Dans le relevé de Superman et Batman et Robin (Sagédition), le « 50bis » est un fascicule à part entière, avec son propre titre d'histoire et ses propres crédits, daté de février 1973 comme le numéro 50. Sans lui, la série compterait une fiche de moins. La donnée ne dit pas ce que cet objet est : elle prouve seulement qu'il se distingue du 50.
Vous dressez la liste de ce qu'il vous manque et vous tombez sur une ligne qui n'a pas de rang : « 50bis ». Faut-il la chercher, la compter, la fusionner avec le 50 ? La réponse dépend de ce que le catalogue établit réellement, et c'est moins que ce que le titre de la ligne laisse croire.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le relevé affirme sur le « 50bis »
Le relevé consacré à Superman et Batman et Robin, série de Sage - Sagédition lancée en 1969, contient 74 fiches. Trois portent un rang qui n'est pas un nombre entier simple : « 50bis », « 65 - 66 » et « 71 - 72 ». Les deux derniers désignent des fascicules doubles ; le « bis » est d'une autre nature, puisqu'il ne couvre pas deux numéros, il en ajoute un.
La fiche du 50bis donne une date de couverture, « février 1973 », un titre d'histoire, « La super-vague de chaleur sur Métropolis », et trois scénaristes et trois dessinateurs. Elle est suivie, dans le relevé, de la fiche du 50 proprement dit. Autrement dit, le catalogue place le bis juste avant le 50, et non après.
Ce que cette fiche ne donne pas est tout aussi net : aucun sommaire, aucune indication sur le nombre de pages, aucune mention de la nature du fascicule. Le rang « bis » est une étiquette de rangement, pas une description.
Le 50 et le 50bis, côte à côte
La date d'abord. Le 50bis est daté « février 1973 », sans jour. Le 50 est daté « 5 février 1973 ». Les deux fascicules tombent donc dans le même mois ; en revanche, le relevé ne permet pas d'affirmer qu'ils portent le même jour, puisque l'un des deux n'en indique aucun. Dans l'ensemble du relevé, seuls deux fascicules affichent un jour : le 40 (« 5 avril 1972 ») et le 50. Le 50bis n'en fait pas partie.
Les histoires ensuite. Le 50 est crédité pour « Le futur, c'est... Batman géant », le 50bis pour « La super-vague de chaleur sur Métropolis ». Deux titres sans point commun : la donnée n'autorise donc pas à voir dans le bis une seconde édition ou une copie du 50.
Les crédits enfin, qui sont ceux du fascicule et non de chaque épisode. Le 50bis aligne Leo Dorfman, Denny O'Neil et Frank Robbins au scénario, Curt Swan, Neal Adams et Bob Brown au dessin. Le 50 aligne Geoff Browne, Frank Robbins et Leo Dorfman, avec Curt Swan, Don Heck et Neal Adams. Deux scénaristes sur trois sont communs aux deux fiches (Dorfman et Robbins), deux dessinateurs sur trois aussi (Swan et Adams). Chaque fiche garde un nom que l'autre n'a pas : O'Neil et Brown d'un côté, Browne et Heck de l'autre. Les crédits sont donc proches sans être identiques, ce qui est cohérent avec deux fascicules qui puisent dans le même vivier de créateurs sans se recouvrir.
Ce que le « bis » fait au décompte
Retirez la ligne « 50bis » et il reste 73 fiches. Ces 73 fiches couvrent les rangs 1 à 75, parce que deux d'entre elles en couvrent chacune deux (le 65-66 et le 71-72). Avec le bis, on atteint 74 fiches pour toujours 75 rangs. Un collectionneur qui se fie à la numérotation affichée attend donc 75 numéros ; celui qui se fie au nombre d'objets distincts du catalogue en attend 74 ; et l'écart avec le chiffre de 73 tient entièrement à ce fascicule.
Cela change la manière de tenir une liste. Un tableau de suivi qui s'arrête au rang 75 omet le bis. Un tableau qui ne retient que les fiches du catalogue le compte. Les deux sont défendables, à condition de savoir lequel on tient, et de ne pas additionner leurs totaux. Si vous comparez votre nombre de fascicules à un total publié ailleurs, commencez par vérifier si le bis y est inclus.
Une série qui suit les mois, et le bis qui la bouscule
Le contexte éclaire l'anomalie. Du rang 1 (janvier 1969) au rang 64 (avril 1974), le relevé suit une règle simple : un rang, un mois, dans l'ordre. Le 49 est de janvier 1973, le 51 de mars 1973 : le 50 occupe donc exactement le mois de février. Le 50bis n'y comble aucun trou. Il n'arrive pas pour remplacer un mois manquant, il s'ajoute à un mois déjà occupé.
