà ce qui trompe un tri chronologique : l'ordre des dates ne dit plus lequel passe avant l'autre, et le décompte de ce que vous possédez devient une affaire de convention. Autant le poser calmement, avec ce que le catalogue permet d'affirmer.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de Superman Poche n°91 et n°92 : les numéros dont la date de couverture est examinée, série, éditeur et année

Ce que le relevé affirme pour le 91 et le 92

Le catalogue enregistre le numéro 91 sous « mars 1985 », avec pour histoire « Le garçon qui dirige Superman », un seul scénariste (Joey Cavalieri) et deux dessinateurs, Eduardo Barreto et Curt Swan. Le numéro 92, lui aussi daté « mars 1985 », porte « L'homme qui vit périr Superman », écrit par Paul Kupperberg et dessiné par Eduardo Barreto.

Ce sont deux entrées séparées, chacune avec son propre titre. Le relevé n'a donc pas fusionné les deux numéros en un fascicule double, comme il le fait pour 89-90 ou 93-94 : la différence est nette, et elle compte pour la suite.

Un seul titre d'histoire par fascicule est donné. Le relevé ne dit rien du reste du sommaire, et les crédits sont ceux du fascicule, pas de l'épisode. Ne lisez donc pas « Le garçon qui dirige Superman » comme la totalité du numéro 91.

Les dates des numéros 89 à 96, une par une

Voici la forme exacte des dates, telle qu'elle est écrite. Le 88 est daté « décembre 1984 », puis viennent « janvier-février 1985 » pour le 89-90, « mars 1985 » pour le 91, « mars 1985 » pour le 92, « juillet 1985 » pour le 93-94 et « août 1985 » pour le 95-96. Le numéro 97 saute à « décembre 1985 ».

Deux formes coexistent dans ce passage : le mois seul (91, 92, 93-94, 95-96) et la fenêtre de deux mois (89-90). Dans l'ensemble du relevé, 75 entrées sur 96 n'ont qu'un mois, 20 portent une fenêtre, et une dernière un trimestre. Le mois seul est donc la forme ordinaire, et le 91 comme le 92 s'y rangent.

Mensualité ou fenêtre : ce que chaque lecture prédit

Testons les deux explications qu'on avance spontanément. Une série strictement mensuelle donnerait un mois par numéro : le 89 en janvier, le 90 en février, le 91 en mars, donc le 92 en avril. Le catalogue écrit mars pour les deux. La mensualité ne suffit pas, puisqu'elle aurait séparé les deux dates.

Un libellé à fenêtre, ensuite, expliquerait une date commune si les deux numéros portaient la même fenêtre, par exemple « mars-avril ». Or les deux entrées ne contiennent qu'un mois. Le 89-90, lui, a bien une fenêtre, mais c'est une autre entrée et un autre fascicule.

Reste ce que les données montrent sans l'expliquer : un mois unique, copié sur deux fascicules distincts. Deux hypothèses sont compatibles, deux fascicules réellement parus le même mois, ou une date de couverture qui n'a pas été distinguée. Le relevé ne tranche pas, et la page ne le fera pas à sa place.

Recompter les livraisons de 1985

La question change de nature dès qu'on compte. Sur les numéros 89 à 96, il y a huit numéros, mais seulement cinq entrées, puisque 89-90, 93-94 et 95-96 sont des fascicules doubles. Et ces cinq entrées ne portent que quatre libellés de date distincts, « mars 1985 » comptant pour deux.

Voici donc trois façons de compter la même période. Par numéro, huit. Par fascicule, cinq. Par libellé de date, quatre. Aucune n'est fausse, mais elles ne répondent pas à la même question : le premier chiffre dit ce que vous devez avoir sur l'étagère, le deuxième ce que vous devez acheter, le troisième ce que le calendrier laisse deviner.

Étendons jusqu'au 97. Pour 1985, le relevé aligne les numéros 89 à 97, soit neuf numéros, dans six entrées, avec cinq libellés distincts : janvier-février, mars, juillet, août, décembre. Ce qui frappe, c'est l'absence d'entrée datée d'avril, de mai ou de juin 1985 entre le 92 et le 93-94. Avec un rythme mensuel, on attendrait trois mois couverts ; le catalogue n'en contient aucun.

La suite précipite la compression : deux fascicules doubles à la suite (93-94, puis 95-96), un simple (97), puis un nouveau double (98-99). Pour un décompte de livraisons, un double compte pour une, même s'il épuise deux numéros. Deux numéros à la même date, juste avant deux doubles consécutifs, ne forment donc pas un rythme lisible : le calendrier se resserre, puis chaque fascicule en vaut deux.

Comment les numéros de Superman Poche (Sagédition, 1976) sont datés, numéro par numéro, avec le ou les numéros de l'article repérés : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Ce que les crédits ajoutent

Les crédits donnent un indice d'unité qu'on ne retrouve presque nulle part ailleurs dans la série. Sur les 96 entrées, seules trois ne mentionnent qu'un scénariste : le 12, le 91 et le 92. Les deux numéros datés de mars 1985 sont donc, avec un seul autre, des fascicules à scénariste unique, quand la majorité des entrées en cumulent plusieurs.

Autre trait : Eduardo Barreto figure au 91, au 92, puis au 93-94, trois entrées consécutives. Dans le relevé, son nom apparaît dans six entrées au total (91, 92, 93-94, 98-99, 100 et 108-109). Ces trois entrées voisines rapprochent donc les fascicules par le dessin, pas par la date seule.

Prudence cependant : un crédit de fascicule ne désigne pas l'épisode. Le dessinateur d'un fascicule peut n'avoir signé qu'une partie du sommaire, et le relevé ne permet pas de dire laquelle.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Reconnaître vos deux exemplaires

Face aux objets, la date du relevé ne sert à rien : c'est le numéro imprimé qui discrimine. Cherchez-le sur la couverture et, quand il figure aussi à l'intérieur, comparez-le. Si un exemplaire porte deux numéros, vous tenez un double, et le relevé ne le dit ni du 91 ni du 92.

Notez ensuite la mention de date telle qu'elle est imprimée, avec sa forme (mois seul ou fenêtre). Elle vous servira de preuve si votre exemplaire diffère du catalogue : un écart peut venir de la lecture du relevé, pas de votre fascicule.

Enfin, vérifiez le titre de l'histoire annoncée. « Le garçon qui dirige Superman » doit se trouver sur le 91, « L'homme qui vit périr Superman » sur le 92. Si la correspondance est inversée dans votre exemplaire, signalez-le plutôt que de corriger la fiche de mémoire.

Inscrire ce couple dans une liste de manques

Le piège concret est le tri. Si votre tableur trie sur la date, les deux lignes arrivent à égalité et leur ordre dépend du logiciel : vous croirez avoir le 92 avant le 91. Triez sur le numéro, et gardez la date en simple colonne descriptive.

Deuxième piège : ne fusionnez pas les deux lignes parce que la date est identique. Ce sont deux fascicules à acquérir, deux emplacements à remplir. À l'inverse, n'ouvrez pas de ligne « 89 » et une ligne « 90 » : le relevé ne connaît qu'une entrée 89-90, et c'est elle que vous cherchez.

Si vous complétez la série par lots, l'écart entre 92 et 93-94, sans date d'avril à juin, vous rappelle qu'un trou de calendrier n'est pas un trou de numérotation : les numéros se suivent, seules les dates sautent. Sur les numéros 1 à 110, le relevé ne laisse aucun numéro sans entrée.

Questions fréquentes

Non. Le relevé les enregistre comme deux entrées distinctes, chacune avec son titre. Les doubles de cette période, comme 89-90 et 93-94, portent un numéro composé. Vérifiez néanmoins la numérotation imprimée sur vos exemplaires.

Le relevé ne l'explique pas. La mensualité aurait donné avril au 92, et aucun des deux n'a de fenêtre. Deux fascicules du même mois, ou une date non distinguée, restent possibles.

Cela dépend de la convention : huit numéros, cinq fascicules ou quatre libellés de date distincts. Pour acheter, comptez cinq fascicules ; pour compléter un tableur, huit numéros.

Pas ici. Les deux numéros à égalité se départagent par le numéro. Triez sur le numéro, gardez la date comme repère, et notez sa forme telle qu'elle est imprimée.

Le relevé ne permet pas de l'affirmer. Il donne un seul titre d'histoire et des crédits de fascicule, sans sommaire complet ni correspondance américaine. Seul l'exemplaire vous renseigne.