C'est ce qui le distingue des autres irrégularités du relevé. Le 65-66 (mai 1974) et le 71-72 (décembre 1974) regroupent deux rangs sous une seule date. Le 69 est daté de juillet 1974, comme le 67, alors qu'il se situe entre un 68 d'août et un 70 d'octobre : c'est une date qui sort de la séquence, traitée sur d'autres fiches. Le bis, lui, n'abîme pas la séquence des mois : ses voisins, du rang 47 (novembre 1972) au rang 51 (mars 1973), se suivent mois après mois.
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Réimpression, numéro spécial, fascicule ajouté en cours de route, erreur de saisie dans le relevé : plusieurs lectures sont possibles, et le catalogue n'en retient aucune. Ce qui est établi : un titre d'histoire propre, des crédits propres, une date dans le même mois que le 50. Ce qui ne l'est pas : le format, la pagination, le sommaire complet, la raison du « bis », l'ordre de mise en vente par rapport au 50.
Le détail du classement est lui aussi une convention. Que le relevé place le bis avant le 50 n'indique pas qu'il ait paru avant : la date du bis, sans jour, ne permet pas de le dire. Sur ce point, les sources divergent ou se taisent, et un guide honnête le dit plutôt que de trancher.
Reconnaître l'exemplaire et éviter les confusions
Face à un fascicule de février 1973, trois vérifications suffisent, toutes sur l'objet. Premièrement, le rang imprimé : lisez-le sur la couverture et dans l'ours, et notez la mention exacte plutôt que de la ramener à « 50 ». Deuxièmement, le titre de la première histoire, que vous comparerez aux deux titres ci-dessus : c'est le plus sûr moyen de savoir lequel des deux vous tenez. Troisièmement, la date imprimée, mois seul ou jour compris.
Le piège classique est le doublon apparent. Deux fascicules « 50 » dans une pile ne sont pas forcément deux exemplaires du même ; ne les écartez pas comme doubles avant d'avoir comparé les titres d'histoire. À l'inverse, n'achetez pas un fascicule en croyant combler un manque sur la seule foi du rang : si votre liste est tenue par rangs, le bis n'y a pas de case, et vous risquez de le prendre pour un deuxième 50.
Pour décrire l'objet à la vente ou à l'estimation, restez sur ce qui se lit : rang imprimé, titre de la première histoire, date de couverture. Ne parlez ni de rareté ni de tirage, que rien ici n'établit.
Le 50bis dans une liste de manques
La méthode la plus sûre consiste à ouvrir deux lignes pour le mois de février 1973 : « 50 » et « 50bis », chacune avec le titre de son histoire. Ainsi, chaque ligne se coche contre un objet précis, et non contre un rang qui prête à confusion. Les numéros voisins posent moins de difficultés : le 49 (« Vive Super-Clark ! », janvier 1973) et le 51 (« Enquête à York Street ! », mars 1973) sont des fascicules simples, aux crédits distincts de ceux du bis.
Un dernier repère : le 51 est crédité de deux dessinateurs seulement (Curt Swan et Irv Novick), contre trois pour le bis et pour le 50. Si une couverture ou un ours vous laisse un doute entre voisins, le nombre de noms attendus aide à départager.
En résumé
Le « 50bis » n'est ni un fascicule en trop ni un fascicule manquant : c'est une ligne du catalogue qui décrit un objet distinct du 50, daté du même mois, avec une autre histoire et d'autres crédits, et qui porte le relevé à 74 fiches. Sa nature exacte reste ouverte. Tenez-le pour ce qu'il est dans votre liste, une ligne à part, et vérifiez-le sur l'exemplaire.
Questions fréquentes
Le relevé ne le permet pas. Le 50bis est daté « février 1973 », sans jour, et le 50 « 5 février 1973 ». Ils appartiennent au même mois ; l'ordre et le jour de mise en vente restent à vérifier sur les exemplaires.
Rien ne l'indique dans le relevé : les titres d'histoire diffèrent, et les crédits ne se recouvrent que partiellement (deux scénaristes sur trois, deux dessinateurs sur trois). Le sommaire complet des deux fascicules n'est pas dans la donnée.
73 fiches, qui couvrent les rangs 1 à 75 puisque le 65-66 et le 71-72 en regroupent deux chacun. Avec le 50bis, le relevé en compte 74. Précisez toujours quel total vous utilisez avant de comparer.
Les sources divergent ou se taisent, et la donnée n'autorise aucune des deux conclusions : la fiche a un titre d'histoire et des crédits propres. Seul l'exemplaire, avec son ours et sa couverture, peut éclairer la question.
Ajoutez une ligne distincte, « 50bis », à côté du « 50 », avec le titre « La super-vague de chaleur sur Métropolis » pour la reconnaître. Ne la fusionnez pas avec le 50 : vous ne sauriez plus lequel des deux objets vous possédez.